‹ Tableau de ParisChapitre 157 sur 257 · DEUXIÈME GROUPE. - BATIMENT · texte numérisé non relu

DEUXIÈME GROUPE. - BATIMENT

D’après des recensements réguliers de 1 81 7 à 1846, la population s’était élevée de 713,906 individus à 1,053,897. Dans les cinq dernières années de cette période, l’augmentation avait été de 118*666. Le nombre des maisons, qui était en 1841 de 28,699, atteignait en 1846 le chiffre de 30,221; ainsi leur accroissement n’avait été que de 1,522, ou 1/18, tandis que celui de la population avait été de près de 1/8. Malgré la tendance de celle-ci à se concentrer, le

nombre des logements vacants devait diminuer tous les jours.

A cette nécessité d’édification de bâtiments destinés à recevoir ces nouveaux habitants, vient s’en joindre une autre, résultant du soin pris par l’administration municipale d’élargir les anciennes rues et d’en percer de nouvelles, en rachetant et faisant démolir les constructions qui ne se trouvent pas dans les alignements arrêtés. Il y a donc à Paris, indépendamment des réparations et changements d’aménagements, une cause permanente de travaux de construction, dont l’énergie varie avec le mouvement de la population et lessommes que la ville peut affecter à l’amélioration de la voie publique. Aussi l’industrie du bâtiment a-t-elle pris une importance qui va toujours croissant, malgré les temps d’arrêt momentanés que causent les crises politiques ou les folies de la spéculation.

Les industries qui se rattachent à ce groupe sont au nombre de 18, et de 21 avec les sous-divisions de la menuiserie, recensées séparément, et qui se composent des menuisiers en bâtiment, des parqueteurs, des rampistes et des treillageurs, faisant ensemble pour 28 millions d’affaires.

Dans ces 21 spécialités il s’en trouve qui ne concourent pas même indirectement à l’édification ou restauration des maisons, mais qui se rattachent à ce groupe plus qu’à aucun autre par la nature de leurs travaux, les ouvriers et les matériaux qu’ils emploient. Nous citerons les entrepreneurs de vidange, au nombre de 6, faisant pour près de 2 millions d’affaires ; les constructeurs de barques, fabricants d’échelles. Enfin, les entrepreneurs de tombeaux, au nombre de 53, compris dans le chiffre des transactions pour 1,453,710 fr., sont à la fois constructeurs, jardiniersfleuristes, mais exécutent principalement des travaux de maçonnerie, marbrerie, serrurerie, qui les classent, naturellement dans les industriels du bâtiment.

Le nombre des entrepreneurs de ce groupe est de 4,061, dont 873 occupent plus de 10 ouvriers; 2,300 de 2 à 10 ; 888 un ouvrier ou travaillant seuls.

Parmi les premiers on compte 210 menuisiers, 175 maîtres maçons, 132 peintres, 91 serruriers, 68 charpentiers, 33 fumistes, 30 entrepreneurs de couverture.

En 1824 ce nombre ne s’élevait qu’à 2,087. Si l’on déduit des 4,061 ci-dessus les 30 entrepreneurs d’industries étrangères au bâtiment, reste un accroissement de 1,944. Mais la comparaison par spécialités semblerait établir que le chiffre des maîtres maçons et charpentiers aurait diminué, tandis que celui des serruriers, peintres, menuisiers, aurait plus que doublé. 11 est certain que l’industrie du bâtiment s’est transformée depuis 30 années. Ainsi les travaux de décorset d’ornementation, tels que ceux de peinture, sculpture en pierre, serrurerie fine, la fabrication des rampes et des parquets, ont pris une extension qui explique l’augmentation survenue dans les patrons de cette catégorie. La substitution des fermes en fer aux voûtes et charpentes en bois a profité à la serrurerie au détriment des maçons et charpentiers.

Cependant la réduction signalée plus haut n’est probablement qu’apparente : elle tient à ce qu’une partie des entrepreneurs de gros travaux sont allés s’établir à l’extérieur, ainsi que le dit la commission, afin d’avoir à meilleur marché les vastes emplacements qui leur sont nécessaires, et d’être plus à même de prendre part à la fois aux constructions delà banlieue et à celles de l’intérieur de Paris.

Ce déplacement est même indiqué comme une cause d’inexactitude tant pour le chiffre des transactions que pour celui des ouvriers employés, parce que l’enquête, n’ayant pas été poussée hors Paris, n’a pu recueillir les déclarations des patrons relatives aux travaux exécutés par eux dans cette ville.

La différence constatée dans le nombre des industriels résulte aussi de la création récente de spécialités, trop peu importantes en 1826 pour former l’objet d’entreprises particulières. Ainsi, les ornemanistes, fabricants de lettres en relief, poseurs de trottoirs et plusieurs autres ne figurent pas dans le relevé de

Page 1