‹ Tableau des catacombes de RomeChapitre 19 sur 24 · SS · texte numérisé non relu

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d’une manière plus sensible que sur nos basreliefs ; et il y a lieu d’être surpris que cette représentation des basiliques et des baptistères , d’une époque qui doit être à peu près contemporaine de Constantin, n’ait pas été mise à profit par les antiquaires qui se sont occupés de cette partie de l’histoire de l’art chrétien.

Il manquerait un trait essentiel à l’idée générale que j’ai voulu donner des sarcophages chrétiens de la plus grande dimension et de la meilleure époque , si je ne disais un mot de ceux de ces monuments qui offrent, outre la suite d’histoirçs sacrées qui occupe le corps même du sarcophage, une frise pareillement ornée de sculptures, qui en forme le couronnement. Cette partie du sarcophage , ordinairement rapportée , offre généralement au milieu la tablette carrée , destinée à recevoir l’épitaphe, quelquefois le médaillon avec le portrait en buste du personnage défunt; et généralement aussi , la tablette , comme le médaillon , est soutenue de chaque côté par une figure ailée , tantôt nue et tantôt vêtue.

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où l’interprète de l’antiquité chrétienne n’éprouve aucune difficulté à reconnaître des anges gardiens , tout en y trouvant une réminiscence positive des génies antiques. On pourra s’en former une idée , d’après un fragment de frise appartenant à l’un des plus beaux sarcophages chrétiens qui nous fussent restés , s’il nous fût parvenu dans son entier * ; la partie qui subsiste , présente, à gauche de la tablette qui manque et que soutenait de ce côté un ange ailé , avec un petit manteau rejeté derrière lui pour tout vêtement , le sujet de Y Adoration des Mages , qui est un de ceux qui se reproduisent le plus fréquemment à cette place ~ sur les grands sarcophages chrétiens.

Les trois mages son coiffés de la tiare phrygienne, qui était le principal élément du costume asiatique ; ils portent dans leurs mains des présents consistant en vases , fleurs, oiseaux , couronnes, qui avaient une valeur symbolique facile à justifier par des textes

1 Voyez plauche 7e.

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sacrés ou par les usages de l’Orient. L’objet principal de la représentation est Yèlable , telle qu’elle est nommée dans le texte grec de saint Luc. Le Divin Enfant est serré dans ses langes, tel aussi que nous le représente le même évangéliste; et sa crèche , qui a la forme d’un grand panier d’osier , est entourée de deux animaux, le bœuf et Y âne, objets de tant de discussions entre les critiques , mais dont la présence habituelle sur nos sarcophages réduit au néant toute controverse. Derrière Y Enfant- Dieu , le groupe de la Eierge et de saint Joseph est ce qui mérite le plus de fixer l’attention, principalement sous le rapport de l’art. Saint Joseph, chauve et barbu, a le costume qui convient aux voyageurs, avec le pedum ou bâton recourbé, qui était aussi le bâton des voyageurs , et qu’il porte à la main ; c’est donc la circonstance du voyage à Bethléem que l’artiste chrétien a voulu exprimer ici , plutôt que la profession de charpentier1 , qu’exerçait saint Joseph , et

1 S. Matth. xiii, 54. Le mot grec riJlav employé dans !e texte sacré, comme celui de Faber,

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dont il ne porte aucun attribut. La Vierge est vêtue d’une tunique longue à manches étroites , par-dessus laquelle est passé un manteau qui l’enveloppe toute entière et lui couvre aussi la tète : c’est le costume qu’on lui voit sur le célèbre verre peint du musée Vettori, un des plusprécieuxmonumentsdel’antiquilé ecclésiastique 1 ; et c’est certainement d’après ce modèle que s’est constituée la tradition hiératique du costume de la Vierge. Elle est assise y avec la main gauche appuyée sur une espèce de tertre ou de rocher qui lui sert de siège, dans une attitude qui semble indiquer, sinon la fatigue qui succède à l’enfantement et dont elle n’avait pu être atteinte, du moins celle qui résultait du voyage. Mais, d’ailleurs, je ne puis m’empêcher de signaler dans cette

qui se lit dans la version latine de la Vulgate, désignent certainement un ouvrier en bois. Voyez , à ce sujet, Mazocch’., de A scia, p. 283.

1 Ce verre a été publié et doctement expliqué par Gori, dans sa Préface sur le poëme de Sannazar, de Partu Virginis. Il fait maintenant partie du Musée chrétien du Vatican.

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figure dont la composition est pleine d’intelligence et de grâce , et dont l’exécution ne manque pas de mérite , une réminiscence sensible de l’antiquité, une analogie frappante avec le type adopté pour les figures de Pénélope , tel que nous le connaissons , entre autres monuments qui nous en restent, par une belle statue grecque du Vatican , que j’ai moi-même publiée l.

Les sujets sculptés sur le corps des grands sarcophages , tant ceux qui sont empruntés à la Bible , que ceux qui ont rapport aux miracles de l’Évangile , sont généralement les mêmes , et composés à peu près de la même manière que sur les peintures des Catacombes. Je n’aurais donc aucune observation nouvelle à présenter à cet égard, puisque les remarques de détail , portant sur une foule de particularités de costume , où se reconnaît plus ou moins sensiblement l’imitation d’un modèle antique , n’entrent pas dans le

i Monuments inédits d’ Antiquité figurée, Oresté'ide , pl. xxxu.

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plan de notre travail. Il existe pourtant dans les sculptures des sarcophages, quelques sujets qui ne se trouvent pas dans les peintures , et qui méritent d’étre indiqués. Telle est la Vision d’Ezëchiel , représentée sur deux sarcophages 1 ; tel est aussi le Sacrifice d'Abel et Caïn , figuré pareillement sur deux de ces monuments , avec cette particularité , qui serait très-remarquable si elle était bien avérée, quel’on y voit le Père Eternel, barbu , et vêtu en philosophe , recevant, assis sur un siège , les dons qui lui sont offerts 2. Mais j’avoue que je doute encore de la réalité de cette apparition , contraire à tout ce que l’on connaît de monuments chrétiens du premier âge , où l’intervention du Père Eternel n’est jamais indiquée que de cette manière abrégée et symbolique , propre à l’antiquité , par l’image d’une main , comme je l’ai remarqué plus haut ; dans le cas particulier dont il s’a-

1 Botlari , Pitture e Scult tav. II, t. xxxvm, et t. III , tav. cxxxiv.

2 Idem, ibid.y t. II, tav. u, et t. III, tav.

cxxxvn.

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git, j’aimerais mieux voir dans cette figure de vieillard assis , Adam , recevant les dons de ses deux enfants, pour les offrir à Dieu, que Dieu lui-même, sous cette forme et dans ce costume. Je signalerai encore à l’attention de mes lecteurs , un sarcophage représentant le Passage de la mer Rouge , et la Marche des Hébreux vers la terre promise : sujet riche en figures , et d’une composition remarquable 1 , dont il existe , au moins à ma connaissance , une répétition sur un sarcophage d’Arles en Provence 2.

Une classe bien plus nombreuse encore de monuments funéraires que nous ont procurés les Catacombes de Rome , ce sont les pierres sépulcrales , ornées d’inscriptions et de symboles , et appartenant généralement à des chrétiens de la dernière classe du peuple. Le peu d’intérêt qu’offrent sous le rapport de l’art ou de la langue ces sortes de monuments , du travail le plus vulgaire , quelque-

1 Bottari, Pitturc , t. III, tav. cxciv.

« Millin, Voyage au midi de la France , p!. lxvii, t. III, p. 538.

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fois même d’une exécution grossière ou toutà-fait barbare , est bien compensé par le genre de mérite qui les recommande au sentiment religieux ; car plusieurs de ces pierres , si viles en apparence , où la langue et l’orthographe sont presque toujours viciées , et où l’inhabileté de l’ouvrier se montre à l’égal de l’impéritie de l’écrivain , nous font connaître des chrétiens qui périrent victimes de la persécution ; toutes appartiennent aux membres de cette Église primitive, si cruellement éprouvée dans sa foi , et si glorieuse dans son adversité, qui comptait alors presque autant de martyrs que de prosélytes. Il n’est donc aucun de ces noms, si obscurs, même dans leur temps , et si inconnus dans le nôtre , qui n’ait droit au respect des chrétiens de tout âge ; cet immense catalogue de noms chrétiens qui se lisent sur les inscriptions des Catacombes, nous offre en effet le tableau de la société chrétienne de Rome , à l’époque où le Christianisme n’avait d’asyle sur la terre que dans les cimetières , et où il ne comptait réellement que des fidèles parmi

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ses membres , et presque que des martyrs parmi ses disciples.

D’ailleurs, ces inscriptions , tout aussi peu importantes qu’elles puissent paraître sous le rapport archéologique , offrent cependant une foule de particularités , de locutions, de formules , qui sont pour nous autant d’expressions naïves et fidèles de l’esprit qui régnait parmi les chrétiens de cet âge , autant de traits de mœurs qu’on chercherait vainement dans les textes historiques ou dans les écrits des Pères et des docteurs de l’Église. C’est le peuple qui s’exprime ici par sa propre bouche et qui se représente de sa propre main , avec ses fautes de langage et de dessin , mais avec toutes ses vertus , comme avec toutes ses croyances , avec sa charité , sa foi , son espérance ; ce sont ses sentiments de piété envers le prochain, d’amour pour Dieu, c’est sa confiance dans la paix du Seigneur et dans la rémunération des âmes ; c'est cette joie du cœur et cette sérénité de l’esprit qui se manifestent ici , comme dans les peintures des Catacombes, d’une manière incorrecte et

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grossière sans doute , mais intéressante encore dans sa simplicité même , sans que jamais une parole d’imprécation, une expression de haine et de vengeance se montre sur ces monuments populaires ; sans que du cœur de tant d’opprimés et de la conscience de tant de martyrs il sorte un seul cri de détresse, un seul anathème contre les bourreaux et les impies. Dans quel livre dicté parle génie ou le savoir , trouverait-on un fait aussi éloquent que cette immense collection d’épitaphes d’hommes du peuple , si soumis dans l’adversité et si résignés dans le martyre , si humbles devant Dieu et si humains pour leurs semblables ?

Ajoutons que les pierres tumulaires des Catacombes se recommandent encore aux yeux de l’antiquaire et du philosophe chrétien par un assez grand nombre de traits du langage symbolique et figuré de l’antiquité , que le Christianisme s’était appropriés en en changeant l’intention primitive , pour l’amener à un sens chrétien, et qui offrent ainsi un double motif d’intérêt, par les rap-

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prochements qu’ils fournissent entre deux systèmes de civilisation et de croyance si différents l’un de l’autre. Je ne parlerai pas ici des formules funéraires , dont l’explication traitée sous le point de vue qui vient d’étre indiqué, exigerait des détails philologiques etrangers à l’objet de ce travail. Je me bornerai à dire quelques mots des symboles, gra* vés ou sculptés sur les pierres sépulcrales des Catacombes , et qui offrent pour la plupart autant de réminiscences on d’emprunts faits à l’antiquité profane, toujours avec une signification chrétienne.

11 n’est sans doute personne, tant soit peu versé dans l’intelligence des monuments écrits ou figurés du Christianisme, qui ne sache quel fréquent et heureux usage il fit du langage symbolique à toutes les époques de son histoire, mais surtout dans les temps et dans les lieux les plus voisins de son berceau. Née dans l’Orient, au sein du judaïsme, qui avait puisé lui-même dans la civilisation asiatique la connaissance pratique de tant de signes hiéroglyphiques, la foi des chré-

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tiens ne s’exprima d’abord que dans cette langue conventionnelle , la seule qui fût véritablement familière aux peuples de ces contrées , au point qu’on peut dire qu’elle fut , de toute antiquité , la langue universelle de l’Orient. Si pour nous même, qui lisons aujourd’hui l’Ancien- Testament comme une œuvre morte, le langage des prophètes, étincelant d’images mystiques et d’énigmes sacrées, nous semble un écho retentissant du génie symbolique de l’Orient, on sent quelle influence exerçaient encore au sein de la famille du Christ tant de traditions vivantes, tant d’images présentes à tous les yeux ; et combien, à l’exemple de leur divin maître qui, de l’aveu des évangélistes, ne parlait que par paraboles , les fidèles de cet âge , devaient s’étudier h rendre ou à cacher leurs idées sous le voile d’allégories, dont le sens mystique ne fût connu que des adeptes, et dont la forme sensible pût tromper des adversaires. N’avons-nous pas dans YApocalypse de saint Jean, un de ces monuments du Christianisme primitif, tout empreint du

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génie symbolique de l’Orient , dont l’archéologie seule pourrait prétendre à interpréter la forme extérieure , à l’aide des rapprochements fournis par la science de l’antiquité asiatique? Et plus tard, n’avons-nous pas dans les nombreux monuments, produits sous l’influence des sectes gnostiques , autant de preuves de ce mélange profane des symboles de l’Orient avec ceux du Christianisme, mélange devenu une source d’erreurs par l’abus qu’en fit l’hérésie , après avoir été dansson emploi légitime, un moyen de salut pour l’Église naissante? Mais pour ne pas nous écarter de notre sujet, contentonsnous d’observer que les signes symboliques empruntés à l’antiquité par les premiers chrétiens , avaient pour eux le double mérite d’exprimer des idées chrétiennes et de rappeler des images antiques , de manière à leur servir entre eux de moyen de reconnaissance, en même temps que de sau ve-garde contre les ennemis de leur croyance. C’est en effet ce qui résulte du célèbre passage de saint Clément d’Alexan-

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drie *, où sont indiqués les symboles dont les chrétiens devaient faire usage pour leurs cachets, et qui, enpartie empruntés à des païens, de l’aveu de saint Clément lui-même, et tous réellement employés dans l’antiquité , n’étaient que la moindre partie de ces emprunts archéologiques, qui constituaient une des nécessités aussi bien qu’une des ressources de la primitive Église.

Les symboles dont il s’agit sont la colombe , le poisson, le navire , la lyre , X ancre, ces deux derniers cités précisément par saint Clément, comme ayant servi à Polycrate et à Séleucus, comme types de leurs anneaux. Or , il existe bien d’autres symboles encore qui offrent ce double caractère d’une origine antique et d’un emploi chrétien. Il suffit d’avoir considéré les peintures et les autres ornements des Catacombes de Rome, y compris les pierres sépulcrales et les lampes qu’on y a recueillies , pour être convaincu

1 S. Clem. Alex., Pœdagog., lib. in, c. xi, t. I, p. 289, cd. Potter.

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que le génie symbolique de l’Orient subit de bonne heure, au sein du Christianisme, toute une transformation nouvelle; et de là vint qu’à mesure que la société chrétienne , sortie victorieuse de l’obscurité des Catacombes , s’affermit , en se répandant sur la terre, la langue des symboles s’étendit partout avec celle de l’Évangile, au point de couvrir les murs entiers des basiliques , des baptistères et de tous les lieux consacrés au culte, de figures symboliquesde toute espèce, à l’aide de la peinture, de la mosaïque, de la sculpture et du verre. Telles nous apparaissent encore un assez grand nombre de vieilles églises d’Italie, entre lesquelles je citerai seulement , pour rendre ma pensée plus sensible par des exemples plus connus, la célèbre basilique de Saint-Ambroise, à Milan, celle de Saint-Michel, à Pavie , et l’église de Saint-Pierre, à Toscanella, près de Rome; et telles s’offriraient à nous la plupart des basiliques construites dans le cours des premiers siècles qui suivirent le triomphe de l’Église , si le temps ou la main des hommes

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n’en avait détruit ou modifié le caractère primitif et changé toute l’ordonnance , de manière à faire de ces monuments du premier âge du Christianisme des édifices toutà-fait nouveaux , et tous plus ou moins modernes.

Mais , sans nous engager dans les ténèbres de la symbolique du moyen âge , où la barbarie des temps ajoutait encore à la bizarrerie et à l’obscurité des signes 1 , contentonsnous de reconnaître, avec les premiers explorateurs des Catacombes de Rome, un Bosio , un Arringhi , comme avec les plus savants interprètes de l’antiquité chrétienne, un Buonarotti , un Mamacbi, que les premiers chrétiens s’attachèrent à rendre leurs idées les plus abstraites , comme les plus populaires , à l’aide de symboles , la plupart dérivés du paganisme 2. Ce point établi , indi-

1 Voyez surtout, au sujet de ces symboles, le livre savant et curieux du P. Allegranza, Spiega. zione e Riflessioni sopra alcuni sacri Monumenti antichi di Milano, Milan, 1757, in-4°.

2 C’est une observation qui n’avait pas échappé

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quons brièvement ceux de ces symboles , puisés à une source antique, dont ii se fît le plus d’usage sur les monuments du Christianisme primitif.

Les animaux réels ou chimériques furent de tout temps, comme on sait, les principaux caractères de cette langue symbolique de l’Orient ; et , à ce titre, on devait s’attendre à les retrouver sur les monuments chrétiens, la plupart avec leur valeur antique admise ou modifiée dans un sens chrétien. Tels sont Y agneau , le poisson, le cerf , la colombe , le coq , le paon , le phénix , le cheval, le serpent , qui tous , à l’exception peutêtre de Y agneau, lequel seul paraît avoir eu, dès le principe, un sens exclusivement chrétien, figurent en effet sur les pierres sépulcrales ou sur les peintures des Catacombes, avec une signification analogue à celle qu’ils avaient eue dans l’antiquité. Sans parler ici du cerf, de la colombe, du coq, du serpent ,

au savant cardinal F. Borromée, dans son traité de Pictura sacra , imprimé dans les Symbolæ Litterariœ de Gori . t. TU , p. 14.

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sur lesquels je me suis suffisamment expliqué dans un autre travail 1 , je dirai que le poisson était devenu, dans les premiers siècles de l’Église, une sorte de tessere chrétienne, d’un usage universel , à raison de la circonstance toute fortuite , qui faisait que le mot grec X0T2, poisson, offrait, par les cinq lettres dont il se compose , les lettres initiales des mots Iqrovç Xpn/Ioç 0£<jy Y loç Xülqp, qui signifient Jésus-Christ, Fils de Fieu, Sauveur 2. Grâce à cette circonstance , le nom , aussi bien que Yimage du poisson, était devenu , je le répète , et cela par un procédé analogue à celui des anciens Égyp-

1 Dans un Mémoire sur les pierres sépulcrales des Catacombes chrétiennes de Rome, qui fait partie du tome XIII des Mémoires de V Académie des Belles- Lettres ; voyez p. 205-206.

2 Les témoignages sur ce point d’antiquité ecclésiastique ont été recueillis par Fabretti, Inscript c. vin, p. 569 5 par le P. Allegranza, Monument, sacr. di Milano, p. 117-118 5 et surtout par le P. Ans. Cosladoni, dans sa dissertation intitulée: del Pesce , simbolo di Gesu Cristo , presso glu antichi Cristiani.

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tiens , une sorte de signe phonétique, propre à exprimer toute une série de mots consacrés ; mais ce qui n’est pas moins bien constaté , c’est que la même image du poisson rapportée, il est vrai , à un tout autre ordre d’idées , figurait sur les monuments funéraires de l'antiquité profane. C'est ce qui est plus évident encore pour le paon et pour le phénix , dont l’invention n’avait pu être puisée qu’aux sources du paganisme, et l’emploi motivé sur les monuments chrétiens , que par des raisons analogues à celles qui l’avaient fait admettre sur les monuments antiques.

Personne n’ignore, en effet, que 1 epaon, comme oiseau consacré à Junon, devint, à l’époque romaine , le symbole de X apothéose des impératrices , de même que X aigle avait été adopté pour celui de la consécration des empereurs. De là l’emploi si fréquent qui se fit sur les monuments romains relatifs à l’apothéose , et particulièrement sur les médailles de consécration , de X aigle et du paon , tantôt placées au sommet du bûcher ( rogus ),

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tantôt volant, les ailes éployées, emportant au ciel Yâme de l'empereur ou de l’impératrice , figurée en buste. A ce titre aussi, Y aigle et le paon formèrent un des éléments les plus habituels delà décoration des tombeaux antiques et des lampes funéraires; et lorsqu’on retrouve le paon dans les peintures et sur les pierres sépulcrales des Catacombes , il n’est pas possible d’y méconnaître l’imitation du type antique appropriée à un usage chrétien.

La même certitude est acquise pour l’emploi de l’image du phénix , dont l’origine est si notoirement antique et orientale, quelles qu’en aient été la véritable source et la primitive intention , encore aujourd’hui controversées entre les savants. Sans entrer dans une discussion étrangère à l’objet de cet ouvrage , je me bornerai à dire que cette image du phénix, à l’époque où elle apparut sur les monuments publics de l’antiquité, notamment sur les monnaies des empereurs, y figura comme un symbole d 'éternité, de consécration, d’ apothéose; ce qui résultait de la

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présence même de l’oiseau merveilleux , et de l’inscription, æternitas, consecratio, dont elle était accompagnée *. C’est au même titre, pour exprimer Y immortalité de l'âme, que le symbole du phénix fut placé sur des pierres sépulcrales, telles que celle qui est rapportée par Fabretti 2 ; et l’on sent avec quelle facilité un pareil symbole se prêtait aux applications diverses qu’il pouvait recevoir dans le Christianisme , pour indiquer la résurrection des morts , ou celle du Christ. De là les fréquentes allusions à ce mythe , qui se rencontrent dans les écrits des Pères et des docteurs de l’Église 3 ; de là aussi l’usage qui s’en fit sur les monuments funéraires du premier âge du Christianisme 4 9 et

1 Eekhel , Doctrin . Numor. veter., t. VI , p. 441 , sqq.

2 Fabretti, Inscript., p. 378, n° xxxr.

3 Les témoignages ecclésiastiques, sur ce point d’antiquité, ont été recueillis par M. Henriehsen, dans sa dissertation de Phœnicis Fabula npud Grœcos, Romanos et populos orientales; Hauniæ, 1825, p. 25-26.

4 V°Vez l’article savant et curieux consacré au

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qui n'était évidemment qu’une tradition de l’antiquité profane, rapportée à une idée chrétienne ; à défaut de ces monuments mêmes , la légende si connue de sainte Cécile , qui aurait fait graver un phénix sur la tombe de saint Maxime , pour exprimer la confiance du disciple du Christ en la résurrection 1 , prouverait à quel point cette idée était devenue de bonne heure populaire an sein de l’Eglise.

Le cheval en repos ou en course, seul, ou avec une palme, est encore une de ces images empruntées au langage symbolique de l’antiquité, dont la présence, assez fréquente sur les monuments funéraires du Christianisme , atteste, de la manière la plus positive, la source où elle avait été puisée. Entre les nombreux exemples que j’en puis citer, je me contenterai d’indiquer ceux qui me parais-

Pliénix , dans le livre du docteur Münter, évêque de Seeland , Sinnbilder und Kunstvorstellungen der alten Christen , part. II, 91 -97.

1 Le texte des Actes de Sainte Cécile est rapporté par Boldetti , Osservazioni, p. 559.

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sent les plus significatifs. Tel est un vase de verre chrétien , de la forme vulgairement dite lacrymatoire , sur lequel se lit la formule chrétienne : vinceti. pie. zeses., Vicentius , Bois , Vis , accompagnée de la figure de trois chevaux vainqueurs , qui remplissent ici le double objet de représenter symboliquement une victoire à la course, expression figurée du cours de la vie humaine, et de rendre phonétiquement le nom du chrétien Vincewtiüs *. L’un et l’autre motifs se retrouvent sur une pierre sépulcrale tirée du cimetière de Saint-Calixte, où l’image d’un cheval vainqueur, avec la palme sur la tète , sert à orner l’inscription d’un jeune chrétien , nommé Félicula Victor 1 2. Au sujet de l’épitaphe d’un autre enfant mort âgé de quelques mois , sur laquelle se voit un cheval courant vers une palme, Fabretti est resté indécis , si c’était im jeu innocent, ou une allusion à la mort

1 Fabretti, Inscript., p. 277, n° 168; Buonarotli P e tri antichi, tav. xxix, 2.

2 Boîdelti , Qssçrvazioni , etc., p. 215.

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prématurée de cet enfant *. L’illustre antiquaire se fût certainement décidé pour cette dernière explication , s’il eût connu , ou plutôt s’il se fût rappelé plusieurs monuments, un desquels avait été publié par lui-même % où la présence du cheval ne peut avoir que cette intention symbolique. Le plus remarquable de ces monuments est l’épitaphe d’une femme chrétienne , nommée V sttia Simplicia, morte à quarante-trois ans et six mois , dont l’inscription est accompagnée de la figure d’un cheval sculpté avec une palme1 * 3 : double emblème qui , ne pouvant se rapporter ici ni au nom , ni à la profession de la défunte , ne saurait trouver d’explication plausible que dans l’intention symbolique indiquée plus haut. Aussi, doit-on regarder ces sortes de réprésentations , y compris les images des courses du cirque, qui se rencontrent quelquefois également sur des sarco-

1 Fabretti, Inscript., c. vin, n° xv, p. 549.

3 Idem, ibid., c. v, n° 216, p. 384.

3 Lupi , Epitaph, Scver. Martyr ., p. 58.

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phages chrétiens , comme autant d’allusions symboliques à la course de l'homme , c’est-àdire , au cours de la vie humaine heureusement accompli ; et ce qui achève de justifier cette idée *, c’est de trouver, sur une foule de monuments funéraires des anciens, vases peints, stèles grecques et marbres romains de tout âge, le cheval figuré symboliquement dans des scènes de départ, d'adieu suprême , de repas funèbre, toujours avec une intention funéraire indubitable 1 2 ; d’où il suit encore que la présence du cheval, sur les monuments chrétiens, se rapporte à la même origine et à la même intention.

Outre les animaux , il existe une foule d’autres symboles , sculptés ou gravés sur les pierres tumulaires des premiers chrétiens , qui supposent une tradition antique , en

1 Au sujet de ces figures de cheval, si souvent représentées sur les monuments funéraires du Christianisme, voyez une lettre du P. Lupi, dans ses Dissertazioni , t. I, p. 257-259.

2 Voyez , à ce sujet, mes Monuments inédits d’ Antiquité , Achilléïde , p. 96, 1.

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même temps qu’ils expriment une pensée chrétienne. Tels sont . pour ne citer ici que les principaux , la palme et la couronne , qui avaient si généralement servi dans l’antiquité à indiquer une vie honorablement accomplie, et qui remplissent à peu près le même objet sur les tombeaux chrétiens, en acquérant une signification plus haute encore, en devenant les symboles du martyre, sinon exclusivement, comme on l’a cru longtemps, du moins, dans un assez grand nombre de cas, où ils se trouvent joints au vase teint de sang, signe authentique du martyre x. Tels sont encore les divers symboles de navigation , à savoir le navire, le phare , Y ancre, le trident , qui faisaient allusion au cours de la vie envisagée comme une navigation prospère qui aboutit au port. Effectivement, l’opinion qui considérait la mort, comme un port placé au terme d’un long voyage, et qui comparait les divers accidents

1 Les preuves de ce fait sont exposées dans mon Mémoire sur les pierres sépulcrales des Catacombes, t. XIII des Mém. de V Académ., p. 210-217.

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de la vie à ceux d’une navigation orageuse , était une de ces idées morales et populaires chez les anciens, qui avait passé du langage de la philosophie dans celui de l’imitation. On la retrouve , à travers toute l’antiquité grecque et romaine , exprimée dans les écrits des sages et réalisée par la main des artistes sur les monuments du peuple. Ainsi , pour n’en citer qu’un exemple , l’un des tombeaux, récemment découverts à Pompeï, nous a offert, dans les sculptures qui en forment la décoration extérieure , un navire muni de tous ses agrès , avec des enfants employés à la manœuvre , et voguant à voiles déployées sous les auspices de Minerve , dont l’image est sculptée à la proue *. Or, le même hiéroglyphe d’un navire voguant en pleine mer e st cité expressément par saint Clément d’Alexandrie au nombre des symboles chrétiens ; et se trouve figuré, absolument de la même manière que sur le

1 Mazois, Ruines de Pompeï } part. I, pl. xxn , %• 2, p. 41 .

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tombeau de Pompeï , sur plusieurs pierres sépulcrales , extraites de divers cimetières de Rome et publiées par Boldetli, entre lesquelles j'en citerai deux , qui méritent une attention particulière ; Tune 1 , consacrée à la mémoire d’une jeune fille , nommée Nahira, et offrant l’image grossièrement tracée d’un petit navire, par allusion au nom même de cette enfant ; ce qui résulte des derniers mots de l'inscription : titvlv. factv. a. parentes. signum. nabe ; et ce qui est aussi une réminiscence de l’usage antique d’employer les symboles pour exprimer phonétiquement les noms propres : l’autre 2, qui appartient pareillement à une femme chrétienne ( Fir mia Victoria) , morte à l’âge de soixantecinq ans, et qui offre un navire, au dessus de flots grossièrent tracés , et, sur un plan plus éloigné, une tour à quatre étages en retraite,

1 Boldetti, Osservazioni , etc., p. 373; voyez-en d’autres exemples, ibid., p. 06 1 , 362, 363, 366; ajout. Fabretti, Inscript., c. vm , no 163, p. 576, et c. x , n® 474 , p. 736.

2 Boldelti, ibid., p. 372.

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au haut de laquelle s’élève une flamme : d’où il suit que c’est ici un phare qu’on a voulu représenter, et conséquemment, le port vers lequel se dirige ce vaisseau voguant à pleines voiles.

Mais , parmi les divers objets sculptés ou gravés , en guise de symboles, sur les pierres sépulcrales des Catacombes , il n’en est pas de plus intéressants que les instruments de toute sorte qui y figurent, soit pour exprimer le nom propre des défunts, par une de ces allusions dérivées du système phonétique de l’antiquité, soit , et le plus souvent, pour indiquer la profession des personnes. Nous venons de voir l’image d’un navire employée avec la première de ces intentions , c’est-àdire phonétiquement ; il existe bien d’autres exemples semblables sur les cercueils des Catacombes. Ainsi, une ancre et des poissons font allusion au nom d’une femme nommée Maritima 1 • l’image d’une petite truie accompagne l’épitaphe d’une autre femme, appelée

1 Boldelti, Osservazioni, p.370; Bfuratori , Thés. p. 1908.

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Porcella 1 ; la figure d’un âne , sur l'inscription d’un certain Onager 2 3, celle d’un dragon , sur la pierre d’un Dracontius1, sont encore deux traits du même système phonétique qui avait reçu , comme on sait , tant d’applications sur les monuments publics et privés de l’antiquité grecque et romaine, et qui avait dû passer, par l’elfet d’une pratique invétérée , dans les habitudes du Christianisme. 11 en fut de même de cette autre coutume antique, qui consistait à sculpter sur les tombeaux les instruments de la profession des défunts ou les insignes de leur dignité , et dont il nous est resté , comme sans doute personne ne l'ignore, de si nombreux exemples sur les monuments de l'antiquité grecque et romaine. Les chrétiens suivirent à leur tour le même usage ; et de là vient que tant d’ instruments de professions mécaniques et in-

1 Boldetli, Ossertazioni , p. 576.

2 Idem, ibid., p, 28 ; Remondini , Dissertazioni ,

3 Idem, ibid., p. 386; Att. di Carton t. IV, p. 39.

SARCOPHAGES

dustrielies sont gravés sur les pierres sépulcrales des Catacombes.

Les haches, les fers de lance , les tenailles, les marteaux, sont au nombre de ces instruments, qui se voient gravés ou sculptés , d’une manière plus ou moins grossière, sur les cercueils des chrétiens de Rome , pour la plupart gens de métier; ils furent d’abord regardés comme des symboles du martyre.

Mais il y a déjà longtemps qu’une pareille idée, soumise à l’épreuve d’une critique rigoureuse, a dû être, sinon entièrement détruite, du moins considérablement modifiée. Ainsi, sur une pierre du cimetière de Sainte- Priscille , un marteau, figuré à côté de l’inscription qui appartient à un artiste statuaire (artifice signario 1 ), fait certainement allusion à la profession de cet artiste , et non au martyre qu’il aurait subi. J’ai déjà eu occasion de parler des nombreuses images des fossores , qui se rencontrent dans les peintures des Catacombes ; et il est naturel de

1 Boldeüi, Osservctzioni , p. 516; Muratori, Thés., p. 963, n° 4.

ET PIERRES SÉPULCRALES

rapporter à la même profession des instruments , tels que la pioche , le coin } le compas , qui se rencontrent assez souvent sur des pierres sépulcrales , extraites des mêmes cimetières1. Il en est ainsi de la figure d’un marteau et d’une équerre , gravés sur une pierre du cimetière de Saint-Calixte, où se lit l’inscription d’un ouvrier marbrier (marmorarivs), et qui ne peuvent avoir rapport qu’à cette profession2. Un métier à tisser , symbole tout- à-fait d’accord avec l’inscription qu’il accompagne , et qui est consacrée à la mémoire d’une matrone chrétienne ( Se vera Seleuciane),& été reconnu sur une autre pierre des Catacombes3 4. La présence d’instruments , figurés d’une manière grossière, sur plusieurs pierres chrétiennes , comme des espèces de peignes à carder la laine 4,

1 Lupi, Epitaph. Sever. Mart., p. 55, 114; Yermiglioli, Iscriz. Perug ., p. 43*3.

2 Muratori, Thés., p. 1830, n° 7.

3 Lupi, Epitaph. Sec. Mart.} p. 28-29.

4 Boldetti, Osservazioni , etc., p. 519; Lupi, Epitaph etc., p. 22, 29, 30.

SARCOPHAGES

s’explique par le même motif ; et cela , avec d’autant plus de probabilité, que le même instrument a été observé sur des marbres antiques où se lisait le titre de lanarivs pectinarivs, cardeuren laines 1 . Mais, sans pousser plus loin cette énumération, je citerai quelques exemples de personnages chrétiens, représentés avec les instruments mêmes de leur profession, que nous offrent plusieurs pierres sépulcrales des Catacombes. Telle est, sur une épitaphe du musée Ktrcher, à Rome 2, la figure d’un jeune chrétien , nommé Maximinus , mort âgé de ans , qui avait été un des officiers publics préposés à la mesure du blé ( mensores Cereris Augustœ); ce qui résulte de la manière dont il est représenté , ayant à la main la verge, ou règle (rutellum) , dont se servaient les officiers en question, et à ses pieds, un boisseau (modius), rempli de grains et à' épis qui en

1 Gruter, p. 648, no 2; Orelli, Inscript, latin, sel., n° 4207.

2 Galeotti, Mus. Odescalch., t. II, tab. 11 ; Lupi, Epitaph etc., p. 50.

ET PIERRES SÉPULCRALES

sortent. Sur une pierre sépulcrale du cimetière de Saint-Calixte , on voit un personnage rustique, nommé Léon, tenant à la main une espèce de rateau, avec une pelle et une serpe, et un chien à ses pieds 1 : image authentique et fidèle, dans son imperfection même, d’un de ces pauvres gens de la campagne de Rome, convertis de bonne heure au Christianisme. Je rappellerai enfin le monument consacré à la mémoire d’un sculpteur chré' tien , Eutropus, dont j’ai déjà eu occasion de faire mention ; c’est une pierre tumulaire , extraite du cimetière de Sainte-Hélène , où ce personnage est représenté, travaillant, aidé de son fils , à sculpter un sarcophage, avec les divers instruments de sa profession à sa main et à ses pieds2.

Je ne pousserai pas plus loin l’aperçu que je me suis proposé de donner des monuments lapidaires du premier âge du Christianisme, envisagés sous le rapport des symboles qui s’y trouvent gravés. Je pourrais

1 Fabretti , Inscript., c. vin, n. lx, p. 574.

2 Idem, ibid., n° en, p. 587.

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