‹ TABLEAU DES PROGRES DU DROIT PUBLICChapitre 13 sur 89 · XXXIX · texte numérisé non relu

XXXIX

h guerre an roi des Perses ; son fils , Alexandre j^ fut confirmé dans cette dî«;nité.

Les Phocéens, comme sacrilèges, sont mis , [>ar c^ traité , hprs de la protection du droit des gens ; on rnse leurs villes; on leur assigpe une résid^nce^^ji on ne leur laisse leurs terres qu'à la charge de payer, un tribut très-onéreux.

Par ;un décret de Pan 34o > les Byzantins accom dèrent aux Athéniens le droit de cité (ou plutôfe les droits civils), aveo la faculté d'acquérir des biens- fonds , et l'exemption des c^rges pubH*^ ques (i). pour ceux, qui 'viendraient s y établir. Ce privilége^st exorbilant ; el, d'un autre coté, n'est*3 jias singulier qu'on accorde concime une faveur ai^m Athénien» le droîl d'épouser des £^mnies de By-i sanoo?

Tels sont laa moiiumais do droit des gens, qui nous restent de la période de tenif^ anté> rieure à Aristote ; mais , sans doute, il en comsiaisY sait bien d'autres* Toutefois il. parait qmt les na-» tiens entr'elles entretenaient peu de rebtLons , el qu'elles n'observaient qu'un bien petit nombre de^

(i) On Ut dans U traduction : aree le droit d'être admia dans le corps du sénat et dans T^sseniblée du peuple. C'est une eireui' y le texte dit seulement qu'on aura une place distinguée Comme spectateur dans les jenat publics, va. sénat et dans les assemliléea ;. cct|it ^veur ne pouvait pas s'étendre jui^'a^x djoits ^liti^e^^

règles. Les anciens n'ont pas fait une science à par( du droit des gens.

Les philosophes grecs se sont occupés bien da^ vantage du droit public proprement dit , c'est-à^ dire de l'étude des institutions politiques. Soçrate, chef de la philosophie morale , en examinant la nature de Phomme, ne pouvait pas manquer d'arriver à la découverte des prioeîpes du droit naturel.

Cest Oe dont on s'aperçoit &cilemenl par les ouvrages de ses deux disciples les plus dbtingués;

Xénaphon a traite des républiques de Sparte et d'Âthèpes ', on voit qu'il préférait le gouvernement mixte et aristocratique de Lacédémooe à la tur« bulente démocratie des athéniens. Toutefois , U expliquée assez bien les moyens ps^r lesquels cette dén^ocratie se maintenait, et oontribnatt à enrichir le peuple d'Athènes à l'aide du commerce mar ritime.

Dans la Gyropédie , il essaya da tracer le tableau d'une monarchie pa^ffaite ; il observe en commen-^ çant qu'il a pu périr beaucoup de monarchies et d'oligarchies par des ins\irrections populaires.

S'il a tracé un tableau véritable de la çonsfitu- .tipn des Per^s , sous Cyruç , on i;ie saurait nier qu'elle fait exception aux gouvernemeus despoti-^ ques dei PAsie; l'éducation y était libérale, les

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magistratures électives, et le pouvoir da roi trèslimité.

II parle , il est vrai , d'une population pauvre de 120,000 âmes seulement; mais ce peuple a fondé $ur les débris des Assyriens et des Mèdes un noa* vel empire.

Dans les entretiens de Socrate , Xénophon , en justifiant son illustre maître , prouve que Socrate croyait à une Justice , indépendante des institutions. 11 avait donné Pexemple et le précepte y en résistant aux volontés tyranniques des démo* çrates , et en s^mmolant aux préjugés religieux de son temps. JUélituSj accusateur de Socrate , avait servi son pays dans l'expulsion des trente tyrans ; c'était peut- être un citoyen égaré. La constitution d'Athènes avait une base vicieuse et contraire au droit naturel : comme celle des Cortès,'ellê admet* tait une religion exclusive ; Socrate fut condamné à boire la ciguë pouravoir nié les dieux d'Athènes ; ce grand homme avait prévu sa mort (i).

Platon, autre disciple de Socrate, a expliqué plus au long sa doctrine sur le juste : il a fort bien établi la base et le principe de toutes les lois hu* maines dans celles de la nature. Il a dit formelle*

(i) Foyez râigoman philoiophiqmc de l'apologie de Socnte» dans rexoeUcnte tndoclion de Fleton , par. IL Cousia ( tonv i»^**

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ment ( liv. 6, De legibus) , qu*U n'y a de loi qHC c<j qui est juste. Cette maxime forme le développemeDi du liv. X de sa république , et dç presque tous ses ouvrages politiques.

Quant à ses deux systèmes sur l'organisatioD de^ la cité , on les regarde généralement comme des rêves philosophiques.

Platon a préconisé comme une fort belle ip^i-* tujtion la communauté des biens,des femmes, et des en£ms , dont il trouvait une sorte d'exemple à La* cédémone ; delà les lois agraires chez les Romains, Ce système nous paraît vicieux ; il contient la violation des affections naturelles ; il porte une atteint^ au droit sacré de la propriété. >

Aristote j disciple de Platon , moins dominé par l'imagination que soq maître, s'est attaché aui( réalités } d'une conception plus forte, d'nn géoiç plus élevé que Xénopbon , il a distingué avec beau? coup de netteté et de sagacité trois sortes de gou^ vernemens , la monarchie , l'aristocratie et la dér mocratie ; le despotisme , c'est-à-dire , l'état d'un pays où la volonté du monarque est- la pr^r ipière loi, est la corruption de b monarchie*, ce n'est point un gouvernement régulier , de méni^ l'aristocratie dégénère «n oligarchie , et la démocratie ou la république , en ochlocratie.

Aristote donne la morale comme base commune

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4^ gouvenieinens réguliers , c'est4i«dire, le {mte^ la liberté et l'égalité politique ; il veut que tout gouvernement soit établi pour l'avantage des gon^ vernés et non des gouvernans. Dans son livre i/', il établit que rhomme ne peut exister seul : de l'union de l'homme et de la femme résulte la &k mille ; la femme et les enfans ont besoin delà protection de l'homme y qui en devient naturellement le chef.

Lesen&ns sont la souche de nouvelles maisons qui forment un hameau : ces haiiieau% se multiplient i les chefs de maisons se réunissent pour la sûreté de tous ; ils forment la cité. Ensuite l'orga* «isation sociale se modifie suivant qu'ils croient devoir nommer un chef unique , ou confier la direction de toutes les affaires communes aux plus distingués d'entr'eux , ou qu'ils se réservent de dé* libérer en commun ou par délégation sur les a&ires les plus importantes.

U n'y a qu'une erreur dans l'ouvrage d'AristotOi et cette erreur est celle de toute l'antiquité; c'est d'avoir placé le principe de l'esclavage dans le droit naturel.

Aristote croyait que le plus fort a droit de com» mander , et que le plus faible doit obéir; il dit que c'est l'avantage de tous deux.

ce Maïs , dit Rousseau ^ la force est une pui^ » sance physique ; je ue vois pas quelle ok)

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J» prât-réMlter dé sesceffets. Céder à la force est tkk 9' acte de néoessité, doo de YoloDté : c'est tout an » plus an acte de prudence; en quel sens pourra-^ 39 t^elle être un devoir?»

' L'erreur d'Aristote est d'avtant pins étonnante ^ue lui-fnêine cûnnaùssait l'ob)eGtion. « Dantres » -3i> dit-il, soutiennent que le pouvoir du maître .j>suT l'esclave est contre nature; la loi seulte y> établit la différence entre l'homme libre et l'es«- •}» clave ; or, la Mature faitkshoiDines égaux; donc ODi J'esclavage est une injustice , attendu qu'il est le Ji résultat de la violence. »

- Comment un esprit aussi élevé et auaâ juste qu'Aristate peut-il opposer à ce principe des arga<*' jnens tek que ceux-ci : la &miUe a besoin d'outils .pour vivre; l'esclavage est un instrument nécessaire à la vie ; notre propriété est une partie de nous^ jnémes ; la partie appartient au tout ; donc l'esclave est tout entier à son maître, r- Il y a des hommes .qui naissent pour l'esclavage , parce qu'ils naissent .^ns l'esclavage ; la nature a créé des êtres moips parfaits que d'autres y qui sont &its pour obéir-: Fesclavage est leur destination.

Il ne voit qu'une légère différence entre eux et

Ja bête;. Avec ces principes, il n'est pas de'genfte

de despotisme qu'on ne puisse justifier. L'esclavage

ndés femmes en serait la conséquence immédiate y

:ainsi que le.drpit de vie et de mort sur les. en&na ,

pratiqué par les Romains. Les despotes , par cel^ seul qu!i]s se croiraient des êtres plus pàr&its ^% plus forts que le commun dés hommes^ sers^pn^ leurs maîtres Intimes. '

C'çst pourtant le. même homme qtii a si^nalé/lcji vices du gouvernement d'un seiil ; Aristote n'a |^ eu l'âme assez haute pour condamner lapratiqufil de spn temps^ de cQême . aujourd'hui , il serait très^ difficile d'amener un patriote de «la Virginie j^ convenir que ses esclayes doivent 4V>€ roo^iisieu liberté. • . . '

Je ne suis plus ^tonné de voir. des homme^ d'ailleurs r6commandables,<préfiéreF de bçnne £(4 le pouvoir absolu. • '

; La constitution de Lacédëmione (i) , si vantée par Xénopboja etl'laton^qui la regardaient comm^ le gouvernement le plus parfait que. les hommes eussent établi sur la tçrre^ est examinée 9X90 sévérité par Aristote, aip^ que la . démocEQ^îe

(i) Cette Constitution ayait heâucoup de.ressenlblance at^ dos goavernemens représentatifs modernes ; c'était une moiorarcbié hérédi<; taii-v, mais tempérée. ,I%iton la caractff-iae tù ces tenues ( Lettre^ ^ adressée à Denys , tyran de Syracuse) : a X^ycurgue instruit par 9 réxemple de ses ancêtres , qui , de rois devenus tyrans , s'étaient y> perdus eux et leur patrie , apporta le remède , en organisant le wé** p nat des anciens et la législaturd des Epbores. C'est i^na^^'il sauva 1». son pays et qu'il prépara à sa dynastie une longue et glorieuse suite » de règnes , en fondant un gouvernement où la loi dommait en maï- D'ae sur les hontes ; où les boaimes u^Kuatfêêïkê^^êa» 4#

#Athèoes. Cependant il la trouve légitime; m il doone la palme au gouTemement .mixte Carthage.

Machiavel a pria dans le cinqnième liv d'Aristote Hdée Du prince. Ce n'est que le d< teloppement des conseils donnes par le philc feophe de Stagire anx despotes , aux oligarcIi< ot aux tyrans populaires, pour maintenir let pouvoir usurpé.

Dans le fivre Yl , Aristoté a démontré que tonte les lois doivent être conformes aux principes dt divers gouvememens. Cest là que Montesquiei à puisé l'idée fondamentale de VEsprit des Lois*

Dans le livre Tli , Aristoté traite du choix di gouvernement, qu'il fiiut approprier au climat, i k population et aux mœurs de chaque pays. Enfin dans le livre Yiii , il parle de l'organisation éi Pinstruction publique comme le moyen unique de (ronsoliderla constitution .

Arislote place la monarchie an rang des bons gouvememens (liv. lil,ch. lo); mais il établit, de la manière la plus évidente , que la monar^ chie absolue est un état illégitime, une véritable aberration.

Rousseau a traduit cette pensée de cette manière : « Que des hommes épars soient successi- 9 vemeiàt asservis àua seul, en quelque ooo>^ 3!> bre qu'ils puissent être, je ne vois la qu'un

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