sera tenu un registre de toutes ses délibérations
8. La trésorerie nationale demeurera indépendante du comité d'exécution, et soumise à la surveillance immédiate de la Convention.
Le 9 avril un second décret ainsi conçu , fut proposé par le Comité de salut public et adopté.
1. Il y aura constamment trois représentai du peuple, députés prés de chacune des armées de la république; tons les mois l'un des trois sera renouvelé.
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INTRODUCTION. u
i. Ils exercerout la surveillance la plus active sur les opérations drs agens du conseil exécutif, sur la conduite des généraux, officiers et soldats de Tannée; ils se feront journellement rendre compte de l'état des magasins , de toutes les espèces de fournitures, vivres et munitions, ils porteront l'examen le plus sévère sur les opérations de tous les fournisseurs et entrepreneurs des armées de la république.
3. Ils prendront toutes les mesures qu'ils jugeront convenables pour accélérer la réorganisation des armées, l'incorporation des volontaires et recrues dans les cadres existans; ils agiront, pour cet effet, de concert avec les généraux et commandans de divisions et autres agens du conseil exécutif.
4- Les représentans, députés près des armées, sont investis de pouvoirs illimités pour l'exercice des fonctions qui leur sont déléguées parle présent décret; ils pourront employer tel nombre d'agens qu'ils croiront convenable; les dépenses extraordinaires qu'ils auront autorisées seront acquittées par le trésor public, sur des états visés par eux; leurs arrêtés seront exécutés provisoirement, à la charge de les adresser dans les vingt-quatre heures à la Convention nationale; et pour ce qui devra être secret, au comité de salut public.
5, Il est enjoint à tous agens civils et militaires d'obéir aux réquisitions des commissaires de la Convention nationale, sauf à eux à faire auprès de la Convention toutes les réclamations qu'ils croiront fondées.
6. Les représentans du peuple, députés près les armées, prendront sans délai toutes les mesures nécessaires pour découvrir, faire arrêter et traduire au tribunal révolutionnaire tout militaire, tout agent civil et autres citoyens, qui ont aidé, conseillé ou favorisé d'une manière quelconque la trahison de Dumouriez, ou tout autre complot contre la sûreté de la nation, ou qui ont machiné la désorganisation des armées et tenté la ruine de la république.
Enfin le i'S août, sous l'émotion causée par la reddition de Condé, de Mayence, de Valenciennes; au moment où le Calvados, Lyon, Bordeaux, Marseille, Toulon, prenaient parti pour la Gironde où les Vendéens remportaient d'éclatantes victoires; où 10,000 royalistes se rassemblaient dans la Lozère, près du camp de Jalès, quartier-général des intrigues réactionnaires du midi; où, derrière cette ceinture de mouvetnens insurrectionnels, les coalisés vainqueurs pesaient sur toutes les frontières; au moment, où, à l'intérieur, la disette, le défaut de travail, la disparition du numé-
xii INTRODUCTION.
raire tourmentaient un peuple inquiet , affamé , en proie aux passions les plus ardentes, parut le décret de levée en masse dont les principaux articles suivent :
] . Dès ce moment jusqu'à celui où les ennemis auront été chassés du territoire de la république, tous les Français sont en réquisition permanente pour le service des armées.
Les jeunes gens iront au combat, les hommes mariés forgeront des armes et transporteront des subsistances; les femmes feront des tentes, des habits et serviront dans les hôpitaux; les enfans mettront les vieux linges en charpie; les vieillards se feront porter sur les places publiques pour exciter le courage des guerriers, la haine des rois et l'unité de la république.
a. Les maisons nationales seront converties en casernes, les places publiques en ateliers d'armes, le sol des caves sera lessivé pour en extraire le salpêtre.
3. Les armes de calibre seront exclusivement confiées à ceux qui marcheront à l'ennemi ; le service de l'intérieur se fera avec les fusils de chasse et l'arme blanche.
4- Les chevaux de selle seront requis pour compléter les corps de cavalerie; les chevaux de trait, autres que ceux employés à l'agriculture conduiront l'artillerie et les vivres.
6. Les représentans du peuple envoyés pour l'exécution de la présente loi, auront la faculté de faire fabriquer des armes dans leurs arrondissemens respectifs.
Nul ne pourra se faire remplacer dans le service pour lequel il sera requis; les fonctionnaires publics resteront à leur poste.
8. La levée sera générale; les citoyens non mariés ou veufs sans enfans, de dix-huit à vingt-cinq ans, marcheront les premiers; ils se rendront sans délai au chef-lieu de leur district, où ils s'exerceront tous les jours au maniement des armes en attendant l'ordre de départ.
9. Les représentans du peuple régleront les appels et les marches de manière à ne faire arriver les citoyens armés au point de rassemblement qu'à mesure que les subsistances, les munitions et tout ce qui compose l'armée matérielle , se trouvera exister en proportion suffisante.
10. Les points de rassemblement seront déterminés par les circonstances et désignés par les représentans du peuple envoyés pour l'exécution de la présente loi, sur l'avis des généraux, de concert avec le comité de salut public et le conseil exécutif provisoire.
11. Le bataillon qui sera organisé dans chaque district sera*
INTRODUCTION. xm
réuni sous une bannière portant cette inscription : Le peuple français debout contre les tyrans.
Les représentans en mission ainsi que les généraux furent tenus de se conformer, par décret du i5 novembre, aux arrêtés du comité de salut public, sans pouvoir s'en écarter sous quelque prétexte que ce fût.
Enfin le aà avril 1794, le comité de salut public eut la direction des relations extérieures , et devint ainsi l'arbitre de la paix et de la guerre.
Ce fut ainsi que du sein de terribles crises sortit l'autorité la plus énergique, la plus absolue qui jamais ait fait mouvoir les hommes; ainsi le comité de salut public centralisa entre ses mains toutes les forces de la France, et, par les représentans en mission, étendit sa volonté une et inflexible aux armées et dans les départemens soulevés.
Sous l'empire de la constitution de l'an m, depuis le a3 septembre 1795 jusqu'en novembre 1799, le pouvoir exécutif fut exercé par le Directoire composé de cinq membres élus par les conseils et successivement remplacés à leur cinquième année. La sûreté intérieure et extérieure tomba dans ses attributions , mais il ne pouvait déclarer la guerre; et les traités qu'il contractait n'étaient valables qu'après la ratification du corps législatif. Bien qu'il eût la faculté de prendre des arrêtés, d'adresser des proclamations aux armées et qu'il eût de grandes prérogatives, jamais ses volontés ne furent exécutées avec la même ponctualité que celles du comité de salut public.
Le Directoire nommait les ministres qui devinrent responsables de leurs actes. Celui de la guerre exerça sa surveillance sur le personnel et le matériel de l'armée ; mais cette surveillance ne fut qu'illusoire, les abus et les dilapidations se multiplièrent, et sous le ministère du général Scherer, emplois et matériel, tout fut à l'encan.
La constitution de l'an vin remit le pouvoir exécutif aux mains de trois Consids élus par les conseils pour dix ans ; mais dans cette trinité consulaire, Bonaparte seul apparaît et gouverne; dès le a août 1 802, il est déclaré Consul à vie, et le 6 mai 1804, le tribunat et le sénat le saluent empereur sans attendre la sanction du peuple. Alors ses pâles collègues rentrent dans l'obscurité. Les derniers vestiges du gouvernement républicain disparaissent, la monarchie française se relève avec plus de splendeur, Napoléon est souverain absolu. De lui émanent tous les pouvoirs: il commande aux armées de terre et de mer.
xnr INTRODUCTION.
Sous son règne, le ministère delà guerre depuis 1804 jusqu'en j8i4, se divise en deux branches, matériel et personnel qui ont chacun à leur tête un ministre responsable. L'ordre et 1 économie régnent dans toutes les parties de l'administration. On sait à toute heure et pour tout événement trouver le dernier homme, le dernier cheval, la dernière pièce de canon.
Organisations successives de l'armée, et progrès de l'art militaire pendant la révolution.
Avant la révolution, en 1789, l'armée française était encore organisée comme à la fin de la guerre de sept ans. La composition et la force des différentes armes semblaient avoir été déterminées par le hasard. Outre les 10,000 hommes de troupes dorées et galonnéeB de la maison du roi, il y avait toi régimens d'infanterie de ligne et la bataillons d'infanterie légère, donnant à-peu-près 127,000 hommes, 2 régimens de carabiniers, 24 de grosse cavalerie, 18 de dragons, 12 de chasseurs et 6 de hussards, en tout 62 régimens qui pouvaient renfermer dans leurs cadres 35,ooo sabres; 7 régimens d'artillerie présentaient avec 6 compagnies de mineurs et 9 d'ouvriers, environ 85oo hommes.
Indépendamment de cette force permanente et entretenue, il y avait encore 106 bataillons de milices, pouvant mettre éventuellement sur pied 77,079 hommes.
Des 101 régimens d'infanterie, il n'y en avait pas les quatre cinquièmes de français. On en comptait 1 1 suisses et 1 2 allemands, irlandais ou liégeois.
Tous les régimens français et étrangers , celui du roi excepté, avaient une force de 1200 hommes dans deux bataillons de cinq compagnies dont une de grenadiers ou chasseurs. Le régiment du roi présentait ^294 hommes dans ses quatre bataillons, et les régi* mens suisses io33 au complet. Les bataillons d'infanterie légère n'étaient que de 446 hommes.
INTBODUCTION. a
Bans la cavalerie, il n'y avait que 4 régimens étranger* T^s carabiniers seuls étaient à 4 escadrons ; les autres régimens n'en avaient que 3 et leur complet ne dépassait pas 45o hommes.
Les régimens d'artillerie avaient i bataillons de 16 compagnies et iioo hommes au complet.
La plupart des régimens d'infanterie et de cavalerie portaient le nom d'une province ou d'une ville; un assez grand nombre pourtant, dans l'arme des dragons surtout, était désigné sous le nom des princes du sang ou d'autres familles ducales auxquelles ils semblaient inféodés. Les régimens de chasseurs avaient conservé des dénominations toutes nationales, ainsi que ceux d'artillerie qui avaient pris le nom de leur garnison habituelle.
L'état-major général comprenait 1 1 maréchaux, 5 colonels-généraux, 169 lieutenans-généraux, 770 maréchaux de camp, n3 brigadiers et 69 mestres«de-camp.
L'artillerie et le génie avaient leurs états-majors particuliers* surchargés de baillis d'épée, d'avocats, de procureurs, de greffiers, d'huissiers et autres bas-officiers de plume.
Avec des élémens d'origine, d'organisation et d'esprit si diffé* rens, il était impossible d'attendre de bons résultats à la guerre* Les corps s'assemblaient sans confiance, marchaient sans ensemble et agissaient par rivalité ou jalousie, au milieu des conflits perpétuels du privilège ou de l'amour-proprc.
En 1791, l'assemblée nationale qui avait sondé la plaie, entreprit la réforme de l'armée et posa les bases de son organisation. Elle venait de fixer les proportions des diverses armes pour les mettre en rapport avec les besoins du service , de reconstituer l'état-major en eu éliminant toutes les inutilités et classant ses officiers d'après la nature de leurs fonctions , de donner une organisation uniforme à tous les corps , d'effacer les dénominations oligarchiques des régimens et des compagnies pour y substituer des numéros, de mo*> difier la discipline en supprimant les punitions corporelles et les corvées empreintes de servitude, de donner un nouveau règlement d'exercice à l'infanterie, enfin de remplacer les bataillons de milice par des bataillons de volontaires tirés de la garde nationale, lorsque la guerre éclata.
Le grand œuvre de la réforme ne put s'accomplir, il s'agissait de Courir au-devant de l'ennemi. Cependant l'armée était comme bouleversée, les nouvelles institutions n'avaient pas eu le temps d'y prendre racine, l'esprit de privilège et de routine se heurtait contre l'esprit d'égalité et d'innovation. Les régimens étrangers assimilés , par les
xvi INTRODUCTION.
récens décrets de rassemblée , aux régi mens français pour le régime intérieur^et l'uniforme, réclamaient contre l'atteinte portée à leurs capitulations. Les compagnies de tous les régi mens d'infanterie de ligne qui venaient d'être dédoublées et portées à 9 avec diminution dans l'effectif du bataillon, ne présentaient aucune consistance. Les corps de toutes armes privés de la majeure partie de leurs officiers, qui avaient émigré , étaient en proie au découragement et à l'indiscipline. A la vérité les bataillons de volontaires se multipliaient de jour en jour; mais à l'exception des premiers levés les autres n'avaient qu'une organisation incomplète. Ils avaient d'ailleurs un esprit différent de celui de la plupart des régimens de la ligne qui portaient encore un autre uniforme que le leur.
Sous les rapports d'ensemble, les élémens de l'armée française n'étaient pas disposés de manière à compenser les défauts inhérens à leur nature. Lourde, sans être compacte, elle était peu maniable.
Depuis l'organisation de 1791 , il n'existait plus de majors-généraux, ni de maréchaux- des-logis; mais les attributions des chefs d'état-major et des adjudans-généraux qui les avaient remplacés, n'étant pas encore bien connues, il y avait embarras, incertude dans la transmission des ordres.
Les lieutenans-généraux et les maréchaux de camp roulaient entre eux pour le service journalier. Dans une bataille on les répartissait suivant leur grade pour commander telle ou telle portion de l'ordre de bataille. L'affaire terminée ils ne s'occupaient plus des troupes.
L'artillerie était sous les ordres d'un général de cette arme , qui prenait directement ceux du général en chef. Le matériel de campagne dans lequel on comprenait les pièces de 8 , de 1 2 et même de 16 avec quelques obusiers, était réparti en brigades de 8 à 10 pièces qui marchaient et campaient réunies et n'étaient détachées près des troupes que le jour d'une action.
La plus considérable des unités de force, de l'armée était la brigade; elle se composait de 3 à 5 bataillons, de 6 à 8 escadrons commandés par le plus ancien des colonels des régimens qui la formaient.
Ces brigades étaient juxta-posées dans l'ordre de bataille, espèce de patron qu'on appliquait dans toutes les circotansnees, sans égard au terrain. On y disposait les troupes sur trois lignes, la première continue, la deuxième tant pleine que vide, la troisième ou réserve en ordre profond. L'infanterie formait le centre de toutes
IMHODUCflOK.
les lignes ! la cavalerie était également répartie sur les ailes et avait pour couvrir ses flancs ^ à 6 bataillons , nommés pour cette raison flanqueurs. {Voyez Tordre de bataille n. i .)
Les marches stratégiques étaient subordonnées aux approvisionnemeus et à la possibilité d'eu faire des distributions régulières. Les marches-manœuvres s'exécutaient par ligne ou par portion de ligne. Les déploieiuens étaient à peine connus.
A lous ces embarras, si Ton ajoute ceux qui résultaient inévitablement du transport des effets de campement, de Tabus des équipages des officiers-généraux et particuliers, on aura une idée de ce qu'était l'armée française lorsqu'elle entra en lice avec celles de la coalition.
Mais dès la fin de i.i seconde campagne d'importantes améliorations fuient introduites, tant dans son organisation que dans la manière de faire la guerre.
L'histoire de l'organisation de l'armée française se rapporte aux quatre périodes de la Convention , du Directoire, du Consulat et de l'Empire, celle des progrès de l'art militaire est renfermée dans les deux, la République et l'Empire. Nous allons en donner les traits principaux.
Au moment où l'ennemi , maître de Yalencienues et de Condé , avait entamé la frontière du nord, où la guerre civile dévorait 1 ouest, où le fédéralisme agitait Bordeaux, Marseille et Lyon, où les Espagnols prenaient Bellegarde et menaçaient Perpignan et où Toulon était livré aux Anglais; la Convention ordonna le dédoublement et la réformation de tous les régimens d'infanterie. Les anciens régimens, les bataillons de volontaires, les légions et les compagnies franches, formés depuis dix-huit mois, subirent à-lafois une fusion complète ; on amalgama un bataillon de ligne dans deux de volontaires et l'on forma ainsi 196 demi-brigades de ligne, et 3o d'infanterie légère. Tous les corps de cavalerie irrégulière furent incorporés dans ceux de ligne qui furent portés à 85 régimens «4 escadrons. On créa en même temps 8 régimens d'artillerie à cheval.
Toutes les demi-brigades d'infanterie furent à 3 bataillons de 9 compagnies dont une de grenadiers, plus une compagnie de canonniers et durent présenter un effectif de 3aao hommes, et uu total de 710,000 baïonnettes. Les cadres de la cavalerie offrirent dans 48o escadrons 60,000 sabres, et l'artillerie 3i,ooo combattans.
La coalition commençant à se dissoudre sous le directoire, l'infanterie fut réduite par suite d'un second amalgame à 100 detni-
xviii INTRODUCTION.
brigades de ligne et à a6 d'infanterie légère , devant fournir dans 4g4 bataillons 7515,000 baïonnettes. La cavalerie, après avoir éprouvé une réduction de 9 régimens, subit encore une réforme dans ses cadres et n'eut plus dans ses 2179 escadrons que 24,000 combat tan s. Les 1 G régimens d'artillerie ne présentèrent plus que ?4)<>oo hommes.
Sous le Consulat , c'est-à-dire dans l'espace de temps qui s'écoula entre le renversement du Directoire et l'érection de l'Empire, l'armée s'accrut considérablement. D'abord la garde du gouvernement qui sous la Convention et le Directoire n'avait pas dépassé i5oo hommes à pied et à cheval, forma un corps de 6 bataillons et 8 escadrons avec a batteries donnant 55oo hommes d'infanterie, laoode cavalerie et 'Ù20 d'artillerie.
On compta alors 1 11 demi-brigades d'infanterie de bataille et 3i légères formant 53a bataillons et 56o,ooo baïonnettes. Bien que le nombre des régimens de cavalerie eût été réduit à *)i , l'augmentation de leurs cadres dut en porter l'effectif à 71,000 chevaux. L'artillerie n'eut plus que i4 régimens dont 6 à cheval et perdit mille hommes de son complet.
L'accroissement graduel de l'empire apporta bientôt de nouvelles modifications à cette dernière organisation. Dans cette période, l'infanterie de la garde se forma successivement dans l'espace de 10 ans, de «8o4 à 181 4, do 8 régimens de vieille garde à a bataillons de 8 compagnies, de Ai régimens de moyenne garde de même formation , présentant ensemble une masse d'environ 60,000 baïonnettes, de 8 régimens de cavalerie réunissent sous leurs étendards 1 1000 sabres et de deux régimens d'artillerie donnant plus de 65oo canon niers.
Les demi-brigades prirent le nom de régimens. Le complet de ceux-ci renferma f\r>oo hommes en 5 bataillons, et le nombre des régimens fut porté jusqu'à 1 5a dont 3a d'infanterie légère. On compta après la création de 9 régimens de chevau-légers lanciers, 90 régimens de cavalerie de G à 8 escadrons , présentant chacun jooo à 1800 chevaux et qui, au complet auraient mis en ligne i3i,ooo chevaux. A la même époque les i5 régimens d'artillerie comprenaient 35,ooo hommes dans leurs cadres.
Telles sont, quant aux cadres, les principales variations des organisations régulières ; nous ne faisons pas mention des organisations provisoires, ni des créations spéciales et hors ligne qui dans les deux dernières périodes s'élevèrent de 5o à 70,000 hommes.
Enumérons maintenant les améliorations d'ensemble introduites dans les deux premières périodes qui comprennent à peine 6 ans
INTRODUCTION, xix
(de 1 793 à 1 800). On supprima le grade de maréchal de France et la charge de commandant en chef devint temporaire. Il n'y eut plus qu'un seul et même corps d'officiers-généraux pour tous les services; à la voix mâle et sévère de la Convention, le luxe des étatsmajors disparut. Un général de division , deux généraux de brigade, un adjudant-général et deux adjoints, un capitaine d'artillerie, un capitaine du génie, un commissaire des guerres composèrent l'état-major de toutes les divisions actives ou territoriales, et durent suffire à toutes les exigences du service. Les grades sans fonctions indispensables furent retranchés dans toutes les armes pour donner plus de force au commandement et raccourcir l'échelle hiérarchique jusqu'alors trop longue pour les ambitions subalternes.
Tous les régimens reçurent une organisation plus forte et uniforme qui facilita leur embrigadement. La création de l'artillerie à cheval procura le moyen de donner du canon à la cavalerie et d'en porter promptement où il devenait nécessaire. L'expérience fit voir que pour tirer le meilleur parti des mineurs et des sapeurs dans les sièges, il fallait les mettre sous le commandement immédiat des officiers du génie , et dès-lors ce corps devint une armée distincte qui rendit les plus grands services.
La brigade parut une unité de force incomplète et trop petite: on en forma une nouvelle, composée de deux brigades et qu'on nomma division. Chaque brigade contenait deux demi-brigades d'infanterie , un ou deux régimens de cavalerie. La force de la division fut de m bataillons, 8 à i'i escadrons 12 à i5,ooo hommes. On attacha à la division, outre les pièces de bataillon, une batterie de 6 à 8 bouches à feu , en sorte qu'elle fut en état d'agir isolément. 5 à 6 divisions formèrent une armée très facile à manier dans toutes les circonstances de guerre. {Voyez l'ordre de bataille n" IL)
Dans les guerres méthodiques, on s'était astreint jusqu'alors à régler ses opérations sur la possibilité d'établir ses magasins et ses boulangeries. La nécessité et ledévoûment firent loi : le système de réquisition pourvut aux besoins des troupes, et lorsqu'il ne put fournir aux distributions régulières, on obvia à la pénurie en fourrageant sur place ou en cantonnant les troupes. Dès-lors nulle inquiétude pour les subsistances tant qu'on fil la guerre dans des pays fer* tiles, tels que les Pays-Bas, l'Allemagne, l'Italie et l'Espagne.
Dès-lors les mouvemens furent plus rapides et plus audacieux ; au besoin les marches stratégiques s'exécutaient en poste, au moyen de relais établis d'avance. C'est ainsi par exemple, que la garnison de Mayence fut transportée en Vendée. Les marches-manœuvres n'é*
xx LVrnODUCTION.
prouvèrent plus d'embarras , chaque division pouvant former en cas de nécessité une colonne; dès-lors aussi l'ordre de bataille fut toujours adapté au terrain.
On suppléa au défaut d'instruction en tiraillant en grandes bandes, et cette manière de combattre si favorable à la bravoure individuelle des Français, et à laquelle l'ennemi n'était pas accoutumé déjoua ses évolutions savantes et compassées.
Enfin ou abandonna l'usage des tentes, parce qu'on reconnut que leurs avantages ne compensaient pas leurs inconvéniens et l'on préféra bivouaquer, ba traquer ou cantonner, suivant l'occurrence des cas.
Là se bornent les changement importons qui métamorphosèrent en moins de trois ans des cohues inexpertes et indisciplinées, mais enthousiastes de patriotisme et de gloire, en armées formidables qui renversèrent bientôt après plusieurs trônes et reculèrent les bornes de la France jusqu'au Rhin et aux Alpes.
Napoléon qui se vit tout-à-coup à leur tête, sembla d'abord vouloir mettre le sceau à leur organisation.
Le train d'artillerie qui , jusqu'en 1800, n'était conduit que par de malheureux valets aux gages d'un entrepreneur, fut constitué militairement par bataillon, et cette première formation fut si heureuse, qu'on l'étendit quatre à cinq ans plus tard au train du génie et à celui de l'administration.
De i8o3 à 1806, Napoléon donna la cuirasse aux carabiniers et aux 12 régimensde grosse cavalerie. En 1812, il créa grégiraens dechevau-légcrs lanciers. Ainsi la cavalerie française, déjà si redoutable dans le choc , ne fut pas moins terrible dans la poursuite.
Indépendamment de ces améliorations de détail, Napoléon fit deux autres innovations qui ne contribuèrent pas peu à alléger pour lui le maniement de ces armées formidables. 11 forma de trois divisions dont il retrancha la cavalerie, une nouvelle unité de force à laquelle il donna le nom de corps d'armée. Il affecta à un corps d'armée, suivant les circonstances, une brigade ou une division de cavalerie légère et une réserve d'artillerie, puis il créa des réserves ou corps de cavalerie indépendans d'une formation analogue. La réunion de 1 à 4 corps et d'une réserve de cavalerie formait alors une armée qui avait son état- major général, son parc général, ses équipages de siège et de pont {Voyez l'ordre de bataille n°. 111) Cette nouvelle répartition des élémens constitutifs des armées permit au général en chef de manier des masses de 1 00,000 hommes avec autant de facilité que
INTRODUCTION. xxi
jadis sous Turennc on maniait une armée de ih à 3o,ooo, divisée par brigades.
Toutefois, il faut bien le reconnaître, :i côté de ces perfectionnemens naquirent er se développèrent des abus qui neutralisèrent en grande partie les effets de ces ebangemens utiles. Nous voulons parler des grands états-majors. Sous le Consulat, on vit reparaître des Heutenans-généraux du général en chef, des premiers inspecteurs de l'artillerie du génie et de la gendarmerie, des aides-de-camp officiers-généraux, et bientôt après, sous l'Empire, un connétable, des maréchaux, des colonels-généraux, des aides-majors généraux de toutes armes qui ramenèrent dans l'armée atec le faste insultant des généraux de l'ancien régime, les jalousies, les rivalités, l'insouciance et l'oubli des devoirs militaires qui sont toujours les signes précurseurs des grandes catastrophes.
tadleau ORDRE DE BATAILLE
De l'armée de la Mocelle pour rezpéditioo de Trêve* au 1„ Décembre 179S.
.rSaw. raS—
mn. d^«,np j e |ieut.«^énér. Bzmurozmixz, génér. en chef. î
l'ariilL (Le m-, de camp
T) A TJVARD ,
, chef d'ét.-m<» g*1.
legéo.
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licol, -général.
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mar. de camp DESTOLRMELLE
| m«r. de camp
aur. de camp
MUHATEE.
1" UOHE.
lient. «*ntr.
LIGNÉTILLE.
m»r. de camp LYIICU.
m. de.
PBEITAG.
2« uatnx.
Otol-géaér.
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