DES ÉDITEURS
Nous observons encore que beaucoup de symboles et de figures que l’auteur prétend rapporter aune origine païenne , sont fondés dans la nature des choses, et n’ont pas plus l’origine païenne, que l’usage de la nourriture ou des vêtements. La couronne a toujours été et sera toujours le symbole de la victoire et par conséquent du martyre. La couronne n’est donc pas un symbole emprunté aux païens. La parabole du bon pasteur est dans l’Évangile; si des artistes chrétiens ont imité en le sculptant, les traits ou les dispositions d’une sculpture païenne , on ne peut pas conclure de ces exemples particuliers que l’usage de copier les monuments païens était général ; mais seulement que les réminiscences de l’artiste ont contribué , dans un cas particulier, à conserver cette analogie et cette ressemblance.
On n’admettra pas volontiers que , dès le premier âge de l’Église , il y eut des types consacrés par l’autorité ecclésiastique , que
AVERTISSEMENT
tous les peintres copiaient sans y rien changer; ce fait est supposé gratuitement : une certaine similitude, dans les attributs et les vêtements des figures que l’auteur allègue , ne prouvent que la stérilité de l’art.
On voudra bien pardonner à l’auteur le ton décisif qu’il prend , dans certaines questions controversées , et les formes peu modestes qui se glissent dans son langage et paraissent indignes de sa gravité : il trouve que Bottari et d’autres auteurs estimables qu’il a copiés ou suivis partagent son avis : il aurait pu dire avec plus de vérité qu’il partageait l’avis de Bottari et de ces auteurs.
Enfin , pour j usti fier nos avertissements précédents, nous rappellerons au lecteur qu’un ouvrage de M. Raoul-Rochette, intitulé : Discours sur l’origine, le développement et le caractère des txjpesimilatifs qui constituent l’art du Christianisme , et offert par lui , à l’Académie archéologique de Rome , a donné lieu