‹ Tableau de la sculpture italienne au XVIe siècleChapitre 79 sur 204 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

l’influence de Charles-Quint qui, pour prix de sa protection, mit des garnisons dans Florence, Pise et Livourne.

Une tentative des Strozzi pour s’opposer à cette usurpation fut repoussée par les troupes impériales. Cosme entra en triomphateur dans Florence, Il fit peser sur elle un joug tyrannique, exerça de sanglantes représailles contre les révoltés, confisqua leurs biens et fit tuer Lorenzino, l’assassin d’Alexandre. L’an 1554, il chargea le marquis de Marignan de s’emparer de Sienne dont l’indépendance l’offusquait. Pierre Strozzi défendit avec un courage héroïque cette ville qui dut capituler au bout d’un an de siège. Devenu, en 1 5 57, possesseur du fief de Sienne, que lui céda Philippe II en retour des sommes prêtées jadis à Charles-Quint, et n’ayant plus d’ennemis à combattre, Cosme s’occupa d’étendre son commerce. S’attribuant dans ses Etats le monopole des principaux objets de consommation, il acquit ainsi une prodigieuse opulence. Chose étrange, cet homme qui joua en politique un rôle plus habile qu’honnête et qui, dans ses rapports avec les souverains étrangers, eut une conduite aussi servile qu’elle était violente vis-à-vis de ses sujets, mais surtout de ses adversaires qu’il condamnait facilement à mort ou à l’exil, ce tyran se montra jaloux de rester fidèle

JEAN DE BOLOGNE

aux traditions de sa famille, comme protecteur des lettres, des sciences et des arts. C’était un vrai Médicis par la libéralité.

Cellini, qui n’en reçut que des bienfaits, en parle avec enthousiasme dans la Vit a. Il montre le prince, au milieu même des graves préoccupations de son gouvernement, se livrant à toutes sortes de délassements intellectuels, et jusqu’à des travaux de jardinage et de chimie. Il nettoyait de ses mains, à l’aide d’un ciseau d’orfèvre, les statues antique en bronze qu’on lui apportait \

Cosme, en connaissances artistiques, laissait à désirer. Ce qui dominait chez lui c’était l’esprit d’organisation. Il en avait donné maintes preuves en fondant à Florence de belles collections d'antiques, de tableaux de maîtres et de portraits.

Sous son règne, néanmoins, Florence s’était enrichie de la loge du Mercato nuovo . Sa femme, Eléonore de Tolède, avait acquis le palais Pitti, près duquel allait se créer le jardin Boboli. Cosme avait en outre créé deux ponts nouveaux (pont de la Trinité et pont alla Carraja), jeté le fondement des Uffizi (1560), réuni ce palais à celui des Pitti au moyen d’un corridor, embelli enfin la cour et les appartements du Palazzo Vecchio.

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