DEUXIÈME PARTIE
illustre allait arriver à Florence, l’Académie de Dessin se réunit et, avec l’assentiment de Cosme, décida de donner le plus d’éclat possible à la cérémonie funèbre. Le duç permit même que la cérémonie ait lieu à S. Lorenzo, cette église des Médicis que Michel-Ange avait décorée génialement. Tous, maîtres et élèves, rivalisèrent de zèle afin d’honorer l’art par l’art.
Le résultat fut admirable. Il faut lire dans Vasari la description de toutes ces peintures à la grisaille, ces sculptures en stuc imaginées et exécutées en moins d’un mois, qui ornèrent les parois de l’église au centre de laquelle était placé un immense catafalque en forme de pyramide.
Le 14 juillet eut lieu la cérémonie funèbre, en présence des princes, des grands dignitaires et de tous les artistes florentins. Benedetto Varchi prononça l’éloge du défunt. L’Académie de Dessin de Florence était représentée par les peintres Bronzino et Vasari et par le sculpteur B. Ammanati. Cellini qui faisait partie de cette députation et dont on connaît l’admiratif enthousiasme pour Buonarotti, retenu chez lui par la maladie, avait eu la douleur de ne pouvoir assister aux obsèques de son maître bien-aimé.
Jean, fixé à Bologne, par son travail, ne put prendre part, de son côté, aux obsèques de Michel- Ange.
JEAN DE BOLOGNE
Au mois de mai 1565, notre sculpteur quitta Bologne à l’improviste, sans doute sur l’ordre secret de François de Médicis qui le garda près de lui jusqu’au mois d’avril 1566, malgré les réclamations du légat de Bologne. Mais Jean allait collaborer à une fête nuptiale d’un éclat incomparable.
Cosme venait en effet d’obtenir, pour son fils aîné, la main de Jeanne d’Autriche.
L’entrée de la princesse à Florence donna lieu à de grandes réjouissances et fut l’occasion d’un mouvement considérable dans le monde des artistes. D’imposants préparatifs furent faits pour donner à Jeanne une réception digne du bon renom de la cour des Médicis. Sculpteurs, peintres, architectes décorèrent la ville, érigèrent des arcs de triomphe, rappelant ceux de Rome et de Bologne pour recevoir Charles -Quint. La venue de la nouvelle duchesse de Toscane fut célébrée par tous les Humanistes de l’époque exaltant, à qui mieux mieux, un événement de si haute conséquence pour la maison de Toscane.
C’est peut-être cette même année 1565 que Gian fut chargé par son patron d’exécuter le groupe célèbre : la Vertu enchaînant le Vice ( Virtu e Vi%io), maintenant au Bargello, et que François