LES ETABLISSEMENTS DE BIENFAISANCE
Ce triste état île choses frappa 1785, ordonna de transférer les bâtiments du couvent des capucins. Cet édifice est devenu l’hôpital du Midi. Le nombre des lits y est aujourd’hui de six cent cinquante , qui reçoivent annuellement près de quatre mille malades , auxquels sont prodigués tous les soins. Depuis 183(1, il est exclusivement affecté aux hommes.
Les femmes sont admises dans la maison de Lourcine , dans la rue de ce nom ; elles y jouissent de trois cents lits.
Ces divers hospices s’ouvrent aux indigents et aux malades île toutes les croyances : l’égalité la plus parfaite règne parmi les pauvres, et le seul privilège qu’on y puisse obtenir, c’est celui d’une chambi’e isolée moyennant un loyer quotidien. Des israélites ont cependant un hospice particulier, dû
Louis XVI, qui, en vénériens dans les
à la munificence de quelques particuliers opulents, et surtout de la famille Rothschild. De même qu’un
grand nombre de sociétés mutuelles, pour des secours en nature aux pauvres, pour des écoles, pour
rétablissement etl apprentissage des jeunes I filles etdesjeunes garçons, cet hôpital re- 1 lève du comité eonsis- | torial Israélite.
La façade de l’hospice est sur la rue de Picpus. Elle se compose de trois pavillons élevés d'un rezde - chaussée et de deux étages; ils sont séparés par des cours,
; et reliés entre eux par un corps de bâtiment transversal. Le pavillon du milieu est réservé à l’administration de l’hospice, au logement du directeur, du rabbin chargé du service religieux, et du médecin. Le pavillon de droite est aftecté aux femmes.
Il renferme, au rezde-chaussée. l’établis, sement des bains; au premier étage , des chambres particulières pour le traitement des maladies spéciales, ou l’usage de ma¬
is Cent. I.A LIVRAISON. — 164' Livr,
Aux bureaux de l'Illustration, rue de Richelieu, 60.
i * m< i s — typ. DK firmin didot, RUE JACOB, 50. 20 C. par la poste.
Iades payants; au deuxième étage, les chambres des femmes malades. Le pavillon de gauche est réservé aux hommes. Le rez-de-chaussée contient la cuisine et ses dépendances; le premier étage, six chambres destinées à des maladies spéciales; au second étage est le dortoir des hommes de service, et un réservoir de la contenance d'environ 80,000 litres. Ces trois pavillons sont desservis par trois escaliers dans toute la hauteur.
Le corps de bâtiment transversal dont nous avons parlé est partagé en deux par le vestibule d’entrée qui fait suite au pavillon du milieu. Dans ce vestibule se trouvent les deux escaliers principaux conduisant aux salles des malades. L’oratoire est à la suite du vestibule. La lingerie, le vestiaire, la pharmacie, le laboratoire de la pharmacie, occupent les deux côtés de deux escaliers, Au premier étage du bâtiment transversal sont quatre salles principales, qui viennent toutes aboutir à un vestibule de service où sont concentrés les services les plus essentiels : la tisanerie, les salles de bains, les cabinets d’aisances, etc.
La construction de l’hospice israélite offre des parties étudiées avec un soin minutieux : tels sont l’aérage, qui est produit par des combinaisons tout à fait nouvelles ; la distribution générale des eaux, et leur écoulement au dehors ; la concentration des services principaux en vue delà célérité des soins; en- [j] fin, un assemblage de dispositions intérieures qui permet une surveillance à tous les moments des différents services qui concernent les malades , et une police vigilante dans l’hôpital.
Un jardin spacieux est
à la disposition des malades. La séparation des sexes est complète dans toutes les parties de l’hôpital, et les services affectés à chacun d’eux sont distincts. Nous estimons qu’il y a dans l’œuvre de M. Thierry, l’habile architecte auquel on doit déjà le temple israélite de Paris, un ensemble de dispositions qui pourrait être appliqué avec fruit à nos grands hôpitaux. On évalue à 400,000 francs les frais d’acquisition de terrain, de construction et d’ameublement. L’établissement est disposé pour recevoir 100 lits pour les malades.
La Pitié est encore une succursale de l’IIôtel- Dieu. Cét hôpital, se trouve rue Copeau. En 1012, Louis NUI ayant donné l’ordre île renfermer les mendiants et les vagabonds qui troublaient la tranquillité publique, on construisit à cet effet de nouveaux bâtiments sur l'emplacement d’une maison appelée le jeu de Paume de la Trinité et de plusieurs propriétés voisines. Cet établissement , qui était affecté aux vieillards pauvres, reçut le nom d’Hôpital de la Pitié, parce que la chapelle était sous l’invocation de Notre- Dame de la Pitié.
En 1057, l’hôpital de la Salpêtrière ayant été ouvert, la maison de la Pitié en devint une dépendance; on y plaça les enfants des mendiants et des orphelins*. Les filles, auxquelles on apprenait à lire, à écrire et à tri¬
coter , occupaient une partie de la maison. Les garçons, qui recevaient une éducation convenable, habitaient une cour appelée la Petite-Pitié. Enfin on y enferma des enfants trouvés, des orphelins, auxquels on faisait apprendre divers métiers. On y fabriquait des draps pour les vêtements des hôpitaux et même pour les troupes. Pendant la Révolution, les orphelins furent nommés élèves île la pairie. En 1809, on les transféra dans la rue du faubourg Saint-Antoine : dès lors la Pilié devint une annexe de l’IIôtel-Dieu. Elle renferme aujourd’hui 000 lits, placés dans 23 salles.
La maison de santé fondée par le docteur Dubois reçoit également toutes sortes de malades; elle occupe une partie de l’ancien couvent des filles de la Charité. Ce couvent avait été fondé par saint Vincent de Paul, près de l’église du Chardonnet, et transféré en 1063 dans le faubourg Saint-Denis.
11 existe encore quelques hospices sans importance, qui ne méritent qu’une mention rapide. Ce sont l’hôpital Dévidas, rue du Regard; l’hôpital d’Enghien, ruePicpus; l’hospice Leprince, rue saint Dominique; l’hospice Marie-Thérèse, rue d’Enfer, et l’hôpital Saint-Merry, dans le voisinage de la paroisse de ce nom.
La bienfaisance privée s’exerce par l’intermédiaire d’un assez grand nombre d’associations, surveillées par l’autorité municipale, et dirigées par des fonctionnaires gratuits, ou rétribués sur les fonds de la Société. Ce sont ces établissements qui servent de prétexte à cette infinité de quêtes à domicile, de concerts et de bals de charité qui pressurent la bourse du Parisien.
L’organisation de ces associations est identique ; ce sont des dames ou des hommes haut placés qui se trouvent a la tête , ou qui favorisent l’entreprise de leur patronage; sous leurs ordres, des associés volontaires surveillent la recette, la dépense et la répartition des secours; quelques employés et hommes de peine sont seuls payés, D’autres exigent de la part des administres une rétribution (pii couvre les frais, et même ils réalisent des bénéfices, grâce à l’association. Nous citerons les plus importants.
La maison centrale des nourrices, rue du Temple, sertd intermédiaire entre les nourrices, qu’elle fait venir de la province, et les parents peu fortunés qui ne peuvent s’occuper de cette recherche, et (pii préfèrent s exonérer de tout souci de surveillance moyennant une pension mensuelle. Cet établissement est analogue à la Société do placement de domestiques femmes, administrée par les religieuses ursulines.
La Société impériale de vaccine, formée de dames classées suivant la cotisation qu’elles payent chaque année, a pour but de propager les meilleures méthodes de vaccination, de faire connaître le diagnostic de la vaccine et de rendre au vaccin son énergie et sa pureté primitives. Le siège de la Société est rue Saint-André-des-Arts; elle entretient des génisses à Gournay, pour reproduire le vaccin selon ses besoins.
La Société philanthropique, l’établissement des indigents blessés, la Société médico-philanthropique et la Société helvétique de bienfaisance , donnent des consultations gratuites de médecine, soignent les blessés, et délivrent des remèdes sur le vu d’un certificat d’indigence. La première de ces associations a des dispensaires dans les douze arrondissements.
La Société d’apprentissage, l’établissement Saint- Nicolas, et l’établissement de filature s’occupent du placement, des orphelins et des enfants pauvres.
Les religieuses de Notre-Dame de Bon-Secours, dont l’institution se trouve rue Notre-Dame des Champs, servent de gardes-malades à domicile.
Enfin la charité municipale s’exerce par l’intermédiaire des bureaux de bienfaisance dépendant d8
chaque mairie. Ces bureaux, administrés pardes citoyens notables , sous la présidence des maires , distribuent à domicile des secours de toute nature et des bons représentant du pain ou du vin. Les jours de fêtes publiques sont ceux pendant lesquels ces distribution s se font avec une certaine pompe.
11 faut ajouter à ces institutions l’ouvroirdela rue de l’Arcade,
dont le lmt est de substituer le travail à l’aumône, et de moraliser en secourant ; et les cités ouvrières telles que celles de la rue Rochechouart, qui offrent des logements salubres et à bon marché aux ouvriers munis de certificats de bonne conduite.
Pour compléter et terminer ce chapitre, il nous reste à dire quelques mots sur les lavoirs publics.
De temps immémorial, on ne connaissait dans Paris, à l’usage du blanchissage du linge, que ces immenses bateaux cà l’aspect triste et délabré qui stationnent depuis le pont Marie jusqu’au pont des Invalides, offrant, il est vrai, aux lavandières des faubourgs de la grande ville, moyennant une légère rétribution, les avantages d’un lavoir à eau courante et d’un séchoir à air libre, mais aussi les désagréments d’un grand éloignement des quartiers populeux et d’une exposition permanente à toutes les intempéries des saisons; en outre, et sans parler des entraves (pi ils apportent a la navigation le long des rives de la Seine, ces bateaux ont toujours été construits ou entretenus par leurs propriétaires avec une incurie telle, que les pauvres blanchisseuses qui les fréquentent se sont souvent vues exposées au danger d’une chute dans la rivière.
frappés de ces graves inconvénients, quelques capitalistes, plus philanthropes qu’industriels, ont
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Un bureau de bienfaisance.