Suetonius, in Tiherio
SOUS le climat insalubre de la Sardaigne. La persécution fut alors assez rigoureuse pour que des philosophes païens, qui avaient adopté la diète pythagoricienne , craignissent d'être confondus avec ces sectateurs de cultes étrangers , que Ton reconnaissait surtout à Tabstinence de certaines viandes.
Cependant plusieurs décrets du sénat attestent que , dans les provinces éloignées de Tempire, la liberté du culte juif était assurée ; et même à Rome , les Juifs ne tar* dèrent pas à reparaître, perdus dans^ le chaos de cette ville immense. Quelques-uns d'entre eux célébraient la fête d'Hérode ; et tous observaient rigoureusement le sabbat. Le peuple et les poètes s'en moquaient. Pauvres et méprisés, ayant toujours avec eux leurs corbeilles de voyage *, ils occupaient hors de Rome un lieu jadis consacré, et pour lequel ils payaient une taxe au trésor public. Comme tous les persécutés, ils avaient quelque chose de mystérieux : le peuple les maltraitait et les craignait tour à tour; ils étaient devins ^ mendiants, astrologues, et vendaient à bas prix des philtres et des prédictions^ au gré de ceux qui les consultaient.
Enfin , quelques Juifs d'une grande naissance étaient admis k la cour des empereurs. Mais, comme il arrive toujours, leur zèle pour le culte et les mœurs de la patrie s'affaiblit à proportion de la richesse et du crédit qui les mêlaient aveo les vainqueurs.
Dans la Judée devenue province romaine, et dans les autres provinces de Syrie et d'Egypte habitées par les Juifs, le caractère national se conservait mieux , et se montrait
U NuBC sacrl fontis aemus et delubra locantur
Judxis, quorum cophinus fœnumque supellex. »