ETABLISSEMENT ET FONDATION DE CHARITÉ
L'Hôtellerie est la plus ancienne fondation, (i) il y a un dortoir de six lits pour des femmes infirmes qui y sont soignées, couchées, blanchies, chauffées et éclairées ; trente deux demeures qui se donnent à des pauvres honnêtes, et il s'y fait trois sortes de distributions à des pauvres honteux, natifs de la ville et à des familles déchues ; la première consiste en sept pains de livre et demie par semaine, et 22 sols 8 deniers tous les 1 5 jours à 16 personnes.
La deuxième consiste en la même quantité de pains et seulement en 6 sols et 3 deniers tous les 1 5 jours aussi à 16 personnes.
(I) On ne connaît pas au juste la date de la fondation de l'Hôtellerie, mais d'après Simon Le Boucq, ce monument remonterait à l'Empereur Valentinien, qui venu à Valenciennes en l'an 3O7, l'aurait fait construire sur les rumes du temple pay^n de la déesse Vesta, pour servir d'hospice, et le dédia à S' Gilles, qui devint le patron de Valenciennes.
On doit à M. Fromentin la publication de « Ordinaire de le Prouvendc del Hostelerie du castel S' Jeluin en Valcncliiennes » d'après le manuscrit de 1456, brochure in-4, Anzin, Dugour, 1871.
Et la troisième, en 5 pains du même poids par semaine ; toutes ces distributions sont conférées à vie ou du moins jusqu'à ce que ceux qui l'obtiennent viennent en meilleure fortune. Ceux de la première et deuxième distribution ont aussi du charbon, des braisses et autres douceurs par année^ mais elles sont plus considérables pour ceux de la première, cette différence et celle de l'argent les a fait appeler le grand pain, et ceux de la seconde petit pain, et la 3" surcroit. 11 faut être aussi de la ville pour être reçu au dortoir ou obtenir une demeure.
Il y a trente prébendes pour des pauvres honnêtes invalides des deux sexes, ceux qui les obtiennent y sont logés, ont la soupe et la petite bierre chaque jour et des distributions par semaine en pain et en viande, ils sont aussi soignés et médicamentés en maladie.
Les Orphelins, fondation pour ceux des deux sexes, qui le sont de père et mère, natifs de la ville ou banlieu et de bonne famille, y sont élevés, allimentés, médicamentés et vêtus jusqu'à l'âge de 22 ans, après qu'on les y a mis en état de gagner la vie par quelque profession ou métier, suivant la capacité qu'on leur reconnoit; ils sont ordinairement au nombre de 32 plus ou moins, suivant les circonstances, on y a aussi fondé une certaine somme, qu'on distribue tous les ans à ceux et celles qui en sortent, qui est plus ou moins forte pour chaque individu, proportionnée à la quantité des sortants et qui est employée à leur acheter des meubles et habillements à leur usage.
L'Hôpital général a été établi ensuite des lettres
patentes du mois de mars 1761, pour y enfermer les pauvres hors d'état de gagner leur vie, les mandiants valides et invalides de l'un et de l'autre sexe, les enfants exposés et abandonnés, les insensés des deux sexes, filles ou femmes condamnées pour leur mauvaise vie ; mais il s'en faut que ses revenus suffisent à tous ces objets, il paroit qu'on s'est plus occupé à y faire des bâtiments vastes et qui restent inutiles, qu'à le fonder ; d'ailleurslesobjetsd'une administration aussi compliquée nuisent souvent les uns aux autres, et tous les pauvres ne sont point faits pour aller à l'hôpital, les secours dont ils ont besoin suivant les circonstances profiteroient davantage à leur famille et épargneroient les frais inséparables d'un pareil établissement. Il commença d'être occupé le i" juillet 1767, par les pauvres de celui des mandiants, qui avoient été établis derrière le pan(i) et ceux de la maison dite du Conseil provincial, dont le roy avoit fait don à la ville pour y renfermer les pauvres enfants, par lettres patentes du 13 décembre 1722, et par cette réunion, ces deux maisons furent supprimées. Il y a eu à l'hôpital général jusqu'à 680 personnes en 1772. Il n'y en avait plus en 1778 que 420, compris maîtres, maîtresses et autres personnes qui y étaient employées, les administrateurs ayant dû nécessairement en diminuer le nombre par l'insuffisance des revenus qui y sont attachés.
Indépendamment de ces fondations et de plusieurs
(I) Le Paon, maison située rue des Ilots, derrière les bâtiments de l'Hôtellerie.
autres peu considérables, il y a une aumône généralle qui doit son origine à un règlement du Magistrat, du 28 mars 1530, qui trouve sa confirmation dans le placard de Charles V, du 7 octobre 1531, pour procurer à tous les pauvres malades, les médicaments et bouillons nécessaires et des secours à tous les autres, en grains, pains, chauffages et argent suivant leurs besoins, autant que les revenus de la fondation et les aumônes qu'elle reçoit peuvent s'étendre.