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CHAPITRE LX. — LES MAGASINS

point cessé de subsister, et tout Paris les connaît.

Le nombre des grands magasins de nouveautés, immenses bazars oii l'on trouve tout, depuis la chaussette de fil jusqu’au cachemire de l’Inde, a notablement augmenté dans les dernières années du règne de Louis-Philippe. En revanche, celui des petits magasins a diminué dans une proportion égale. Ce double mouvement mérite d’être signalé en passant. L’ouverture de grands magasins engloutissant tous les petits, ce n’est autre chose que la reconstruction d’une vraie féodalité financière et commerciale, laquelle fut au reste, en tout genre, le caractère dominant du dernier règne. Or admirez comme toutes choses s’enchaînent providentiellement ! Ceux qui ont fait ces créations dans des vues d’accaparement et de monopole ne se doutaient pas, certes, qu'ils entraient ainsi dans les voies d’association et d’avenir, et qu’ils ramenaient le commerce à ses proportions véritables. Pas n’est besoin, pour cette démonstration trop simple, de nous appuyer sur Fourier. Le commerce rend, certes, un service régi, et qui doit être rétribué.

Mais, comme il n’est qu’intermédiaire, et non protecteur véritable, il faut prendre garde que ses bénéfices et ses fonctions ne tournent au parasitisme. Or, certes, cinq cents magasins de nouveautés ne sont nullement indispensables dans Pa-' ris, et n’ont guère que le mérite d’alimenter cinq

taux, dans sa modicité, vous surprendra certainement. Ces mots: Grande occasion, rabais prodigieux,

cents familles qui. cessant d’être intermédiaires, pourraient dès lors être rendues à la production véritable, au profit de tous et d’elles-mêmes. Au lieu de cinq cents magasins, vous n’en aurez plus que cinquante : à la rigueur, douze (un par arrondissement) pourraient suffire, et le public trouverait fort grand avantage dans ces vastes bazars, dont les entrepreneurs, spéculant sur une grande échelle et faisant d'énormes affaires, pourraient dès lors se contenter d’une prime presque insensible. En un mot, les prix du commerce s’approcheraient de plus en plus des prix de revient, et l’acheteur du producteur, par la réduction du nombre évidemment exagéré des entremises. Nous ne faisons pas d’utopie; nous constatons tout simplement ce qui a déjà commencé d’être et ce qui sera. Et voilà comment les hauts barons du négoce et de la finance font tous les jours depuis vingt ans du socialisme sans le vouloir.

. Paulù minora canamus.

Déjà ce nouveau mode d’organisation coramer-

le puff de l’abnégation; c’est la bagatelle de la porte pour faire stationner, et puis entrer le monde. Une fois que le monde est entré... Mais n’anticipons point sur ces péripéties d’une spéculation si fine, toujours la même et toujours couronnée du plus grand succès.

Voici un spécimen de ces annonces savantes :

PARAPLUIES «ep..i. TROIS FRANCS!

Le depuis (je ne l’ai connu que depuis) étant invisible à l’œil nu, je m’avise que voilà une occasion unique de me garer contre l’orage , et, jetant un coup-d’œil sur l’état peu serein de l’atmosphère , j’entre aussitôt et je demande, avec l’autorité d’un homme qui a trois francs à dépenser, un parapluie. On m’en apporte une douzaine. Ils sont tous neufs et magnifiques : manches d’ivoire, d’ébène ou de bois sculpté ; superbes baleines , belle soie (cuite). Je suis ébahi, et j’ai besoin, pour rassurer ma conscience, de me faire répéter par l’honnête marchand le prix d’un superbe vertpomme que je caresse du regard. — Combien donc celui-ci? — Monsieur, dix-huit francs. Je commence à comprendre — Mais, dis-je en regrettant mon illusion qui fut courte, n'avez-vous pas des parapluies à trois francs? — Oui, Monsieur, oui, oui, sans doute, reprend le des robes à vingt-cinq centimes le mètre, des fou- I commis en souriant d’un air de bonhomie narquoise; lards ( tout soie) à un franc cinquante. Ce bon marché, rare en effet, peut s’attribuer à plusieurs causes. D’abord , les gros, présentement en train de manger les petits, obtieir lient de ces derniers aux abois, moyennant quelque avance légère, des marchandises à vil prix : ils en achalandent leur boutique, et le public insoucieux profite de la bonne aubaine, sans s’inquiéter le moins du monde du sinistre dont il se mouche, ou du désastre qui l’habille. Ensuite, il y a certaines parties légèrement avariées, bien que le gros des acheteurs n’en puisse juger et n’y prenne aucunement garde, mais dont un connaisseur quelque peu émérite apprécierait facilement le bon marché trompeur et ses causes finales. Mais ce mpt : B en wyn hr, est d’qp •tfet magique et irrésistible sur le chaland parisien, nous Enfin, il y a tels articles sur lesqqpis l’entreprise

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