PREMIERE PARTIE
de Pietra-Santa, et consenti à l’abandon de Pise et de Livourne, sans autre compensation qu’une promesse de neutralité. Julien, frère de Pierre II, suivit ce prince en exil. Rappelé à Florence, il céda le pouvoir à l’un des fils de l’exilé : Laurent II de Médicis, créé duc d’Urbin en 1516, par son oncle, le pape Léon X, qui ne craignit pas de dépouiller, à cet effet, François de la Rovère. Mais le gouvernement de Laurent II fut des plus difficiles. Les Florentins supportèrent avec peine son caractère hautain et son despotisme. En lui s’éteignit le dernier descendant de Cosme l’Ancien ; et si son fils illégitime, Alexandre, parvint à s’emparer, un moment, du pouvoir florentin, la République se rebella sans cesse contre lui \
On comprend que, dans de telles conditions, l’art traversât des moments fort critiques. La chute des Médicis fut pour les sculpteurs et les peintres un véritable malheur. Les troubles révolutionnaires qui durèrent pendant cinquante ans, les péripéties du siège de Florence et les perturbations qui en furent la conséquence, rendirent cette époque peu abondante en belles pro-
1. Voir à l’appendice le tableau généalogique des Médicis dont il sera parlé au cours de l’étude sur Jean de Bologne dans la deuxième partie.
ductions artistiques. Les malheurs de Florence, de 1450 jusqu’au premier tiers du xvie siècle, expliquent l’exode continuel des artistes. Beaucoup d’entre eux passent leur vie à errer, non pas seulement de ville en ville, mais de pays en pays, passant d’Italie en France, d’Angleterre en Espagne.
Pour revenir à Andrea Sansovino, ce sculpteur fit ses premières armes à Florence. Sa niche du Saint-Sacrement, dans le transept gauche de S. Spirito, comme Y autel en terre cuite peinte qu’on peut admirer dans l’église de son pays natal : Monte-Sansovino, donnent l’impression d’une beauté élégante et d’une harmonie véritable dans la composition, la forme et la draperie, malgré l’absence d’énergie dans l’attitude des personnages et une assez grande insignifiance dans l’ordonnance générale.
Mais il faut être reconnaissant à ce maître de développer et d’amplifier les formes un peu trop grêles des artistes de la fin du xve siècle. Il a déjà le sens des belles figures vivantes et des motifs bien dressés.
Pour s’en rendre compte, il n’est que de se transporter à Rome, dans le chœur de Santa Maria del Popolo. Sansovino y a sculpté les tombeaux du cardinal Basso (1505) et du cardinal