CHAPITRE LXII1. — LES ETABLISSEMENTS .DE BIENFAISANCE
depuis cjuelques années entrepris de doter les quartiers populeux de Paris de lavoirs publics et de buanderies, établissements dans lesquels ils se sont moins occupés de la réalisation d'un grand bénéfice que du bien-être de la classe pauvre.
Réunir dans un même local les facilités que présentent les anciens bateaux, et les améliorer sans augmenter la rétribution qu’ils perçoivent, doter en outre les personnes qui vivent de cette industrie des moyens de diminuer les frais des accessoires du blanchissage , tel est le problème qui, après de laborieux essais, paraît avoir été résolu par M. Rallier, l’un des promoteurs de cette populaire institution.
Le lavoir qu’il a fait élever, en société avec M. Chambellan, dans la rue de Sèvres, n° lût, au faubourg Saint - Germain, nous paraît pouvoir être proposé comme modèle des établissements de ce genre, indispensables aux grandes cités.
Ce vaste édifice, situé au centre d’un quartier populeux éloigné de la Seine, est destiné à pourvoir aux besoins de la classe ouvrière, construit d’après les plans de M. Roussille, architecte-voyer du dixième arrondissement, sur un terrain d’une superficie de plus de 900 mètres; sa longueur est de 35 mètres, et sa largeur de -25; une élé¬
gante charpente en fer, soutenant dans toute sa longueur une lanterne vitrée, met les laveuses à l’abri de l’intempérie des saisons, leur distribue en tout temps une égale et large niasse de lumière, et donne
Lavoir de la rue de Sèvres. — Buanderie à vapeur.
à l’ensemble de la construction un aspect simple et gai.
Deux grands bassins, établis dans toute la longueur delà salle affectée spécialement au lavoir, contiennent
une eau toujours renouvelée par un jet d’une grande proportion, alimenté par l’eau de la Seine, reconnue seule propre au lavage ; autour de ces bassins ont été disposées avec soin, pour le savonnage du linge, des
batteries où cent cinquante personnes au moins peuvent simultanément laver à l’aise; un robinet pratiqué au-dessus de chaque place fournit l’eau à volonté; le sol, entièrement dallé, est tenu dans un état de propreté dont on a lieu d’être étonné quand on réfléchit au nombre des travailleuses qui fréquentent chaque jour le lavoir: cette propriété est due à rétablissement d’un système de caniveaux souterrains qui conduisent toutes les eaux impropres, et les déversent dans le grand égout de la rue de Sèvres.
A ce lavoir est annexée une buanderie à vapeur, plus parfaite que celles du même genre (pii existent déjà dans quelques grands établissements de blanchissage des environs de Paris; cette buanderie , vaste et aérée, de manière à ce que la buée puisse s’en échapper avec assez de facilité pour ne pas tacher le linge, est montée avec tous les soins désirables; les paquets de linge, distingués parun numéro délivré à chaque blanchisseuse, sont déposés dans la cuve, où la lessive est coulée d’après les meil-