LE PARLEMENT
de cette vilenie est un scandale public, et que c'est un de
5 actes honteux qu'il faut couvrir des voiles les plus épais.
l'a habitant de Lyon et de la Rochelle est obligé de venir plaider à Paris. C'est aller chercher la justice à une grande distance : mais cet abus est invétéré, et il serait difficile de toucher à une coutume qui dans son antique bizarrerie a quelques avantages.
Quand les rois allaient dans une espèce de coche, les conseillers et les présidents arrivaient au Palais, montés sur une mule : aujourd'hui que les rois de France ont infiniment plus à dépenser pour leur maison, il est juste que les conseillers et les présidents, qui remontrent et qui enregYs^w^partagent un peu l'opulence et le luxe des monarques, pi J
Lorsqu'un livre a l'approbation de l'Europe qu'on le lit partout, qu'on en admire les idées neuves, fortes, grandes et justes, l' avocat-général vient à la barre de la cour, fait un réquisitoire plein de non-sens et assaisonné de déclamations ; il détache quelques phrases à la mode des journalistes et les souligne. Le livre est condamné à être brûlé au pied du grand escalier ou de l'escalier Saint-Barthélémy, comme hérétique, schismatique, erroné, violent, blasphémateur, impie, attentatoire à V autorité, perturbateur du repos des empires, etc. Il n'y a pas une seule épithète à rabattre.
On allume un fagot en présence de quelques polissons oisifs qui se trouvent là par hasard ; le greffier substitue urîe vieille Bible vermoulue au livre condamné ; le bourreau brûle le saint volume poudreux, et le greffier place l'ouvrage anathématisé et recherché, dans sa bibliothèque.
Encore étourdi du coup de massue que lui a porté le chancelier Maupeou, ce corps ne sait plus quelle route tenir ; ses idées semblent confuses, embarrassées ; il ne sait s'il doit embrasser une certaine confiance en lui-même d'après la base antique, ou laisser dénouer le fil des événements, pour en mettre à profit les diverses circonstances. Il paraît avoir adopté ce dernier parti : son repos ressem-
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ble à un sommeil ; les uns le croient mort ; il se réveillera' disent les autres ; s'il ne donne aucun signe de vie, disent les troisièmes, c'est qu'il prépare sa résurrection ; c'est qu'il médite dans le calme ce qui lui a toujours manqué, une adroite politique ; il étudiera mieux qu'il n'a fait les idées de son siècle.
Quoi qu'il en soit, ce corps a toujours une grande force qui a souvent inquiété le trône ; et laquelle ? me demanderez-vous. La force d'inertie !
BOUQUINISTES t>xAA
In appelle ainsi un homme qui arpente tous les coins de Paris, pour déterrer les vieux livres et les ouvrages rares et celui qui les vend. Le premier visite les quais, les petites échoppes, tous ceux qui étalent des brochures ; il en remue les piles qui sont à terre ; il s'attache aux volumes les plus poudreux, et qui ont la physiononie antique.
Ce n'est que de cette manière que l'on trouve à bas prix les anciens ouvrages et les plus curieux. Les bibliothèques les plus précieuses n'ont point eu d'autre fondement que le zèle assidu et opiniâtre des bouquinistes.
Au décès de tel homme ignoré, se rencontre quelquefois le livre qu'on cherchait depuis plusieurs années ; mais les libraires matineux ont si bien fait depuis quelque temps, qu'ils ont enlevé aux bouquinistes de profession toutes les découvertes que ceux-ci pouvaient faire ; il n'y a plus rien à glaner après eux. Les livres rares sont devenus introuvables ; ce n'est que par le plus grand coup du hasard, que l'on peut tromper la vigilance des argus modernes de la librairie ; et puis la science des livres est devenue assez commune : les petits vendeurs en savent assez pour faire la réparation avant de les crier à quatre sols, comme ils faisaient il y a vingt-cinq ans.