LES BIBLIOTHEQUES ET LES ARCHIVES
Bibliothèque impériale. — Origine de cette bibliothèque. — La bibliothèque du roi Jean — La Tour de la Librairie — Louis XII l'ait transporter à Blois les volumes réunis au Louvre. — Bibliothèque fondée par François P1 «à Fontainebleau. - — Les manuscrits de Lascaris et de Jérôme Fondai. — Les maîtres de la bibliothèque du roi. — La Bibliothèque sous Henri II, Henri III et Henri IV. — Le décret de Louis XIII. — La Bibliothèque rue Vivienne, puis dans l’hôtel Mazarin. — Les acquisitions et les présents ayant enrichi la Bibliothèque. — L’intérieur et les habitués de la Bibliothèque impériale. — - Les manuscrits. - — Statistique de la Bibliothèque impériale. — Visite d’Abd-el-Kader à la Bibliothèque. — L’autographe et la pièce de monnaie qu’il y a laissés. — Monument des ancêtres à la Bibliothèque. — Cours de M. Raoul-Rochette. — Bibliothèque Sainte-Geneviève. — Sa description. — Statistique des diverses bibliothèques de Paris. — Les archives.
Bibliothèque impériale. — Pour trouver l’origine de cette bibliothèque, qui s’est tour à tour appelée Bibliothèque royale, Bibliothèque nationale et Bibliothèque impériale, il faut remonter au règne de Charles V. Saint Louis, avant cette époque, avait réuni quelques livres plus ou moins curieux; mais ce prince se plaisait à distribuer ces ouvrages aux seigneurs et aux savants de son temps.
La bibliothèque du roi Jean ne se composait guère que de huit à dix volumes. A la mort de Charles Y, on comptait neuf cents manuscrits. Cette augmenta¬
tion atteste tout l’intérêt que ce prince portait aux lettres. Les richesses littéraires, confiées à Gilles Millet, valet de chambre du roi, furent déposées au Louvre, dans une tour qui prit, à cette occasion, le nom de Tour de la Librairie. Ces manuscrits occupaient trois salles; des barreaux de fer protégeaient les fenêtres. Les lambris des murs étaient de bois d’Irlande. Ce sanctuaire, réservé à la science, était éclairé par trente petits chandeliers, au milieu desquels brûlait une lampe d’argent. Cette bibliothèque, dont Gilles Mallet avait dressé l’inventaire, était estimée 5,823
livres 4 sols. Cette collection disparut pendant le sé jour des Anglais à Paris. Le duc de Bedfort l’acheL 1 ,200 livres.
Charles VII, qui avait un royaume à conquérir, nC put songer à réparer cette perte. Mais bientôt la découverte de l’imprimerie vint favoriser les développements de la bibliothèque nationale. Louis XI couvrit de sa protection tous ceux qui cherchaient à répandre dans son royaume les produits de cet art merveilleux. Savant lui-même et littérateur, il rassembla tous les volumes enfouis dans les maisons royales.
La grande salle de la Bibliothèque imperia e.
Louis Xll fit transporter au château de Blois les volumes que ses prédécesseurs avaient réunis au Louvre.
François Ier créa, en 1544, une bibliothèque à Fontainebleau, et l’augmenta, plus tard, de tous les livres que Louis XII avait déposés dans le château de Blois. La bibliothèque de Blois, dont l’inventaire fut fait alors, se composait d’environ 1,890 volumes, dont 100 imprimés et près de 40 manuscrits grecs rapportés de Naples par Lascaris. François Ier enrichit encore la bibliothèque de Fontainebleau d’environ 00 manuscrits que Jérôme Fondai avait achetés dans les pays étrangers. Jean de Pins, Georges d’Armagnac et Guillaume Pélicier, ambassadeurs de France à Rome 1 1 a 4 enise, achetèrent pour le compte du roi tous les
livres grecs qu’ils purent trouver. Guillaume Postel, Pierre Gille et Sente Remelle rapportèrent du Levant 400 manuscrits, et 40 environ d’Orient. Les livres du connétable de Bourbon augmentèrent encore la bibliothèque de Fontainebleau.
Jusqu’à cette époque, un simple garde en titre avait été le seul administrateur de la bibliothèque de nos rois. François Ier donne à un savant, Guillaume lhidé, la place de bibliothécaire en chef, avec le titre de maître de la Bibliothèque du roi. Parmi les successeurs de Budé, on cite Pierre Duchâtel, Mellin de Saint-Gelais, et Pierre Montdoré.
Les principales richesses de la Bibliothèque consisi aient a'ors en manuscrits. Henri H ordonna, vers
155b, a tous les libraires de fournir à chacune des bibliothèques royales un exemplaire en vélin et relié de tous les ouvrages imprimés par privilège. Malheureusement cette ordonnance ne fut pas rigoureusement exécutée.
Sous Henri 111, la Bibliothèque est envahie par les ligueurs, et plusieurs manuscrits précieux sont enlevés et lacérés.
Henri IV, maître de Paris, ordonne, par lettres du 14 mai 1594, que la bibliothèque de Fontainebleau soit transférée dans la capitale, et déposée dans les bâtiments du collège de Clermont , que les jésuites \ enaient de quitter. Elle acquit , à cette époque, de nouud.es richesses. Le maréchal Strozzi avait acheté