IV
draie&t qne les ténèbres de l^gnorance fassent en core répandus snr tous les esprits , afiû de ùir mouvoir les hommes et les peuples comme de machines. Suivant eui , c'est aux gouvemans seul qu'il appartient de s'occuper des affiiires publi qnes; les gouvernés doivent payer les impôts servir de leur personne , et se taire.
Les premiers n'ouvriront pas nos Annales ; les autres , s'ib daignent les parcourir, le feront dédaigneusement ^ et peut-être blâmeront^ils la licence que nous avons prise de parier des devoirs des chefs des nations et des droits des peuples.
L'indifférence des uns et k crainte de déplaire aux autres ne doivent pas nous arrêter; nous nous adressons aux hommes loyaux , conscienâeux et éclairés de tons les pays ; et , si la modération que commande nn enseignement aussi auguste , modération dont nous nous sommes fait une loi inviolable ; si le respect que nous professons pour toute opinion appuyée de raisons qu'on puisse avouer , se rencontrent constamment dans nos paroles , nous devons espérer que nos compatriotes y aussi bien que les étrangers , sous quelque bannière politique qu'ils soient enrôlés^ approuveront notre entreprise et encourageront nos efforts.
Les hommes d'état vraiment dignes de ce nom , et les publicistes qui, quoique saps caractère public , contribuent si puissamment, par leurs écrits,
à ëblairer la marche des gouvernemens , n'ignorent pas qne , pour servir utilement leur pays , ils doivent constamment méditer les actes y par lesquels les nations indépendantes dévdoppent chaque jour leur existence et préparent les espé-* rances de leur avenir.
Ces actes sobt des &its historiques dont rien 9e peut affaiblir la certitude ; ils sont le fonde-' ment le plus solide de l'histoire contemporaine.
Envisagés sous un rapport purement philoso* phique , ils reposent sur des principes dont il im» porte de signaler la vérité ou la fausseté , afin d'en prévoir et d'en calculer d'avance les bonnes ou les mauvaises conséquences.
Jamais 00 ne pratiqua mieux l'art de présenter sous des couleurs spécieuses et même séduisantes ,, les systèmes les plus funestes au bien-être des peuples et à la stabilité des états. L'anarchie et le despotisme, la conquête et tous les genres d'bp-* pression ont tix>ttvé d'habiles apologistes. 11 n'est pas jusqu'à la servitude personndle , à l'esclavage , qui n'ait trouvé ses prôneurs.
Heureusement , les tentatives de ces emiemis du véritable ordre social ne peuvent plus se faire dans l'ombre; elles ont lieu à la face d'un monde éclairé et attentif, qui sait deviner les intentions et qui ne se laiss€k pas éblouir par des sophismes.
Le nombre des ennensisHJLe la civilisation dimî-*
Le$ che6 des gouveraeaifQs tqs ^]i» absofns re^ CDnQns&»iL.sa;Coippëtei)CÇ', iU senl^wt le b«soii| fVen appeler , dans toutes tes circonstances grave^f à:1a.n^uoa (jle leiuppeuf^e^j^ à J'équité desauVes liommes: | , ^
Soqyepj ^ c'est lorsqu'ÏU s'élpigpeot le plus tjçf yoie^ de la justice et des véritables îutérétâ ^Dïtiar naux , qu'ils aff^gteot daTao^f^e d» le» avqir C0D7 sidtés ; aloiv ils sontaveqglés eu^f-mêmes [parties préjugés dont ils sont Qi^ouné^^. ou il^ ctpieiit idoaoer le change par de» dÂcl^R^ftes bjçpi^rites. , .Quoi qu'il en soit , c'est une q^ncepsiiof) : :il. Aat en preodce «cte^ Qt eo appi:éci«r tt»^ .l'i™por* tance; carVi^Ht ud boianoage ÎO!rç(; 'eodii aux droits des peiiples, f^r ceu^t-là ji{^4aie.qHi ,«'ea dér «Went kts eaaf mis- -
Quels soDt donc ces droits dont les autocrates eux-u^iwa oie- pei^vflnt uiiar r^istcnjce'
<Ce4Qbt.oeiJx qi^i appartifumï^t à tof^s ^ .bon:|r mes et |iat s|^te à tou« los p«upUBï..oe4f^ 1^ droite eoBsbcm par la loi mtwolle.
' ^*boii»De,«ii recewnt^a'Hcy afiaQs doute aussi rp^iednoit de U ddifendn»,, et calai do p4>firxoir i sa «lAn&tanoe <ft à B0f|.J>i9d-^re par t0u« Ji^ moyens possibles, yoilà pour la i J'homaM^ flt c'est «â l'eiHdsAgVfll ce pota\ cU 'vue> qdfi twt; de pi
de piiblicstes en ont conclo 'que l'homme a droit de dëtober et de commettre tontes sortes d violences.
Ceux qui ont étndié de plus fprès la fiatfrre d lliDmâEie , ont reconi^u qu'il avait par-dessus le bétes un autre avantage ; qu^l avait reçu de soi créateur la notion du juste et de l'injuste. C'est delà que dérivent tous les droits et tons les de< voirs de l'homme dans l'état de nature.
Llibmme doit être libre ^ parce que, sans li« berté il ne pourrait répondre de la moralité* de ses actions. Rendre ub homme esclave , c'est le tuer moralement) c'est le &ire descendre au rang de la béte. Ceux qui ejcercent un pareil pouvoir sur léu^s semblables , commettent une injustice , et ils se rendent coupables aux y^ux de Dieu. i
L'homme a le droit d'assurer sa vie amenale, et de pourvoir à ses besoms; mais il doit Vabst^ir de faire violence à d'autres hommes, et de leur £iire tort dans kur personne ou dans leurs biens. « ]Ne fais pas k autrui ce que tu ne voudrais ipas » qu'il te fit à toi-même^ Ou le nermnem UxHêrq;» vôiià'Ié principe de tous les devoirs, xtÀxm dans ^^élat de nature. ^ ^ • * ^r
Les mêmes philosophes qui ont assigné le caractère de l'homme ^ ont re6onnu.qi&'il était soeiaèlej
€t que toutes les fbis que son âme n'était pas al« térëe par les passions, il aimait à défendbesoa 8ieiikt)bble.
Les hommes se senti Téùnii- eo isàciété ponr obéir à cet instinct , et poat aisuim lent* libârté et lenr "vie, qvi, dans l'eût dé naitnre^! étaient k la merbi dn premier faiiigand.
- Us ont pebsé 'qu'ils, trouyeraiéiit dans . oeMe union des mo^ns «assurer davan|af|e^ leur Inen-» être, et^ ce n'est pas pour se soupoettre «anenglé- Inent aux caprices et awn passioD» iée qnelqaes*nns de leurs semblables^ , qùi'tls cNst renoncé à leur indépendance.
* A leur entrée dans^Ia société , ils n'ont entendu éfideannént aliénerbu plutôt mettre^ en commun , tant pour ens jqoe'péuir leur descendance y que. la portion de UiBerté 'Strictement nécessaire ; à l'or» ganisationï'd'vine force puUiqi», poffbante ponr repousser les; attaques dn déhbosy^ et pour réprir mer atu-dedans les pâssiopadeGeux qui ne savent pas irespeetèr lesdiroib des a3Ulrak.vf: ' * * » • ;
- 'Aussi la société , investie 'éécv^ pouvoirs^ estr elle, relativement éan ifutnaa. sociétés, dansxib iétat> pac&it ^indépendance , d'^Bté nafeurdie ; à cet égard , * - on ne fait pas de diflB^rence . entre l'ËCÉfr le ph» bible en territoire et en population ^ et llËtat le plus cdnéidérable ; de métne que dans
l'état de nature et aux yeux de IHeti et d« la jut tîce, le naiû a les tuâmes droits que le géant.
Sans doute des conventions particuMèrea peu yeotk modifier ces droits miltifi».
De même (|ne l'honmie peutse dépouiller d'uà< partie de son indépeodânèe pour mieux assurer h reste , de même une nsftîon ind^^odante qui si tttonve 4r6p £iiUe^ peut se squ mettra à une soeiétié mieux orgaoisée ou ipkis- forte, . \ .■
ififai» on ttm peut admettre , àm% aucune hy^ pothèsq; une à^iiénaiioir complète et.Skbsolue de^ droits.quc l'bomvae tienttde. son créateur.
Si on la suppose volontaire, elle emporte avec ell^ l'idée d'un, devoir de réciprocité. Jometeà votre disposition tontes- mes loree^ physiques et «orales ^ À condition que binons les diiâf^«e^ipeiir non plus grand avantage. • Si y&oé trallissefc ma cbofiance , qui peut Wcànpêekor die retirer le mandat . que je vous avais donné? 8i me «'était; qu'iine (Aaige pour vous, vons n'avee pas rie -décnt de vous en plaindre ; je ne.&i& itortlqn'à tboi^tnèûa^ , et en réparant le préjudiée où les dépenaes que le nianr dat 'VO«s avait ^causés ^ je sois quitte ^envers vous. ' 'Adiile(treT«4iénajbion<Ieces drofts^. sans 000* ditioR ^'aueun devoir <)e réciprocité, sermt une ^upposiCMm qoeirieu ne.safirait justifier, àl ipoins d'un oonsentémedt formel et libre ) et dans( ce
ca9 ; il sertit évident qua oet bonmoe anraitlW* prit aliénée Cet abandon passif des droits iiatu* rèls serait d'âillenta ili^itiiiiis •; d'aiaord, parce que la dignité que le :onélÉleiir a imprimée à l'homme, ste permet pas qu'il se d^ade à œ point} pffereeqa?ensuîteo€tihohiMDe a des derotrs i remplir.. sur la terre y €t iqt^il poarrait servie d'instrumeatMà l'opprassion <de i ses -semblaUes , crime dont il resterait le ooaifilice« Gelai qui réclamerait ^laes^écutiûil d^tm pàrabitratté . serait un être peî^ers:; eai^ il .uséraîit dVmaseeBdaat usnrpé^ et il àcctepterait ifo drcMt àont^aire à 1^ loi >nan ti)relle*> .♦-.•.'.';•. t^ . : :.•.•./'
Cet engagement étant frslpp^ àm yeo^ de lai saine -morale,' d'une. nuHàté.jradicale y ne seiPait jamais obligatoire , et pourrait toujoorS' être m** TOqiié par 4'jîiisenslé tfoi l'aurait ponsentL , Quand àaietoppoaerail oUigalotre pour ôeltii qui l'a sôuscritr, il , ne pouioraii jamais F4trepo«»r ses en&ns ou sa descendancci Gar^oeox*ci tiennent del'autQtir deaélulsesJamâmeiKb^riécft'Ia même iiidépendancd.tftiepofiaédait levrautesir àvMt<oiStle «UénAtion. Ltr pa tei%)ilé impose, d^s^ devoirs , et u^ donne aucuns droits réels sur la personne et fe ^vié de l'enfant»' > .( i.i ,
Si on sùpposi^ oeUe aliétiatian ^Ibltiés; par«sem« pie , si pouvant me donner la moit oommei nif eni)l9asii -vaificu ^ vous m'avM lailsé & ^vie pour
-fin)
m'employer comme Totre esclave , votre droit n ' aucun.caractère de lëgidroité ; aux yeux da créa leur je demeure voire égal , et j'ai le même droi que vous. Votre drc»t sur ma personne a cessé di moment que vous avez cessé d'être en danger ; s donc , vous me cootrngnez à vous servir suivanl vos caprices , sans consulter ma volonté y vous usez du droit de la force : nous restons en état de guerre. & vous vous affiiiblissez, si moi ou leû miens nous devenons les plus forts , qui peut douter que uous n'ayons le droit de briser le £rein de l'esclavage , de rentrer dans cet état d'indépendance et de liberté naturelles que nous tenions de W bonté du créateur ?
Ce que nous avons dit des individus s'applique aux nàtionSà '<■
Le droit de la guerre n'est l^^me qu'autant qu'il est nécessité par le besoin de la défense ; un peuple ne peut pas devepir l'esclave d'uu autre par droit de conquête* .
La force ne peut engendrer k droit : la possession 9 si longue qa'elle sent , nVst qu'une injustice de plus , parce que le prinape en est vi<neux.
Aussi les philosophes et les législateurs mo^ demes , qm^ont étudié la ^nature et la dignité de l'homme , n'oùt4b pas hésité à reconnaître ses droits inaliébabtes'et imprescriptibles , c'est-à-dire^
t xui)
les droîlS' dont il ne pôut se dëpouiller quand il entre dans l'étal; de socîëjbé.
En examinant la nature du pacte social, ils ont reconnu que les sociétés politiques n'avaient ^té instituées que pour garantir la jouissance de ces droits , et pour leur assurer une protection efficace.
Les nations étant composées d'hommes natu*** rellement libres et indépendans ,• les nations ou les états souvejrains , doiyent être considérés coi|ime autant de personnes libres qui vivent entr'elles dans l'état de nature.
Les citoyens n'en jouissent pas pleinement et absolument dans l'Etat, parce qu'ils l'ont souifiise en partie au souverain ; mais le corps de là nation, l'Etat , demeure absolument Ubre et indépendant à l'égard de tous les autres hommes et des natîfons étrangères, tant qu'il ne se soumet pas volontaire* ment à elles.
Le droit des gens n'est , originairement autre chose que le droit de la nature appliqué aux nations } et le droit public^ le droit de la nature^ appliqué à l'org^nisatipn particulière et intérieure» de chaque société.
Les droits qui dériverit de la Mature pour n'être point écrits dans des Chartes jurées, n'en e^istent pas moins, parée que leur sanction a été* gravée en caractères ineffiiçables^dans nos coeurs ,
l^r l'auteur de toutes cbotes , et qi/ainsi ikont u fondemeat plus solide que toutes les iiistttutioo humâioes* Ces droits et ces devoirs n'ont ps besoin du fait de l'homme ^ ptr conséquent de I proQiiil{|^tion , pour eiister. Les lois natareUes d'après les publîcistes , sont strictement et formel leroent obligatoires pour tous les hommes., queU que fioit leur position sodale* Nul ne peut s'excu ser sous prétexte d^gnorance^ car ce serait avouei qu'il n'a pas reçu du créateur l'inteUigenee nëces^ saire potu* connaître le juste et l'injuste.
Mais tant d'individus ^ tant de peuples onl été vielimes de l'igpor«iee de ces princifiesy el sont encore exposés à Iç dc^venir > qu'on ne saurait trop applaudir aux efforta de ces amis de la justice et de l'humanité, qui les ont promulguée à la face du Monde 9 et qui, par FaotoriCé de leur nom 9 la hauteur de leur talent , la force de leur dialectique, ont réduit au silence les zoïles de l'esprit humain.
11 en est résulté ce bian^ que l'on n'ose plus sou* teiiir publiquement des thèses contraires à la loi jmtnreile*
Les premiers législateurs étaient de profonds moratistes; ils ont fiiit plus, ils ot»t donné, par leurs lois, à ces ptrincâpes, une sanction publique , et les ont &it sortir du cerde des théories.
Les anciens comiaiwâtat la aatuncy du pacte