‹ Tableau de la ville de Chartres en 1750Chapitre 3 sur 204 · MURS DE LA VILLE · texte numérisé non relu

MURS DE LA VILLE

L'enceinte de Chartres a varié suivant les époques : les plus anciennes de ces enceintes sont peu connues. Voici les renseignements que nous avons pu recueillir.

Époque Gallo-Romaine.

Des traces d'aqueduc ou cloaque gallo-romain existent encore aujourd'hui de la rue aux Aigneaux à la Poissonnerie de mer, en traversant obliquement la rue des Courvoisiers et en passant sous les maisons Bertin et Godechèvre; on les retrouve dans la crypte de la Cathédrale, au jardin de l'ancien couvent des Carmélites , parallèlement à la rue Neuve-Sainte-Thérèse , puis elles se retournent à angle droit vers le mur de ville sous le bâtiment le plus rapproché de la rue des Vasseleurs, le corpsde-garde de la prison et la rue de la Prêcherie.

Des traces d'aqueduc ou cloaque romain se rencontrent encore rue Claque-Dents, rue de la Brèche et rue Saint- André.

Des vestiges de l'occupation romaine ont été trouvés place des Épars à l'angle du faubourg Bonneval, à l'Usine à gaz, à Saint-Brice; un camp romain et un four à figurines aux Vauroux , sur l'emplacement de la gare du chemin de fer de l'Ouest; au faubourg Saint-Jean, un autre four à figurines, ayant, dit-on, servi à la fabrication des vitraux de la Cathédrale (Lee).

L'aqueduc de Landelles, entrant en ville par Nicochet, le Grand-Faubourg et la rue d'Amilly, et celui d'Houdouenne, entrant par le Gord, Launay et la Grappe pour arriver aux thermes dont les restes existent dans le faubourg Saint-Brice. s'appellent encore aujourd'hui le Crau ou le Crot-aux-Fées (Chev.). Ces aqueducs existaient en 603 lors de la prise de Chartres par Thierry (Lee).

VIIIe Siècle.

Voici l'état des fortifications de la ville de Chartres, avant leur destruction par Hunaud, duc d'Aquitaine, en 743 : 1° tour et maison du Vidame ; 2° maison de Lèves, dans le cloître; 3° tour Gamuraut ou du Chambrier, dans le cloître; 4° tour et château du Comte; 5° tour Hébert, rue Serpente; 6° maison et tour du four Boèl ; 7° tour et maison Mallet, rue aux Aigneaux ; 8° tour et maison Michel Lebreton ; 9° maison Pigoret ou Pigoreau, cloître Notre-Dame ; 10° tour Nivelon ou Nouvelon, place de l'Etape-au-Vin ; 11° deux maisons, porte aux Cornus; 12° porte Cendreuse; 13° tour Guillaume, sur la rivière, au pont qui mène à la route de Paris.

Ces fortifications reconstruites furent détruites de nouveau en 858 par Hasting et reconstruites à nouveau pour la plupart (Lee).

IXe Siècle.

Il existe encore des vestiges d'enceinte fortifiée rue Saint- Michel, près l'emplacement de l'ancienne église, vis-à-vis le Grand- Sauvage, où était alors la porte Saint-Michel: on les retrouve à la garenne Saint-Père ; le long de la terrasse du jardin des Gordeliers ; à travers le tertre Saint-François où étaient la porte et la tour Nivelon ; le long de la terrasse du jardin du presbytère Saint-Aignan , au tertre Saint-Aignan ; au bas du prieuré de Saint-Vincent, où était la porte Cendreuse; au carrefour de la Croix-de-Beaulieu ; au pied de la tour et du château des Comtes, au-dessus de l'hôtel des Vieux Consuls ou escalier de la reine Berthe ; au tertre Evier, où était la porte Aquaria ou Evière (qu'il ne faut pas confondre avec la porte Evière du cloître). Elles paraissent dans l'ancien couvent de Saint-Jean, rue de Chinche, au bas de la terrasse de FEvêché; à la tour et à la maison du Vidame, au chevet de la Cathédrale; au vieux Marché-des-Chevaux, où étail la porte de l'Evêque ou du Coin du mur de l'Evêque, (différente de la rue du Coin du mur de l'Evêque, située à l'entrée du cloître); aux rues Chantault et Muret, où était la Bretèche; aux

Jacobins; aux rues du Bœuf-Couronné, porte Châtelel et du For-Boyau; aux Malles; à l'Hôtel -de -Ville el à la rue Saint- Miche] (Ghev. el Uoy.).

XIIe Siècle.

Construction de fortifications nouvelles en 1181 : poterne Sainte-Foi ; porte aux Cornus (Lép.) ; tour Guillaume, dans la

rue du Chat-qui-Pêche, près le pont Bouju (Iloy.).

l 'arlant de la porte des Epars et de sa basse-cour du XIVe siècle, l'enceinte suit le cours Philippe, le cavalier bastionné dit fort d'Hercule, la poterne Sainte-Foi, la tour Courte- Pi nie, la porte Châtelet, le nouveau cours (butte des Charbonniers), une tour innommée, la tourelle de l'Eperon ou du Fer-à-Cheval, située au tournant du cours et battant le faubourg Mahé ou de Saint-Jean : dans cette tour se trouvait le moulin à poudre, appelé moulin Lohu, supprimé en 1662. De là l'enceinte passe devant la porte Saint-Jean, 1600, avec son cavalier, la tour Grouin ou Groin-Pasteau , XVe et XVIe siècle. Elle longe ensuite le mur des Jacobins, aujourd'hui couvent de Saint-Paul; la tour de la Prêcherie, en face l'infirmerie des Jacobins, et le cavalier de la Prêcherie, dans le ravin duquel a été établi en 1627 le Jeu de Paume, comblé en 1887; la porte Drouaise et sa basse-cour du XIVe siècle; le mur de la Brèche qui a été rasé lors du siège de 1568 et reconstruit avec une statue de la Vierge qui a disparu et une inscription qui existe encore (Lép.); la herse du Massacre, en aval de la rivière ; la tour de la Léthinière ou de la Grande-Herse ; la tour du Massacre, 1560 ; la porte Imboust ; la porte aux Cornus et son cavalier ; la porte Guillaume et sa basse-cour du XIVe siècle ; la porte Tireveau ; la porte Morard et sa basse-cour ; la porte de Launay ; la herse de la Courtille en amont avec un cavalier, dit cavalier Saint-Père, enlevé en 1770 pour établir la levée du pont de la Courtille.

Le mur d'enceinte est fortifié d'un fossé d'eau vive qui sert aussi de fossé de décharge et qui le baigne depuis la herse de

Ja Courtille, où il s'alimente par le déversoir, jusqu'à la herse du Massacre ; connu sous le nom de Nouveau fossé, 1361.

L'enceintecontinuelelong du jardin du Bureau des pauvres, de l'abbaye de Saint-Père, suit la porte du Barbou, la tour Saint-Père, la citadelle, la porte Saint-Michel, XIVe siècle, une tour innommée, peut-être la tour de la porte Saint-Michel (Hoy.), le clos Notre-Dame, la tour Gaillard, en face le cimetière Saint-Thomas, concédée en 1698 (Merl.), et revient à la porte des Épars d'où elle est partie.

Au bas de cette dernière partie des murailles se trouvait la fosse aux Bretons ou fosse Boutin hors les murs, dans laquelle se jetaient les eaux des boucheries, 1604 (Lép.). Une autre tour dite du Pied-de-Cheval est mentionnée par Lecocq comme existante en 1574, sans indication d'emplacement : ne serait-ce pas la tourelle du Fer-à-Cheval ?

État actuel.

Il existe encore des traces de l'enceinte , de l'ancienne porte des Épars, aujourd'hui détruite, à la rue de l'Ortie; après l'ancienne porte Châtelet, aujourd'hui démolie; entre l'ancienne porte Saint-Jean et l'ancien Jeu-de-Paume, avec les deux tours du Grouin-Pasteau et de la Prêcherie; de la fontaine Drouaise à la rivière, avec l'inscription de 1568; de la rivière jusqu'à l'ancienne porte Imboust aujourd'hui détruite, avec les deux tours de la Léthinière et du Massacre. On en voit quelques vestiges jusqu'à la porte Guillaume, conservée avec sa basse-cour; jusqu'à l'ancienne porte Morard, démolie; entre la porte Morard et la rivière. On voit encore quelques restes du cavalier Saint-Michel, auquel se rattachent des vestiges de l'ancienne enceinte du IXe siècle. Des traces existent place Saint-Michel, avec la tourelle innommée, et aussi entre la Caisse d'épargne et l'ancienne porte des Épars.

L'ancien fossé de ville est comblé dans la partie haute de la ville et n'existe plus que comme fossé de décharge, de la Courtille en descendant jusqu'au Massacre.

La ville de Chartres a été déclassée comme place forte en

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