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QUATRIÈME GROUPE. — VETEMENT

Ce groupe est un de ceux qui expédient le plus dans les départements et à l’étranger. 11 se compose de 21 professions, parmi lesquelles se trouve la plus importante des industries parisiennes, en raison de sa valeur de production: celle des tailleurs, qui, seule, confectionne ou répare pour 80 millions de francs. Cette industrie se divise en tailleurs sur mesure et en confectionneurs. Les premiers travaillent surtout pour Paris ; mais on estime cependant qu’ils habillent environ le 1/8 des personnes aisées habitant les départements, dans un rayon de 150 à 200 kilomètres autour de cette capitale. Les confectionneurs travaillent moins pour Paris que pour la province et l’étranger; ils fabriquent à avance, par assortiments, sur des séries de patrons divers, profitant des moments de morte saison pour obtenir des rabais sur le prix des façons.

L’économie qu’ils réalisent ainsi sur la main d’œuvre, la vente au comptant , et l’emploi d’étoffes plus communes, et achetées par forte partie, leur permettent de donner à un prix très-inférieur à celui des tailleurs sur commande. Aussi cette spécialité a-t-elle pris un tel développement, que ses produits entrent pour 28 millions dans le chiffre total de 80. Indépendamment de ces deux classes et desappiéceurs qui montent et cousent pour le compte des tailleurs, il y a encore d’autres industriels, sous différents noms, qui font nettoyer de vieux habits, les retournent, changent les doublures, refont les coutures, et vendent les vêtements ainsi rajeunis. L’exportation de ces habits refaits a été, en 1846, de 8,950,000 fr., et va croissant tous les ans, tandis que celle des vêtements neufs ne dépassait pas 9 millions.

Au second rang, comme importance de production, viennent les cordonniers, qui ont vendu, en 1847, pour 43,282,487 fr. Dans cette industrie se retrouve la même division des cordonniers sur mesure, des confectionneurs et des cordonniers en vieux. L’exportation des chaussures, surtout pour femmes, a pris une extension due en partie au bon marché des produits. Ainsi, les souliers de satin peuvent se livrer de 24 à 27 fr. la douzaine.

Nous mentionnerons ensuite la chapellerie, qui fabrique pour 46,762,680 fr., dont elle exporte pour 1,249,992 fr. Les modistes, dont les affaires s’élèvent à 1 2,326, 1 1 3 fr., leurs expéditions à l’étranger, en y comprenant il est vrai les confections pour femme, ont été, en 4847, de 2,646,708 fr. Enfin la fabrique des casquettes et coiffes de chapeaux, exercée par 542 patrons employant 4,056 travailleurs, la plupart femmes, et qui produit pour 7,623,853 ir. Cette industrie est arrivée à donner ses casquettes d été a 2 fr. 25 c. la douzaine; celles de drap a 12 fr.

L'on a dû comprendre dans ce groupe deux professions, le blanchissage du linge et les entreprises de

Aux bureaux de l'Illustration, rue de Richelieu, 60.

buanderie, qui concourent à l’entretien, sinon à la confection des vêtements. La première est exercée dans Paris par 4,847 entrepreneurs occupant 8,763 femmes, et faisant pour 12 millions d’affaires, indépendamment du travail des blanchisseurs habitant les environs de Paris. Sur cette masse de patrons, 3,222 travaillent seuls ou avec une ouvrière. Ce sont des femmes ayant dans leur voisinage une petite clientèle de pauvres ménages, qui leur permet de réaliser un bénéfice journalier d’environ I fr. 50 c. à 2 fr.

Les entreprises de buanderie sont le complément de cette industrie: dans ces établissements, dont 94 sont placés sur la rivière ou le canal, on loue une place • à l’heure aux femmes qui vont y laver, et l’on coule une lessive commune dans laquelle ce linge essangé est admis par paquets, moyennant une faible rétribution.

Ces 103 établissements font ensemble une recette de 1,018,550 fr.

Des 29,216 entrepreneurs de ce groupe, 4,739 occupent plus de 40 ouvriers; 8,547, de 2 à 10; et 48,930, 1 ouvrier ou travaillent seuls. L’industrie du vêtement est une de celles où les entreprises se sont le plus multipliées; n’entraînant que des déplacements momentanés, elle peut être exercée par des individus qui ont d’autres occupations, ou par des femmes qui ne sont pas complètement détournées du soin et de la surveillance de leur ménage. Ainsi 3,009 tailleurs n’ont qu’un ouvrier; et 1,641, dont 564 concierges, travaillent seuls. 1,605 cordonniers n’ont qu’un ouvrier, et 2,699, dont 494 concierges, travaillent seuls. Sur les 5,481 couturières recensées, 3,876, dont beaucoup sont femmes ou filles de portiers, travaillent seules ou avec un auxiliaire, le plus souvent une apprentie.

De 240,947,293 fr., chiffre des affaires de 1847, elles sont tombées, en 1848, à 1 14,801,803 fr., non compris, il est vrai, le montant des uniformes fabriqués par les associations d’ouvriers, qui , s’étant dissoutes peu après, n’ont pu être recensées. De 90,064 ouvriers employés dans ce groupe, dont 22,000 tailleurs et 20,000 cordonniers, il en a été congédié 46,013.

En décomposant la production de 4847, on trouve,

| pour les travaux relatifs aux vêtements d’hommes, 409,824,586 fr. ; de femmes, 35,289,248 fr. ; desdeux sexes indistinctement, ou aux objets de ménage, 95,833, 489 fr. Mais, d’abord, une forte partie des vêtements de femmes se confectionne dans l’intérieur du ménage; ensuite les couturières, à peu d’exceptions près, reçoivent l’étoffe qu’elles taillent et cousent, et n’ont à comprendre dans le chiffre de leurs affaires que le prix des façons et fournitures. Enfin, une partie des ajustements de femme leur est livrée directement par le commerce, et provient, ou de la province, ou d’industries classées dans d’autres groupes, comme les fabriques de châles , de chapeaux de paille, etc.

Ce groupe est un de ceux qui comprend le plus d’apprentis; il en existe 5,222 des deux sexes, dont 1,526 pour la couture.

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