Sanct, Gregorii ik9ol^g. Oper*, Ul^p. isa
84 TABLEAfj DE t'ÉLOgUENCE CHRÉTIENNE
contre l'usage fréquent alors, il en a reçu le signe dès Ferifance, dans le sacrement du baptême. En le confiant à hi direction d'un évêque de cour, l'ambitieux et plus tard schismalique Eusèbe, l'empereur Ta même contraint de prendre un degré dans l'ordre ecclésiastique et de remplir l'oftice de lecteur dans la cathédrale de Nioomédiei Peu maître des richesses attribuées à son rang, Julien s'est cru souvent obligé de doter de ses offrandes les tombeaux des martyrs; et il faisait bâtir en commun avec son frère une église chrétienne. On doute de sa foi cependant; et son amour d'Homère est l'espérance des Grecs encore attachés à l'ancien culte. Ils vantent son génie, sa passion des sciences. Ils annoncent de lui de grandes choses, que semblent justifier son rang, ses talents, sa jeunesse préservée par un merveilleux hasard des cruautés de Constance.
Dans l'Asie se montre Ântioche, avec ses églises et ses théâtres, cè mélange d'imagination et de mollesse qui favorise également les austérités et les plaisirs; c'est là que les disciples du culte nouveau ont reçu pour la première fois ^ ce nom de chrétien répandu deux siècles après sur tous les points du monde ; c'est là que Libanius, psaen par amour d'Homère, ouvi^ait son école que suivit Chrysostome; c'est laque Julien, devenu maître de l'empire et toujours sophiste, écrira des satires contre les chrétiens, ses sujets: Ântioche est placée sur les bords du fleiuve Orontc , dans une plaine enchanteresse, que couronnent d'âpres sommets, où vivent épars quelques solitaires. Le christianisme a tout obtenu d'elle , excepté l'abandon de ses courses de chars et de ses théâtres; mais aucuns jeux sanglants n'attristent cette ville charmante. Les fêtes, les bals nocturnes, les réunions dé science et de plaisir occu*
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pent ses paisibles habitants. Les divisions des seetes n'a^ mènent aucune violence; elles se raillent Tune l'autre, sans se persécuter.
Libanius composera sans .crainte le panégyrique de Julien, après sa mort, et sur les ruines du polythéisme; mais la foule se presse sur les pas du jeune et éloquent Chrysostome. Le sanctuaire retentit des applaudissements^ qu excitent ses discours. On le suit dans les campagnes, aux portes de la ville ; de vastes toiles sont tendues dans les airs pour défendre de Tardeur du soleil une foule enivrée du charme de ses paroles.
Telle est la vie de ces Grecs d'Asie , devenus sujets de Rome et chrétiens sans avoir presque changé leurs mœurs, et leurs usages leur génie.
Mais ailleurs, dans les écrits d'Àthanase , apparaît Alexandrie, aussi tumultueuse, aussi pleine d^orages qu'Antioche est paisible : c*est l'entrepôt de tous les (commerces, la patrie de toutes les sectes. Elle est habitée à la fois par les plus contemplatifs et par les plus industrieux de tous Ips homoies. Près de cet observatoire fondé par les Ptolémées , près de celte bibliothèque immense et qui s'accroît sans cesse , sont des ateliers san^s nombre. Personne ne paraît oisif, excepté les philosophes. On est occupé tout le jour à tisser le lin, à fabriquer le papier, à souffler le verre, à forger les métaux-; les aveugles même travaillent. Dans cette foule crhabitants, d'étrangers, de voyageurs, il n'est aucune opinion, aucune secte, aucune singularité de. mœurs et de doctrine qui ne se cache sans peine, ou ne se produise impunément. Là, jamais la persécution lente et régulière n'a pu s'établir contre le christianisme ; il y a eu des massacres militaires ;