‹ Tableau de le̓loquence chrétienne au IVe siècleChapitre 26 sur 158 · iEre minuto · texte numérisé non relu

iEre minuto

QuaUaeunque voles Judsi somnia vendunt.

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avec plus d'avanlage. Partout» dans le monde, les Juifs por<talent les cérémonies et les pratiques de leur loi ; mais en Judée, près du temple, il« retrouvaient Torgueil de leur patrie, et les promesses immorlelies de leur Dieu. Le souvenir des grands combats des Machabées contre les rois grecs d'Assyrie n'était pas encore éteint; même depuis la conquête romaine, ils avaient eu des roijB de leur nation. Leurs privilèges étaient ménagés; ils avaient leurs sanhédrins, leurs tribunaux; et Home ne leur interdisait que le droit de guerre civile entre eux. Les anciennes querelles de Jérusalem et de Samarie qui , sous les fds d'Hérodé , étaient devenues plus d'une fois sanglantes, se réduisaient maintenant à des controverses. Dans l'oisiveté de la paix , les sectes fiorissaient, animées par le commerce des Orientaux et des Grecs, dont elles empruntaient diverses doctrines, mais en les rapportant à la loi mosaïque, si foriement empreinte sur toute la vie du peuple juif.

Ainsi, tandis que les phiiosophies grecques existaient, pouf ainsi dire, hors du polythéisme, et devenaient des espèces de religions morales opposées à la religion purement mythologique de l'Ëtat, les sectes juives au contraire tiraient leur source de l'ancien culte du pays , et y ren* traient de toutes paits. Pharisiens, saducéens, esséniens, tous croyaient à la loi mosaïque , qu'ils commentaient en sens divers: sans doute les thérapeutes, cette colonie d'esséniens solitaires et enthqusi^tes, avaient quelque chose de l'austéritc des premiers disciples de Pyihagore; sans doute les saducéens, qui bornaient l'existence de l'àme à la durée de la vie, et mettaient le bonheur dans les plaisirs des sens, avaient, de grands rapports avec la secte d'Épi-* cure, la plus facile de toutes à imiter ; peut-être même les pharisiens superbes, inflexibles, minutieux observateurs de la règle, sembleiaient-ils, au premier coup d'œil, avoir quelques traits de la secte stoïque ; mais ces analogies ap-

parentes ne sont rien devant ie caractère profondément mosaïque imprimé sur ces trois sectes. C'était aux livres hébreux que les saducéens empruntaient de bonne foi leurs dogmes ; c'était dans ces vives peintures d'abondance et de bonheur terrestre, où se complaît l'imagination orientale ; c'était dans ces allégories matérielles dont se voilent les vérités morales de la Bible, qu'ils puisaient leurs doctrines. Ils n'étaient que de serviles interprètes, de grossiers traducteurs de l'Ancien Testament. Us offraient, pour ainsi dire, leur mollesse et leurs plaisirs, comme un gage de leur foi. Ils ne divinisaient pas la volupté, comme avait fait l'imagination des Grecs; mais ils la croyaient un hom* mage à leur Dieu, un signe qu'ils étaient le peuple de son choix.

Les pharisiens, au contraire, exagéraient la rigueur et les minutieuses observances de la loi mosaïque. Comme ils exerçaient presque tous les fonctions du sacerdoce, ils avaient à la fois l'orgueil de prêtre et celui de sectaire. Leur culte était tout matériel, imposant des pratiques extérieures plutôt que des vertus, prescrivant des jeûnes rigoureux, mais n'inspirant pas le sacrifice des passions et l'humilité. Leur foi était cependant spiritualiste. Ils croyaient à l'immortalité de l'àme, aux peines et aux récompenses d'une autre vie. Plusieurs d'entre eux étaient versés dans les lettres grecques ; mais ils n'en conservaient pas moins, avec le zèle exclusif pour leur culte, un grand dédain pour les autres peuples.

Après les autres nations , ce qu'ils méprisaient le plus , c'était la leur. Us s'en distinguaient par un faste de piété. Ils portaient sur eux des thephilim ou espèces d'écriteaux, sur lesquels étaient inscrits des passages de la loi mosaïque. Cependant leur adroite ambition se ménageait avec les Romains; et ils gouvernèrent presque toujours sous leurs ordres.

Les esséniens étaient remarqués par les Romains pour leur vie contemplative et solitaire ; Pline les appelle une nation étemelle, où il nenait personne . C'était, de toutes les sectes et de toutes les opinions, celle qui s'avançait le plus vers cette réforme dont le monde avait besoin. Elle se détachait du judaïsme, qui avait mis autrefois les bénédictions temporelles dans le nombre des enfants. Elle substituait le célibat religieux à la vie patriarcale. La règle des esséniens cependant n'était pas uniforme à cet égard; quelques-uns tenaient encore à la vie active, se oiariaient, s'occupaient de labourage, et habitaient les plaines les plus fertiles de la Palestine et de la Syrie. Mais une secte épurée, sortie de leur sein , et qui prenait le nom de thérapeutes , s'imposait 1^ sévère continence, si difficile dans les climats brûlants de l'Asie. Elle était répandue en divers lieux, et portait avec elle , indépendamment de l'esprit juif, ce patriotisme monacal entretenu, par la constance des mêmes privations et des mômes sacrifices.

En Egypte , près du lac Moeris, il existait une colonie semblable, décrite par Philon*. On croirait lire l'histoire' d'un monastère chrétien.

La vie de ces thérapeutes ressemblait à celle des trappistes, à quelques austérités près. La prière et les pieux cantiques avant le point du jour, le travail des champs, le repas frugal et tardif avec de l'eau pure, de la. farine de froment et des feuilles d'hysope, les longues prières du soir, voilà quelle était la vie de ces solitaires. Dans leurs retraites, les imaginations ardentes s'enfiammaient à la lecture des livres hébraïques, et se nourrissaient de rêveries et d'enthousiasme. Des réunions de femmes étaient soumises à la mêm« règle; elles se rassemblaient dans le même temple que les hommes; un mûries en séparait,

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