‹ Tableau de ParisChapitre 251 sur 257 · LE PRINCE LOUIS BONAPARTE · texte numérisé non relu

LE PRINCE LOUIS BONAPARTE

Non loin de Rueil, et cette fois dans une position qui lui permet de profiter du voisinage du chemin de fer, se trouve Nanterre, village fameux de temps immémorial par le culte qu’il offre parallèlement aux petits gâteaux qui portent son nom, et aux vertus qu’il couronne annuellement dans la personne d’une rosière.

Monument de la reine Hortense.

plantes rares, la galerie de tableaux, furent vendus ou transportés à Munich 5 et en 1826, la Malmaison et ses bois furent achetés par M. Haguerman, banquier suédois à Paris. Après sa mort, en 1842, le château seul et son parc devinrent la propriété de la reine Marie-Christine d’Espagne, qui ne l’a habitée qu’en 1 843 et 1844.

La Malmaison de Bonaparte et de Joséphine n’est plus la Malmaison de la reine Christine. Si les vieillards qui l'ont connue vont encore de temps en temps lui rendre une dernière visite, ce n’est pas dans ce château habité par une étrangère, c’est dans les chapelles et les caveaux de l’église de Rueil. Des souvenirs historiques et des tombeaux, voilà tout ce qui reste aujourd hui de la Malmaison impériale.

Avant la Révolution, l’église de Rueil renfermait le tombeau de Zaga-Christ, qui vint en France sous le ministère de Richelieu. 11 était, disent les uns, roi

« Une statue en marbre de Carrare, ouvrage de Cartelier, représente ine en costume de

cour. Elle est agenouillée sur un carreau près d’un prie-Dieu beaucoup trop petit. Cette statue, d’après le témoignage de tous ceux qui ont connu l’impératrice, est d’une ressemblance parfaite.

« Le gouvernement de

la Restauration avait défendu de représenter Joséphine avec aucun des attributs du pouvoir souverain. Pour éluder cette défense, le sculpteur a su diposer habilement le peigne de la coiffure de manière à simuler le diadème.»

M. Tascher de la Pagerie, oncle de Joséphine, et la reine Hortense reposent également dans l’église de Rueil. Le monument de cette dernière s’élève au milieu de la chapelle de Buzenval : il se compose d’un piédestal de marbre de diverses couleurs, portant sur chacune de ses quatre faces un médaillon : sur le premier sont sculptées, en bas-relief , les armes d’Hortense; sur le second est représentée la Charité, d’après une petite médaille frappée en son honneur; le troisième et le quatrième offrent les divers attributs des arts libéraux, cultivés avec tant de succès par la reine Hortense. Sur le piédestal s’élève la statue de la reine : elle est représentée les mains croisées dans l’attitude

Monument de l’impératrice Joséphine.

Ce n’est pas petite affaire que le couronnemer d’une rosière : oyez plutôt la description : Les tan bours battent aux champs, les cloches sonnent à grai des volées. Une double haie de gardes nationaux o< cupe tout l’espace compris entre la maison de la rc sière et l’hôtel de ville du village. Des drapeaux s balancent aux fenêtres. C’est un spectacle magnifiqu et fait pour amener la vertu parmi les hommes, ! tous pouvaient jouir de ce coup d’œil.

La garde départementale ouvre la marche; pui une nombreuse musique de garde nationale fait re tentir les airs de joyeuses fanfares. Paraît ensuite 1 rosière, entre M. le maire, M. le curé, l’autorité civil et l’autorité religieuse.

Derrière la rosière, vêtue de blanc et parée de se plus beaux atours , est rangé le conseil municipal suivi par une garde d’honneur, composée de messier marchant de front et armés de longues piques qu’or

La Malmaison datait d’une époque très-reculée; mais, en 1224, ce n’était qu’une grande dépendance de la paroisse de Rueil. Au quatorzième siècle, l’abbé de Saint-Denis reçut hommage de ce fief. En 1622, Christophe Perrot, conseiller au parlement, en était le seigneur. Avant la Révolution elle passait, à juste titre, pour une des propriétés les plus agréables des environs de Paris. Delille, qui y écrivit une partie de sa traduction des Géorgiques, en fait un éloge pompeux dans son poème des Jardins. En 1792, vendue comme propriété nationale, elle lut achetée par M.Lecouteulx de Canteleu, qui la vendit en 1798 à Joséphine. 11 ne nous appartient pas de redire ici ce qu’elle devint sous l’Empire. Nous renverrons à l'ouvrage de MM . Jacquin et Duesberg ceux de nos lecteurs qui voudraient avoir de [tins amples renseignements.

Le prince Eugène fit revendre les terres que sa mère avait ajoutées à l’ancien parc : les arbustes, les

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côté par Gilet et Dubuc, d’après les dessins de l’architecte Berthaud , consiste en une voûte à plein cintre, ornée de rosaces et supportée par quatre colonnes d’ordre ionique , élevées sur un piédestal de 2 mètres de hauteur, 4 mètres de largeur et 1 mètre 90 centimètres de profondeur. Les colonnes sont hautes de 4 mètres, et l’archivolte de 3 mètres. Le corps de l'impératrice est déposé dans le massif du socle. Il est renfermé dans trois cercueils, l’un de plomb, le second d’acajou, et le troisième de chêne.

« Le socle porte l’inscription suivante, gravée en creux et dorée.

d’Éthiopie, d’autres prétendent un imposteur. 11 est plus probable que ce 11’était qu’un des chefs de ces bandes de bohémiens répandues alors en France et dans les autres contrées de l’Europe, et qui se serait converti à la religion chrétienne. O11 grava sur sa tombe l’épitaphe que voici :

Ci-"ist le roi d’Éthiopie Soit original ou copie ;

La mort a fini les débats S’il l’était ou ne l’était pas.

Aujourd’hui l’église de Rueil contient les monuments funéraires de l’impératrice Joséphine , de la reine Hortense et du marquis Tascher de la Pagerie.

« En 1824, disent MM. Jacquin et Duesberg, auxquels nous empruntons ces détails, la reine Hortense et le prince Eugène achetèrent une des chapelles de l’église de Rueil, et y firent élever le tombeau de leur mère, l’impératrice Joséphine. Ce monument de

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