LU
Gluck*
En 1778, tout le monde était ou \Gluckiste, ou Lulliftte^ ou Ramiste, ou Picciniste, ainsi que Ton était, il y a quarante ans, Moliniste ou Janséniste. J'avoue que j'étais et que je suis encore Gluckiste, Pourquoi? c'est que Torphée du Danube me frappe profondément, m'entraîne, m'émeut ; et je préfère la mélodie à l'harmonie. Piccini a une harmonie adroite et brillante, une composition douce et variée; mais ce genre de beauté laisse trop à désirer du côté de l'expression.
Je n'ai jamais goûté Quinault; et, selon moi, il n'a jamais pu échauffer Lulli, encore moins Piccini. Tous les héros de Quinault sont fades et fastidieux; et M. Marmontel a manqué étonnamment de goût, en s'attachant à ses misérables opéras, dont le vide et la faiblesse auraient dû frapper un homme de lettres tel que lui. Mais la routine est le tyran éternel de tous les littérateurs français, même de ceux qui font de prétendues poétiques.
Nous avons aujourd'hui besoin à'écoles de musique, Gluck en a senti la nécessité ; et tout compositeur français et étranger a droit de se plaindre parmi nous que l'exécution ne répond jamais qu'imparfaitement aux créations de leur génie. Seronsnous donc plus fiers que les descendants des Romains? Abandonnerons-nous l'aii du chant figuré à ces prétendus maîtres de musique, qui n'ont ni âme ni sentiment?
Dans l'ancienne patrie des Brutus et des Gamilles, on trouve des écoles de musique, comme on y voyait, dans les derniei's siècles, des écoles de peinture.
Les Pistocchi à Bologne, les Brivio à Milan, les Redi à Florence, les Porpora à^Naples, sont aussi fameux parmi les ama-