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TROISIÈME GROUPE. - AMEUBLEMENT

Les produits des deux premiers groupes sont presque exclusivement destinés aux Parisiens; ceux du troisième, au contraire, s’expédient non-seulement dans toute la France, mais à l’étranger, avec lequel ils font l’objet d’un commerce considérable. Ce groupe, se compose de 32 industries, non compris la fabrication des matières qui servent à confectionner les ameublements.

Les quatre plus importantes sont l’ébénisterie, qui vend, seule, pour 27,982,950 fr., et, réunie avec la fabrique des chaises et fauteuils, qui n’en est qu’une branche, pour plus de 33 millions; la fabrique des bronzes, qui fait pour 18,500,000 fr. d’affaires; la tapisserie, pour 20,663,000 fr.; les papiers peints, pour 10,227,150 fr.

D’après les recherches statistiques, la fabrication des bronzes, en 1822, n’était effectuée que dans 105 établissements , dont les produits s’élevaient à 5,250,000 fr. ; elle aurait donc plus que triplé en 25 ans. Elle n’occupait alors que 840 ouvriers; elle en emploie aujourd’hui 5,414.

A la même époque , la fabrique des papiers peints comptait 72 établissements, occupant 4,1 16 ouvriers et produisant pour une valeur de 13,795,473 fr. On compte aujourd’hui 1 41 fabriques et 3,295 ouvriers.

Le nombre des entrepreneurs du groupe est de 5,713, dont 856 occupent plus de 10 ouvriers, 2,605 de 2 h 10. 2,252 un ouvrier ou travaillent seuls. Parmi les entreprises occupant plus de 10 ouvriers on trouve 307 ébénistes, 186 fabriques de bronzes, 1 14 tapissiers et fabricants d’objets de literie, 81 fabricants de papiers peints, 70 de cadres, doreurs sur bois et miroitiers, 65 lampistes et fabricants d’appareils d’éclairage, industrie qui date de la fin du dernier siècle, et qui a pris un développement si rapide qu’elle entre dans le chiffre des transactions pour 7,880,581 fr.

L’ensemble des affaires, en 1847, avait été de 137,145,246 fr. , avec un personnel de 36,184 ouvriers; en 1848, il n’a été que de 34,7 16,396 fr., avec renvoi de mars à juin de 26,352 salariés.

Sur ces chiffres, le 8e arrondissement seul ligure, en 1847, pour 49,951 ,852 fr. d’affaires, 2,276 patrons, et 15,976 ouvriers.

L’ébénisterie est une des industries où la subdivision du travail a pris le plus d’extension, et produit les résultats les plus déplorables dans certains moments. Le faubourg Saint-Antoine est rempli de petits patrons, dont beaucoup ne font qu’une espèce de meubles : ils occupent de 2 à 6 ou 8 ouvriers ou apprentis, autant qu’ils ont d’établis. Le plus souvent, ils

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travaillent sur commandes pour les commissionnaires ou marchands en gros. Mais, lorsqu’ils n’ont pas de meubles achetés d’avance, ils en fabriquent pour leur compte, et vont ensuite les colporter chez les marchands en boutique, qui les obtiennent à prix réduits. Ces patrons n’ont, en général , aucun fonds de roulement ipii leur permette d’emmagasiner leurs produits en attendant l'occasion de vendre : peu rangés d’ailleurs pour la plupart, ils mangent, ou, pour mieux dire, boivent tout ce qu’ils gagnent dans les moments de prospérité, et sont ensuite aux expédients quand les affaires se ralentissent. Ils contribuent à augmenter la crise par le bas prix auquel ils offrent leur marchandise. Cette position de patron en chambre est cependant très -enviée par les ouvriers, qui obtiennent assez facilement du crédit des marchands de bois, quand ils sont habiles et qu’ils ont pu se procurer les établis et assortiments d’outils nécessaires. Mais souvent, après avoir gaspillé les économies lentement amassées, ils sont réduits à retourner comme simples ouvriers à l’établi d'un autre entrepreneur.

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