ORIGINE DE VALENCIENNES
L'origine de Valenciennes s'est perdue comme quantité d'autres, dans les ténèbres de l'antiquité; plusieurs histoires la font remonter beaucoup avant l'Empereur Valentinien premier; mais, soit qu'il en soit le fondateur ou le restaurateur, il est cependant certain qu'avant lui, ses habitans avoient le même gouvernement que les autres peuples de la Gaule Belgique ; d'autant plus, que son régime particulier n'a commencé que par les privilèges que cet Empereur lui donna avec son nom, en 367.
Les François, qui depuis longtems avoient passé le Rhin sans succès pour se faire un établissement dans les Gaules, profitant des troubles, des guerres et des désolations, dont l'Empire d'Occident étoit déjà accablé dans le commencement du régne de Valenciennes, trois mil'hommes vinrent sous la conduite de Clodien se rendre maîtres en 408, 429, 430 et 431 des villes
de Cambray, d'Arras, de Tournay et de Valenciennes, qui eut avec ces autres villes la gloire de servir de berceau à cette monarchie nouvelle, qui s'est étendue sous Clovis jusqu'aux Pirénées et qui s'est fait respecter de tout l'univers sous les Bourbons.
Mais le gouvernement féodal, ayant énervé sa puissance royale vers la fin de la 2' race des roys de France, les gouverneurs, les ducs, les comtes et les vicomtes se firent de leurs emplois des souverainetés héréditaires, et dés lors Valenciennes eut des comtes particuliers pour souverains, qu'elle conserva jusqu'en 105 1 que Richilde, unique héritière de ce comté, le porta dans la Maison des comtes du Haynaut par son mariage avec Bauduin de Mons, ayant cependant été arrêté entre les Barons et Nobles des deux comtés, que celui de Valenciennes demeureroit toujours distingué dans tous les droits, privilèges et franchises, loix et coutume, de celui du Haynaut. Cette ville passa successivement dans la Maison d'Avesnes en 12 14, dans celle de Bavierre en 1345, dans celle de Bourgogne en 1427 et dans celle d'Autriche en 1477.
Le 1 5 juin 1656, Monsieur de Turenne et le Maréchal delà Ferté commencèrent le siège de Valenciennes, mais le moment n'étoit pas encore venu que cette ville devoit retourner sous la domination françoise. Jean d'Autriche, grand prieur de Castille, fils naturel du roy d'Espagne, sous Philippe IV, la secourût le 16 du mois de juillet de la même année.
Les Espagnols, allarmés des grands progrés que la
AU XVlir"- SIÈCLE 3
France avoit faits contre les hollandoisjui déclarèrent la guerre le 1 5 octobre 1 673 , alors Louis XIV abandonna la Hollande pour tourner la prospérité de ses armes contre les possessions d'Espagne ; après leur avoir pris quantité de villes et de provinces entières, il vint assiéger la ville de Valenciennes sur la fin du mois de février 1677, qu'il prit d'assaut le 17 mars et que Charles II céda à la France par le traité de Nimégue du 17 de septembre 1678. Ainsi cette ville, que la foiblesse des rois de la fin de la deuxième race, laissa séparer de la monarchie françoise, y fut réunie par la force invincible des armes de Louis XIV, qui mourut chargé de gloire et d'années, le i^'" septembre 1715.
Louis XV succéda à Louis XIV son bisayeul, il vint à Valenciennes le 4 may 1744, il y séjourna jusqu'au onze. Les habitans pendant ce temps, ne cessoient de faire éclater leur attachement pour Sa Majesté, et le corps de la Ville, pour en perpétuer la mémoire fit ériger sa statue pédestre en marbre blanc sur la grande place, (i) l'inauguration se fit le dix septembre 1752 avec la pompe, l'éclat et les réjouissances les plus distinguées, que l'amour des habitans pour leur souverain ont rendus des plus vives.
Le 17 mars 1777, jour de l'année centenaire de l'heureux retour de la Ville de Valenciennes, sous la
(I) Œuvre de Jacques-François-Joseph Saly, célèbre sculpteur né à Valenciennes le 20 Juin 1717 et mort à Paris le 4 mai 1776, il était élève de Gillis, peintre et sculpteur valenciennois. Erigée sur la place d'armes, au pied du beffroi en 1752, cette statue d'un grand mérite fut renversée et mutilée quarante ans plus tard pendant la tourmente révolutionnaire.
domination de la France, étant arrivé dans la semaine sainte, le corps de ville se borna à en rendre des actes de religion, qu'il renouvella le 1 1 du mois de may de la même année, avec des réjouissances publiques qui durèrent plusieurs jours, auxquelles les habitans se livrèrent avec d'autant plus de joie, qu'elle étoit inspirée par les heureux présages du règne bienfaisant de Louis XVI , qui avait succédé le i o may 1 774, à Louis XV son ayeul. Les cinq abbés furent invités à un grand repas, que donna le Magistrat à l'hôtel de ville.
Les abbés d'Hasnon, S' Jean, Crepin, Vicogne et S' Saulve.