DEUXIÈME PARTIE
lui était adjoint, pour couler sur les dessins de l’artiste, une statue de bronze de neuf pieds représentant Neptune et d’autres figures, enfants et harpies, ainsi que des écussons.
Jean de Bologne se mit à l’œuvre et commença la création qui devait le placer au premier rang des artistes de son temps. Il fut logé, aux frais de la ville, chez le receveur Agostino. Mais, tout en accomplissant sa tâche, Gian ne resta pas constamment à Bologne. Car il fut plusieurs fois rappelé par François de Médicis, qui, depuis le ier mai 1556, avait étéassocié à l’administration de l’Etat par son père le duc Cosme.
Dès les premiers mois de son arrivée à Bologne, le sculpteur envoya au duc François deux petits dieux Termes en bronze ou en argent dont le prince se déclara enchanté.
Les années 1564 et 1565 furent marquées à Florence par deux événements importants : les obsèques de Michel-Ange, qui eurent lieu le 14 juillet 1564, et le mariage de François de Médicis avec Jeanne d’Autriche, fille naturelle de Charles- Quint, le 16 décembre 1565.
Les dernières années de Buonarotti ne furent qu’une suite ininterrompue de triomphes. Tout
JEAN DE BOLOGNE
ce que l’Europe comptait de Potentats amis des arts s’associait aux honneurs et aux largesses dont les papes, les empereurs, les monarques français, et autres, entouraient l’artiste parvenu à un grand âge. Il était un objet de respectueuse vénération pour ses disciples et ses amis. Tous chérissaient ce grand vieillard qui avait donné à l’art une extension sublime et peuplé les villes de statues que semblaient animer des sentiments généreux, des impressions pathétiques, majestueuses, fières, mélancoliques, terribles ou profondes, dont le maître seul connaissait le secret.
Aussi l’on conçoit quel retentissement eut la mort de Buonarotti dans l’Europe entière.
Florence décida de lui faire des funérailles solennelles.
Michel-Ange était mort à Rome, le 18 février 1564, emporté en quelques jours par l’affaiblissement résultant de son grand âge. Il avait plus de 88 ans. Pie IV voulait lui ériger un mausolée à Saint-Pierre, mais le neveu du grand Toscan, Leonardo Buonarroti, après avoir enlevé le cercueil déposé dans l’église des Saints-Apôtres, l’avait secrètement emporté de Rome, en le dissimulant parmi des ballots de marchandises. Michel- Ange reposerait donc dans le sol de sa patrie.
Dès qu’011 sut que la dépouille du maître