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ECRITS DE VOLTAIRE

^, É à Paris, ses ouvrages semblent tous avoir été faits ^ pour la capitale. Ill'avait principalement en vue lorsqu'il écrivait; en composant il regardait l'académie. française, où étaient ses prôneurs, le parterre de la comédie, le café de Procope (i), et un cercle de jeunes Mousquetaires ; il n'a

(i) Café fréquenté par les littérateurs et les poètes.

guère eu d'autres points de vue. Les nations étrangères n'existaient presque pas pour lui.

Les écrits de Voltaire semblent imbibés de cette rosée qui donne aux fleurs leur émail, et aux fruits leur duvet. Brillant, ingénieux, vif, plaisant, gracieux, il n'a aussi aucune sorte de profondeur ; il ne touche jamais qu'aux superficies. Deux ou trois idées le dominent puissamment, et il tourne dans ce cercle ; ce qui répand une seule et même couleur sur ses productions. Quand on les lit de suite, on s'aperçoit qu'il n'a jamais changé son premier point de vue. Il est fort instruit ; mais il ne sait pas placer avec fruit cet amas de connaissances : la grâce, l'esprit et la malice lui tiennent incessamment lieu de génie.

Rarement éloquent, si ce n'est dans ses belles tragédies, ailleurs il est stérile, lorsqu'il parle morale, et très borné lorsqu'il traite de matières politiques. C'est une philosophie commune que celle dont il se pare ; mais il l'a très bien ornée.

Toujours poète, (et c'est là son grand titre) presque jamais penseur, ce n'est point la fécondité des idées qui le distingue ; c'est plutôt la variété infinie de tours, et la magie heureuse de ses expressions. Ainsi ces généraux habiles qui n'ont qu'une petite troupe, par des évolutions multipliées et adroites, font passer et repasser tant de fois leurs soldats, que l'œil trompé leur attribue de loin une grosse et formidable armée.

Les puissances de la terre lui en imposaient au fond de son cabinet ; sa plume mollissait ; et les noms de roi, de souverain, de ministre surtout, lui inspiraient des idées extraordinairement fausses. Tout ce qu'il a écrit dans l'histoire est infesté d'un vice radical, de l'ignorance absolue où il était des grands et véritables principes politiques.

Il n'a guère qu'un seul but dans son Histoire universelle, et il immole tout à cette idée ; c'est une satire perpétuelle du pouvoir ecclésiastique. Constamment attaché à sa proie, les autres idées politiques lui échappent, et même. il ne les cherdhe pas* Il ne voit que l'autel à détruire : ainsi il a

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