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cussion, soutenoit l'afErmalivc ; l'Angleterre le rrioit: mais ce n'est que depuis la fin de l'année 1709 , qu'elle soutenoit cette doctrine. A cette époque, il y eut des voies de fait entre l'amiral Keith, commandant les forces britanniques dans la Méditerranée, et le capitaine Van-Dockum , convoyant une flotille de bâtimens marchands danois. Au mois de juillet suivant , la frégate danoise laFreya, voulant défendre son convoi contre une visite angloise, fut prise et conduite aux Dunes. , •
De ces actes de violence il résulta une discussion très \ vive entre les cours de Londres et de Copenhague. La première , ayant envoyé dans le Sund une flotte commandée par Dickson, le Danemarck céda à l'orage, mais d'une manière fort honorable. Par une conven-
29 août 1800. tion cjui fut signée à Copenhague, la décision de la question fut renvoyée à une discussion ultérieure ; l'Angleterre relâcha la Freya, et le roi de Danemarck promit de suspendre les convois.
Cet accommodement ne faisoit pas le compte de l'empereur Paul I. Ce prince , susceptible aidées élevées , mais s'abandonnant trop souvent à ses pas- , sions , avoit résolu de faire , revivre les principes de la
neutralité armée de 1 780 , et de forcer l'Angleterre à les reconnoître. Il invita le Danemarck et la Suède , d'une manière si péremptoire , à se concerter avec lui pour ce but , que ces états ne purent s'y refuser sans se brouiller avec lui. Ce concert fut établi par des con- 16 et 18 déc. ventions signées à Saint-Pétersbourg, avec les cours de Copenhague, de Suède et de Berlin.*Comme la Grande Bretagne ne pouvoit pas trouver un moment plus opportun que celui de sa prépondérance maritime, pour faire décider des questions sur lesquelles elle avoit
28 mars 1801. gardé le silence en 1780, la guerre éclata. Un corps danois occupa Hambourg et Lubeck 5 les Prussiens pri- 5 ami. rçnt possession de Brème et du pays d'Hanôvre. Une flotte angloise, de I7 voiles, commandée par les ami- 3o mars. raux Hyde Parker et Nelson, força le passage du Sund.
Une division de cette flotte, sous les ordres du der-
*7% — 18 15. 275 mer, livra bataille, devant Copenhague , à la flotte 5 av,il iBm. danoise que commandoit Olfart Fischer, et qui , quoiqu'obligée de céder à des forces supérieures, se couvrit de gloire. Sept jour* après , il fut conclu un armis- 9 av riltice. L'amiral Hyde Parker continua sa route par la Baltique, et arriva devant Carlscrona; il alloit com- 19 avril, mencer les hostilités contre la Suède , lorsqu'on apprit la mort de Paul. Cet événement rompit la ligue du Nord , et mit fin à la guerre. Par une convention, que l'empereur Alexandre conclut à Saint-Pétersbourg, 17 juin, les principes de droit maritime , que les Anglois avoient professés , furent reconnus. Les autres puissances du Nord accédèrent à cette convention. Les Danois évacuèrent . Hambourg et Lubeck ; mais la Prusse resta en possession du pays d'Hanôvre jusqu'à la conclusion de la paix entre la France et l'Angleterre.
Les vingt années qui se sont écoulées, depuis le mois de. janvier 1795 jusqu'en i8i4, ont été , pour dc ,a nû,,îUU,< "les Provinces-Unies des Pays-Bas , une époque de calamité. Les patriotes triomphèrent par l'entrée des François, et l'abolition du stadhoudérat qui en fut une suite; mais ce parti put s'apercevoir de son erreur, quand il vit la ruine de la patrie. L'indépendance de la république fut reconnue par le, traité de La Haye , 16 mai 1795. qui , en lui donnant la France pour alliée, la soumit véritablement à cette puissance , et la réduisit en l'état d'une : province , d'autant moins ménagée , qu'elle n'étoit pas entièrement réunie, La constitution que se donna la république batave , ( car c'est là le titre qu'elle prit) balança sans cesse entre deux systèmes opposés , tjpnt les partisans ne pouvoient pas s'accorder ; savoir : l'unité et le fédéralisme. Pendant ces débats , les Anglois enlevèrent les colonies dc la république , détruisirent sa marine , nommément pair le combat naval que l'amiral Duncan livra à l'amiral no«t 1797. batave de Wiuter , près de Campredon , et anéantirent, par le blocus continuel de ses côtes , son commerce et sa navigation , sans même excepter la pêche. Traité* entre Nous allons indiquer sommairement les traités qui , l« république
* * Batave ci la
France.
jusqa'u l'époque de la paix d'Amiens , furent conclut entre la république bat ave et la France *.
i.° Traité d'alliance de La Haye, du 16 mai 1795 ;
2. 0 Convention réglementaire de La Haye , du 27 juillet 1796 , relative au mode d'entretien de 25,ooo nommes de troupes françoises, par les Hollandois;
5.° Convention de La Haye, du 5 mai î^c^Sv-Tdativeraent au paiement de la seconde moitié des 100 millions de florins , que la république batave s'étoit engagée à payer ;
4. ° Traité de Paris , du 5 janvier 1800 , par lequel Buonaparte vendit, à la république batave , pour une somme de 6 millions de francs , les biens que des émigrés françois ou beiges que le clergé de France et de la Belgique, que l'électeur Palatin, la maison de Satm et d'autres princes d'Empire , possëV doient dans l'enceinte de cette république , les enclaves prussiennes qu'à cette époque la cour de Berlin n avoit pas encore cédées , et d'autres droits tout aussi bien foiuiés.
5. ° Convention de La Haye, du 29 août 1801 , par laquelle la république batave racheta par le paiement d'une somme de 5 millions de florins, la réduction du corps de troupes françoises dans la république, à 10,000 hommes. Les 26,000 hommes n'y en restèrent pas moins sous divers prétextes.
6. ° Convention d'Amiens, du 27 mars 1802, par laquelle la France garantit à la république, que l'indemnité promise au stadhoudérat , par le traité avec l'Angleterre, ne tombera pas à sa charge.
ïUt oïtui. n Le bouleversement de l'ancienne confédération hel- Sui«sc. vétique est , sans contredit , un des grands crimes que l'histoire reproche au Directoire exécutif de France. La constitution jtédigée par MM. Ochs et Laharpe sur lé modèle de celle de France, qui excluoit le système^
1 Plusieurs de ces traité» ont été portes pour In première fois» la eonnoissance du public par V Histoire des traités dft paix , refondue psr Schœll , vol. IX, pag. 507. Il (fut y joindre «11 supplément qui se trouves» vol. XIV, p. 543.
1789—1815. ; *77 tédératif, nit promulguée par le parti francois malgré 3o maii l 79 s les modifications que des patriotes bien pcnsans a voient essaye' d'y faire introduire; et soutenue par une armée françoise que oommandoit le général Schauenbourg. Pour forcer les petits cantons à se soumettre a oe joug, il fallut y porter le fer et le feu. Les Grisons trouvèrent moyen de s'y soustraire en recevant au milieu d'eux une armée autrichienne, en vertu d'une convention qui fut conclue à Coire : ce ne fut qu'après 17 o«iob»e. la malheureuse campagne de 17999 qu'ils furent obligés de renoncer à leur indépendance. La France s'appropria la partie suisse de Tévêché deBâle, et les villes de Mulhouse et de Genève. Les conditions de la sujétion dans laquelle la république helvétique , une et indivisible, devoit se trouvera l'avenir envers la France, furent déterminée* par l'alliance offensive et défensive *9 aoAt qui fut conclue à Paris. La Suisse renonça dès-lors à cette neutralité , que depuis des siècles elle avoit regardée comme le gage de sa liberté.
La haine qui régnoit entre les partis unitaire et fédéraliste, causa plusieurs révolutions dans le gouvernement de cette république ; mais comme ces intrigues jouées sur un petit théâtre n'ont pas laissé de trace , nous pouvons les passer sous silence dans ce précis. Si le bouleversement de la Suisse n'a pas produit un seul homme qui eût marqué par des talens distinguées ou un grand caractère, au moins l'esprit religieux du peuple, et l'instruction qui y est répandue , l'ont préservé de ces excès et de ces crimes qui souillèrent la révolution françoise.
A l'époque de la paix d'Amiens toute l'Italie, à l'ex- Etat de l'Iulit. ception de la partie du territoire de Venise réunie à l'Autriche , flécliissoit sous l'influence françoise: le seul roi des Deux-Siciles avoit encore conservé une espèce d'indépendance.
Dans aucun pays les principes révolutionnaires du Réunion dix-huitième siècle n'avoient trouvé plus de partisans ,lu P j" a n n *"| a U parmi la haute classe que dans le Piémont: aussi le roi de Sardaigne fut-il le premier souverain dont le trône
s'écroula. A peine Victor-Amédée HI qui régnoit de- 25 juillet 179a. puis 1773, eut- il accédé à la ligue contre la France, que les armées de la république firent la facile conquête de la Savoie et du comté de Nice. La Grande-Bretagne a.! avril 1793. lui accorda par le traité de Londres , des subsides pour pousser la guerre avec vigueur. Nous avons rapporté les désastres qu'il essuya dans la guerre contre les i5 »ai 1796. François ; la paix de Paris lui coûta le sacrifice de deux provinces. En vain son fils, Gharles-Emanuel IV es-? péra-t-il sauver le reste de ses états en devenant par 5 avril 1797. le traité de Turin l'allié intime du Directoire françois: la considération étoit perdue; on sa voit qu'on pouyoit tout demander à cet allié ; on exigea d'abord la remise
28 juin 1798. de la citadelle de Turin par la convention de Milan;
ensuite le Directoire déclara, sans motif, la guerre à ce grince , et il n'obtint la permission de se retirer en 9 décembre, oardaigne qu'en signant une espèce d'abdication contre 3 mars 1799. laquelle il protesta ensuite. Le Piémont fut ainsi administré pour compte de la France , et immédiatement 1 1 sept. 1802. après la paix d'Amiens , définitivement réuni à son territoire.
Re'pub! iqiie La Lombardie autrichienne ( excepté Mantoue ) avec Cûaipiue. le Modénois , les trois légations cédées par Pie VI, et une partie de la terre-ferme vénitienne formèrent la république cisalpine dont Buonaparte proclama Fin-
29 juin 1797. dépendance après les préliminaires de Léoben. Bientôt 2i octobre, après, ce général y réunit la Valteline, Chiavennaet
Bormio dont il dépouilla les Grisons , et plus tard une 7 sept. 1800. partie du Piémont, savoir, le Novarese et le pays audelà de la Sesia. Après la paix de Luné ville, cette république obtint encore Mantoue. Ses rapports envers la France avoient été déterminés par l'alliance de 1798; ils étoient plus assujettissans que ceux dans lesquels la république balave et plus tard la Suisse furent placées. Dans ce fantôme de république , la France exerçoit un pouvoir absolu; elle en ebangeoit arbitrairement la constitution, nommoit et destituoit à son gré les premiers fonctionnaires^. Les victoires de SouwarofT mirent fin pour quelque temps à l'existence de cet état ;
in ne
mais après la bataille de Marengo , tout fut remis sur l'ancien pied.
La republique de Gênes , tourmentée dans son in- Repu* térieur par des novateurs, menacée au dehors par la Ligurienne France et l'Angleterre, balança quelque temps sur le svstème qu'elle devoit embrasser ; mais lorsque les François furent maîtres de la Bocchetta , le sénat consentit par un traité conclu à Paris à leur donner de g oct. 1 l'argent et à fermer ses ports aux Anglois. 'Après les préliminaires de Léoben, la république accepta, par le traité de Montebello ? de la main de Buonaparte , 6 juin 1797. «ne constitution démocratique : elle paya de fortes sommes et fut gratifiée par les fiefs impériaux que le général ajouta à son territoire. Elle prit alors le nom i4 juin, de république ligurienne .
Nous avons vu comment l'archiduc, grand-duc de Royaume Toscane , fut injustement dépouillé de ses* états , dont r d,El^u^ i. c, Buonaparte disposa, par le traité de Saint-Ildefonse , î er "ctf 1801! en faveur du prince héréditaire de Parme , gendre de Charles IV, roi d'Espagne. Ce jeune prince fut proclamé roi d'Etrurie, et reconnu par toutes les puis- 2 août, sances européennes ; mais pendant son court règne il fut plutôt un vassal de Buonaparte qu'un souverain indépendant.
Pie VI avoit protesté contre la spoliation de l'Eglise, Etat que l'Assemblée Constituante de France s'étoit permise ecclésiastique, enréunissant Avignon et le Comtat Venaissain. Dès- 3 nov * * 791 ' lors il fut traité en ennemi de la république. La suspension d'armes de Bologne lui coûta 21 millions de 25 juin 1796. francs , et une quantité d'objets d'art. N'ayant pu ob- ' tenir une paix équitable , il mit sur pied une armée de 45 ,000 hommes , et en confia le commandement au général Colli , autrichien ; mais Buonaparte qui avoit marché contre cette armée, força bientôt le pape de signer la paix à Tolentino. Elle lui coûta encore i5 19 février 1797. millions et les trois légations de Bologne , de Ferrare et de la Romagne. 11 renonça en même temps à Avignon et au Comtat. A la suite d un tumulte qui eut lieu à Rome et où le général françois Duphot fut tué , une
h février 1798. armée française y entra et y proclama la république romaine qui eut une existence éphémère , ainsi que nous levons Vu. Pie VI , emmené captif en France, agaoùi 1799. mourut à Valence. Le conclave réuni à Venise élut i3 mars 1800. à sa place le cardinal Chiaramonte qui prit le nom de Pie VU 9 et fit peu de temps après son entrée à Rome. Buonaparte, alors premier consul, le laissa jouir en paix du reste de ses états.
Etat Une flotte Françoise, commandée par l'amiral La
d, l>eux-^riel C ' Touche , parut , vers la fin de 1792 , devant le port de Naples, et força le roi de reconnoître , le premier de tous les souverains , la république françoise. Cela ne 12 juillet \fj5. l'empêcha pas d'entrer dans la coalition par un traité d'alliance avec l'Angleterre , qui fut signée à Naples. Après les succès de Buonaparte en Lombardie , Ferdinand IV détourna l'orage qui le menaçoit en signant 5 juin 1798. d'abord une suspension d'armes à Brescia, et ensuite i«f octobre, la paix à Paris. Il obtint des conditior** honorables.
Nous avons dit qu'il fut un des premiers souverains qui entrèrent dans la seconde coalition , et que la précipitation avec laquelle il éclata faillit de compromettre le succès de la guerre et lui fut très-funeste. Il ne rentra dans la possession du royaume de Naples qu'après la retraite de Macdonald en 1799 , et acheta a8 mais 1800. J a p a [ x en re cevaut dans son royaume 16,000 hommes de troupes françaises, qui y restèrent jusqu'à la conclusion du traité de paix entre Alexandre et Buonaparte.
République La Hotte combinée turque et russe avoit fàit la coudra Sept-iie*. quête des îles ci-devant vénitiennes, Corfbu, Zante, Céphalonie, Saint-Maure, Ithaque, Paxo et Cerigo. ai mars 1800. En exécution d'une convention conclue à Constantinople entre la Russie et la Porte, ces îles formèrent un état indépendant , quoique soumis à la souveraineté ottomane , sous le nom de république des Sept^llcs. Par les traités subséquens , la France et la Grande- Bretagne reconnurent cette république, pivi.i.n Depuis la paix de Baie, l'Allemagne s'étoit divisée de l'Allemagne çn feux partis: leNord, à la tête duquel se trouvoil
au nord et and. 1 *
la Prusse, et Je Sud, où l'Autriche prédomiuoit par la présence de ses armées et par l'affection des princes ecclésiastiques; caries états séculiers 1 abandonnoient chaque fois qu'ils le pouvoient impunément. Par une convention que la Prusse conclut à Èâle avec la France, 17 mai *79^ la neutralité du nord de PAHemagne fut reconnue à des conditions que les princes situés derrière la ligne de démarcation s'empressèrent de remplir. La Prusse conclut ensuite des arrangemens avec ces Etats, pour la niise sur pied d'une armée d'observation. Cette défection causa une grande animosité entre les cours de Vienne et de Berlin, dont les François surent habilemeut profiter, surtout pendant la tenue du congrès de Rastadt. En vain 1 empereur Paul , décidé à faire la guerre à la république , essaya-t-il de rétablir la bonne harmonie entre les deux Etats prépondérans; il échoua également dans le projet de faire entrer la Prusse dans la coalition. Quoique Frédéric-Guillaume II eût été trompé par la France, qui, après lui avoir assuré , par une convention secrète conclue à Berlin, des indem- 5 août 1796. nités.proportionnées à la perte qu'il feroit par la cession de la rive gauche du Rhin , et un établissement pour la maison d'Orange en Franconie, prit, par les articles secrets du traité de Campo-Formio, des engagemens tout opposés ; néanmoins Frédéric-Guillaume III , qui succéda à son père , resta iidèlc à une neutralité que l'état des finances de la Prusse parois- iG nov. 1797. soit commander.
Les doctrines révolutionnaires portées en Allemagne des émissaires françois, y tombèrent sur un sol préparé où elles prirent racine.Par la paix deLunév ille, toutes les provinces situées sur la rive gauche du Rbin se trouvoieut incorporées à la France. Le moment approchoit où l'empire germanique dut s'écrouler.
Tandis qu'en France un peuple saisi d une fureur Constitution Mibite renverse toutes les bornes de l'ordre et des lois, yolouoise j u et se livre à des excès dont on auroit cru incapable le mai 1791 ' siècle des lumières; dans le Nord, une autre nation , plongée dans l'anarchie et opprimée par ses voisins ,
fit un noble effort pour établir l'empire des lois et pour secouer le joug de l'étranger
2 Les Polonois s'étoient flattes que, pendant que les forces de la Russie étoient occupées contre les Suédois et les Turcs, ainsi que nous ayons vu dans la période précédente , il leur seroit permis de changer les vices de leur constitution pour donner une nouvelle vigueur au gouvernement de la république. Une diète extraordinaire fut convoquée à Varsovie 5 elle se forma en confédération, afin d'écarter les inconvéniens du liberum veto et de l'unanimité exigée dans les diètes ordinaires. L'impératrice de Russie ayant fait des démarches auprès de cette diète , pour engager les Polonois à s'allier avec elle contre la Porte, elle rut traversée dans ce dessein par le roi de Prusse, qui , par suite de ses engagemens avec l'Angleterre , ne négligea rien pour animer les Polonois contre la Russie ; il les encouragea, par l'offre de son alliance 3 , .à tenter la réforme de leur gouvernement, que la Prusse avoit récemment garanti. Un comité de législation établi par la diète fut chargé de rédiger le plan d'une constitution qui régénérât la république. ^ -
Cette résolution de la diète ne pouvoit que déplaire à l'impératrice de Russie, qui la représenta comme une infraction formelle aux articles convenus, en 1775, entre elle et la république. Les Polonois pouvant ainsi prévoir que les changemens qu'ils avoient en vue les brouilleraient avec cette souveraine, auroient dû penser , avant tout , à se mettre en bon état de défense. Mais , au lieu de pourvoir à l'amélioration de leurs finances et de mettre l'armée de la république sur un pied respectable, la diète perdit un temps con-
« Von Entstehen and Uebergange der polnischen Constitution vom 3 mai 1791 (aus dem poln.) Leipzig 1793 , 1 vol. in-8°. Jskii Volens Staats Verœnderungen und letzte Verfassung. JVien i8o3, 4 vol. in-8°. Sirisa Polens Ende. iVarscfiau , 1797»"
* Le morceau suivant est de M. Koch : nous n'y avons lait que de légère ebangemens.
3 Hekzberc, Recueil, t. II, p. 476.
1789 — i8i5. 285 sidérable à discuter le nouveau projet de constitutiou qu'elle s'étoit fait soumettre. L'assurance de la protection prussienne , qui lui avoit été donnée officiellement 1 , rendit les Polonois trop confians ; et le traité d'alliance que le roi de Prusse conclut en effet avec la 29 mars 1790.' république 2 , acheva de les plonger dans une sécurité
Î>arfaite. Le roi Stanislas-Auguste , après avoir hésité ong-tcmps sur le parti qu'il lui convenoit de prendre, s étant enfin volontairement réuni au parti de la diète qui vouloit tirer la Pologne de l'état d'humiliation où elle étoit tombée , la nouvelle constitution fut décrétée, par acclamation, le 3 mai 1791.
Quelque , imparfaite que paroisse cette constitution, Précis de ceue elle étoit analogue à l'état de civilisation où la Pologne consiimuon. étoit parvenue; elle corrigeoit plusieurs vices des lois antérieures; et quoique vraiment républicaine, elle étoit exempte des idées exagérées que la révolution françoise avoit mises en vogue. Le trône fut rendu héréditaire en faveur de la maison électorale de Saxe ; on abolit la loi de l'unanimité et l'absurde liberum 'veto; la diète fut déclarée permanente, et le corps législatif partagé en deux chambres. L'une de ces chambres, formée de députés dont les fonctions dévoient durer deux ans, étoit chargé de discuter les lois; et l'autre , composée du sénat et présidée par le roi , devoit les sanctionner et exercer le veto. Le pouvoir exécutif étoit confié au roi et à un conseil de surveillance , composé de sept membres ou ministres responsables. On accordoit aux habitans des villes la faculté d'élire leurs députés et leurs juges, et on ouvrit aux bourgeois la route pour parvenir à la noblesse; mais celle-ci étoit maintenue dans toute l'étendue de ses droits et de ses prérogatives; les paysans qui se trouvoient dans l'état de servage furent placés sous la protection immédiate de la loi et du gouvernement; la
1 Hekzberg , Recueil , t. II , p. 483.
a Idem, t. 111, p. 1 j et M. de Secuk, HUtoire de Frédéric Guillaume II, t. III, p. î-io.
constitution sauetionnoit d'avance les convention» que des propriétaires de terres voudraient passer avec leurs colons pour améliorer leur sort 1 i
Confédération Les eflorts que firent les Polonois pour assurer leur d« Targowice. fafâpenfa^ y excitèrent le ressentiment de la Russie: L'impératrice n'eut pas plus tôt feit sa paix avec la Porte , qu'elle engagea ses partisans en Pologne à former une confédération tendante à révoquer les innovations de la diète de Varsovie , et à remettre en vigueur l'ancienne constitution de la république. Cette
i4 mai 179s. confédération , signée à Targowice , eut pour chefs les comtes Félix Potocki, Bzewuski et Branicki»
Uue aimée russe Pour .soutenir cette confédération, l'impératrice fit
en Vol™ ne en ^ rer one année en Pologne , et entreprit la guerre contre les partisans du nouvel ordre de choses 2. Ce ne fut qu'alors que les Polonois pensèrent sérieusement à prendre des mesures vigoureuses. La diète décréta que l'armée de ligne seroit mise sur le grand pied de guerre , et que plusieurs corps de troupes légères seroient levés. Un emprunt de 35 millions de florins 3 passa sans la moindre réclamation $ mais le ministre de Prussç, interpellé de s'expliquer sur les secours que le roi , son souverain , avoit promis à la république par le traité d'alliance 4 de 1790, fit une
1 Voyez cette constitution dans VHisloirti de la révolution de Pologne, en 1794, par un témoin oculaire , p. 209.
* Histoire de la révolution, pag a3l. Dans la déclaration que cette princesse publia alors , elle allégua , pour justifier sa conduite: i°. l'anéantissement de l'ancienne constitution de Pologne parla diète de Varsovie ; 2°. l'entreprise de cette diète d'exiger la retrait* des troupes russes de la Pologne , de celles mime qui y étoicot pnur la garde des magasins russes ; 3°« les vexations de tout genre exercées contre des sujets russes, et nommément coutre l'évêque de Pereslavie, abbé de Sluak , qui, soupçonné d'avoir fomenté une révolte , avoit été arrêté et emprisonné à Varsovie j 4 P . le droit des gens violé à l'égard des ministres de l'impératrice, dont la chapejl* avoit été forcée à Varsovie , et un des desservaos de cette cbupeile arraché pour être traduit devant un tribunal incompétent; 5°. -l'ambassade extraordinaire envoyée à Con6tantiuopIe , pour proposer à la Porte une ligue offensive contre la Russie.
5 ao millions de francs.
4 En vertu des articles 3 et 4 de cette alliance, le roi de Pruwe devoit fournir dix-huit mille hommes a la république , et les porter , même à trente raille, le cas l'exigeant.
Le roi
réponse évasive qui jeta la désolation dans tout le parti patriotique. Le refus de la diète polonoise d'admettre un projet de commerce qui auroit abandonné an roi de Prusse les villes de Dantzick et de Thorn 1 ♦ a voit indisposé ce monarque contre les Polonois ; et il ne fut pas difficile à l'impératrice de Russie de le faire consentir à un nouveau démembrement de la Pologne. L'aversion que les souverains avoient avec raison pour tout ce qui ressembloit à la révolution françoise , avec laquelle cependant les événemens de Pologne où le roi et la nation agissoient d'accord , n'avoit de commun que les apparences , agit puissamment sur la cour de Berlin, et lui fit rompre les engageniens qu'elle avoit contractés avec la république ^. Les Polonois comprirent alors tout le danger de leur position ; leur première ardeur se refroidit , et la plus vive consternation se saisit de toute la diète.
Abandonnée à ses propres forces et agitée par des Avisions intestines , la Pologne se vit dans Timpuis- Renonce à"! sauce de faire face à des ennemis aussi redoutables CJUe constitution les Russes. La campagne de 1792 tourna entièrement de l 79 L ' au préjudice du parti patriotique. A la suite de plusieurs succès, les Russes s'avancèrent sur Varsovie; et le roi Stanislas , facilement découragé , accéda à la confédération de Targowicc, en renonçant à la constitution du 3 mai et aux actes de la diète révolutionnaire de Varsovie 3. Ce grince souscrivit à toutes les a5 août 179$. conditions que l'impératrice jugea à propos de lui dicter. Une suspension d'armes fut arrêtée; elle stipula la re'duction de l'armée polonoise. En conséquence des arrangemens convenus entre la Russie et la Prusse , parla convention de Pétersbourg du 20 janvier 1795 , net troupes prussiennes entrèrent dans la Pologne, et s'y étendirent à l'exemple des Russes. On vit paroître
des proclamations des cours de Berlin et de Saiut- inar**t «Tril
1 IÎERZBERG, t. III , p. 26.
« Voyet M. de Ségur , t. III, p. i4oetsuiv.
5 Histoire de la révolution de 17^1, p. 219.
Pétersbourg, par lesquelles elles déclarèrent incorporer à leurs monarchies les territoires et districts delà Pologne dont leurs troupes venoient de prendre possession. L'adoption de la constitution de 1791 et la
{)ropagatiori des principes démocratiques françois par es Polonois, motivèrent ce nouveau démembrement.
Second L a Prusse s'empara de la majeure partie de la dTlTpolo^uc Grande-Pologne , y compris les villes de Dantzick et de Thorn. La ville de Czenstochau , dans la Petite- Pologne, lui fut pareillement adjugée, et sa frontière étendue jusqu'aux rivières de Pilica , de Sterniewka , de Jezowka et de Bzura.La rive gauche de ces rivières fut assignée à la Prusse , et la droite réservée à la Pologne. Le lot de la Prusse comprenoit 1,061 milles carrés d'Allemagne , habités par 1,200,000 âmes.
La Russie eut la moitié environ de Ja Lithuanie, d'après une ligne déterminée. Les palatinats de Podolie , de Polotsk , de Minsk , une portion du palatinat de Wilna , avec la moitié de ceux de Nowogrodek , de Brzesc et de Volhynie, devinrent son partage; en tout 4,553 milles carrés d'Allemagne avec 5 millions d'habitans.
Traité avec la Les Polonois furent forcés de céder , par des traités, république j es p rovmces J on t ] es deux puissances s'étoient emparées. Le traité entre la Pologne et la Russie fut signé i5 juillet i7«j3. à la. diète de Grodno; mais celui du roi de Prusse essuya de vives oppositions, et il fallut menacer de la force, pour qu'il fût consommé l , ib Les puissances copartageantes renoncèrent de nou-
«epiembrc veall ^ a cette occasion, aux droits et aux prétentions quelles pouvoient encore avoir à la charge de la république , sous quelque dénomination que ce pût être. Elles s'engagèrent à reconnoître et à garantir même, si elles en étoient requises , la constitution qui seroit établie par la diète , du consentement libre de la nation polonoise.
» Voyez Martens , t. V , p. 1G2 et 202,
A la suite de ces traités vint un traité d'alliance et 16 oct. 1793. d'union étroites entre la Russie et la Pologne dont l'article troisième porloit garantie et secours mutuels ou cas d'aUaque; la direction des guerres y étoit réservée a la xtussie , ainsi que la faculté de faire entrer ses troupes en Pologne , et d'y former des magasins quand elle le jugeroit nécessaire ; et la Pologne y prenoit rengagement de ne contracter de liaison avec des puissances étrangères ni de faire aucun changement dans sa constitution, que de l'aveu de la Russie.
Ce qui restoit à la république , soit de la Pologne , soitdelaLithuanie, formoit encore 3,0*03 mille carrés, avec un peu plus de trois millions d'habitans. Cet état fut divisé en dix-huit palalinats, dont dix pour la Pologne et huit pour la Lithuanie. A chacun de ces palatinuts furent assignés deux sénateurs , un palatin , un castellan et six nonces à envoyer à la diète 2 .
Ces difFérens traités , et les vexations dont se plai- Insurrection gnoientles Polonois, excitèrent une fermentation dans < leKo8cmrako « les esprits qui dégénéra , dès l'année suivante , en un soulèvement général. Une association secrète se forma à Varsovie ; elle trouva de nombreux partisans dans l'armée, qui, d'après les arrangemens pris avec la Russie , devoit être réduite. Les conjurés élurent Kosciuszko pour chef de l'insurrection projetée contre la Russie. Ce général s'étoit fait connoître dans la guerre d'Amérique ; il avoit tout récemment signalé sa bravoure dans la campagne.de 1792 ; et, après la malheureuse issue de cette guerre, il s'étoit réfugié en Saxe. Les conjurés comptoient beaucoup sur l'assistance de J'Autricne , qui n'avoit point pris part au dernier démembrement de la Pologne; ils se flattoient que la Turquie et la Suède ne resteroient pas simples spectatrices des efforts qu'ils feroient pour reconquérir leur liberté et leur indépendance. Kosciuszko auroit voulu qu'on eût différé l'exécution du plan concerté
1 JVÎA.RTBNS , /. C, , p. 222.
2 Polens Ende 7 von Sirisa , in-8°. Warscliau , 1797.
a88 PERIODE IX.
par les insurgés , afin de gagner du temps pour mieux en préparer les ressorts. Mais Madalinski , qui com-
é delà I"
inandoit une brigade de cavalerie , sommé cier, jeta le masque et donna le signal de l'insurrection. Cet officier quitta subitement son quartier, traversa la Vistule ; et , après avoir dissipé les détachemens prussiens qu'il rencontra sur sa route, marcha droit sur Cracovie , dont les babitans prirent les armes , chassèrent les troupes russes qui se trou voient dans la ville, et proclamèrent Kosciuszko comme général. Une sorte de dictature lui fut conférée par l'acte
a4 mar» 1794. d'insurrection : elle devoit durer aussi long- temps que la patrie serait en danger.
Succca Les Russes et les Prussiens firent avancer des trou-
drs insurges, p 0ur arrêter les progrès de l'insurrection. La délaite d'un corps russe , auprès de Raslavicé, par le général Kosciuzko, ranima le courage des insurgés. Les babitans de Varsovie se soulevèrent pareillement contre les Russes qui y tenoient une garnison de dix mille hommes sous les ordres du généra lglgelstrôm* Ce fut dans la nuit du 17 avril que le tocsin sonna dans cette ville; les insurgés s'emparèrent de l'arsenal, et distribuèrent au peuple des armes et des munitions de guerre. Une canonnade fort vive eut lieu entre les Russes et les Polonois. Le combat dura deux jours consécutifs. Quelques milliers de Russes y périrent, et quatre mille cinq cents furent faits prisonniers. IgéïstrÔm s'échappa de la ville avec environ trois mille hommes. L»h même insurrection éclata à Wilna, d'où elle s'étendit dans toute la Lithuanie. Plusieurs régimens polonois qui étoient entrés au service de la Russie, passèrent du côté des insurgés.
Poib1e»»r tin Malgré ces premiers succès « on ne fut pas long-
leurs n nveos. temps à s'apercevoir que la Pologne manquent des ressources nécessaires pour Une entreprise de la nature de celle dont il s'agissoit. La bourgeoisie ou l'ordre du tiers n'y étoit ni assez nombreuse ni assez opulente pour servir de centre à la révolution qu'on prétendoit opérer; et la servitude dans laquelle yivoit le paysan .
1*89 — i8i 5. 3^9 «Stoît peu faite pour lui inspirer de l'enthousiasme pour une cause à laquelle ses mafttres seuls devaient gagner. D ailleurs , les patriotes étoîcnt divisés d'opinion; et le rot, quoiqu'il eût l'air d'approuver leurs efforts, inspiroit tant de méfiance par la foiblesse de schi caractère . qu'on l'aceusoit môme de seconder secrètement les intérêts de la Russie. Enfin les nobles qui seuls auroïent dû montrer de l'énergie p se trouvèrent très-peu disposés à soutenir efficacement la cause de la liberté. Toute contribution lenr paroissoit une atteinte à leurs prérogatives, et ils répugnoient autant â la levée en masse qu'à celle des recrues qui les prtvoit de cultivateurs ; ils tremblotent aussi de perdre les droits et les privilèges dont ils jouissoient exclusivement, et ne renonçoient qu'avec peine à l'espoir de porter une couronne qui se présentant à chacun d'entre eux.
Par toutes ces raisons , Kosciusxko se vît dans Pim- „ $««8* de , puissance de mettre sur pied des forces proportion- îvu^iens. nées à celles des Busses et des Prussiens, qui agissaient de concert pour rompre les mesures des insur*gés. Ce générai essuya, sur les confins des palatinats 8 i«» n >79^de Siradie et de Cujavie, un échec â la 6uite duquel le roi de Prusse se rendit maître de Gracovie. Soutenu d ? un corps russe , ce prince entreprit ensuite en personne le siège de la ville de Varsovie. Les principales forces des insurgés se réunirent sous les murs de cette vitle. EWes ne se montoient qu'à environ vingt-deux mille combattans , tandis que les ennemis en a voient au-delà de cinquante mille à leur opposer.
Le siégede Varsovie duroit depuis près de deux mois, Levée du «tige, lorsqu'un soulèvement général qui, de la Grande-Pologne, s'étendit dans la Prusse occidentale, engagea le roi de Prusse à se retirer, pour arrêter les progrès 4e l'insurrection dans ses propres états.
La joie que cet incident causa aux insurgés ne fut L'Autriche psJel<>nguedur^.ia cour de Vfeuttjffu, jusqu'à- ï^œnîre lors, avoit garde la neutralité, se décida à faire aussi la Pologne, entrer une armée dans la Pologne. Cette armée marcha
eu deux colonnes, dont l'une se porta sur Brzesc et l'autre sur Doubno. D'un autre côté , les Russes, sous les ordres de Souwarow 9 s'avancèrent dans la Lithuanie, et poursuivirent un corps d'insurgés que commandoit Sierakowski 1 .
Défaite Kosciuszko , qui voyoit la grande supériorité de l'end« Kosciuszko. ncm i, fit un dernier effort pour empêcher la jonction de l'armée de Souwarow avec celle du général russe Fersen. Il se tourna contre ce dernier , et lui livra ba- 10 oet.1^94. taille auprès de Macejowicé. L'action fut meurtrière» Une grande partie de l'armée polonoise y périt, et le reste fut fait prisonnier. Kosciuszko , blessé dangereusement , tomba lui-même au pouvoir du vainqueur. Prise de Praga Ce désastre abattit le courage des Polonois. Les gétt de Varsovie. n éraux polonois , Dombrowski et Madalinski , qui faisoient la guerre dans la Prusse et dans la Grande-Pologne, abandonnèrent ces provinces pour marcher > avec leurs corps, au secours de la ville de Varsovie. Souwarow se dirigea pareillement sur cette capitale, et y fut joint par un corps considérable de Prussiens , avec 4 novembre, lequel il combina le blocus de cette ville. Les Russes livrèrent assaut au faubourg de Varsovie > nommé Praga. Les Polonois qui y a voient un corps de troupes de huit à dix mille hommes 3 , firent une défense courageuse , mais rien ne fut capable d'arrêter l'ardeur et l'impétuosité des Russes, qui brûloient de venger le sang de leurs compatriotes , massacrés à Varsovie. En quatre heures de temps ils emportèrent de vive force le triple retranchement de Praga , et y passèrent au fil de Vépée une grande partie des Polonois , ses défenseurs 3 . Ce faubourg fut saccagé et ruiné de fond en
» Souwarow défit Sierakowski à Krupezize et à Brzesc, au moi* de septembre 1794. Voyez Histoire des campagnes de Souwarow, tom. II, pag. 174, 178 et 191. Laverne, Histoire de Souwarow , p. 235 et 23q.
* Voyez Histoire de la révolution de Pologne de 1794 , p. 179. D'après les historiens de Souwarow, la garnison de Praga e'ioit forte de trente mille hommes j voyez Histoire des campagnes de Souwarow, t. II, p. 25a; et Laverke, p. 267.
* Selon les historiens de Souwarow, treize mille Polonois resté-
comble. La terreur se saisit des liabitans de Varsovie ; ils prirent le parti de capituler 1 , et Souwarow fit son 9 " ov - >79 4 entrée dans la ville. Les troupes polonoises mirent bas les armes, l'insurrection fut étouffée, et la plupart de ceux qui s'y étoient signalés furent arrêtés par les Russes. Le roi de Pologne se retira à Grodno, et le démembrement final de la Pologne fut convenu entre les trois puissances alliées.
Lia cour de Berlin ayant fait connoître qu'elle préten- Dernier doit garder Cracovie et le pays avoisînant dont ses^^^^ troupes avoient pris possession , l'Autriche , pour se b procurer cette partie de la Pologne qu'elle desiroit , profita du mécontentement que la conduite delà Prusse, pendant la campagne de 1794 , et sa retraite de la coalition qui se préparoit , avoient inspiré à l'impératrice de Russie, pour négocier isolément avec la cour de Saint- Pétersbourg. Elle s'arrangea , secrètement , avec elle touchant les lots qui dévoient échoir à chacune des deux puissances. Un acte, en forme de déclaration, fut signé, entre ces cours , à Saint-Pétersbourg ; il por- 5 janvier 179$. toit que celle de Berlin seroit invitée à adhérer aux stipulations qui y étoient contenues , moyennant l'offre que lui feroient les deux cours d'acquiescer à la réunion de la partie restante de la Pologne à la monarchie prussienne et l'engagement qu elles prendraient de lui en garantir l'acquisition. On entama ensuite avec la cour «je Berlin une négociation qui traîna en longueur,
Ï>arce que cette cour ignorant rengagement pris par 'impératrice Catherine de procurer Cracovie à l'Autriche, espéroit toujours pouvoir s'y maintenir. Ce fut seulement lorsque l'acte du 5 janvier lui fut communiqué, qu'elle donna la main à une convention particulière avec celle deVienne , qui fut signée à Saint-Pétersbourg. oct. 1 795, La ville de Cracovie mt abandonnée à l'Autriche, qiû se désista, de son côté, en faveur du roi de Prusse,
rent sur le champ de bataille; deux mille se notèrent dans la Vistule , et quatorze à quinze mille furent faits prisonniers.
» Voyez Hist, des campagnes de Souwarow , p. 758 et suiv.
d'une portion de terrain que la déclaration du 5 Janvier précédent lui avoit assurée ; on convint que les limites du palatinat de Cracovie seroient réglées entre les deux cours, sous la médiation et sous l'arbitrage de celle de Saint-Pétersbourg*. Il ne resta alors d'antre parti à prendre au roi Stanislas-Aaguste que de résigner sa couronne entre les mains de l'impératrice de Russie. L'acte de son abdication est daté de Grodno, le 25 novembre 1795* Lots Je chacune Ce fat par ces différentes conventions « que la Russie deitroit cours, obtint tout ce qui restoit à la Pologne delà Lithuanie jusqu'au Niémen, aux limites des palatinats de Brzesc et de Nowogrodek , et de là au Bug ; elle obtint de même la plus grande partie de la Samogitie, avec toolo laCourlande et la Sémigalle 2 , et eut de plus de la Petite-Pologne la partie du pys de Chelm « située sur la rive droite du Èug et le restant de la Voîhynie; en tout environ 2000 milles carrés ayant 1,200,000 habitans.
L'Autriche eut, outre une partie principale du palatinat de Cracovie 3, les palatinats entiers de Sendomir et de Lublin, avec la partie du district de Chelm et celles des palatinats de jBrzesc, de Podlachie et de Masovie qui s'étendoient sur la rive gauche du Bug ; le tout faisant environ 834 milles carrés d'Allemagne, ayant un million d'habitans 4 .
On assigna à la Prusse 1a partie des palatinats de Masovie et de Podlachie , située sur k rive droite da Bug ; elle eut de k Lithuanie la partie du palatinat de
* Ce dernier réglementent lieu par un arrangement défiortif concerté entre le* commissaires des court de Vienne, de Berlin et de , Saint-Pétersbourg, le ai octobre 1796.
9 Les états de Courlande et de Sémigaîle firent» eu 1705, leur soumission k l'impératrice. Le dernier duc, Pierre de Bireo, obtint une pension annuelle de cinquante mille ducats; il fc retira en Si" lésie, où il mourut en 1800.
5 D'après la ligne de démarcation arrêtée entre les trois cours pr la convention du U octobre 1795.
.* Cette portion de l'Autriche reçut la dénomination de GaJicw occidentale.
Troki et celle de la Saniogitic, qui est en-deçû dû Niémen , ainsi qu'un pelit district de la Petite-Pologne, faisant partie du palatinat de Cracovie , le tout évalué à environ 1000 milles carres d'Allemagne apnt un million d'habitans l . *
igèrent entre elles sur la manière d'acquitter dettes du roi et de la république de Pologne. Elles assurèrent par cette même convention , au roi démissionnaire un traitement annuel de deux cent mille ducats a «
On ne s'apercevoit pas encore * au commencement ^ • de cette période , de quelle importance étoit pour la ' " e * Kussie l'acquisition de la Crimée : ce ne fut que lorsque, sons une sage administration, l'agriculture et Pindustrie de ce pays eurent prospéré, qu'on commença à se douter qu'il pourroit un jour influer puissamment sur la balance du commerce. L'impératrice Catberine Qui , flattée par les éloges des philosophes , s'étoit , <!ans sa jeunesse , laissée entraîner par les doctrines nouvelles, fut la première à eu reconnoltre le danger '; elle se déclara l'ennemie la plus irréconciliable de la révolution françoise. Elle auroit volontiers armé l'Europe entière pour exterminer jusqu'à la racine de ce mal ; néanmoins elle ne prit pas elle-même les armes , et elle n'entra dans la première coalition que d'une manière indirecte, et en concluant des traités purement oefensifs : tels furent celui de Drotningholm avec la 190a. *79 l * Suède; celui de Saint-Pétersbourg avec le roi d'Hon- 12 iuillet^n* grie et de Bohême , et celui qui fut sigué dans la même 7 aout ' .
1 Voyez Convention» conclues entre la cour de Vienne et les cours de Saint-Pétersbourg et de Berlin , relativement au partage final de la Pologne , in-4<>. Vienne 1797. Maktens, Recueil des traités, et Vie de Catherine II, par Castbra , au tom. II. L'Hisloire des paTtAges de la Pologne forme une partie du vol. XIV de i' Histoire des traités , retondue.
* C'en ici que nuit le morceau sur, la Pologne rédige' nai M» Koch,.
?g4 PÉRIODE IX.
ville avec la Prusse* Néanmoins, lorsque Frédéric- Guillaume se fut retiré de la lice , elle résolut de faire marcher 60,000 hommes que l'Angleterre devoit prendre à sa solde; le traité alloit être signé lorsque la 17 nnv. 179G. mort la surprit.
Nouvel 01 dre Paul I, son successeur, refusa de le sanctionner, de «uccfssion ]\ 0 us avons vu Ja part active que ce monarque prit à
au trône. « , 1 * /
la guerre contre la rrance en 1799; nous avons aussi parlé de sa tentative infructueuse de faire revivre les principes de la neutralité armée de 1780. Ce monarque, dont les excellentes qualités étoient ternies par une
5 avril 1 797. vivacité qu'il ne sut pas toujours modérer, promulgua, à l'époque de son couronnement une loi fondamentale sur l'ordre de la succession au trône. Cette loi destinée à prévenir les révolutions que l'instabilité du trône avoit produites en Russie , établit la succession linéale miite, conformément à Tordre de primogéniture , en n'admettant les femmes qu'à l'extinçtion totale des mâles issus de mâles de la lignée de Paul , et en définissant , avec la plus scrupuleuse exactitude, l'ordre dans lequel les femmes et leurs descendans parviendront au trône 1 . Ce prince périt d'une mort violente.
a4 mars ibni. Alexandre I, qui succéda à son infortuné père, s'empressa de rendre la paix à la monarchie, encon- 17 juin. cluant, avec la Grande-Bretagne, un arrangement, par lequel il abandonna les principes de la liberté du commerce des neutres , ou en ajourna le soutien 5 il fit 4 et 8 octobre, aussi la paix avec l'Espagne et avec la France.