DE L'ÉDITION DE
En voulant publier aujourd'hui dé nouveau ce que j'avais écrit , il y a bien des années , sur deux époques de la vieille société romaine et du génie chrétien dans ses commencements , j'ai senti ce qui manquait à ce travail, accueilli d'abord avec faveur. Étendue des recherches ou importance des vues , rien dans mes premiers essais ne répondait suffisamment à la grandeur du sujet ; mais on crut y reconnaître , quand ils parurent , le sentiment vrai d'une littérature alors presque oubliée, et la reproduction expressive de quelques types originaux que depuis longtemps on ne regardait pas. Cela suffisait , à son heure , pour attirer quelques moments l'attention publique, emportée par tant d'objets. Il faut le dire encore : la préoccupation politique , qui souvent distrait des lettres , y ramenait cette fois. Dans les controverses d'il y a vingt ans , quelques esquisses de la lutte des opinions au u' et au iv* siècle intéressaient la curiosité et même la passion , en leur montrant la stérilité des efforts humains pour refaire les temps qui ne sont plus.
Une autre disposition plus calme, un mouvement d'étude , un goût de poésie faisait rechercher tout ce qui dans d'autres époques avait rajeuni la pensée et varié les formes de l'imagination. Quelques exemples d'inspiration et d'éloquence, puisés dans les monuments de la science théologique , devenaient une nouveauté pour les lettres