‹ Tableau de le̓loquence chrétienne au IVe siècleChapitre 33 sur 158 · Historié Aygust. Script., t. II, p · texte numérisé non relu

Historié Aygust. Script., t. II, p

86 TABLEAU DE VttOQVtUtt CHÉÉTIENNK

mais taremônt dès txindanîftationi et dès martyres. Une pdptilatioii nombfetlSe et hardie fait trembler lés gouverneurs romains. Nulle ville n'est à la fois plus studieuse et plus agitée; les ttiœufs de^ habitants ont qUelqtle chose de féroce, et leurs rtiains sont souvent sanglantes. On se dispute par les armes la possësfeioft d'un teittjjle. On ëombat plus ericore pour Tarchevêché. Le crédit de cette dignité est grand sur Fesprit dii peuple. Alexandrie, par son bonimerce, fournit de blé ftome et TÎtaliè; et (|uand on voudra perdre Athanase auprès de l'etn|)ereur, on l'accusera du projet d'afl^amer ttome , en su6pendaiit par son pouvoir le dépairt des flottes d'Egypte.

Constantinople, ses mœurs, sohlUxe, la dour imfiériale et ses vices paraissent mieux encore dails lès grands • orateurs du iv* siècle. C'est la métropole du monde et de la religion ; c'est là que brillent tour à tour sur le siège épjscopal Grégoire de Naziah2e et Chrysostome; mais en même temps c'est le centre où vienneftt aboutir les sectes inventées par Tesprlt subtil d'Alexandrie et la philosophie de la Grèce; c'est là qù*on viettt les mettre en valeur, en les produisant à la cour , et en tâchant d'y gagner quelque chambellan ou quelque eunuque du palais. Là donc se montrent dans toute leur nudité les misères de Tempire d'Orient , le despotisme capricieux des princes , les intrigues du palais, la corruption d'unô grande ville fkite trop vite, qui n'était ni grecque ni romaine, et semblait une colonie plutôt qu*une capitale. Mais Constantinople, pat sa nouveauté même, n'avait rien dans ses monuments, dans ses fêtes, datis ses usages, qui rappelât Tidolàtrie. Elle était de la même daté que le triomphe du christianisme; et, parla, elle plaisait aux empereurs chrétiens, ne les gênant d'aucun souvenir de culte ou de liberté.

A Rome, au contraire, te christianisme n'avait qu-une demi- victoire. Les deux sociétés, les deux religions, le

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passé et Tavetiir étaient en présence 6t en gUerrë. Les temples^ les cirques, les théâtres, les rues même dt^Rotne toutes pleines de monuments païens, entretenaient le zèle religieut d'une partie deÉ habitants. La pltipart des' fa^ milles sénatoriales surtout tenaient encore à Fâticien culte; comme à là gloire de leurs Aieuic. Le peuple remplissait les églises chrétiennes et les cimetières des martyrs. Les esclaves, les pauvres embrassaient avec Ardeur la foi nouvelle qui lear donnait consolatlcm et secours , et leur faisait trouver en toUt lieU cet autel de la Clémence que le monde pdîën n'avait soufiërt qu*ùnë fëis, dans Athènes.

Déjà cependant on actiUsàit les vices des prêtres , là pdrapeet le fhste des évoques. Au milieu du w siècleV le siège épisctipal de Rome fut disputé par un combat san-^glaiît. Ces dignités ainsi conquises étaient enrichies d'offrandes,'et étalaient un luxe que censuraient les pid'ens, et auquel un d*euX oppose * l'exemple de quelques évéqUes des provinces, « qUe leur frugaliti^, dit-il, la pauvreté dé leurs vêtettienls, leur frôttt baissé Vet-s la terre, leur catideur et leur modestie tttômmandent au Dieu éternel et à ses vrais adorateurs. «

Il est à remarquer que, pendant ce siècle, l'Église dfe Rome ne produisit pas un seul grand écrivain, lîU seul grand orateur ëomme ceux qUi naissaient en Afrique, eti Grèce, en Asie; mais elle ti^aVaillait à ^'étendre aU loin : elle cherchait à dominer les Églisëë d- Afrique , de Gaule et d'Ibérie. Elle Visait au gouvet^néhlfent dès hommes plutôt qu'à la gloire de bien parler et de bien écrire; elle tâchait de se rehdre arbitt*é des querelleâ nombreuses ei-^ citées pat' TespHt sophistique des Grecs ; elle offrait èà communion aux docteurs d'Orient persécutés poùt de§

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