PROCESSION DES HUISSIERS
Cavalcade assez plaisante. Le lendemain de la Trinité, les huissiers à cheval et à verge, et les huissiers priseurs montent à cheval, couverts de leurs robes noires. Ils ont mauvaise grâce, et tout le peuple rit de voir ces suppôts de la justice caracoler, garder mal leurs rangs, et au moindre choc saisir le crin des chevaux. Cette main qui griffonne et faite pour l'écritoire, conduit mal la bride. Leur style de grimoire est empreint sur leur physionomie ; ils vont saluer les principaux magistrats. On dit que les particuliers qui auraient à se plaindre de quelque mauvaise manœuvre, pourraient dénoncer le coupable subalterne ; mais les chefs les punissent si rarement, que sur cent plaintes une à peine est admise.
Comme il faut que la masse du papier timbré se débite, toutes ces mains qui le noircissent seront toujours encouragées à en vider les magasins ; et si on leur fait quelque réprimande, le plus souvent c'est pour la forme, et six mois après ils recommencent avec plus d'intrépidité que jamais. Sans ces plumes actives, que deviendrait le riche produit de la ferme ?