‹ Tableau de ParisChapitre 96 sur 154 · BAINS DU SIEUR ALBERT · texte numérisé non relu

BAINS DU SIEUR ALBERT

Tls sont de propreté et de santé ; c'est le plus bel éta- I blissement et le plus commode qui existe en ce genre. Les bains de vapeurs et de fumigation y sont en usage ; les douches y sont ascendantes, descendantes ou latérales, suivant la partie affectée et l'intention du médecin ; enfin on peut se baigner là dans un réservoir de marbre qui contient unvolume de trente muids d'eau, en tout temps claire et limpide. On peut nager dans cette vaste baignoire, sans que l'eau soit échauffée par la vapeur du corps, et profiter ainsi, sans risque, des avantages d'un bain froid

et de rivière.

Là se trouve une douche curieuse, unique en Europe, une douche ascendante, au moyen de laquelle on peut se passer d'une seringue, car un jet d'eau en tient heu, et par sa force rapide et ascensionneUe, jorme un clystère^ perpétuel. On peut donc se laver les entrailles à souhait, et l'on n'a besoin pour cela ni de piston ni de canule. Les lavements d'eau pure composant, je crois, la moitié de la médecine, cette douche ascendante fait en deux heures de temps ce que douze garçons apothicaires n'opéreraient pas en quinze jours; il ne faut que s'asseoir sur le siège

SaA7>

percé, et le jet d'eau irrésistible monte, s'insinue à quatre pouces de l'anus, et vous arrose les intestins doucement, sûrement, longtemps et abondamment.

Mais l'art de masser, si perfectionné dans les Indes orientales, est encore malheureusement dans son enfance en Europe ; l'on ne saurait comparer notre pratique avec celle qui est en usage dans les climats chauds ; nous n'aurons donc jamais parmi nous la délicatesse du toucher, ni l'adresse souple et ingénieuse qui distingue les masseurs de l'Inde.

Il y a sur la rivière des bains chauds à vingt-quatre sols,

mais sans linge. Voilà de quoi décrasser la gent parisienne :

eh bien ! il y a moitié de la ville qui ne se lave jamais, et

qui n'entrera dans aucun bain pendant tout le cours de la

vie.

Page 1