PERRUQUIERS
NOS ancêtres ne livraient pas chaque matin leur tête, pendant un temps considérable, à un friseur oisif et babillard. Se faire le poil, imprimer à leurs moustaches, ornement de leurs physionomies mâles, un ton martial, telle était toute leur toilette. Il y a deux siècles que nous avons eu la faiblesse d'imiter les femmes dans cet art de la frisure qui nous efféminé et nous dénature.
Où est le temps qu'un brave, losqu'il avait besoin d'argent détachait sa moustache et la mettait en gage chez le prêteur, au lieu de lui faire un billet d'honneur ? Point d'hypothèque plus assurée : le prêteur dormait tranquille, et jamais la dette ne manqua d'être acquittée à son échéance.
Nous n'avons plus, il est vrai, le ridicule d'ensevelir notre tête sous une chevelure artificielle, de coiffer le front de l'adolescence d'un énorme paquet de cheveux ; le crâne chauve et ridé de la vieillesse n'offre plus ce bizarre assor-