‹ Tableau de ParisChapitre 112 sur 154 · CINQ JANVIER · texte numérisé non relu

CINQ JANVIER

de contempler ces rares tortures. Les femmes oublièrent la sensibilité de leur sexe ; et des lunettes d'approche entre leurs mains amenaient sous leurs regards, les bourreaux et les angoisses du supplicié. Leurs yeux ne se détournèrent point de cet amas de tourments recherchés. La pitié et la commisération s'étaient envolées de la place où le criminel expiait son forfait par le plus long et le plus cruel des supplices. Il fut tel, que la postérité frémira, en en lisant

le récit.

On aura peine à le concilier un jour avec nos mœurs, avec notre philosophie ; mais les lois anciennes ordonnaient que les mêmes tourments fussent renouvelés, et le parlement ne changea rien à l'arrêt rendu en 1610.

Lorsqu'on instruisait le procès de Ravaillac, un Italien nommé Balbani, très-habile mécanicien, se présenta à l'avocat-général, et lui dit qu'il se chargeait de questionner le coupable sans lui briser aucun membre ; mais de manière à lui arracher, par la gradation des douleurs, le secret de ses complices. L'avocat-général en fit son rapport au parlement, qui était sur le point d'agréer la chose; mais il vint des oppositions de la part de la cour du Louvre. On dit que des questionnaires nouveaux et des bourreaux inventifs se présentèrent aussi pour l'interrogation de

Damiens.

Duclos, en qualité à! historiographe de France, demanda d'assister à une des interrogations de Damiens. Cela lui fut accordé après quelques préliminaires ; mais comme son vêtement aurait discordé avec l'habillement des Juges, Duclos l'académicien endossa une robe noire, et mit une yerruque longue. De cette manière, il vit et entendit le régicide. C'est ce qu'il m'a confirmé de son vivant.

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