‹ Tableau de la sculpture italienne au XVIe siècleChapitre 78 sur 204 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

le développement intellectuel de maints artistes, et combien leurs collections inappréciables aidèrent les jeunes talents à se familiariser avec l’art antique.

La branche aînée de cette maison avait eu un glorieux représentant dans la personne de Laurent le Magnifique (1448-1492) et de son fils, le cardinal Jean, qui fut pape sous le nom de Léon X (1475-1522).

Les successeurs de Laurent se rendirent peu à peu odieux à Florence. Pierre II (1471-1503) ouvrit les portes de la ville à Charles VIII, de France. Laurent II (1492-15 19) ne fut qu’un despote dominé par la cour de Rome.

Le dernier Médicis de la branche aînée se nommait Alexandre ; il était fils naturel de Laurent II et d’une esclave mauresque. Après la mort de son père, le cardinal Jules de Médicis s’arrogea l’administration de Florence. Devenu pape en 1523 sous le nom de Clément VII, Jules de Médicis chargea le cardinal de Cortone de gérer la Toscane, pendant la minorité d’Alexandre et du bâtard de Julien II, Hippolyte. Cortone quitta Florence qu’il avait mécontentée par son caractère violent en 1527, l’année du sac de Rome. Il emmenait avec lui ses deux pupilles. En 1529, Clément VII signait avec Charles-Quint un traité par lequel l’Empereur rendait la domination de Florence aux Médicis et

JEAN DE BOLOGNE

donnait pour épouse à Alexandre, nommé duc de Citta di Penna, Marguerite d’Autriche, fille naturelle de l’Empereur et de Marguerite Vangest. En même temps l’armée impériale venait en aide aux Médicis contre Florence qui combattit énergiquement pour la liberté. Après dix mois de siège, la trahison et le manque de vivres contraignirent les assiégés d’ouvrir leurs portes (1530). Presque aussitôt un décret impérial déclarait Alexandre de Médicis chef de la République florentine, avec privilège d’hérédité par primogéniture.

Mais Clément VII et Alexandre voulaient le pouvoir absolu. Un coup d’Etat (1532) leur permit d’arriver à leurs fins.

Alexandre prit le titre de duc de Florence avec une autorité sans contrôle. Le nouveau duc abolit les restes de l’ancienne liberté, désarma le peuple, proscrivit en masse et régna par la terreur. Au lendemain de la mort de Clément VII, ses excès ne connurent plus de frein. Le poignard de son cousin, Lorenzino ou Lorenzaccio, délivra Florence d’un tyran détesté (1537). La branche aînée des Médicis s’éteignit dans sa personne.

La branche cadette dut son élévation et sa fortune à Cosme, fils du célèbre capitaine Jean des Bandes Noires. Né en 1515, il fut nommé grandduc de Toscane, après le meurtre d’Alexandre, par

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