‹ Tableau des révolutions de l'EuropeChapitre 18 sur 25 · SECTION II · texte numérisé non relu

SECTION II

Depuis la paix d'Amiens jusqu'à la fin de Tannée 1810; . accroissement de la prépondérance françoise et domination de Buonaparte. /

Dans les huit années, dont nous. allons donner le p] an précis , nous verrons INapoléon Buonaparte occupé de Buonaparte. sans relâche d'un triple projet , dont l'exécution devoit lui assurer l'empire du monde : c'étoit, après avoir

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rendu héréditaire , dans sa famille, kî gouvernement monarchique , de le changer en despotisme ; d'étendre de plus en plus les frontières de la France , et enfin d'entourer ce pays , non de républiques, comme avoit fàit le Directoire, mais, de petits, états monarchiques, dont l'existence /ut tellement liée à sa domination , qu'ils dévoient cesser avec elle. Nous le verrous combiner incessamment ces projets < de manière que ch aque pas qu'il fait vers l'accomplissement de Tuu« fasse avancer à la Ibis les deux autres.

Buonapftrir, Avant la fîu ,de l'année 1801 , une Consulte 9 corn-

deia^ ubii ueP°*^ e ^ e ^P 11 ^ 8 <k 1* république cisalpine , fut iulicone. appelée à Lyon, pour délibérer sur les changemens » faire à la constitution : elle fut mise plus en harmonie avec le principe monarchique ; en même temps » Buo- 26 janvier 1802. naparte se fit déférer la présidence de la république qui , dès-loi s , prît le titre de république italienne. Première Malgré le r6k passif auquel la constitution de Tan

Va^«i^iioof 7 1U avoit condamné le Corps Législatif en France, * il s'y étoit formé une opposition qui , condamnée au silence, n'avoit d autre moyen de se manifester quen contrariant les vues du gouvernement , par des votes au scrutin secret; mais une autre opposition qui se déclara au Tribunat , irrita beaucoup Buonaparte , en attaquant ouvertement ses projets de loi. Le moment étoit venu où un cinquième des membres de ces deux corps aevoit en sortir ; mais la constitution , eu ordonnant ce renouvellement prtiel, s'étoit tue sur le mode de l'opérer, ou plutôt elle avoit supposé que le sort

présence le gènoit. Un décret du Sénat Conservateur, connu sous la dénomination de premier bènatua-am* suite organique de la constitution française , du 22 i5 mats 1S01. *venl6se an X, élimina 20 tribuns et 60 législateurs , et choisît leurs successeurs dans les listes formées par les déparlemcns. Ayant ainsi découvert le parti qu'il pourroit tirer d'une institution que le métaphysicien àieyes avoit imaginée pour balancer l'autorité du gou-

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vcrflemcnt , il se servit dès-4ors du Sénat pouf sanctionner ses usurpations.

Une note de l'ambassadeur de France en Suisse Indépendance déclara que dorénavant le Valais formerait une repu- ^ a jj^ blique indépendante. Les babitans n'avoient pas de* " r mandé cette faveur 2 elle leur fut accordée parce que Buonaparte vouloit se rendre maître du Simplon , et préparer k réunion de ce pays a la France.

Le deuxième sénalus-voneulte organique , du 6 Rappel for. an X, accorda une amnistie générale aux émigré* de *f "'g* •

• • 1 1» 1 7 • • 20 avril.

qui rentreroient dans l'espace de trois mois , et prêteroientle serment de fidélité. On leur rendit leurs biens lion vendus, excepté les forêts. Mille individus en tout forent exceptés de cet acte de justice , qui affermit l'autorité de Buonaparte , en lui conciliant l'opinion publique. *

Immédiatement après, Buonaparte soumit au Corp* Légion Législatif et au Tribunat , un projet pour l'érection d ' Honnei,r d'une Légion d'Honneur» Les esprits étoient si peu 19 mai. préparés à cette proposition , et elle contrarioit tellement les idées républicaines , qui do mi noient encore dans ces deux corps , qu'elle n'y passa qu'avec une trèsfoibie majorité, et que le premier consul jugea à propos d'en ajourner Texécntion.

Sur une autre proposition des consuls , une loi Rétablissement rendue le 3o floréal an X , maintint l'esclavage dans les de h dctt colonies restituées à la France , par le traité d'Amiens, 20 mai.

dans les colonies franco ises situées au-delà du cap de Bonne* Espérance , et autorisa la traite des Noirs.

Par les termes de celte loi-, l'esclavage ne fut pas Expédition à réiqtroduit à Saint-Domingue. Cette colonie étoit au St.-Do.ningm-. pouvoir des nègres qui , après avoir massacré les blancs et commis des horreurs qui surpassent encore ( elles de la révolution françoise , s'ét oient mis en état d'indépendance. Après les préliminaires de Londres , Buonaparte avoit envoyé , dans cette île , une flotte ayant & bord des troupes de débarquement , commandées par son beau-frère, le général Leclerc. Arrivés 5 février, a baint-Dominguc , les François s'emparèrent de la

agfi période ix.

ville du Gap et de plusieurs autres points. Toussainti«r mai 1802. Louverture , chef des nègres , fît sa soumission 5 mais- 6 juin. le général Leclerc l'ayant fait arrêter quelque temps après , sous prétexte d'une conspiration , et conduire en France où il mourut , les pègres se révoltèrent de nouveau sous la conduite de Christophe, et cette colonie précieuse fut perdue pour la Çrance.

Buonaparie, Après la .signature de la paix d'Amiens, le Trîbunat 6°mai 1S02 épuré émit le vœu pour qu'un gage de la reconnoissance nationale fût offert à Buonapurte. Le Sénat,. Conserva- 8 mai. teur le nomma alors premier consul pour dix ans après l'expiration des dix premières années. Lorsque ce sénatus-consulte lui fut apporté , il ne put cacher son dépit ; et, pour ne pas être forcé d'accepter une faveur qu'il dédaignoit , il demanda que le choix du Sénat 10 mai. fût soumis à la sanction du peuple. Les deux autres consuls, ( et ce fut dans cette unique occasion qu'ils agirent par eux-mêmes ) prirent un arrêté pour consulter la nation , non sur le sén a tus-consul te , mais sur la question de savoir si Buonaparte seroit consul sa vie durant* Sur 3,577,579 citoyens, formant les as-* semblées primaires, 3,568,835 votèrent par écrit ou tacitement ( c'est-à-dire en ne paroissant pas aux assemblées ) pour le consulat à vie ; 8,4g4 seulement se prononcèrent contre. En conséquence, leSénat pron août. clama Buonaparte premier consul à vie. Changement de Deux jours après , le troisième uénatus-consulte U ""août! 100 * organique, du 16 thermidor an X, rapprocha le gouvernement encore davantage de la forme monarchique^ en accordant au premier consul une grande influence dans les assemblées électorales, avec le pouvoir de ratifier les traités , de faire grâce, de nommer des sénateurs sans présentation , de désigner les présidens des assemblées électorales, d'adjoindre des membres à ces corps , enfin de proclamer son successeur. Le Trîbunat fut réduit à 5o membres.

Réunion d'Elbe, Trois réunions furent prononcées ou préparées dans ade Parme ^ e cours ^ ann ^ e 1802. Un premier sénat us-consulte 1 26 août™' déclara celle de Pile d'Elbe, sur laquelle les rois de Na*

1789 — i8i5. 399 pies et d'Etrurie avoient cédé leurs droits ; un second « "P*. l8 ° 2 » réunit le Piémont , que la France occupoit depuis le 9 décembre 179 8. Enfin, Ferdinand, duc de Parme, étant mort, la France prit possession de ses états comme 9 octobre, lui étant dévolus en vertu du traité de Madrid 1 , du 2 1 mars 1801 Ces acquisitions se firent en vertu dû principe ayoué par Buonaparte, qu'en politique il est permis de faire tout ce que les traités n'interdisent pas expressément.

La paix de Campo-Formio avoit reconnu, à la Suisse, de tn JjJ* lion le droit de se donner une constitution , et Aloys Re- de la Suis»*, diiig , se trouvant à Paris dans les derniers jours de 1801 , avoit obtenu l'assentiment du premier consul au rétablissement de la démocratie dans les petits cantons. Dès-lors les partis , long-temps opprimés par la force , se relevèrent , et la Suisse éprouva , dans son régime , une suite de révolutions qui firent alternatif vement triompher les unitaires et les fédéralistes. Enfin, on soumit à l'approbation de la nation , une . nouvelle constitution unitaire : elle fut acceptée par . 72,453 citoyens actifs, et rejetée par 9 '2, 4 23 ; mais comme 167,172 individus, ayant droit de voter, avoient dédaigné de l'exercer, le sénat helvétique n'eut pas de honte de compter tous les absens parmi les acceptant , et la nouvelle constitution fut mtro- 3 juillet, (luite comme étant munie de la sanction du peuple. Buonaparte avoit fait entendre aux Suisses qu il s'attendoit à ce qu'ils demandassent à être réunis à la France ; mais , comme le gouvernement helvétique fit semblant de ne pas avoir compris cette invitation , Buonaparte retira ses troupes de la Suisse. Ce fut le aojuillei. signal de la guerre civile; les cantons démocratiques * assemblés à Schwitz , rétablirent l'ancienne confédération : la plupart des anciens cantons y accédèrent. Le gouvernement central n'ayant d'autre appui que les

1 Ces e'tats, administres dès lors pour le compte de Buonaparte , ne furent réunis à la France que par le sénatus-cousulte du 24 mai

i8oK. ,

3o6 PÉRIODE IX.

nouveaux cantons , et se voyant attaqué même dans sa

ai oct. 1802. résidence , réclama l'assistance du premier cousu).

Une armée françoise , commandée par Ney , entra en Suisse , et rétablit un gouvernement qui, dans les derniers temps j avoit mérité la haine des hommes de bien. Buonaparte s'érigea en médiateur entre les partis, nj février i8o3. e t appela à Paris une Consulte helvétique. Ce fut là qu'if proclama la constitution de la Suisse , qui est connue sous le nom à? Acte de médiation. La Suisse devint une république fédérative , composée de 19 cantons souverains ; chacun reçut sa constitution plus mi moins démocratique ; l'égalité des citoyens faisoit la base de toutes. Annuellement , une diète devoit s'assembler alternativement dans une des six principales villes de la Suisse , sous la présidence du landamman de la fédération. Pour premier landaniman, Buonaparte nomma M. Louis d'Affry.

d^l^fj 1 * 0 " Buonaparte joua un rôle brillant dans la négociation <ï*m iesaTfait*» J iCto ^ les indemnités des princes qui a voient perdu une

d'Allemagne, partie ou la totalité de leurs possessions , par la cession de la rive gauche du Rhin. Ce fut lui qui > d accord avec l'empereur Alexandre , décida principalement cette affaire importante. Le système sur lequel la Russie et la France , en exécution de la convention du 10 octobre 1810, se concertèrent par un nouveau

3juio 1802. traité , signé à Paris , avoit un triple objet : i.° Augmenter la prépondérance relative de la Prusse en Empire: 2. 0 diminuer celle de l'Autriche : 3.° favoriser , par des motifs de politique ou d'affection, quel-

3ues princes d'Allemagne. Pour diminuer la^préponérance de l'Autriche qui , pour elle-même , n'a voit aucune indemnité à réclamer , ayant reçu la sienne en Italie, il falloit i.° diminuer sa considération en lui laissant peu d'influence sur le sort de la négociation ;

revenir sur les articles secrets de la paix de Luncville, qui assuroient , au grand-duc de Toscane , une indemnité entière sur l'Inn et en Souabe ; 3.° supprimer les principautés ecclésiastiques , toujours dévouées à l'Autriche , et en augmentant le nombre des

1789 — i8i5. Sot

suffrages de» princes héréditaires à la diète , donner la majorité au parti protestant.

Sans entrer dans le détail des négociations 1 , nous indiquerons ici la série des traités que la France conclut à cette occasion et celle des actes diplomatiques qui en émanèrent; nous suivrons Tordre chronologique.

i°. Traité avec l'électeur de Bavière, promettant à *4 août 1801. ce prince l'intégrité de ses possessions sur la rive droite du Rhin et une indemnité pour les autres , sans la déterminer ;

*/. Traité avec la Prusse , réglant son indemnité et 25 mai 180?. celle de la maison d'Orange;

3*. Second traité avec la Bavière, réglant l'indem- aSmai.' nite de l'électeur ;

4°. Traité avec la Russie pour se concerter sur un 3 juin, plan à présenter à la diète de l'Empire. Il faut ohserver que l'empereur Alexandre ne ratifia ce traité qu'en reservant expressément une indemnisation pour le roi de Sardaigne ;

S*. Traité avec le duc de Wurtemherg, réglant ^o\um. l'indemnité de ce prince ;

6°. Déclaration de la France et de la Russie , comme l * août * puissances médiatrices, faite à la diète de l'Empire, ea leur présentant un plan d'indemnité ;

7*. L Autriche ayant fait occuper la ville de Passau que le traité de Luné ville donnoit au grand -duc de Toscane, mais que le plan d'indemnités des médiateurs adjugeoit à l'électeur de Bavière , la France , la Prusse et U Bavière signèrent une convention en forme de 5 septembre déclaration , garantissant à l'électeur la possession de cette ville et des indemnités qui lui avoient été promises ;

8°. Déclaration de la France et de la Russie remise 8 octobre, à la députation de l'Empire avec un plan ratifié d'indemnités ;

1 L'histoire de ce» négocia lions , autant qu'elles sont connues, se trouve dans le roi. VI de l'Histoire des traités de paix , refondue par Sch«lt<. - .

3o2 PÉRIODE IX.

i5 dov. 1802. g°. Autre déclaration des mêmes avec un troisième* plan :

26 décembre. 10 ° # Convention de Paris avec l'Autriche, par laquelle celle-ci accepte un complément d'indemnité a5 fe'viier i8o3.pour le grand-duc de Toscane, de beaucoup inférieur à l'indemnité que le traité de Lunéville lui avoit assurée.

Cette convention ayant écarté le principal obstacle qu'éprouvoit la négociation de Ratisbonne, la députation prit une conclusion principale connue sous le nom de Recès de la Députation , par lequel l'arrangement des indemnités fut terminé.

Renouvellement La guerre entre la France et la Grande-Bretagne se a« la guerre avec ren ouvela en i8o3. L'opinion publique s'étoit déclarAngleiene. rée en Angleterre contre la paix d'Amiens, peu favorable à cette puissance en proportion ' des sacrifices quelle avoit faits. Les ministres se repentoient d'avoir consenti à la restitution de Malte et ou cap de Bonne- Espérance 5 ils retardèrent celle de Malte , sous prétexte que les garanties réservées n'avoient pas été' 10 mai. accordées sans restriction. Les actes arbitraires et violens que Buonaparte s'étoit permis depuis la pacification , et surtout la réunion du Piémont, fournirent un second prétexte pour ne pas évacuer une île si importante par sa position. Après une négociation fort animée , la Grande-Bretagne offrit de rendre Malte à ses habitans et de la reconnoîlre comme état indépendant, mais au bout de dix ans seulement , et à condition que le roi de Naples lui céderoitLampedouse. Les troupes 16 mai. francoises dévoient évacuer la république batave et la Suisse : à ce prix, l'Angleterre reconnbissoit les républiques italienne et ligurienne et le roi d'Etrurie; celui de Sardaigne devoit recevoir une provision territoriale couvenable en Italie. Le premier consul ayant rejeté cet ultimatum, la guerre fut déclarée, et Buonaparte viola le droit des gens, en faisant arrêter et détenir, comme otages, tous les Anglois voyageant en France.

Verne Par le traité de Saint-ïldefonse , du 1" octobre 1 800,

Je la Lonihinnc.

Charles IV , roi d'Espagne , avoit cédé la Louisiane à la France. Lorsque cette nouvelle arriva en Amérique, elle répandit la consternation dans la république des Etats-Unis. Le président Jefferson ne parvint qu'avec peine à suspendre la résolution de supposer à force armée à l'entrée des François dans un pap où le Mississipi à son embouchure. Le parti qui avoit pour système une alliance intime de l'union avec l'Angleterre , et auquel n'appartenoit pas le président , fut sur le point de prendre le dessus. Dans cet état des choses , Buonaparte qui prévoyoit que, soit les Anglois, soit les Américains, l'empècheroient de prendre possession de la Louisiane , la vendit aux Etats - Unis d' Amérique pour la somme de 60 millions de francs. Le traité qui régla cette cession fut signé à Paris. 3o avril i8o3.

Une armée francoise rassemblée dans la république Occupation du batave, sous les ordres du général Mortier, se mit enW'*^* marche , immédiatement après la déclaration de gueire, pour occuper l'électorat d'Hanôvre, patrimoine du roi de la Grande-Bretagne.La régence du pays conclut à Suhlingen une capitulation , en vertu de la- 3 i uin ' quelle l'armée nationale se retira derrière l'Elbe , et le pays se chargea de l'entretien et delà solde des troupes françoises. Celles-ci occupèrent aussi Cuxhavcn etRet- l ^ ,uin *

ne protesta pas même contre cette violation de son territoire. Buonaparte, trompé dans l'espoir de rendre le cabinet de Londres plus souple, annulla la capitulation de Suhlingen , et ordonna à Mortier d'attaquer le comte de Walmoden , qui commandoit l'armée nanovrienne ; -mais celle-ci mit bas les armes, par suite 5 juillet, d'une convention qui fut signée à Artlenberg. Depuis ce moment les Anglois bloquèrent les bouches de l'Elbe et du Weser.

L'Angleterre avoit généreusement offert de recon- Hollande nohre la neutralité de la Hollande, si elle pouvoit ob- a »tTpîmV tenir que les troupes françoiscs évacuassent son terri-

3o4 PÉRIODE IX»

toire. Cette démarche eut pour la république un résultat désastreux : Buoiiaparielui imposa 1 obligation d'entretenir un corps de 54,ooo hommes, tant François que Rataves , ainsi que cinq vaisseaux de guerre et cinq frégates* avec Je nombre de Mtimens de transport et de chaloupes canonnières nécessaires pour porter en Angleterre 61,000 hommes et 4,ooo chevaux ».

De» troupes Après la conclusion de la paix avec l'empereur de

^Tdl" ™ If « • *»• • B«»nap^ -voit retiré «,

le royaume de troupes du royaume de JNapJes ; mais , par une mter- Naplea. prélat k>D forcée du traité de Florence, du 23 mars 1 8oi f d préfendit être en droit de les y faire entrer toutes les Ibis qui) seroit en guerre avec l'Angleterre. Ferdinand I V fut obligé de céder a la violence^ et , par suite a5 juin i8o5. d'un arrangement convenu avec le général Saint-Cyr, les François occupèrent de nouveau les Abruzzes. L'Eapaene four- La perte de la Trinité et la vente de la Louisiane uit de l'argent à flUX E^r;^ d'Amérique avoieait mis beaucoup de

«uonaparte. ^ ^ ^ & ^ BuMmparte; ^

s'assembloit près de Bayonne, sous les ordres du général Augereau, une armée qui menaçoit l'Espagne : celle-ci parvint enfin a détourner l'orage ; et % connue il lui importoit d'éviter la guerre avec l'Angleterre, et que, d'un autre côté, Buonaparte avoct plus besoiu d'argent que de vaisseaux , surtout vu le genre de guerre qu'il se proposoit de faire à l'Angleterre , il fat convenu, par un traité secret signé a Madrid , que

5o oeiohre. Charles IV remplaceroit par des piastres les secours qu'il devoit fournir en nature. La quotité de ces subsides n'est pas officiellement connue. L'espoir de ce monarque d échapper à la guerre fut cruellement trompé: il y fut entraîné vers la fin de l'amuSe suivante. Le Portugal Le Portugal aussi acheta sa neutralité par une eon-

neuîrdiu! v^niion que le général Lannes , ministre de Buonaparte à Lisbonne, et don Manuel Pinto signèrent , «t dont le contenu n'est pas connu avec certitude.

* Celte convention a été publiée, pour h première lois, oVw

V Histoire des traités de paix, refondue par Scji«ll, vol. IX, l»ag. 354»

1 789 i8i5. 3o5 Depuis la rupture de la paix d'Amiens jusqu'à la Projet seconde guerre d'Autriche, Buonapartc s'occupa du e ^ le A ^r,îete n iTe. projet dun débarquement en Angleterre , pour lequel il fit des préparatifs immenses. Une armée nombreuse, nommée armée d'Angleterre , étoit rassemblée sur les côtes, des flottilles destinées à couvrir le transport des troupes, étoient préparées. En Angleterre on prit des , mesures sérieuses de défense , en mettant sur pied jusqu'à 1 80,000 hommes de troupes réglées. Les amiraux anglois harcelèrent souvent les bateaux françois et bombardèrent les villes situées sur les côtes; mais il n'y eut pas d'événement important de ce côté-là.

Sainte-Lucie, Saint-Pierre. Miquelon et Tabago , f^^ 8 "^ ainsi que les coloiues hollandoises de Démérary , Esse- ' ° *** ,ncu ouebo et Berbice, tombèrent au pouvoir des 'Anglois dans lç commencement de l'année i8o5. Le général Rochambcau , successeur de Leclere , conclut une capitulation de Saint-Domingue avec Dessalines, chef x 9 nor * nègre, pour évacuer la ville du Cap; mais 1 amiral anglois Duckworlh la bloquoit par mer, et il se vit obligé de se rendre avec son armée, qui fut transpor- 3o novembre, tée en Angleterre. Dessalines, débarrassé ainsi des François , proclama l'indépendance de Saint-Domingue ou de l'île Haïti, dont il prit le gouvernement sous le titre de gouverneur-général à vie.

Cependant le plan de Buooaparte de se débarrasser , p , rn f™ du de toutes les formes qui gènoient son ambition appro-*? encr 0, ^* u * choit de sa maturité. Trois partis divisoient la France : les royalistes, les républicains par système et les jacobins. Les deux premiers espéroient toujours, l'un, que Buonaparte rappelleroit les Bourbons; Tautre, que le moment vien droit où son despotisme scroit remplacé par une véritable liberté. Le général Moreau étoit regardé comme le chef de ce parti, si toutefois son caractère le rendoit propre à jouer un rôle actif dans les affaires publiques. Buonaparte qui ne vouloit ni du Roi ni de la république, se persuada qu'il ne pouvoit parvenir a sou but qu'en s attachant le parti des jacobins. U sentit qu'il falloitleur donner un gage qui leur ins-

'3o6 PÉRIODE IX.

pirât de la confiance : c'étoit de se brouiller à jamais avec les deux partis qu'ils détestaient également.

Buonaparte résolut de perdre Moreau, dont il redoutait les principes, et dont la gloire Foffusquoit. Par un tissu d'intrigues -et d'espionnages , la police attira en France Pichegru, Georges Gadoudal et d'autres chefs des royalistes , en leur faisant croire que le moment étoit venu de rétablir la royauté , et que Moreau se mettroit à la tête de cette entreprise. Pichegru vit deux fois son ancien ami ; celui-ci rerusa de prendre part à un complot contre le gouvernement : mais i I lui répugnoit de trahir un homme estimable que Buonaparte haïssoit , et qu'il avoit nominalement excepté de l'amnistie. Son silence suffît pour qu'on l'enveloppât dans une prétendue conspiration dont les tribunaux retentirent. Pichegru fut étranglé en prison; l'innocence de Moreau parut au grand jour. Néanmoins Buona-

{>arte exigea sa mort. Par une espèce de transaction es juges consentirent aie condamner à deux années de prison 5 mais la fermentation que ce procès avoit causée dans le peuple et les armées donna à Buonaparte la conviction <jue le séjour de son ennemi» même dans une prison, pourroit lui devenir dangereux, et il fut bien* aise que Moreau préférât un exil volontaire. Ce grand général , le plus pur de tous les républicains , se rendit en Amérique.

Àwas.sin.u du Le procès de Moreau indigna les républicains. Mais <]ucd'E»gbi<>n. jj fo]l u t un second crime pour que Buonaparte devînt un objet d'exécration pour les royalistes et pour tout homme ayant du sentiment. 11 avoit fait auprès de Louis XVIII et des princes de sa maison une démarche pour obtenir leur renonciation au trône de France contre un établissement qu'il leur offroit sur les côtes • de Barbarie. Les Bourbons répondirent à une proposition si extraordinaire avec dignité et modération. L'un d'eux, le duc d'Enghien, vivoit tranquillement au château d'Ettenheim, en Souabe. Sans égard pour i5 mars i8o4. .Je droit des gens, Buonaparte, violant le territoire de l'électeur de Bade et du corps germanique , fit enlever

de force ce jeune prince. On le traîna à Vincennes , où une commission le jugea, le déclara conspirateur, et 21 mars i8o4» le fit fusiller. Murât , beau-frère de Buonaparte , et le général Hullin furent les principaux iostrumens de ce forfait. L'empereur François , Alexandre et le roi de Suède protestèrent hautement contre l'outrage fait à l'Empire germanique. La plupart des princes d'Allemagne interdirent aux émigrés françois un plus long séjour dans leurs Etats : l'Autriche et la Prusse seules leur accordèrent un asile 1 .

Ce dernier crime servit d'échelon à Buonaparte pou* Buonaparte monter sur le trône. La France n'étoit pas encore re- ^i*™?*?* venue delà stupeur où le meurtre j uridique d'un Bour- François, bonl'avoit plongée, lorsque le Sénat Conservateur, qui déjà avoit appris que , pour plaire à Buonaparte , il ne ialloit pas attendre qu'il fît connoître ses désirs , lui remit une adresse pour l'inviter à accomplir les 27 mare, institutions nécessaires à la tranquillité de l'Etat. Au signal compris par la flatterie, plusieurs corps de l'Etat s'empressèrent d'émettre le vœu que le pouvoir dontBuonaparte étoit revêtu lui fût déféré à titre d'hérédité. On laissa à l'opinion politique un mois pour se préparer à ce qui dcvoit arriver. Ce fut alors que le 2 5 avril, premier consul, répondant à l'adresse du Sénat, invita ce corps à s'expliquer plus clairement. Le Tribunat se donna le mérite de prévenir cette explication en votant lé rétablissement de la monarchie héréditaire en faveur de Napoléon Buonaparte et de sa famille. Le Sénat ne voulut pas rester en arrière; il accéda à ce vœu, 4 mai. et un sénatus-consulte organique déclara Napoléon 18 mai. Buonaparte empereur des François , lui déférant la dignité impériale héréditaire pour lui et ses fils légitimes ou adoptifV, à l'exclusion des filles ; et à défaut de mâles, à ses frères Joseph et Louis, et à leurs desccn-

1 Après la mort du prince de Hardcnberg, on pourra dire, sans «'exposer au reproche de flatterie, qu'il existe encore plus d'un émigré François qui parle avec recounoissance de la bienveillance que tous les malheureux eprouvoient de la part du ministre qui tjotivernojt alors les provinces de Franconie pour le loi de Prusse.

5o avril.

5o8 PÉRIODE IX.

dans masculins. Le morne séna tus-consul te fit plusieurs changemens importans dans la constitution , pour la rendre parfaitement monarcbique. Buonapartc accepta la dignité qui lui étoit déférée ; seulement il demanda que la nation fût consultée sur la question de l'hérédité. .

Couronnement Voulant sanctionner l'usurpation aux yeux du vuldeBuonaparte. gaire, il engagea le Souverain Pontife à se rendre à Paris pour le sacrer. Cette cérémonie eut lieu à l'église a déc. i8o4. de Notre-Dame ; Buonapartc se mit lui-même la couronne sur la tête, après quoi il la posa sur celle de son épouse. En ouvrant , Quelques semaines après , Ja session du Corps Législatif, il déclara solennellement que, satisfait de sa grandeur , il ne feroit plus de réunion à l'Empire.

Nouvelle L'attentat du 21 mars fut suivi d'un échange de br îa Russi e 60 notes très-violentes entre le chargé d'affaires de Russie ubbiu £ Paris et le ministre deBuonaparte. A l'indignation que cet événement avoit inspirée à Alexandre , et que le ton régnant dans les noies francoises ne pouvoit pas diminuer, se joignit le mécontentement de la non exécution de plusieurs conditions convenues par 27 juillet, le traité du 10 octobre 1801. Alexandre demanda que les troupes francoises sortissent du royaume de Na pies; que Buonaparte se concertât avec lui sur les bases d'après lesquelles les affaires d'Italie seroient réglées; qu'il indemnisât sans délai le roi deSa'rdaigue, et qu'il évacuât le pays d'Hanovre. Buonapartc ne répondit crue par des récriminations , et les deux cours rappelèrent leurs chargés d'affairés. L'empereur n'a voit pas attendu ce moment pour s'occuper des moyens de mettre des bornes à l'ambition de Buonaparte. Par des 3 et s4 maL déclarations échangées entre les cours de Saint-Pétersbourg et de Berlin, il fut convenu qu'on ne* permettroit pas que les troupes francoises en Allemagne dépassassent la frontière du pays d'Hanovre , et que si cela arrivoit, chacune des deux cours eraploieroit 4o,ooo hommes pour réprimer une telle tentative. La déclaration prussienne ajouta cependant qu'il n 'étoit

1789 — i8i5. 5og

pas question des pays situés à l'occident du Weser. Non content d'avoir pourvu ainsi à la sûreté du nord de l'Allemagne , l'empereur Alexandre projeta sur-lechamp un concert avec l'Autriche , dans le but d'opposer une digue aux usurpations françoises. Des dé* clarfttions en guise de convention furent échangées entre ces deux cours avant la fin de Tannée, et elles 6 nov. i8o4. convinrent de mettre sur pied 5 5 0,000 hommes destines à ce but.

Ainsi qu'en i8o3, la guerre maritime se borna à Campagne mon des démonstrations et à des préparatifs immenses de Ume Je la part de Buonaparte , et à des tentatives de Sidney- Smith pour empêcher la réunion des bâtimen&françois, ou pour brûler les ports de France. Les Anglois s'emparèrent de la colonie hollandoise de Surin an , et com- 4 mau mencèrent, vers la fin de l'année, les hostilités contre l'Espagne.

Les premiers six mois de l'année i8o5 furent mar- Nouvelle» qnés par de nouvelles usurpations de Buonaparte en "*urpation*

-» 1 A t JT de Buoni parle

llahe. ^ . . ™

i # . Une Consulte d'Etat de la république italienne, 18 mars i&»i>. appelée à Paris, proclama Napoléon Buonaparte roi d'Italie, et il fut statué qu'il remettroit cette couronne à un de ses fils légitimes ou adoptifs, après que les troupes étrangères auroient évacué le royaume de N a pies ( où il n'y a voit d'étranger que les troupes françoises) , les Sept-îles et l'île de Malte ; et que dèslors les couronnes de France et d'Italie ne seroient plus réunies sur la môme tète. Buonaparte se rendit à 26 mat. Milan, et s y couronna avec la couronne de fer des empereurs d'Allemagne, rois d'Italie. Eugène Beau- , harnais , son beau -fils , fut nommé vice-roi;. 8 jui».

2°. Il conféra la principauté de Piombino, à titre de *5 fief héréditaire de l'empire françois, à Elisa Bacciochi, sa sœur , et à ses descendans mâles. Ainsi s^acheva la spoliation de la maison de Buoncom-

il n'avoit pu en céder la propriété 5

a5 uiai i8o5. 3°. Le sénat et le peuple de la république ligurienne demandèrent volontairement, comme on disoit, la réunion de cette république à l'empire françois. La re- 4 juin. quête fut accueillie et le territoire de la république divisé en trois départemens ;

4 et i4iuin. 40. L a république de Lucques demanda à Buonaparte une nouvelle constitution et un prince de sa a3 juin. maison. Par un statut constitutionnel, cette république fut érigée en principauté, sous la protection de la France , et conférée, à titre héréditaire, à Félix Bacciochi et a son épouse Elisa Buonaparte;

5°. Les Etats de Parme sernbloient réservés pour être donnés en dédommagement au roi de Sardaigne, avec le territoire de Gênes ; mais Buonaparte , se voyant •

ai juillet, brouillé avec l'empereur Alexandre, les fit organiser sur le pied francois.

Troisième \\ ^t 0 it impossible que les monarques de l'Europe ne

al mon contre / • . r r < i

la France. se reunissent pas contre un conquérant qui prétendoit

appliquer en politique celte maxime du droit civil , qui permet de faire tout ce que les lois ne défendent pas. Déjà nous avons vu que la Russie et l'Autriche s'étoient concertées pour mettre des bornes à ce& usurpations; mais ce fut Guillaume Pitt, rentré au ministère anglois au mois de mai i8o4, qui conçut le plan de là troisième coalition. Dédaignant les petits moyens que le ministère précédent a voit employés pour faire du mal à la France , il conçut l'idée d'une grande ligue européenne tendante à soustraire 4 la domination de Buonaparte les contrées subjuguées par la France depuis 1 792 , et à réduire cet état à ses anciennes limites 5 à faire à l'égard des territoires qii'on cnlèveroit à la France , des arrangemens au moyen desquels ils pussent former une barrière contre les projets d'agrandissement futurs de cette puissauce 5 enfin à introduire en Europe un système général de droit public « . En un mot , ce plan est le même que celui

1 Ce plan fui communiqué, le 19 juin i8o5, au gouvernement 1 usée par une note angloisc. Celle pièce, d'une authenticité incon-

que dix ans plus, tard la grande alliance exécuta , toutefois en y apportant le correctif saus lequel elle n'auroit fait que bâtir sur le sable , savoir : le rétablissement de la légitimité. Si eu i8o5 ce plan manqua,, c'est qu'il étoit calculé sur la participation de la Prusse, comme condition irrémissible ; on n'y renonça pas, lorsque cette puissance eut déclaré qu'elle voidjpit conserver sa neutralité..

Nous allons indiquer, dans l'ordre chronologique , les traités par lesquels la troisième coalition fut ébauchée et formée. *

i°. Traité en forme de déclaration , échangé entre 6 nov. i8o4. les cours de Saint-Pétersbourg et de Vienne : elles s'engagèrent à mettre sur pied, savoir : la Russie, 11 5, 000 hommes, et l'Autriche 235,ooo, à l'effet, non d opérer une contre-révolution en France, mais d'empêcher d'ultérieures usurpations de Buonaparte, et d'obtenir le rétablissement du roi de Sardaigne , du, grand-duc de Toscane et de l'héritier de la maison d'Est , dans leurs propriétés en Italie , ou de leur y, former d'autres établissemens ;

. 2°. Convention de Stockholm entre la Grande-Bre- 5 décembre* tagne et la Suède, ayant pour objet de mettre en état celle-ci de pourvoir a la défense de Stralsund, et l'Angleterre de former un corps hanovrien en Poméranie ^

3°. Traité d'alliance offensive entre la Russie et la 1 4 janvier r8«5. Suède. On n'en connoît pas le texte , mais on sait que le débarquement d'un corps russe en Poméranie y fut arrêté, et qu'on promit au roi de Suède le commandement de ce corps, réuni aux 12,000 hommes qu'il, y fit transporter. Il est probable que, par ce traité, Gustave- Adolphe accéda aussi à la convention du 6 novembre ioo4; mais qu'il le fit en exprimant ses regrets de ce qu'on eût renoncé au projet de rétablir en France le trône légitime 1 5

testable, a été publiée par M. Scuœll dans le vol. VII de son Recueil de pièces officielles, Élle ne se trouve fias ailleurs.

^ Voyez dans l'Histoire des traités, refondue , • vol. VII , p. 5a5 , comment ce prince exprime ses regrets à ce sujet.

Sll PÉRIODE IX.

11 avril i8©5. 4°. Traite de concert de Saint-Pétersbourg entre la Russie et la Grande-Bretagne, ayant pour objet de former une ligue qui puisse mettre 5oo,ooo hommes sur pied, indépendamment des forces que la Grande- Bretagne fournira, à l'effet de faire évacuer le pays d'Hanovre, de rendre leur indépendance aux républiques de Hollande et de Suisse , de rétablir le roi de Sardaigne, de faire évacuer l'Italie par les François et d'établir en Europe un ordre de choses qui offre une barrière à des usurpations futures- Des articles additionnels furent ajoutés les 10 mai et 24 juillet ; *)aont. 5°. Déclarations échangées à Saint-Pétersbourg entre l'Autriche et la Grande-Bretagne et la Russie, tenant lieu d'une convention, par laquelle l'Autriche accède au traité de concert du 1 1 avril ; 3iaoûf. 6°. Convention de Helsingborg entre là Grande- Bretagne et la Suède, en extension de celle du 5 décembre i8o4;

5 octobre. 7 °. Trai té de Beskaskog entre les mêmes puissances, par lequel le roi de Suède entra dans la coalition. MiwiondeM. On éloit convenu, par le traité de concert, dd de Novottilzull. x x avr -^ < j Ue l'empereur Alexandre feroit encore une

tentative auprès de Buonaparte pour l'amener à un arrangement qui pût prévenir la guerre. M, de Novosilzoff, un des ministres de Russie , fut envoyé à Paris* Arrivé à Berlin , il reçut les passeports que le cabinet de Prusse avoit demandés pour lui à Paris; mais il y 1 1 juillet, reçut aussi de Saint-Pétersbourg l'ordre de ne pas Continuer sa route. La réunion de la république Ligurienne , au moment où l'on fàisoit à Buonaparte des propositions conciliantes, parurent un outrage trop grave à l'empereur pour continuer la négociation. La guerre fut résolue.

Ompa R nede Les préparatifs pour la descente en Angleterre Autriche! avo ' ent poussés , depuis quelque temps , avec une vigueur extraordinaire; tout annonçoit; que Buonaparte alloit tenter cette entreprise périlleuse; déjà même une partie des troupes étoit embarquée , lorsqu'inopinément le camp de Boulogne fut levé et l'armée dirigée

27 août.

vers le Rhin qu'elle passa un mois après. L'Autriche 2 5 sept. i8oi>. avoit mis sur pied trois armées , l'archiduc Charles commandoit celle d'Italie où, d'après le plan arrête , dévoient se porteries coups désisife. Une seconde armée sous les ordres de l'archiduc Jean étoit en Tyrol pour maintenir la communication avec la troisième, sur Hnn, que commandoit pour la forme l'archiduc Ferdinand, cousin de l'empereur , mais de fait le général Mack. La ^première armée russe , sous les ordres de Koutousofi, étoit arrivée en Galicie , et continuoit sa marche en toute hâte ; elle étoit suivie par celle de Michelson. Les troupes russes de la Dalmatie dévoient opérer un débarquement en Italie.

L'armée de Mack passa l'Inn. On avoit compté sur Septembre, la coopération de l'électeur de Bavière ; mais ce prince qui se méfîoit toujours de l'Autriche , abandonna la cause des alliés et se retira avec ses troupes en Francoin'e. Les électeurs de Wurtemberg et de Bade s'empressèrentdeconcluredestraitésd'alIianceavecBuonaparte, dès qu'il eut passé le Rhin. Ces traités furent signés à Ludwigsbourg et Ettingen. Le plan de Buorraparte vi- 4, 10 octobre, soit à couper l'armée de Mack , qui étoit entrée en Souabe, de celle de Koutousoff qui arrivoit par l'Autriche. Il y réussit en se permettant de violer le territoire prussien. Marmont, qui étoit venu par Mayence, et bernadotte qui avoit conduit en Franconie Tannée d'Hanovre, et auquel s'étoient réunis les Bavarois, traversèrent le pays d'Anspach et vinrent ainsi sur les 6 octobre, derrières de l'armée autrichienne. Dès ce moment il y eut presque journellement des combats à l'avantage des François. Plusieurs divisions autrichiennes furent obligées de mettre bas les armes. Mack qui s'étoit jeté dans Ulm , perdit entièrement la tétc et signa une capi- 17 octobre, lulation par laquelle il promit de se rendre si dans huit jours il ne lui arrivoit pas de secours: il n'attendit pas ce délai ; mais par suite d'une seconde capitulation , il i«j octobre, se rendit sur-le-champ avec plus de 25,ooo hommes.

L'armée de Mack étoit détruite excepté 6,000 ll ? aUi,, 1 e . hommes de cavalerie , avec lesquels l'archiduc Ferdi- d Aulter,ltt -

3l4 PÉRIODE IX.

nand se fraya un passage par la Franconie, et 20,000avec lesquels Kienmaycr s étoit retiré jusqu'à Braunau 16 octobre iBo5. où l'avant-garde de Koutousoff vintàsa rencontre. Ces

9 novembre, deux corps continuèrent leur retraite ; l'armée russe repassa près de Grein sur la rive gauche du Danube , et se dirigea vers la Moravie. Peu de jours après , Vienne,

i3 novembre, la capitale de l'Autriche, tomba au pouvoir des François. Us y passèrent le Danube et poursuivirent les Russes. Cependant le général Buxhœwden avec la se-

18 novembre, conde armée russe ayant joint à Olmùtz celle de Koutousoffle jour môme où l'empereur Alexandre arriva auprès des troupes , celles-ci se trouvèrent assez fortes pour ne pas continuer leur retraite. La bataille d'Aus-

2 décembre, terlitz que Buonaparte livra aux Austro-Russes décida la campagne en sa laveur.

Cependant, ce général se trouvoit dans une position qui pouvoit devenir dangereuse : lorsque l'archiduc Charles avoit vu que Buonaparte portoit ses principales forces sur le Danube , il avoit envoyé des secours à Mack , et avoit commencé à se retirer d'Italie pour se rapprocher du centre de la monarchie. Il effectua cette ^ retraite en livrant plusieurs combats à Masséna , qui le poursuivoit. Arrivé près de Gilly , il opéra sa jonction avec l'archiduc Jean , qui s'étoit

27 uovcmbre. retiré du Tyrol. Les armées réunies de ces deux princes formoient 80,000 hommes , avec lesquels ils approchoient de Vienne , pendant que les Hongrois se levoient en masse pour défendre leur souverain. Le lendemain de la bataille d'Austerlitz , l'armée russe avoit reçu un renfort de 12,000 hommes. Une armée, composée de Prussiens, de Saxons et de Hessois , étoit sur le point d'entrer en Franconie 5 et des corps de Prussiens , de Russes , de Suédois , d'Hanovriens et d'Anglois , en avoient formé une seconde dans le nord de l'Allemagne , prèle à cnhavir la Belgique ; de plus , des Anglois et des Russes allèrent débarquer dans le royaume de Naples.

Paix Ce fut dans un moment si critique , que le cabinet

de Presbourg. j e yi enue s ;g na ^ à Austerlitz , un armistice par lequel

il s'engagea à renvoyer Tannée russe et à congédier l'insurrection hongroise. Vingt jours après , la paix 26 dec. i8o5. fut signée à Presbourg , entre l'Autriche et la France. La première reconnut toutes les usurpations que Buonaparte s'étoit permises , et lui céda , pour le royaume d'Italie , les anciens états de Venise avec la Dalmatie et l'Albanie vénitiennes , et pour ses alliés , les nouveaux rois de Bavière et de Wurtemberg et l'électeur de Bade, le Tyrol et toutes ses possessions héréditaires en Souabe. ■

La violation du territoire prussien en Franconic *J 0 p VC "j 011 avoit excité la plus vive indignation à Berlin. Le roi et ^ lTe °\l Russie résolut de venger, les armes à la main , l'outrage fait «t la Prusse, à sa dignité. Les troupes prussiennes occupèrent le pays d'Hanovre que les François venoient d'évacuer ; 26 octobre, il fut remis à son souverain légitime ; un corps russe, pour lequel on avoit vainement, jusqu'alors , demandé le passage par la Silésie, obtint la permission de traverser cette province, pour joindre l'armée de KoutousofF. L'empereur Alexandre arriva lui-même à 25 octobre. Berlin, ainsi que l'archiduc Antoine, grand-maître de l'ordre Teutonique. Il fut conclu , à Potsdam , une convention entre Alexandre et Frédéric-Guillaume III. 3 novembre. Celui-ci entra dans la coalition , en se réservant une tentative préalable , pour faire accepter à Buonaparte des conditions extrêmement équitables. Si elles étoient rejetées , le roi promit d'entrer en campagne avec j 80,000 hommes qui , en effet , furent mis en état de marcher au premier signal. Le comte de Haugwitz , envoyé à vienne, pour porter à Buonaparte des paroles de paix , accompagnées d'une déclaration énergique , se mit dans la tête qu'il n'étoit pas conforme aux intérêts de la Prusse , qu'il se pressât de s'acquitter de sa commission : ainsi il attendit les événemens. Après l'armistice d'Austerlitz, il prit sur lui de changer le système de son gouvernement. Sans y avoir été autorisé d'aucune manière, il conclut avec Buonaparte, i5 décembre, à Vienne , une alliance pour la garantie des états réciproques, pour ceux de la Porte et de la Bavière ; la

5l6 PÉRIODE IX.

Prusse céda la principauté d'Anspach à la Bavière ; celle de Neuchâtel à la France , et celle de Clèves au prince d'Empire que Buonaparte désignèrent. En revanche , la Prusse devoit prendre possession de Pélectorat d'Hanovre.

d^YiVnn^du lorsque le comte de Haugwitz arriva à Berlin avec 5 acc! n iao5. U ce traité , Frédéric-Guillaume voulut d'abord le désavouer ; mais le ministre lui ayant représenté le danger auquel il s'exposeroit , dans l'état où les choses se trouvaient, le monarque consentit, mais à regret, à ratifier le traité , pourvu qu'il y fût ajouté que l'occupation des provinces réciproquement cédées ne seroit annoncée que comme provisoire jusqu'à ce que le roi d'Angleterre eût souscrit, par la paix future, à la cession dit pays d'Hauovre. C'est de cette manière que

a7 janvier 1806. la Prusse prit effectivement possession de l'électoral.

Cependant , le comte de Haugwitz , qui s'étoit rendu à Paris , ne put faire agréer à Buonaparte la ratification modifiée. Il signa alors une seconde convention , par j5 février, laquelle la Prusse s'engagea à déclarer définitivement l'occupation du pays d'Hanovre , et à fermer les fleuves du nord de l'Allemagne aux Anglois. Le roi de Prusse qui , déjà , avoit dissous ses armées , se vit dans le cas de ratifier cet arrangement.

Campagne mari- Buonaparte avoit fait des efforts prodigieux pour tiine.de i8o5. remon t er J a marine françoise. La flotte de Rochelbrt, n janr. i8o5. commandée par l'amiral Missiessi , trouva moyen de sortir du port ; elle alla lever des contributions dans les petites Antilles angloises ; porta des secours au général Ferrand, qui tenoit encore Santo Ûomingo,et 3o mari. rentra sans accident à Rochefort. La flotte de Toulon, de i4 vaisseaux de ligne , commandée par l'amiral Villeneuve , et portant des troupes de débarquement sous les ordres de Lauriston qui probablement devoit 9 avril. aller en Irlande , se rendit 4 Cadix , où elle se réunit à la (lotte espagnole de Gravina. Les deux flottes combinées sortirent, le lendemain, de ce port, mais se séparèrent de nouveau 5 celle de Villeneuve se rendit à la Martinique : mais averti de l'arrivée de Nelson à

la Barbadc, Villeneuve se réunit de nouveau à Gravina , et la flotte retourna en Europe. Elle livra un combat honorable près du cap Finisterre, à l'amiral 22 ) ui,,e t anglois Calder , et se rendit à la Corogne. Renforcée ensuite , et portée jusqu'à 35 vaisseaux de ligne . elle cingla vers Cadix. Elle fut bloquée dans ce jport pendant quelque temps : mais Nelson, ayant pris le commandement en chef des flottes angloises , engagea , par une retraite simulée , les deux flottes à sortir. Il leur livra , à la hauteur du cap Trafalgar , une bataille qui 21 octobre, lui coûta la vie , mais qui ruina les flottes combinées. Villeneuve fut fait prisonnier. Gît te victoire assura à l'Angleterre l'empire des mers.

Lorsque Buona parte alloit se mettre en route pour Dynastie marcher contre l'Autriche, il résolut de renforcer son de Bnonaparie armée d'Italie , par le corps qui occupoit mie partie du 4 ap c *' royaume de Naples. Pour s'en faire un mérite aux yeux de Ferdinand IV , il conclut avec ce prince , u Paris, un traité, par lequel celui-ci, obtenant Téva- 21 septembre* cuation de ses étals, promit de rester neutre. Il ne dépendoit pas de ce monarque d'accomplir sa pro** messe. Il entroit dans le plan des coalisés , que des armées russe et angloise débarquassent dans le royaume de Naples ; l'une venoit de Corfou, l'autre de Malte. Ce plan fut exécuté, et les troupes étrangères furent 20 novembre, reçues comme amies. Un décret de Napoléon , daté de Schœnbrunn * , déclara que la dynastie des Bourbons 27 décembre, de Naples avoit cessé de régner. Après la bataille d'Austerlitz-, les Russes et les Anglois abandonnèrent l'Italie, et Ferdinan d IV se t rouva sans défense contre une armée franeoise cjui approchoit de sa capitale. Il s'embarqua pour la Sicile ; les François entrèrent à 2 ^ janvier 1806. Naples, et Joseph Buona parte, frère de Napoléon, fut nommé roi des Deux-Siciles. Il ne put cepeudant sou- 3omars* mettre que le royaume de Naples.

Ceux-là se trompent probablement, qui croient Système fédeY»-

' lit de l Empirc

> H est à remarquer cependant que 1c décret ne fut pnblie' que 26 janvier suivant, après l'entrée des François à Naples.

francois.

3l8 PÉRIODE IX.

trouver dans la conduite de Buonaparte le développement successif d'un grand plan conçu d'avance , et sorti , pour ainsi dire, de sa tête comme Minerve de celle de Jupiter. Les circonstances, les succès de ses armes , la foiblesse des cabinets , firent naître une idée après l'autre. Ce fut en marchant contre les Russes qu'il reçut la nouvelle de la bataille de Trafalgar , qui venoit de détruire l'ouvrage de trois années, et anéantir l'espoir de réduire l'Angleterre en portant la guerre dans son sein. Son imagination enfanta alors le projet d'opposer colosse à colosse , et d'entourer la France d'états indépendans en apparence , mais soumis à la direction suprême du chef de l'Empire. Après la paix de Presbourg , il se rendit à Munich , où il adopta son beau-fils Eugène Beauharnais et le déclara son successeur au royaume d'Italie. En annonçant cette élévation 12 janvier 1806. au Sénat, il dit qu'il se réservoit de déterminer le lien qui devoir unir tous les états composant le système fédératif de V Empire François. Ce fut la première fois qu'on entendit parler de ce système. Bientôt après 2 mars. il déclara que toute la presqu'île d'Italie faisoit partie du grand Empire. Enfin le statut constitutionnel de la 3o mais. famille impériale , qu'il publia à cette époque , peut . être regardé comme la loi fondamentale du système

fédératif annonce ; ce statut accordoit à l'empereur des François , une suprématie absolue sur tous les souverains de sa famille , et il espéroitbien que le moment viendroit où il n'en verroit pas d'autres dans les états limitrophes.

Gramlsfief» En réunissant les provinces ci-devant, vénitiennes U« l'Empire. au r0 y aume d'Italie, Buonaparte en<détacha Massa- Carrara et la Garfagnana qu'il conféra au prince de Lucques. En même temps, il créa dans ces provinces, douze duchés, grands nefs héréditaires de l'Empire, et trois dans les états de Parme , et en disposa en faveur de ses généraux et ministres. Le duché de Clèves, cédé par la Prusse , ainsi que celui de Berg qu'il s'étoit fait céder par le roi de Bavière, furent conférés avec la 5o maii. dignité héréditaire d'amiral de France, a son beau-

frère Joachim Murât. Alexandre Berthîer fut nomme 5 5 i ,lin l8<,r, • prince de Neuchâtel. Plus tard, il accorda le duché de Bénévent à M. Talleyrand-Périgord , à titre de principauté souveraine , et la principauté de Pontecorvo à Jean-Baptiste Bernadotte , beau-frère de Joseph Buonaparte. Il enleva ces deux territoires à l'Eglise , sous prétexte que leur souveraineté étoit un objet litigieux entre les cours de Rome et de Naplcs, ce qui n'étoit pas le cas.

En continuant l'histoire de Buonaparle, nous avons Violence exerce à rapporter de nouvelles vexations et usurpations. Vers ■ Fwocfon. la fin de janvier , les troupes françoises entrèrent dans 26 janvier, la ville libre de Francfort, et y levèrent 4 millions de contributions , pour punir les habitans de leurs rapports avec les Ànglois. Ihvivoit alors dans la plus parfaite paix avec l'Empire germanique , auquel cette ville appartenoit , et qui né put la protéger.

D'après le traité de Presbourg , les Bouches du Cat- Occupation taro, enDalmatie, dévoient être remises aux Fran- Je Kaguse. cois; mais les Russes, dont la flotte croisoit dans ces* parages , se hâtèrent d'occuper cette place au moment 4 fe' v « où les Autrichiens alloient la livrer aux François. • Buonaparte en prit un prélexte pour ne pas rendre, à la cour de Vienne la forteresse de Braunau, qu'il devoit évacuer d'après les stipulations du même traité, et pour laisser une partie de son armée en Allemagne. 11 nt plus , le général Lauriston qui commanddit l'armée françoise en Dalmatie , occupa , par son ordre , Raguse , république placée sous fa protection de la 37 mai. Porte, avec laquelle la paix subsistoit. Ce ne fut cependant que le t3 août 1807 que la réunion de Raguse au royaume d'Italie fut prononcée.

L'électeur de Bade et les princes de Nassau furent Occupation obligé» de céder à la France, l'un Kehl , les autres <le Kelil,Ca«*l ? Cassel et Kostheim, vis-à-vis de Mayeuce. Wesel, for- et Wc8C,# teresse du duché de Clèves, fut aussi occupée par les troupes françoises. C'étoit autant de violations de la paix de Luneville et du traité de Vienne , de i8o5.

Pour avancer le système fédératif , les Etats-Géné- , Dynastie

lie Bunnapai le en Hollande.

5ao période IX.

raux de la république batavc reçurent l'insinuation de demander un roi de la main de Buouaparte. Enconséa4 mai 1806. quence, il se conclut, à Paris, un traité par lequel Louis, frère de Napoléon, fut nommé roi héréditaire et constitutionnel d'Hollande, pour lui et sa descendance masculine. Ce jeune homme accepta à regret une couronne qu'il n'avoit pas ambitionnée , et quil porta avec dignité.

Négociation Guillaume Pitt , que l'histoire auroit nommé le / n p e~ gp an j p^j ^ s * elle ne désignoit ainsi son père, étoit mort au commencement de Tannée. Charles Fox , son ancien antagoniste, entra au ministère. Il y eut alors des négociations pour la paix , entre la f rance et l'Angleterre. Elles furent confiées, de la part de celje-ci, d'abord â lord YarmOuth, ensuite à lord Lauderdale. i5ttptembre. Elles finirent après la mort de Fox , sans avoir produit un changement dans les rapports entre la France et r Angle terre ; néanmoins elles doivent être placées parmi les événemens importans de cette année , parce . qu'elles furent la cause immédiate de la guerre de Prusse , comme nous le dirons.

Traite de M. L'empereur Alexandre aussi fit upe tentative pour d'Uubril. ge réconcilier avec BuonaparU. Il envoya à Paris M.

d'Oubril, qui , après dix jours de négociations, con- 20 juillet 1806. dut avec le général Clarke, plénipotentiaire françois .

un traité de paix par lequel il fut convenu , que les troupes russes évacueroient les Bouches du Cattaro. les troupes françoises Raguse ; que l'indépendance de la république des Sept-Iles seroit reconnue, ainsi que l'indépendance et l'intégrité de la Porte ; que dans trois mois les troupes françoises quitleroient l'Allemagne; que les deux parties réaniroient leurs bons offices pour faire cesser l'état de la guerre entre la Prusse et la Suède ; que Buonapartc accepteront la médiation de la Russie pour négocier la paix maritime. Un article secret assura à Ferdinand IV les îles Baléares eu dédommagement du royaume de Naples. Il paroi t que le roi de Sardaigne étoit sacrifié. Soit qu'Alexandre trouvât ces conditions peu honorables , soit qu'il fût mé-

1789 — i8i5. 321 content de la conclusion de la confédération rhénane qui eut Heu à cette époque, il refusa la ratification de ce traité.

La confédération rhénane est sans doute la suite la confédération plus importante de la paix de Presbourg. Cet événe- rhénane, ment qui changea toute la face de l'Allemagne , fut préparé par l'article de la paix qui reconnoissoit la pleine souveraineté des rois ae Bavière et de Wurtemberg , et de l'électeur de Bade , ainsi que par plusieurs irrégularités qui furent commises depuis ce moment ; telle que la démarche par laquelle l'électeur ârchi-chancelier s'arrogea le droit de nommer son successeur en désignant comme tel , le cardinal Fesch , oncle de Buonaparte. La confédération rhénane fut conclue à Paris , entre Buonaparte et seize princes d'Al- n juil h* 180G. lemagne , y compris le duc de Clèves , lesquels se sépa rant de lTSmpire germanique , formèrent entre eux une confédération particulière sous la protection de Buonaparte.

Des déclarations que le ministre de France ctceux Fl " do , '? m P ,r<!

1 — . P , , n . tl * . x 1 t,. germanique.

des li.tats contéderes remirent le même jour a la dicte x *r aoul< de Ratisbonne , apprirent à cette assemblée que l'Empire n'existoit plus. Le chef du corps germanique au-

3uel on avoit célé toute cette intrigue, publia alors une éclaration pleine de dignité par laquelle il déposa une août ' couronne qui n'avoit de prix à ses yeux qu'aussi longtemps qu'if pouvoit remplir les devoirs qui y étoient attachés. Ainsi finit l'Empire germanique 1 .

La négociation qui amena cet acte, avoit été un Guerre secret pour la Prusse : en annonçant à Frédéric-Guil- de Pn,Me laume le résultat qu'elle avoit produit, Buonaparte l'invita à former une confédération semblable dans h- Nord de l'Allemagne, mais en même temps il négocia en particulier avec les électeurs de Hesse et de Saxe , pour les empêcher d'y entrer , et déclara qu'il ne pouvoit pas souffrir que les villes de Brème , Hambourg et Lubeck en fissent partie. Daus la négociation avec

1 Voyez Histoire des traités de paix , voî. VIII.

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