DE L’AUTEUR
quelques autres ouvrages qui m’ont été d’un grand secours. Je nommerai d’abord deux livres du P. Marangoni ; son Appendix de cœvieterio sanctorum Thrasonis et Saturnini , et ses Acta sancti Victorini; R.omâ , 1740, où l’auteur , qui avait été le compagnon de Boldetti , dans toutes ses courses aux Catacombes , et le confident de toutes ses pensées, a recueilli de nombreux matériaux échappés à un incendie qui dévora le fruit des travaux entrepris en commun par ces deux hommes respectables. Le P. Marangoni est encore auteur d’un livre curieux et rare, dont je me suis beaucoup servi, et qui a pour titre : Belle cose gentilesche e profane trasportate ad uso ed ornamento délie chiese; Româ, 1744, in-4°. Je citerai en second lieu les travaux d’un autre savant jésuite , trop tôt enlevé à la science qu’il promettait d’enrichir de nombreux et importants travaux , le P. Lupi, qui, pendant plusieurs années de séjour à Rome, prit une part active aux recherches de Boldetti et de Marangoni dans les Catacombes. Nous possédons de lui un livre intitulé : Dissertatio et animadversiones ad nuper inventum Severœ martyrisepitaphium; Panormi, 1 754, que je cite souvent, que je trouve toujours
AVERTISSEMENT
exact, et que je ne saurais assez Jouer. Le recueil posthume des Dissertazioni , letlere cd altre opéré! te, du même auteur, publié par les soins du P. Zaccbaria (Faenza, 1785, 2 volumes in-4°) , renferme également, sur l’antiquité chrétienne, en général, et sur les Catacombes de Rome en particulier, une foule de renseignements précieux. Je citerai enfin Y Histoire de V art par les monuments , ouvrage posthume de d’Agincourt, ce Français venu à Rome, pour y passer quelques mois , et qui y vécut cinquante années, uniquement occupé, durant ce long espace d’un demi-siècle , à réunir et à disposer les matériaux d’un livre, qui n’a vu le jour qu’après lui : singulière destinée , qui fut commune aux trois hommes qui s’étaient voués avec le plus d’ardeur et de persévérance à l’exploration des Catacombes, Bosio , Boldeiti et d’Agincourt, de ne laisser que des oeuvres posthumes , et de ne recevoir que d’une main étrangère le dernier service dû à leurs veilles laborieuses !
11 manquerait quelque chose à l’instruction de mes lecteurs, comme au témoignage de ma reconnaissance , si je ne consignais encore ici le titre de quelques livres, dont l’étude, indis-
DE l’aüTEUR.
pensable à tout antiquaire, l’est particulièrement à l’interprète des. monuments chrétiens. % Tel est le recueil des Inscriptiones antiquœ de Raphaël Fabreiti , Româ , 1702, in-folio, dont le huitième chapitre est consacré à l’explication des monuments chrétiens; tel est surtout le livre de Filippo Buonarolti , intitulé: Osservazioni sopra alcuni frammenti di vasi antichi di vetro ornali di figure, trovati ne 3 cimiterj di Roma; Firenze, 1716, in-4°; travail admirable par l’érudition et par la critique, et certainement un des chefs-d’œuvre de la science. Je citerai encore le bel ouvrage de Giampini : Cetera monimenta , in quibus prœcipuè musiva opéra, sacrarmn profanarumque œdium structura , ac nonnulli antiqui ritus dissertalionibus iconihusque illustrantur ; Româ, 1747, 3 volumes in-folio ; un livre du P. Allegranza, intitulé : Spiegazione e rifiessioni sopra alcuni sacri monumenti antichi; Milano, 1757, in-4°; les savants travaux du prélat Mamachi, Origines et antiquitates ckristianœ; Româ, 1749-1752, 5 volumes in-4°, et De3 costumi de 3 primitivi cristiani; Româ, 1753-1754, 5 volumes in-8°; et j’y joindrai, en dernier lieu , l’ouvrage du docteur Münter : Sinnbilder und Kunstvorstellun-
AVERTISSEMENT
yen der alten Christen (c’est-à-dire : Images symboliques et représentations figurées des anciens chrétiens) , parties i et n ; Altona , 1826, in-4°, ouvrage où le savoir de l’antiquaire rachète ce qui pourrait manquer à l’orthodoxie de l’auteur.
Il doit m’être permis de dire en finissant que j’ai fait aussi quelque usage de trois Mémoires cV antiquité chrétienne } de ma composition, deux desquels sont insérés dans le tome XIII des Mémoires de V Académie royale des Inscriptions et Belles-Lettres ; et le troisième , destiné au même recueil , est encore inédit ; ces mémoires traitent des Peintures , des Inscriptions , et des divers Objets trouvés dans les Catacombes , envisagés principalement sous le point de vue de leurs rapports avec l’antiquité profane. Précédemment, j’avais exposé des vues générales sur les Monuments de V Iconographie chrétienne , dans un Discours publié en 1854 , et où j’ai pu me croire autorisé à puiser aussi quelques idées. C’est d’ailleurs un aveu que je suis bien aise d’avoir l’occasion de consigner ici, qu’en aucun temps l’antiquité chrétienne n’est restée étrangère à mes travaux. Durant mon séjour à Rome, l’examen des vieilles basiliques , celui des in-
DE l’aUTSUD.
scriptions chrétiennes, qui couvrent toute une des parois du long corridor du Vatican, ont été au nombre des objets d’étude qui m’ont le plus occupé. J’ai passé bien des journées entières dans ce sanctuaire de l’antiquité, où le sacré et le profane se retrouvent en face l’un de l’au» tre, par les monuments écrits qui nous en restent, comme aux jours où le paganisme et le christianisme , luttant ensemble avec toutes leurs ressources , étaient encore aux prises l’un avec l’autre ; je ne crois pas que les moments que j’ai passés dans cette étude aient été perdus pour mon instruction. Mais n’y eût-il que ce trésor d’impressions que l’on recueille devant cette immense collection d’épitaphes chrétiennes , enlevées des cercueils des Catacombes et maintenant attachées aux murs du Vatican, ce serait là tout un fonds inépuisable de souvenirs et de jouissances pour une vie entière.
Qu’il me soit permis, à cette occasion, d’ajouter une dernière observation, La connaissance des monuments figurés du christianisme, si intéressante à tant de titres, est peut-être restée jusqu’ici trop en dehors des études ecclésiastiques. Il s’en faut bien, cependant, que les li-
AVERTISSEMENT
vres inspirés par le génie du Christianisme contiennent toute son histoire. Après les titres divins , qui constatent son origine et sa mission sacrée ; après les apologies de ses docteurs et les actes de ses martyrs; après tant de monuments littéraires, dictés dans la langue des deux églises , il reste encore cette foule de monuments figurés, produits dans les premiers siècles du Christianisme , qui sont autant de témoins fidèles, autant de preuves palpables de son génie, et qui nous en montrent la tradition, à partir de son berceau même. Or, c’est dans ces archives authentiques de la primitive Église que le clergé de nos jours trouverait des armes toutes préparées, pour combattre l’ignorance et la mauvaise foi de ses adversaires, protestants ou hétérodoxes, qui n’ont presque rien vu, et qui n’ont jamais rien appris des Catacombes de Rome; comme il y puiserait en abondance des arguments et des motifs pour confondre les incrédules ou pour intéresser les fidèles.
Je n’ai plus qu’un dernier mot à dire, c’est que, dans le cours de ces recherches, je ne crois pas être sorti une seule fois des bornes d'une critique permise et d’une discussion légitime. Que s’il en était autrement, s’il avait pu