‹ Tableau de ParisChapitre 145 sur 154 · AMITIE DES FEMMES · texte numérisé non relu

AMITIE DES FEMMES

nuances ne leur échappent point ; elles les connaissent ; et comme elles ont un tact fin et immanquable, elles peuvent donner les meilleurs conseils.

Quand l'illusion des premières passions est passée, leur raison se perfectionne. Une femme à trente ans devient une excellente amie, s'attache à tel homme qu'elle estime, lui rend mille services, lui donne et en obtient toute sa confiance ; elle chérit la gloire de son ami, la défend, ménage ses faiblesses, remarque tout et lui fait part de ce qu'elle apprend ; le sert efficacement dans les grandes occasions, n'épargne ni ses soins ni ses pas, et le malheureux disgracié de la fortune et des grands retrouve tout ce qu'il a perdu dans l'amitié d'une femme.

L'amitié des femmes a un charme plus doux que celle des hommes ; elle est active, vigilante; elle est tendre ; elle est vertueuse et surtout elle est durable. Les femmes aiment plus tendrement, plus sûrement au moins leurs vieux amis que leurs jeunes amants. Elles trompent quelquefois l'amant, jamais l'ami ; c'est pour elles un être sacré.

Concluons avec J. J. Rousseau, qui a parlé des femmes avec sévérité, parce qu'il les aimait. « Je n'aurais jamais, « dit-il, pris à Paris ma femme, encore moins ma maîtresse ; « mais je m'y serais fait volontiers une amie, et ce trésor « m'eût consolé peut-être de n'y pas trouver les deux autres. »

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