‹ Tableau des guerres de la révolution, de 1792 à 1815Chapitre 56 sur 120 · OPÉRATIONS EN ITALIE · texte numérisé non relu

OPÉRATIONS EN ITALIE

Les Autrichien* passent la Drave et ta Save (août i S 1 3). — Reprise de Villach par les Français (a 3). —Combat autour de cette ville (39).— Combats sur la Drave, la Save et le littoral de l'Adriatique (6, 1 4 et 1 5 septembre). — Retraite du vice-roi sur risoozo(6 octobre)— Retraite sur t'Adige (4 novembre).— Mouvemens vers Roveredo (a novembre). — Combats de Caldieroet Saint-Miche) ( i5- 18). — Marche du roi de Naple* (Go de novembre). — Position à la fin de l'année.

Napoléon , à peine maître de Dresde, avait cru fixer les indécisions de l'Autriche en se montrant menaçant du côté de l'Italie. Il avait décrété la formation d'une armée de 80,000 hommes dont le vice-roi avait reçu le commandement.

Il ne restait plus alors dans la péninsule que les troupes de Naplcs , une division à Ancone, à Rome, à Civita-Vecchia; en Dalmatic, en Iliyrie, de faibles détacheinens, et enfin dans le royaume des cadros incomplets.

Eugène ordonna de nouvelles levées auxquelles on incorpora celles des déparlemcns du midi et des provinces italiennes réunies à l'empire. A mesure que les troupes se formèrent , il les échelonna fortes de 5o,ooo hommes, sur les routes de la Carniole et de laCarinthie. Mais l'Autriche s'étant préparée de longue main à la rupture, fut prête la première, Hiller, à la têle de 60,000 hommes, avait déjà jeté une partie de ses forces au-delà de la Drave, que les têtes de la colonne du vice«roi étaient encore sur l'Isonzo.

La ligne de défense comprenait la Haute-Dravc, à partir des Alpes TSoriques jusqu'à Villach; puis la Save qui, prenant sa source au dessous de cette ville, coule au pied des Alpes Carniques et des Alpes Juliennes jusqu'à la frontière de la Turquie. Cette barrière ne présente que quatre ouvertures: i° la roule de Simmering par Spitalc et Botzen resserrée entre deux chaînes des Alpes, prise à revers par l'alliance de la Bavière; 20 la grande route de Vienne à Klagcnfurt qui, au sortir de Villach, tourne à travers un col difficile, dont l'entrée était fermée par le camp retranché de Tarvis; 3° la route de Vienne à Laybach, par où l'on atteint Adclsberg et Goritz; 4" et enfin , la route qui , après avoir traversé la Croatie, côtoie la mer pour aboutir à Fiume, Tricslcet Venise.

Ainsi le premier soin du vice-roi devait être de saisir les quatre débouchés de Spitalc, Villach, Laybach et Agram. II fut prévenu : les Autrichiens, continuant à s'avancer par leur gauche, passèrent la Save à Agram, chassèrent les Français de Carlstadt, soulevèrent la Croatie, envahirent la Dalmatie et menacèrent à revers Fiume et Laybach. Dans le même temps , leur droite occupa Spital et leur gauche Villach.

Le vicc-roi, dont la gauche s'était portée au-delà de Tarvis, manœuvrait alors avec son centre et son aile droite, pour les déployer sur la Save; résigué à resserrer la défense entre Villach et Laybach, il porta sa droite sur cette dernière ville, et, avec le ceutre, il se hata de remonter l'Isonzo pour renforcer la gauche et tenir tête à Ililler en personne. A son approche, l'avant-garde reprit vigoureusement Villach où le quartier général s'établit. On détruisit ensuite les ponts que l'enucmi avait jeté» sur la Ilnute-Drave et les retranchemens dont il comptait s'appuyer pour pénétrer entre la Dravcct les sources de la Save. Enfin on fit passer un détachement à Pordcnone sur la route deSpitale que devait soute-

CAMPAGNE DE 1815. fttt

îiir une réserve de a/joc hommes postés à Trente. Du coté de Laybach, l'aile droite , rangée en équerre , s'établit dans celte ville , dans Crainburg, au pont de Tsschernuz et à Adelsberg, la colonne qui précédemment défendait Carlstadt, se replia sur la route de Fiumc.

Il y eut dans ces positions une suite de combats dont le succès fut alternatif. Les Autrichiens pressaient mollement la Hautc-Drave , mais ils pesaient plus fortement par Stein , par Cilly et Cirlstadt , sur Faite droite. De plus, le secours des escadres anglaises leur permettait de prendre l'ascendant sur le littoral. Ils s'emparèrent de Fiume, et au moment où le vice-roi se disposait à déboucher sur Stein , il crut reconnaître le dessein de tourner sa droite , d'envahir l'Istrie et de percer par Tricste. Aussitôt il renonça à ses projets offensifs et, divisant l'armée en deux colonnes, fortes chacune de a5,ooo hommes , il se mit à la tête de celle de la Carniole , et chargea Grenier de prendre le commandement de celle de la Carinthie , en y comprenant la réserve que des partis avaient intimidée comme elle sortait de Botzen et qui s'était repliée sur Trente.

On contint l'ennemi sur tous les points jusqu'à la fin de septembre; mais à cette époque, Hiller , rassuré du côté de la Bavière, prit franchement l'attaque, réussit à passer la Drave, s'empara de Villach et s'étendit par la droite sur tout le cours du Gail. Là, il se mit à batailler avec les postes qui défendaient les cols des Alpes. Quelques-uns furent forcés, les vainqueurs se répandirent dans le Frioul et enlevèrent la garnison de Pouteba. Dans le même temps , Hiller, débordant les sources de la Save, s'empara de tout l'espace compris entre Villach , les Alpes et Crainburg.

Ce dernier mouvement séparait la droite de la gauche. Laybach était menacé dans trois directions , et l'inaction de l'armée bavaroise encourageait Hiller à défiler par la route de Botzen.

Le vice-roi ordonna de battre en retraite sur Hsonzo oîi ses colonnes arrivèrent en bon ordre, malgré les efforts des ennemis pour les rompre. Il y eut à Salsnitz un vif engagement à l'avantage des Français qui ralentit la poursuite et leur donna la facilité de s'affermir dans leur nouvelle position. Ils y tinrent assez long-temps pour organiser des recrues, pour mettre Venise en état de défense , pour ravitailler les places , après quoi, ils reculèrent jusqu'à PAdige, rappelés par les progrès de l'ennemi dans le Tyrol. On ne rentra point sans coup-férir dans ces lignes célèbres. L'aile gauche de Hiller, après avoir refoulé la division de réserve jusqu'à la Gorona et Rivoli , s'était déployée par la vallée de la Brenta et avait pris possession de Bassano. On se hâta de marcher contre elle, on lui enleva cette ville par ou elle menaçait à revers le gros de l'armée qui se

repliait de ligoe en ligne. Enfin , on réussit à éviter la bataille et Ton repassa, sans avoir été entamé, les ponts de Vérone. Les Autrichiens formèrent leurs colonnes d'attaque, parles routes du Tyrol et de Vicence. Il leur importail de ne point permettre au vice-roi de prendre haleine et de profiter du moment où l'armée, affaiblie par le feu , par les garnisons de Trieste, de Palma-Nova, de Venise , semblait hors d'état de soutenir le choc. Eugène modéra leur ardeur; il déboucha tour-à-tour sur Roveredo, sur Caldiero, il repoussa les assaillans et leur ôta le désir de poursuivre immédiatement leurs opérations.

Cependant Trieste se rendit ; Venise , où se trouvaient ia,ooo hommes, fut investi , les Anglais débarquèrent en Toscane et dans les Légations. Enfin , Murât porta son armée à Ancône avec des intentions qu'il ne manifestait pas encore , mais dont on ne pouvait plus douter. Toutefois à la fin de l'année, l'armée, renforcée des troupes italiennes, tirées d'Espagne , et des conscrits récemment appelés sous les drapeaux (4i,ooo), occupait encore les positions redoutables contre lesquelles la puissance de l'Autriche s'était brisée il y avait 18 ans.

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