II
l'Angleterre, il proposa de donner ces villes a Ferdi* nand IV, roi des Deux- Siciles. Il poussa la perfidie plus loin ; il offrit à plusieurs reprises aux négociateurs anglôis ce même électorat d'Hanovre que peu de mois auparavant il avoit presque forcé la Prusse de s'approprier , et à l'électeur de Hesse la principauté de Fulde que le recès de l'Empire avoit allouée à la maison d'Orange , étroitement alliée à celle de Brandebourg.
Toutes ces menées ouvrirent les veux au cabinet de Berlin; il se décida à la guerre. Malheureusement pour lui il la commença sans attendre l'arrivée des secoursque la Russie lui devoit en vertu de l'alliance subsistant entre les deux Etats par le traité de Péterhoff du 28 juillet 1 800 : il la commença contre un ennemi actif dont les troupes aguerries se trou voient déjà au cœur de l'Allemagne.
Le général KnobelsdorfT que le roi de Prusse avoit envoyé à Paris , demander par son ultimatum : i° que les troupes françoises repassassent incessamment le Rhin; 2 0 que Buonaparte ne mit aucun obstacle à la formation de la confédération du Nord , qui embrasseroit tous les Etats non compris dans l'acte du 12 juillet ; 3°. qu'il s'ouvrît une négociation pour terminer tous les objets qui étoient en litige, et que la base en lût la séparation de Wesel de l'Empire françois auquel Buonaparte avoit réuni cette place , qui , par la convention du 5 décembre i8o5 , n'a voit été cédée avec le duçhé de Clèves que pour être possédée par un prince d 1 Allemagne , Buonaparte traita ces propositions d'outrageantes , et entra en campagne.
Bataille de lena. Elle fut décidée par la bataille de Iéna, ou plutôt i4oci. 1806. par deux batailles qu'on livra le même jour; Buonaparte en personne gagna l'une près Iéna , sur le prince de Hohenlohe ; le maréchal Davoust gagna l'autre près d'Auerstaedt sur Je duc de Brunswick, commandant en chef les Prussiens. La déroute fut complète, les corps isolés qui se réunirent après l'affaire , turent ou délaits ou forcés de se rendre prisonniers. Le roi, *5 octobre, avec les débris de son armée , se retira en Prusse. Ber-
lin tomba au pouvoir du vainqueur. La lâcheté, l'impéritie ou la trahison îles cotnmandans et le défaut de moyens de défense furent cause que plusieurs forteresses et des corps entiers de troupes se rendirent après une légère résistance. Quelques-uns ne purent échapper à ce malheur malgré leur bravoure. A Erfurt, le 16 oct. 1806. feld- maréchal Mœllendorff capitula avec i4,ooo hommes , Spandau tomba le même jour que rennemi 25 octobre, entra dans Berlin. Après s'être vaillamment battu, le prince de Hohenlohe capitula à Prentzlau avec un 29 octobre, corps originairement composé de 16,000 hommes d'infanterie, 16 régimens de cavalerie. Stettin et Custrin ouvrirent leurs portes après une légère résistance; 29 oct. , i«nov. aLubeck, 21,000 hommes avec le général Blûcher 7 novembre, mirent bas les armes; Magdebourg capitula avec 2 2, 000 8 novembre, hommes
Immédiatement après la bataille de ïéna , Buona- L'électeur de parte fit prendre possession de la principauté deîj efc,e ' , . e | luc< î e
t? 11 •! r , 1 l r *j 1 C J- • J Brunswick et le
rulde; il eut ia dureté de taire dire au vieux duCp r ; Dce d'Orange de Brunswick qui se mouroit des blessures reçues à 8 °nt dépouillés Auerstaedt , que sa famille ne règneroit pas après lui ; dcl * ur * * uti * l'électeur de Hesse qui étoit resté neutre , fut déclaré ennemi de la France et son pays occupé. Eu revanche , Buonaparte accorda la neutralité à l'électeur de Saxe, dont les troupes s'étoient battues contre lui à Iéna.
Le roi de Prusse tenta de conjurer l'orage qui mena- Négociations çoit sa monarchie. Le marquis de Luchesini et le dc ^* u r )° uem ~ général Zastrow entrèrent en négociation avec le maréchal Duroc à Charlottembourg. On y signa des préli- 3 0 oct. 180G. min aires rjue Buonaparte refusa de ratifier, parce que l'idée lui etoit venue dans l'intervalle de faire insurger Jes Polonois. On signa alors un armistice à des condi- 16 novembre, tions infiniment dures et qui li vroientaux François Breslau , Glogau , Colberg , Graudentzet Dantzick. Le roi , résolu de se jeter dans les bras de la Russie dont les forces approchoienten toute hâte, rejeta cet armistice.
1 II faut être un peu en garde contre ces chiffres qui sont ceux des bulletins. La force des corps peut avoir été telle qu'elle est indiquée, mais ces corps avoieot fait de grandes perles avant dc se rendre.
Système continental.
Traités Buonapartese rendit deBerlin à Posnanie.Dans cette
i i e dA; BU Î8o6. v ^ c » ^ conclut un traité avec l'électeur de Saxe. Ce prince prit le titre de roi , entra dans la confédération du Rhin, et se fit adjuger le cercle de Cotbus, posi5 décembre, session prussienne. Par un traité signé dans la môme ville les ducs de Saxe, de la branche Albertine , furent également reçus dans la confédération du Rhin. La Russie Une armée russe de 90,000 hommes arriva en Prusse prend part a la vers l e m ois de novembre; Frédéric-Guillaume avoit guerre. formé 9 de son côté, une nouvelle armée prussienne de 4o,ooo hommes. 11 y eut quelques affaires peu déci- 26 décembre, sives ; mais après la bataille de Pultusk , dont les Russes s'attribuèrent la victoire aussi bien que les François, on entra de part et d'autre dans les quartiers d'hiver.
Ce fut pendant son séjour à Berlin que Buonaparte imagina le système continental, ou en posa au moins les premières bases. Ce système tendoit â ruiner le commerce , et par suite , la prospérité de l'Angleterre, en rendant impossible l'introduction sur le continent de l'Europe, non-seulement des marchandises produites par ses manufactures , mais aussi des denrées de ses colonies, dont l'usage est devenu, par la longue habitude, un vrai besoin pour tous les peuples européens, et dont d'ailleurs nos manufactures ne sauroient se passer. Cette chimère, et le système fédératif que nous avons fait connoître, sont les deux fléaux dont Buonaparte a frappé le continent de l'Europe. L'abus que les.Anglois firent de leur supériorité par mer provoqua la mesure de Buonaparte. Le droit du blocus , c'est-à-dire le droit d'une puissance belligérante de placer devant un port ennemi des forces suffisantes pour empêcher qu'aucun bâtiment neutre n'y entre , est fondé en principe. Mais l'Angleterre prétendoit qu'il suIBsoit de déclarer un port bloqué, pour qu'il fut censé l'être, et elle avoit déclaré ainsi bloqués tous les ports depuis Brest jusqu'à l'Elbe. Un ordre donné par Buonaparte, et qai est connu sous le nom 2 1 novembre, de décret de Berlin , mit * par forme de rétorsion , les lies Britanniques en état de blocus , et ordonna l'ar-
16 mai.
1789 — i8i5« 525 restation des Anglois et la confiscation des marchandises angloises dans tous les pays occupés par les troupes françoises. Nous verrons le développement de ce sjstème.
Les armées ne se reposèrent pas plus d'un mois. Le Bataille général Bennigsen , qui commandent en chef les Russes ^ 6 *E e "a* l,ch et Jes Prussiens, entreprit, vers la fin de janvier, de dégager Graudentz, Dantzick et Colberg. De là une suite de combats qui se terminèrent par la bataille de Preussisch-Eylau. Buonaparte, ou plutôt Davoust , y eut un 8 fer. 18**7. succès marquant contre laile gauche et le centre des alliés; mais le général prussien Lestocq étant arrivé sur le champ de bataille auprès de l'aile droite des Busses qui n'a voit pas été entamée, alla soutenir l'aile gauche qui plioit, et arracha à Davoust la victoire. Le général Bennigsen , manquant de munitions , se retira vers Kœnigsberg , laissant à Buonaparte le champ de bataille couvert de 5o,ooo François tués et 12,000 blessés; les Russes a voient aussi perdu 17,000 hommes. Après cette boucherie, Buonaparte annonça qu'il avoit défait les Russes , et se retira derrière la Passarge; les hostilités furent suspendues pendant plusieurs mois.
Il y eut , au mois de février , des négociations pour Quatrième la paix. Buonaparte, qui étoit à Ostcrrode, envoya le coalition contre général Bertrand à Memel , auprès du roi de Prusse , la France * pour essayer de le détacher de la Russie. Lorsque le roi se fut refusé â cette proposition , il fut question des conditions d'un armistice; mais l'empereur Alexandre , qui arriva à Memel , ne vit dans la démarche de Buonaparte que le désir de gagner du temps pour se relàire de ses pertes. Les négociations furent rompues. Le baron de Hardenberg, qui venoit d'être placé par le roi de Prusse à la tète des affaires étrangères , reprit alors le projet de Pitt qui avoit manqué en i8o5 , parce qu'uu autre ministre, le comte de Haugwitz, avoit dissuadé le roi d'entrer dans l'alliance. Les bases d'une nouvelle coalition furent posées par la convention de Bartenstein entre la Russie et la Prusse. L'Autriche , 21 avril 1807.
5'i6 PÉRIODE IX.
la Grande-Bretagne , la Suède et le Danemarck dévoient être invités à y entrer. Le même jour, il fut signé , également à Bartenstein , une convention avec le roi de Suède , au secours duquel la Prusse promit d'envoyer un corps en Poméranie *. L'Autriche étoit disposée à entrer dans le même concert ; mais avant de se décider, elle joua le rôle de médiatrice, et il y eut, au mois de mars, de nouveaux pourparlers pour la paix , qui u'eurent pas de résultat. Des subsides furent 27 juin 1&V7. promis à la Prusse par une convention qu'on signa à Londres, mais que le changement de circonstances empêcha de ratifier.
Pii«e Pendant que les armées étoient dans une espèce
de Uauizick. d'inaction , le maréchal Lefebvre poussa de siège de Dantzick. Après plusieurs tentât i ves infructueuses pour
a4 mai. débloquer la place, le général Kalkreuth la rendit par i" r t ib\ 25 juin, une capitulation très-honorable. Neisse , Kosel et GlaU capitulèrent également; ces deux dernières places à des époques avant lesquelles la paix fut signée, de manière qu'elles ne furent pas remises aux François.
Bataille Les hostilités recommencèrent au mois de juin. Il de *ntd!and. eut fe s CO mbats journaliers; enfin la journée de
i4juiu. Friedland décida la campagne. Le général Bennigsen défit les corps deLannes et Mortier ; les Russes , croyant la bataille gagnée, parce qu'ils ne voy oient plus d'ennemis, se débandèrent ; mais, vers le soir, Buonaparle arriva sur le champ de bataille avec les guides et les corps de JSey et de Victor, et, profitant de la confusion qui régnoit dans l'armée russe, la mit dans uue
16 juin. déroute complète. Kœnigsberg ouvrit ses portes au vainqueur; l'armée russe et celle de la Prusse , laquelle
18 juin. n'avoit pas eu part à l'échec, passèrent le Niémen. Le
19 juin. lendemain Buonaparte entra dans Tilsit.
Armistice Cependant le cabinet de Vienne avec lequel on néde Tilsit. gocioit toujours pour son accession à la convention de
» Les deux conventions de IWtcnstrin , dont la première est «lu plus {uand inférât, ont éle rendues publiques, pour la première- Iois / d.:n* V Histoire des traités de paix , vol. IX.
Bartenstein , avoit envoyé aù quartier- général des deux monarques le général Stutterheim , chargé de pouvoirs pour signer une alliance défensive; la guerre auroit recommencé alors avec une nouvelle vigueur. 11 existait dans les cabinets et parmi les généraux des alliés un parti qui vouloit prévenir cette alliance, et ce parti réussit dans son dessein. Un général russe se présenta à Tilsit , de la part de Bennigsen, pour négocier un armistice. Il fut conclu sur-le-champ, sans qu'on y 21 juin 1807. comprît Tannée prussienne. Quatre jours après, a 5juîn. Alexandre et Buonaparte eurent une entrevue sur un radeau du Niémen , et le même jour , le feld-maréchal Kalkreuth signa l'armistice pour la Prusse; le lendemain il y eut une seconde entrevue, à laquelle le roi de Prusse assista. Ce fut là que Buonaparte exigea que l'empereur Alexandre renvoyât son ministre , le baron deBudberg , et le roi de Prusse, le baron de Hardenberg. Le prince Kourakin et le comte de Goltz les remplacèrent.
La paix fut signée d'abord avec la Russie. L'empe- Paix dçTiUit. reur Alexandre obtint de Buonaparte que le roi de 7 i ul,,cu Prusse recouvrât la moitié de ses états (car c'est là la forme qu'on donna à cette transaction). Les provinces que la Prusse avoit obtenues par le second et le troisième partage de la Pologne , furent cédées au roi de Saxe , sous le titre de duché de Varsovie , à l'exception de la forteresse de Graudentz, qui resta à la Prusse, et delà ville deDantzick qui redevint indépendante, excepté aussi le département de Bialystock, qui fat réuni à l'empire de Russie. L'empereur Alexandre reconnut les rois de la création de Buonaparte , y compris le roi de Westphalie. Il reconnut aussi la confédération du Rhin, et céda à Buonaparte la seigneurie de Jever , son héritage maternel ; il promit d'évacuer la Moldavie et la Valachie, et de faire cause commune avec Buonaparte contre l'Angleterre, si celle-ci ne faisoit la paix en se soumettant aux principes de la liberté du commerce maritime. Il paroît que, par les articles secrets, l'empereur Alexandre
promit de rendre à Buonaparte les bouches du Cat- - taro et les lies de la république ionienne : car cette remise eut lieu au mois d'août suivant. La paix, qui deux 9 juillet 1807. jours après fut signée entre la Prusse et Buonaparte, renferme à peu près les mêmes stipulations.
Convention U fallut une convention particulière en exécution
deKamigsberg. de rartide du traité qui ge rappor toit à l'évacuation
îa juillet, des états du roi de Prusse; elle fut négociée et signée avec une imprévoyance impardonnable par le feld-maréçhal Kalkreutb , qui oublia d y insérer des stipulations tellement essentielles, qu'il lui paroissoit sans doute superflu de les énoncer. Buonaparte montra son insigne mauvaise foi , en profitant de ces omissions, pour opérer la ruine des provinces laissées au roi de Prusse. On peut dire que la convention de Kcenigsberg a fait presqu'autant de mal à la Prusse que la paix de Tilsit même : elle a occasions la nécessité de signer une série de conventions subséquentes, par ' chacune desquelles la Prusse se soumit à un nouveau sacrifice. Nous aurons occasion d'en rapporter quelques-unes des plus importantes.
Occupation^; L e r0 \ <j e Suède, attaqué en Poméranie par le ma- 3 Sue'dube. ' rcchal Mortier, avoit'conclu un armistice à Schlatkorw. i8aviil. Gustave IV Adolphe projetoit un mouvement contre le maréchal Brune, pendant qu'un corps de 10,000 Prussiens devoit faire une descente pour débloquer * Colberg. Pour exécuter ce projet , il s'empressa un
3 juillet. peu trop de dénoncer l'armistice, de manière que, par la signature de la paix de Tilsit , il se trouva sobitetnent seul sous les armes. Ce contre-temps le 7 septembre. f orça d > évacuer Stralsund et toute laPoméranie.
de Varsovie. ^n créant le duché de Varsovie, Buonaparte lui ai juillet, donna une constitution moulée sur celle de France, sans que ses auteurs eussent le moindre égard à la différence des hommes, des mœurs et des localités. Le roi de Saxe prit possession de cet Etat; mais le nouveau duché ne fut qu'une province de l'empire françois. La ville de Dantzick se vit plongée dans une plus grande dépendance encore : jusqu'en 181 4 elle se
# i7 8 9 — i8i5. 32 9 trouva sous les ordres d'un gouverneur-général françoîs.
C'étoit au plus jeune de ses frères, nommé Jérôme , Royaume que Buonaparte destinoit le trône de Weslphalie. Il de Westpbalie. composa ce royaume de la plus grande partie des provinces cédées par le roi de Prusse , de presque tous les Etats de l'électeur de Hesse, de ceux du duc de Brunswick, d T un district de l'électorat d'Hanovre, de la principauté de Corwey et du comté de Rietberg; le tout ayant deux millions d'habit ans. Une très-foible partie de ce pays étoit située en Westphalie , et on ignore par quel hasard ce nom fut choisi pour la nouvelle monarchie. Des députés de ce royaume furent appelés à Paris, et reçurent des mains de Buonaparte i5 nov. 1807. une charte constitutionnelle , sur la rédaction de laquelle ils n'avoient pas été consultés.
Quant aux autres districts que Buonaparte s'étoit fait céder en Allemagne , ou dont il avoit dépouillé les souverains, c'est-à-dire l'électorat d'Hanovre, les principautés d'Erfurt, de Fulde, de Bayreuth et de Munster, et les comtés de Katzenelnbogen et de Hanau, il les fit administrer pour son compte, et n'en disposa que successivement.
Pendant que les armées de Buonaparte étoient oc- Conveotiou cupées en Prusse , l'Espagne forma le projet de secouer ^Foouinei.iea
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Je joug qu il lui avoit impose. Charles IV réclama en r du Portugal, secret la médiation de l'empereur Alexandre pour tire la paix avec l'Angleterre. Une proclamation du 3 octobre 1806 , ordonna la levée de 4o,ooo hommes destinés à défendre la patrie ; on ne dit pas contre quel ennemi. Cette démarche imprudente à laquelle on n'osa donner suite, perdit l'Espagne. Au commencement de 1807 * une *rmée francoise s'assembla dans les environs de Bayonne. Un piège fut tendu à Charles IV ; il y tomba. Par une convention conclue à Fontaine- 27 octobre Meau , entre son plénipotentiaire et celui de Buonaparte, le Portugal fut divisé en trois lots : la partie la plus septentrionale fut destinée, sous le nom de royaume deLusitanic septentrionale, au roi d'Etrurie, qui rendroit la Toscane à Buonaparte; la partie méridionale ,
53o PÉRIODE IX.
composée des Algarves , de voit former une principauté pour don Manuel Godoy ; à la paix générale on Je voit disposer des provinces du milieu : alors le roi d'Espagne prendroit le titre d'empereur des deux Amériques.
Fia du royaume Immédiatement après la signature du traité , Buod' une. naparte fit annoncer a la reine douairière d'Etrurie, régente pour son fils Louis II , que son royaume ne lui appartenoit plus, et que d'autres destinées Fattendoient en Espagne. Peu de jours après , des troupes françoises occupèrent la Toscane; Marie-Louise se démit du gouvernement et se rendit à Madrid. Tout cela s'exécuta après que Buonoparte eut obtenu que 1 5,ooo Espagnols qui étoient en Etrurie fussent envoyés dans les îles du Danemarck.
Suppression (J n sénatus-consulte du 1 8 août 1 807 qui ne fut publié du Iribuaat. . q mois après ^ supprima le Tribunal et fit d'autres
ebaugemens tendant à faire disparoître toutes les traces de la république.
Acquisition Par un traité signé à Fontainebleau, Buonaparte de Pleuiiigue. abandonna à son frère Louis la principauté d'Ostfrise ii nov. 1 07. ^ j a ggj^çyjjg <j e Jever, contre la cession de la ville
et du port de Flessingue.
Occupation Enexécutiondu traité du 27 octobre, 3o,ooo François du Portugal. sous | es or J res d e Junot passèrent les Pyrénées en deux divisions , s'emparèrent par force et par surprise de Pampelune, Saint-Sébastien , Figuières et Barcelonne, se réunirent à Salaraanque, et, renforcés par 16,000 Espagnols , marebèrent sur Lisbonne , pendant que 4p autres mille hommes s'assembloient à Bayonne, sous prétexte de soutenir, s'il le falloit, leurs camaag novembre, rades. Le prince régent de Portugal s'embarqua avec ses trésors et partit pour le Brésil. Tout le Portugal fut occupé , et le général Junot déclara que la maison de Bragance avoit cessé de régner en Europe ; mais les François 11'exécutèreut pas le partage convenu. Progrès du sys- ]\ 0 us venons de voir quels progrès le système (càê- Um .TÎ8o7 e . DU »tif de l'Empire françois fit en i8o ? , par la fondation du royaume de Westpbalie et du auebé de Yarsovie>
1789— i8i5. 55i et par l'occupation du Portugal. Nous allons indiquer les mesures ordonnées pendant la même année, par Buonaparte pour consolider le système continental , et par la Grande-Bretagne pour en neutraliser les effets. Ordre du cabinet britannique , statuant qu'il ne seroit 7 jaur. 1807. permis à aucun vaisseau neutre de faire le commerce 3e l'un à l'autre des ports appartenant à la France ou à ses alliés , ou occupes par leurs troupes , ou se trouvant sous leur dépendance. Décret de Varsovie ordon- a5 janvier, nant la confiscation de toutes les marchandises angloises dans les villes anséatiques que Buonaparte avoit fait occuper. Ordre du cabinet britannique, prescrivant 11 mari, de nouveau un blocus rigoureux des embouchures de l'Elbe, du Weser et de PEms. Déclaration faite par i4 octobre. Buonaparte à l'audience du' corps diplomatique à Fontainebleau, et portant qu'il ne permettra plus de liaisons, soit commerciales, soit diplomatiques des puissances continentales avec l'Angleterre. Ordrè du cabinet 1 1 novembre, britannique déclarant que tous les ports et places de France , et des pays qui leur sont alliés , ou de tout autre pays en guerre avec l'Angleterre , ainsi que tous les autres ports et places en Europe d'où le pavillon britannique est exclu , quoique n'étant pas en guerre avec la Grande-Bretagne, et tous autres ports et places dans les colonies, appartenant à ses ennemis, seront dorénavant soumis aux mêmes restrictions que s'ils étaient réellement bloqués, qu en conséquence les vaisseaux destinés pour ces ports seront assujettis à la visite des croisières angloises, à une station forcée en Grande-Bretagne et à une imposition. Autre ordre du a5 novembre, cabinet modifiant le premier en faveur des vaisseaux * neutres qui seront venus pour charger daos les ports aoglois des marchandises angloises ou denrées coloniales. Décret? dit décret de Milan portant que tout 17 décembre, vaisseau qui se sera soumis à ce qui est prescrit par l'ordre du cabinet ang'ois du 11 nov., sera déclaré dénationalisé, et regardé comme propriété angloise. Le même décret déclare les lies Britanniques en état de Uocus sur mer comme sur terre.
53a période îx.
Le système continental ainsi établi, il s'agissoit {Ty feire accéder toutes les puissances. La Prusse et la Rus-
la Suède le 6 janvier 1810, de sorte que pendant quelques années il n'y eut d'autre moyen pour le continent de l'Europe de communiquer avec l'Angleterre que ptr Constantin ople.
Le Pape eu dé- Un prince de la chrétienté refusa son accession au pouille de quatre S y S ^ me con tinental : ce fut Pie VII. Le souverain ponprovioces. ^ déclara qu'une alliance qui interdisoit toute co qmunication avec une nation dont on n'avoit pas d'ailleurs à se plaindre, étoit réprouvée par la religion. 2 févii r 1808. Pour le punir de cette résistance , le général Miollis eut ordre d'occuper Rome. Ce fut le commencement d'i me suite de vexations et d'outrages par lesquels Buouaparte espéra vainement fléchir ce grand caractère. Dans 2 avril. soll ressentiment il dépouilla par un décret daté de Saint-Cloud l'Etat de l'Eglise des provinces d'Urbino, Ancône, Macerata et Camerino , qui furent réunie s au royaume d'Italie.
Création de Pour ajouter au lustre de sa couronne et s'attacher titres ses serviteurs par la vanité et l'intérêt, Buonaparle résolut, non de rétablir la noblesse (on ne sait trop ce qui l'en empêcha ) mais de créer des titres de n >bïesse qui passassent héréditairement aux fils en tant eme les titulaires auroient fondé des majorats en leui faveur. Ces titres furent ceux de princes , ducs , comtes , barons i«r mars 1808. e t chevaliers. Us furent constitués par un statut impérial qu'il transmit au Sénat: car les sénatus-consultes n'étoient plus guère usités que pour pr jnoncer des réunions de territoire et ordonner la ta ée des conscrits.
Buonajwne L a spoliation de l'église parut un crime léger en rSpagnc. comparaison de ce chef-d'œuvre de perfidie et d'astuce,
par lequel la maison de Bourbon fut d épouillée du trône
d'Espagne.
La seconde armée françoise formée à Rayonne ,
passa les Pyrénées au commencement de l'année, sous les ordres de Joachim Murât , et s'avança lentement comme si elle attendoit l'ordre de s'emparer de la capitde. Il éclata à Madrid une émeute populaire, dirigée contre le prince de la Paix ; et Charles IV, qui depuis le commencement de son règne étoit dégoûté des affaires, abdiqua la couronne en faveur de son fils le prince des Asturies : celui-ci prit le nom de Ferdi- 19 mars 1808. nanj VIL Bientôt les intrigues de la reine-mère qui ne « lescendoit pas volontiers du trône, et les trames ourdies par Murât , brouillèrent la famille royale. Les Irorpcs françoises entrèrent dans Madrid : on trompa *3 mars, l'innxpérience et la bonne foi du jeune monarque pour l'entraîner à Bayonne où Buonaparte s'étoit rendu. On y fil aussi venir Charles IV. Ce foible prince rétracta son abdication et céda ses états à Buonaparte par un 5 mai. traité formel. En menaçant Ferdinand VII de la mort , 10 mai. on lui arracha une cession semblable. Charles IV et son épouse avec le prince de la Paix furent conduits à Compiègne , et plus tard à Marseille. Ferdinand VII et ses frères eurent pour prison le château de Valencay, Bu •maparte conféra le trône d'Espagne à son frère Jo- 6 juin, seph qui étoit roi de Naples. Une junte d'Espagnols convoquée à Bayonne reçut une constitution de la main 6 juillet, de Buonaparte. En obtenant la couronne d'Espagne, Joseph rendit Naples à son frère, qui par un traité signé a Bayonne donna ce royaume à Murât 5 celui-ci se démit entre ses mains des duchés de Clèves et de Berg.
Buonaparte se trompa sur le caractère de la nation Insurrection des espagnole, lorsqu'il crut pouvoir se permettre impuné- ^ 5 I^g no18 et dc * ment cet outrage. Une émeute des habitons de Madrid Rit étoutfée dans le sang par Murât ; mais dans les der- 2 nvù niers jours du mois de mai, une insurrection générale éclata dans toute l'Espagne non occupée par l'ennemi : elle fit le tourment de Buonaparte pendant le reste de son règne, et l'empêcha de soumettre la Péninsule; elle sorvit d'exemple et d'encouragement aux autres peuples pour secouer son joug. Les Portugais imitèrent leurs voisins; les Anglois envoyèrent des secours
S34 PÉftlODK IX.
aux Jeux nations , et ce fut au-delà des Pyrénées que 13uouaparte éprouva les premières disgrâces qui préludèrent à sa chute. Nons donnerons plus bas le précis de ces troubles.
Entrevue Un événement plus remarquable par l'éclat dont il d'Erfurt. fut entouré que par les conséquences immédiates qu'il *7«i>t. 1808. produisit, fut Pentrcvue qui eut lieu àErfurt, eutre l'empereur Alexandre et Buonaparte. Les négociations qui peuvent y avoir été mises sur le tapis ne sont pas connues avec certitude ; mais on donna de la publicité à la démarche commune que firent Alexandre et Napoléon, pour porter l'Angleterre à la paix , quoiqu'on dût prévoir qu'elle seroit infructueuse. Dès -lors il régna pendant a eux ans un accord intime entre les cours de Russie et de France.
^vT?mir ^ a P r ^ c " l P'* at * on avec l a q ue He le feld-maréchal Kalknutieos. reul j 1 ay0 [t conclu la convention de Kœnigsberg , du
1 2 juillet 1807 , et la rédaction défectueuse de cet acte, fournirent aux agens de Buonaparte des prétextes multipliés pour fouler les Etats prussiens par des vexations journellement renaissantes , et pour continuer , nonseulement l'occupation du pays , mais aussi la perception des impôts pour le compte de la France , sans que leur montant fut déduit de la contribution que la monarchie devoit acquitter. Pour sortir d'une situation si pénible, le prince Guillaume, frère du roi, qui avoit été envoyé à Paris pour y négocier l'évacuation de la
8 septembre. Prusse, y signa une convention, par laquelle le roi s'engagea à payer en certains termes la somme de i4o millions de francs, sans pouvoir répéter les revenus perçus par les François jusqu'à la signature du traité. L'empereur Alexandre obtint , pendant l'entrevue d'Erfurt , que cette somme fut réduite à 1 ao mil-
3 novembre. Hons. En conséquence , il fut signé à Berlin une nouvelle convention, d'après laquelle les places de Stettin, Custrin et Glogau restèrent entre les mains de la France , comme sûreté du paiement de la somme due* Le reste des Etats prussiens fut évacué* Cinquième L'Autriche étoit prête d'entrer dans la quatrième
coalition.
î^Sc) 1 — i8i5. 535
coalition, lorsque là paix de Tilsit fut conclue. Dèi ce moment le cabinet ae Vienne résolut de se préparer à la guerre par des arméniens lents et successifs , qu'on pût faire passer pour des mesures de précaution ; mais surtout en donnant à ses armées une meilleure organisation , et en formant tous les citoyens aux armes , par l'institution d'une milice nommée landwehr^ afin detre en mesure d'agir lorsque le moment en seroit venu. Ce fut l'archiduc Charles, nommé généralissime, ui dirigea tous ces préparatifs , et qui trouva moyen e ranimer l'esprit de la nation. Quoique les arméniens ne pussent échapper à la surveillance des agens françois > et que dans le courant de l'année i8oîi , mais surtout au commencement de 1809, on demandât plusieurs fois des explications à ce sujet , cependant le comte de Stadion qui se trouvait à la tête du département des affaires étrangères , et le comte de Metternjch, ministre d'Autriche à Paris, dissimulèrent si bien que Buonaparte ne croyoit pas à la guerre lorsqu'elle étoit sur le point d'éclater. On choisit le moment où les armées françoises paroissoient occupées en Espagne et en Portugal.
Les raisons , ou si l'on aime mieux , les prétextes ne raancrucrent pas à l'Autriche : car sans doute son vrai motif fut de sortir de l'état d'abaissement où elle étoit tombée. Des violations sans nombre de la paix de Presbourg, rétablissement de la confédération du Rhin, l'obligation d'accéder au système continental, la spoliation des Bourbons d'Espagne , voilà plus de causes qu'il n'en falloit pour justifier une prise d'armes.
a nommé guerre de la cinquième coalition celle que l'Autriche entreprit en 1809 ; il est vrai qu'elle avoit pour alliés la Grande-Bretagne, le Portugal, l'Espagne et le roi de Sicile; mais, à l'exception d'une diversion que l'Angleterre fit en sa faveur en Zélande , elle porta seule le poids de cette guerre. En entrant en campagne, elle fit un appel à la nation allemande; les roisde Bavière , de Wurtemberg, celui deSaxe, comme
3 mai.
336 PÉRIODE ïx.
duc de Varsovie , et le grand-duc de Hesse-Darmstàclt, y répondirent en lui déclarant la guerre.
Campagne Le» Autrichiens avoient divisé leurs forces en trois dei8o<> armées: 220,000 hommes, sous l'archiduc Charles, étoient destinés à agir en Allemagne ; l'archiduc Ferdinand d'Est, avec 3 6,000 hommes, de voit pénétrer par le duché de Varsovie jusqu'en Prusse, et y porter des armes et des munitions : on espéroit le concours des Prussiens. L'archiduc Jean, avec 80,000 hommes, devoit entrer en Italie. Les Autrichiens ouvrirent la îo avril 1809. campagne en envahissant la Bavière.
Buonaparte battit d'abord , à Abensberg , l'archiduc ao avril. Louis et le général Hiller qui commandoient deux divisions , et les coupa ainsi de la grande armée de l'Ar- 22 et a3 avril, chiduc Charles. Celui-ci fut défait à Eckmùhl et Ratisbonne , et effectua sa retraite le long de la rive gauche du Danube. Buonaparte fit poursuivre ensuite Hiller. qui fut vaincu à Ebersberg , et se retira à Krems, sur la rive gauche du Danube. Ainsi Vienne se trouva sans i3 mai. défense. Cette ville se rendit par capitulation. Ce ftit là que Buonaparte passa le Danube, et livra à l'archiduc, à Ebersdorff, à Gross-Aspern et à Eslin g, deux batailles extraordinairemerit meurtrières, dans lesouelles il perdit 3o,ooo hommes. Il se relira dans l'île de Lobau, où l'armée, coupée de ses réserves et de ses magasins, passa quarante-huit heures dans une grande détresse, jusqu'à ce qu'on eût réussi à rétablir les ponts que les crues du Danube avoient emportés.
16 avril. L'archiduc Jean avoit d'abord battu à Sacile Eugène Beauharnais , qui commandoit l'armée françoise en Italie; mais averti de l'issue de la journée de Ratis* S mai. bonne , il commença sa retraite , fut battu sur la Piave, i4juiu. d se retira jusqu'à Raab, où il éprouva encore un
échec. Eugène se réunit à Parmée de Buonaparte. ai avril. L'archiduc Ferdinand s'empara de Varsovie, et poussa jusqu'à Thorn, amenant aux Prussiens cent pièces de canon. Mais une insurrection qui se forma sur ses derrières le força à la retraite , et les troupes i4 juillet, polonoises s'emparèrent de Cracovie.
ai et 22 mai.
Au commencement de juillet , Buonaparte passa sur la rive gauche du Danube. La bataille d'EnzersdorfF, 5 juillet 1809. où Bernadotte et les Saxons se distinguèrent , fut sanglante, mais non décisive; le lendemain, l'archiduc Charles fut défait à Wagram , et se retira en bon ordre 6 juillet, en Moravie.
Un armistice fut conclu devant Znaïm, à des con- >* juillet; ditions très-onéreuses pour l'Autriche 5 mais les négociations pour la paix traînèrent en longueur , parce que les deux parties attendoient le résultat d'une di- . version que les Anglois avoient faite en Zélande, et que l'Autriche espéroit que la Prusse et peut-être la Russie môme se declareroient pour elle.
Les habitans jdu Tirol , très attachés à la maison d'Autriche, à laquelle la paix de Presbourg les avoit enlevés , avoient pris les armes sous la conduite d'un aubergiste nommé Hofer. Par l'armistice de Znaïm, l'Autriche fut obligée d'abandonner ce brave peuple que les Bavarois et les François réunis eurent de la peine à soumettre
Nous ne pouvons passer sous silence l'expédition hardie que fit le duc de Brunswick , fils et héritier de celui qui avoit commandé à Iéna. A la tète d'un corps de volontaires qu'il avoit Jformé en Bohème, il étoit entré en Saxe , lorsque l'armistice fut conclu. Ne voulant pas l'accepter, il traversa le duché de Brunswick et toute la Basse-Saxe , battit le général westphalien Rewbel qui essaya d'arrêter sa marche, et atteignit; heureusement l'embouchure de l'Elbe, où il trouva des embarcations qui le reçurent avec son monde, et le transportèrent en Angleterre.
Une flotte angloise , commandée par Richard Stra- ^^j™ chan , portant 58,ooo hommes de débarquement , sous "z^ande. les ordres du comte de Chatam , frère de Pitt , qui > étoient chargés de détruire les vaisseaux, les chantiers
1 Voyez , sur îa guerre du Tyrol, l'ouvrage du cheralier Bartholwr , Darstellung des Kriegs der Tiroler Landîeute I. J. 1800, Berlin i8i4, in-8°.
H. -il
et les arsenaux d'Anvèrs et de Flessingue, et d'occu- 5o juillet 1809. per l'île de Walcberen, arriva devant cette île; les i5 août. troupes s'en emparèrent et se rendirent maîtresses de Flessingue au bout d'un siège de quinze jours. Mais lord Ghatam ne put exécuter sa commission quant à Anvers , grâce à la célérité avec laquelle le maréchal Bernadotte y forma une armée de 55,ooo hommes. Toute l'expéclition fut mal dirigée. Au bout de quatre décembre, mois lord Ghatam se rembarqua ; les Anglois firent sauter les fortifications de la place de Flessingue qu'ils ne purent conserver.
La Russie aussi prit part à cette guerre , comme aimai, liée. Un corps, commandé par le prince Serge GaliU zin , étoit entré en Galicie ; mais ce fut une simple démonstration, par laquelle Alexandre voulut remplir un engagement qu'il avoit contracté à regret. , « F ai \ La P a i* entre l'Autriche et la France fut signée à
i4 oct. 1809. kcnœnbrunn. La première cetla ,
i°. A Buonaparte, pour en disposer en faveur des souverains delà confédération du Rhin, Saitzbourg, Berehtolsgaden , le quartier de l'Inn et la moitié de celui de Hausrûck , faisant partie du duché d' Autriche$
*2°. Au même directement : le Frioul autrichien, Trieste, la Carniole, le çfrcle de Villacb, une partie de la Croatie et de la Dalmatie , Fiume et le littoral hongrois, Plslrie autrichienne et la seigneurie de Raezuns dans les Grisons. Toutes ces cessions renfermoient 1,760,000 habitans;
5°. Au roi de Saxe comme tel, quelques villages de la Bohème enclavés en Saxe ;
4°. Au même, comme duc de Varsovie, la Galicie occidentale, renfermant Cracovie avec le cercle de Zamoscz. Vieliczka et ses salines furent décorées communes à ces deux souverains 5 T •
5°. A la Russie, un territoire de la Galicie, renfermant 4oo,ooo âmes, à déterminer par des commissaires.
François 1 er renonça aussi, au nom de l'archiduc Antoine , son frère , aux biens de l'ordre teuton ique , dont les princes de la confédération rhénane venoient
Pl'OvillCPK
lllyrieuueb.
Buonaparte
de se mettre en possession par autorisation de Buona parte.
Le jour de Ja signature de la paix , Buona parte réunit les cessions qui lui avoient été faites directement, en un seul corps d'état. , sous le nom de Provinces lllyriennes , qu'il fit administrer pour son compte , sans jamais les réunir à la France.
Un sénatus-consulte , du 3 mars 1 809 , érigea le gouvernement général des départemens de la Toscane dispos/ de la en grande dignité de l'Empire , pour être conféré à ^J 41 "* * l , dl J une princesse du sang impérial a titre de graude-du- Ber^, chesse. Ce fut madame Efisa Bacciochi , princesse de Lucques et de Piombino , qui, le lendemain, fut dé- 3 nialg coréc de ce titre. Le môme jour, Napoléon \;éda le grand-duché de Berg au fils du roi d'Hollande , s'en réservant le gouvernement pendant la minorité de cet
Aucun outrage n'ayant pu faire fléchir la persévé- Réunion de rânce de Pie VII, Buonaparte se trouvant à Schœn- l'état de Rome, brunn , publia un décret, par lequel les états du Pape 17 mai. furent réunis à l'empire françois, et la ville de Rome déclarée ville impériale et libre. La réunion eut lieu ; mais jamais Rome n'eut l'apparence d'une ville libre. Lorsque le décret fut exécuté , l'intrépide successeur de saint Pierre publia une bulle d'excommunication contre Buonaparte et ses adhérens , coopérateurs et conseils. Depuis ce moment , sa prison fut resserrée. Dans la nuit du 5 au 6 juillet, des satellites de Buonaparte forcèrent les portes de son palais et l'enlevèrent. Après avoir été promené en différentes villes, il fut déposé à Savone , où il passa trois «innées sous une surveillance sévère.
L'an '** 1809 fut malheureuse pour les François par mer. Un capitaine de vaisseau anglois, nommé Yeo , et un colonel portugais, Marqués , s'emparèrent, par un coup de main , de File de Cayenne et de la Guyanne françoise. Le général Beckwith et le contreamiral Cochrane prirent la Martinique par capitulation. L'amiral Gambier et lord Cochrane détruisirent,
11 |UIU,
9 août.
Campagne m* ri ti me de
12 janvier.
11 février.
1 1 a vi il i8oy. par le moyen de raquel tes à la Congre ve t dans la ra de des Basques, à l'île d'Aix, une flotte françoise commandée par les vice-amiraux YiUaumez et L allemand. Le fort françois du Sénégal tomba au pouvoir des Anglois au mois de juin suivant. Le général anglois 7 juillei. Carmichael et un corps d'Espagnols venu de Portorico expulsèrent les François de Santo-Domingo. L'amiral 8 octobre. Colliugwood et le général Oswald se mirent en possession des îles ioniennes.
Mariage Buonaparte étoit parvenu au faîte de la grandeur t de ttuonapaitc. mais le ciel lui a voit refusé des enfans de son épouse Joséphine Tascher de la Pagerie. Du consentement des iG dëc. 1809. deux parties, un sénatus-consulte prononça la dissolution de ce mariage, et Pofficialité de Paris l'annula <) janv. 1810. sous prétexte d'un défaut de forme. Un autre sénatus- 17 févrkr. consulte décerna au fils aîné de l'empereur des François , le titre de roi de Rome , et statua que l'empereur des François seroit couronné une seconde fois à Rome, dans les dix premières années de son règne. Bientôt 1 avril. après , Buonaparte épousa l'archiduchesse Marie- Louise , fille aînée de l'empereur d'Autriche. La Suède Par un traité de paix , conclu à Paris, entre Buonaaccède a» «ptè- parle et Charles XIII , roi de Suède , ce dernier rentra 111ecoatme11t.il. ^ AUS ] a p OSSe ssion de la Poméranie suédoise, à condi-
6 janvier 1010. . ,, r , ^ 1 »
tion d accéder au système continental avec quelques modifications. Si le roi avait exécuté cet engagement, son pays auroit été promptement ruiné sans ressources. Réunion La partie des états du roi d'Angleterre , aue-Buonadu Hanovre au parte s'étoit réservée jusqu'alors, fut cédée par un
^ P ™li!! trait « * con(Ju à Paris > * J <k° me > «on frère , pour être 11 janvier 1810. incorporée au royaume de Westphalie. Buonaparte se réserva , outre le duché de Lauenbourg , un revenu , en domaines , de 4, 55q,ooo francs pour des dotations. Reuuîon Louis Buonaparte a voit accepté à regret la coude ia Hollande ronne de Hollande ; mais une fois qu'il en avoit ceint a la [• tance. SA \ fa e ^ {[ n ' e ut rien de plus cher que les intérêts de ce pays , et résista , autant que la prudence le permettoit, aux ordres de son frère, quand il les jugeoit préjudiciables au bien-être des Hollandois. lien résulta
de fréquents démêlés accompagnés souvent de menaces. Buonaparte reprochoit surtout au gouvernement hollandois de ne pas exécuter , avec bonne foi et rigueur, le système continental, si pernicieux pour leur commerce. Au commencement de l'année 1010, les choses en étoient venues à un point , qu'on s'attendoit à ce que Napoléon , dans un moment d'humeur , fit disparaître le royaume de Hollande du rang des états. Pour détourner ce coup, Louis signa à Paris un *6 ma,s *8»o« traité par lequel un corps de 1 2,000 Hollandois et de 6000 François dût être placé à toutes les embouchures des rivières , pour protéger une tourbe de douaniers françois , chargés de veiller à l'exécution des ordres de Buonaparte. Louis céda le Brabant hollandois , la Zélande et une partie de la Gueldre , de manière <jue le Waal formât dorénavant la frontière , et souscrivit à d'autres charges. En vain cet homme de bien espéra t-il racheter , par un si grand sacrifice , l'indépendance de son royaume. Sous prétexte de quelques insultes que des employés françois avoient éprouvées de la part d'un peuple exaspéré, Buonaparte fit occuper le pays par une armée françoise. Ce fut alors que Louis déposa une couronne qu'il ne pouvoit plus porter avec honneur; il abdiqua en faveur de son fils ; mais 3 juillet. Napoléon , irrité d'une démarche sur laquelle il n'avoit pas été consulté, réunit le royaume de Hollande 9 juillet, à l'Empire françois , par un décret daté de Rambouillet.
Quelques mois plus tard , la république de Valais Re'union qui , depuis 1 802 , formoit un état indépendant , fut du Va,ais réunie à l'Empire françois par un décret de Buona- 12 novembre, parte.
Mais la plus importante des usurpations que Buona- Réunion parte se permit en 1810 , et celle qui amena sa chute, 3^^^" fut la réunion des pays situés sur les côtes de la mer du
Nord , savoir : de quelques districts du royaume de , Westphalie et du grand-duché de Berg , des possessions des princes de Salm-Salm et Salm-Kyrbourg , du duché d'Oldenbourg , des villes libres de Brème et
Hambourg , ainsi que de la ville de Lubeck et du i5 <l»'c. 1810. duché de Lauenbourg. Un sénat us-consulte prononça cette réunion, dont Buonaparte avoit déclaré la nécessité par un message adressé à ce corps soumis et docile.
Camjiapne La France possédoit encore la Guadeloupe et les ma.iiime de $es d e Bourbon et de France. L année 1810, qui Ait le plus baut point de la grandeur de Buonaparte, en Europe , l'en dépouilla. Le général Beckwith et 1 ami- 5 février. ral Cochraue s'emparèrent de la Guadeloupe ; une expédition envoyée par lord Minto, gouverneur-général des élablissemens anglois dans les Grandes-Indes.
ij «il
7 juillet, et 1,000 hommes venus du Cap, réduisirent l'île de
a décembie. Bourbon, et quelques mois plus tard celle de France.
JVJ odification H nous reste à indiquer les modi6cations qu'éprouva
«lu *y*teme j e S y steme continental. Les Anglois avoient fait , en
cotilim utal. 01 • r» iw
1000, le premier pas pour mettre un à 1 état contre 26 avril 1809. nature , que les mesures antérieures avoient établi. Ils révoquèrent d'abord les ordres de 1807, quant à l'Amérique , de manière qu'il fut permis aux Américains de faire le commerce avec tous les ports soumis à l'influence françoise , qui n'étoient pas étroitement bloqués, et le blocus môme fut restreint aux ports de Hollande et de France , et à ceux de la partie septentrionale de l'Italie, depuis Pesaro et Orbiteilo. La clause du décret du 1 1 novembre , relative à la station forcée en Angleterre , fut abolie. Une nouvelle .'t août iSio. époque du système continental commence avec un décret de Buonaparte , qui est connu sous le nom de décret ou tarif de Trianon. Un second , daté de i2*rj>ifmlîre. Saint - Clou d , en est le complément. Distinguant entre marchandises et denrées coloniales, et résolu de
Ïwofitcr , à l'avantage de son trésor , de l'habitude que e peuple s'étoit faite des dernières ♦ il en permit l'introduction moyennant un impôt de 5o pour cent de 19 octobre leur valeur. Un troisième décret, signé à Fontainebleau , et portant le cachet du délire , ordonna de saisir et brûler toute marchandise angloise , en France et dans les pays soumis à son influence. Dès- lors la
de Poilu -al.
France, la Suisse , l'Italie et l' Allemagne furent couvertes de feux de joie qui détruisirent la propriété des negocians'|indigènes , et ouvrirent aux manufactures angloises l'expectative de remplacer un jour toutes ces marchandises consumées.
Nous allons donner le précis des événemens les plus remarquables qui se sont passés dans le reste de l'Eu- » rope , pendant les neuf aunées où la France a joué le rôle prépondérant.
Pendant plus de six ans , le Portugal maintint , à Et** force de sacrifices pécuniaires faits à Paris , sa neutralité entre la France et l'Angleterre. Mais , comme pendant la guerre de Prusse , il avoit trahi sa prédilection pour l'Angleterre , sa perte fut résolue 7 et comme il ne pouvoit se faire illusion sur le danger de sa position , le prince régent s'allia étroitement à la Grande- 2-ioct. 1807. Bretagne , par une convention qui fut signée à Londres 1 . Le général Junot occupa le pays après que la famille royale se fut embarquée pour le Brésil ; il dé- 27 novembre, clara solennellement que la maison de Bragance avoit !«r fé T . 1808. cessé de régner en Europe. Bientôt, à l'exemple des Espagnols, les Portugais brisèrent le joug qui pesoit sur eux. La ville d'Oporto donna le signal de Tin- 6 juin., surreçlion ; une armée angloise , commandée par sir Arthur Wellesley, que par anticipation nous nommerons Wellington, débarqua dans la baie de Mon- 3i juillft. dego , et- défit Junot à Yimeira. Le général fran- 21 août, cois , dont l'armée étoit réduite au plus triste état * obtint du général Dalrymple ♦ qui étoit venu prendre le commandement des Anglois , une capitulation trèshonorable , qui fut signée à Cintra, Junot et ses troupes 5o août, furent transportés en France sur des vaisseaux anglois. L'amiral russe Siniawin ne fut pas si heureux. U se trouvoit dans le Tage avec une flotte de neuf vaisseaux de ligne et une frégate qui avoit fait la guerre aux Turcs dans l'Archipel , il se vit dans la nécessité de livrer cette flotte à l'amiral anglois Cotton. La capi- 3*inicmbie.
1 Le contenu de cette convention n'cit pas connu.
7 mars
544 période; i*<
tulation de Cintra , dont on ne connoissoit pas \eê vraies circonstances, excita, en Angleterre, un si grand mécontentement , que Dalrymple et Wellington y furent appelés pour se justifier.
Pendant leur absence et après l'affaire de la Corogne, Soult reçut ordre de faire la conquête du Portugal , où il ne se trouvoît que 8ooo Angtois , commandés par Gruddock , et l'armée des nationaux qu'on n'avoit pas encore appris à estimer. A la tète de q3,ooo 1809. hommes , il se mit en marche et s'empara de Chaves, première place forte du royaume 5 mais arrivé à Oporto , il trouva les Portugais qui , pendant trois 39 mars, jours . lui disputèrent cette place dont il s'empara à la fin. Mais il y resta un mois sans oser continuer sa marche. Dans F intervalle , Wellington avoit débarqué à Lisbonne , avec une nouvelle armée angloise qu'il commandoit en chef. 11 manœuvra si bien , que vers la fin de mai Soult fut obligé de se retirer en Gallice, en sacrifiant son artillerie et ses équipages. L'année suivante , les François firent une troisième expédition en Portugal ; mais comme elle tient plus particulièrement à la guerre d'Espagne , nous en parlerons un peu plus bas.
Depuis la retraite de Soult , les Portugais jouent un rôle dans l'histoire de la délivrance de l'Europe. Muni de pouvoirs très-étendus, Wellington organisa leur armée et la porta à 4o,ooo hommes , avec l'aide de 600,000 livres sterling que l'Angleterre fournit à cet effet.
de Rh>' Janeir ^ a ^ iaison entre Grande-Bretagne et le Portugal e io aneit-o. d evmt pj us m ti me encore par le traité d'alliance qui 19 «v. 1810. fut conclu à Rio-Janeiro. Là, George III promit de ne jamais reconnoître , roi de Portugal , que l'héritier et Je représentant légitime de la maison de Bragance. Le régent lui accorda le droit de Élire construire des vaisseaux de guerre au Brésil , en prenant tout le bois nécessaire dans les forêts de ce pays , et s'engagea , en abrogeant les stipulations antérieures, à recevoir dans ses ports tel nombre de vaisseaux britanniques qui
VOudroit y entrer. Le régent promit aussi de coopérer avec l'Angleterre à l'abolition de la traite des Nègres. C'est le premier exemple d'une stipulation de ce genre. Avec ce traité il fut encore signé un traité de commerce.
Vers la fin de l'année 1810 , le Portugal devint le théâtre de la guerre , ainsi que nous le dirons en parlant de l'Espagne.
Charles IV , roi d'Espagne , s'étoit flatté] qu'en L'Espagne de se soumettant, par le traité du 3o octobre i8o3 , à un c} y£ } *™™ h paiement de subsides envers la France, ilseroit dis- ° 8 elene ' pensé de la nécessité de prendre part à la guerre qui venoit d'éclater entre Buonaparte et l'Angleterre, te fut la dernière puissance qui , cette fois-ci , commença les hostilités. Quatre vaisseaux de registre , portant en Europe les richesses de la Plata . furent saisis à la hau- 5 oct. i8o4. teur au cap Sainte-Marie , par une escadre angloise ; après cet acte de vigueur qui , sans les négociations dont il fut précédé, pourroit paroître un attentat contre le droit des gens *, Charles IV déclara la guerre 12 décembre, à l'Angleterre ; il eut, l'année suivante, la douleur de 21 oci. i8o5. voir sa marine détruite par la bataille de] Trafàlgar , que l'amiral Nelson gagna sur Gravina réuni à Villeneuve.
fin 1 806 , les Anglois firent une tentative pour s'em- Expédition parer de la colonie espagnole de Buenos-Ayres. L'expé- Bua^ot^^ref! dition partit de Sainte-Hélène , sous les ordres de l'anûral Home Popham 5 les troupes étoient commandées par le général Beresfbrd. Buenos-Ayres capi- 2 juillet 1806. tula , et on y trouva des trésors immenses , qui furent envoyés en Europe 5 mais un mouvement populaire , organisé par un Espagnol nommé Pueridon , et un François , Liniers, força Beresfbrd de se rendre pri- ia août, sonnier avec ses troupes. Popham s'empara de Maldonado et y attendit les secours qui dévoient arriver 29 octobre.
1 L'histoire de cette négociation se trouve dans le vol. VU de lanouv. édit. de Y Histoire des traités de paix , dont Tautear a profité, pour cette partie de son travail , de l'ouvrage classique de M> de Geoz , écrit en allemand.
d'Angleterre. En effet , le général Àuchmuty débarqua , à Maldonado , au commencement de Tannée a février 1807. suivante, et prit d'assaut la ville de Montevideo. De nouveaux renforts étant arrivés , le général en chef 5juilltt. Whitelocke attaqua encore une fois Buenos- Ayres- et pénétra dans la ville : mais Liniers , à la tète des Espagnols, se défendit si bien , crue le général anglois 6 juillet. signa une capitulation par laquelle on lui rendit tous les prisonniers de sa nation ; mais les Anglois promirent d'évacuer Montevideo dans Pespace de deux mois.
Expulsion Charles IV et son miuistre avoient trahi le désir de
d crEh°)a' ue° 8 secouer ^ e j ou S ^ e Buonaparte pendant la guerre de Prusse. Ils crurent se faire pardonner un moment de courage par une suite d'actes de foiblesse. En signant
27 octobre, à Fontainebleau le partage du Portugal, ils ouvrirent l'Espagne aux armées françoises qui se mirent en possession de Saint-Sébastien, Pampehine, Figuièreset Barcelone , et furent maîtresses de Madrid même , pendant qu'une partie de l'armée espagnole se trouvoit en Portugal, et l'autre en Danemarck. La suite de ces imprudences fut le bouleversement de l'Espagne et le mai 1808. dépouillement de la maison de Bourbon , ainsi qu'on l'a vu plus haut.
Campagne <i'Es- Lorsque les Espagnols se soulevèrent contre le roi pa^ne de 1808. intrus , il se forma des juntes ou comités directeurs dans chaque province 5 celle de Séville, composée d'hommes entreprenais, se mit à la tête de l'insurrection , déclara la guerre a Buonaparte au nom de Ferdinand VII, et conclut un armistice avec l'Angleterre. Son autorité ne fut pas reconnue par les autres juntes
Provinciales , qui chacune mirent une armée sur pied, 'outes ces armées combattoient les corps françois qu'elles rencontroient , etétoient le plus souvent vaincues. L'insurrection ne prit consistance qu'après h 30 ji;i!!*t. bataille de Baylen, où i4,ooo François mirent bas les armes sous les généraux Dupont et Vidul. Castannos auquel on devoit ce succès , fut alors nommé généralissime et la junte institua une régence à la tête de
laquelle fut placé le vieux cardinal Je Bourbon. Deux autres événemens encouragèrent beaucoup les Espagnols: Tuu fut l'expulsion de Lefebvre Desnouettes de Sarragosse par Palafox , et l'autre l'arrivée a la Corogne du marquis de la Romana avec 7000 hommes qui, transportés en Fionie pour envahir la Suède, s ctoient embarqués malgré les François pour venir au secours de leur patrie.
Joseph Buonaparte ayant abandonné Madrid pour i« r aoûu8o3. se retirer à Burgos , on établit une junte centrale à Arrnjuez. Elle forma trois armées , celle du nord sous les ordres de Blake et de la Romana; celle du centre sous Castannos , et celle d'Aragon sous Palafox. Immédiatement après l'entrevue d'Erfurt, Buonaparte se mit lui-même à la tête de son armée qui avoit été portée à 180,000 hommes, et, à la suite de plusieurs avantages, il ramena Joseph son frère à Madrid. Pendant 4 décembre, ou'il s'yarrêtoit, deux divisions angloises venues Tune Je Lisbonne , et l'autre de la Corogne , avoient formé leur jonction dans le royaume de Léon; John-Moore les commandoit. Buonaparte marcha contre cette armée qui se retira ; mais arrivé à Astorga , il reçut la nouvelle des préparatifs de l'Autriche : il partit pour Paris , laissant le commandement à Soult. Celui-ci força les Anglois à s'embarquer à la Corogne après une 16 janv. 1809. affaire où Moore avoit perdu la vie.
Un traité de paix et d'alliance fut signé à Londres Campagne <TE«entre l'Angleterre et la Junte suprême, agissant au pagne de îbog. nom de Ferdinand VIL L'Angleterre euvoya en "l anvier - Portugal une nouvelle armée dont Wellington prit le commandement. Le second siège de Sarragosse, entrepris d'abord par Junot et continué ensuite par Dopni» Cannes, est un des événemens les plus extraordinaires Ic 2 °i i,uv » cr » fies guerres modernes. La garnison commandée par Palafox et la population qui s'étoit dévouée , firent des prodiges de valeur. Lorsque les François prirent la *i février, ville, elle n'étoit plus qu un monceau de ruines : on compte que 100,000 hommes périrent à ce siège.
28 taArs 1809. Le maréchal Victor défit Cuesta à Medelin. Blake fat 16 juin. battu à Belchite par Sucliet ; mais Soult qui avoit pénétré eu Portugal, fut repoussé par Wellington. Celui-ci livra aux maréchaux Jourdan et Victor la sanglante ba- 27 juillet, taille de Talavera de la Reyna qui fut au désavantage des François. Le mauvais service que l'armée de Cuesta réunie â celle de Wellington avoit rendu dans cette bataille , décida le général anglois à faire dorénavant avec les seuls Anglois et Portugais une guerre savante, et d'abandonner aux Espagnols le soin d'occuper les François en les harcelant sans cesse , en détruisant les convois et les magasins et en surprenant des 19 novembre, corps détachés. La bataille d'Ocâna que Cuesta perdit contre le général Mortier fut la dernière bataille rangée que livrèrent les Espagnols : depuis ce moment ils se bornèrent à la guerre des guérillas par laquelle ils firent infiniment de mal aux ennemis.
Coi tes de Cadix Depuis le commencement de 1809 la junte centrale de lî5f °* s'étoit retirée à Séville. Vers la fin de l'année on la remplaça par un Directoire Exécutif de neuf membres, et celui-ci , au commencement de 1810, par une régence de cinq membres qui s'établit à Cadix. On y convoqua une assemblée des Gortès dont les membres furent nommés , non par le clergé , la noblesse et les villes qui composoient les véritables états d'Espagne, mais par la masse de la population. Cette assemblée ne pouvant plus rien faire pour la défense du pays s'occupa de donner à l'Espagne une constitution démocratique, en détruisant successivement toutes les institutions de la monarchie.
Campagne d'Er- Soult, général en chef de l'armée du midi, conquit pagne de 1810. en x 8io toute l'Andalousie, à l'exception de Cadix dont Victor forma inutilement le siège. Les principaux efforts des François furent alors tournés vers le Portugal , et cette fois-ci Masséna fut chargé d'entreprendre la réduction de ce pays à la tête de 70,000 hommes. Junot forma le siège de Ciudad-Rodrigo, qui se rendit 10 juillet, après une vigoureuse défense. Almeida fut obligée, peu 37 août, de semaines après f de capituler également. Ces con-
quêtes se firent , sans que Wellington parût vouloir les empêcher ; il avoit commencé dès-lors à exécuter le plan d'une guerre de défense qu'il avoit conçu après la bataille de Talavera. Au printemps il se trou voit posté sur la Coa 5 il commença à se retirer après la chute de Ciudad-Rodrigo , et ne s'arrêta qu'à Torrès-Vedras. Quatre mois furent employés pour effectuer lentement cette marche rétrograde. Masséna le suivoit pas à pas , s'épuisant par des fatigues continuelles et par des combats journaliers , et luttant contre la famine , parce que l'armée angloise emportoit ou détruisoit tout ce qui se trouvoit sur son chemin. Vers la fin d'octobre, Wellington s'arrêta dans une position inexpugnable, où pendant quatre mois le général françois ne put l'entamer. Wellington profita de cet intervalle pour attirer à lui les renforts considérables qui lui arrivoient par Lisbonne : il se prépara ainsi à tomber sur son adversaire lorsqu'enfin l'impossibilité de subsister plus longtemps dans un pays dévasté le forceroit à s ébranler.
En donnant le précis de l'histoire de France, nous Etat de la avons parlé du renouvellement des hostilités entre Grande-Bre- Buonaparte et la Grande-Bretagne en i8o3, ainsi que tagnc. de la part que cette puissance eut aux guerres du continent de ioo5 , 1807 et 1809. Les efforts qu'elle fit pour les entretenir, augmentèrent sa dette jusqu'à une masse effroyable; mais les progrès toujours croissans de son commerce fournirent les moyens de faire face à toutes les dépenses. En vain Buonaparte a voit-il espéré ruiner l'industrie angloise par le système continental; dans les colonies françoises , espagnoles et hollandoises que l'Angleterre conquit, elle trouva de nouveaux débouchés pour remplacer ceux qui lui étoient fermés sur le continent de l'Europe. L'empire des mers resta aux Anglois, et ils anéantirent en 1807 la marine du Danemarck , seule puissance à laquelle il en restât une. C'est un événement dont nous parlerons plus bas.
L'année 1806 est remarquable par l'abolition de la Abolition traite des Noirs dans les colonies angloises. Depuis 1785 les Nègres avoient trouvé dans le parlement de
de la iraile <lr* noin.
55o PÉRIODE IX.
zélés défenseurs, parmi lesquels Fox, Wilbcrfbrce et Pittétoient les plus distingués. Mais le gouvernement, trop sage pour précipiter une mesure qui pouvoit compromettre la fortune des planteurs , et même la tranquillité des colonies , voulut d'abord consulter l'expérience et laisser aux propriétaires le temps de se préparer à un autre ordre de choses. Pendant vingt années il empêcha l'adoption du bill que Wilberforce portoit régulièrement au parlement, pour demander des lois prohibitives contre la traite. Ce ne fut que lorsque Fox et Grenville entrèrent au ministère qu'on s'occupa sérieusement de cette question. Un acte du parlement 16 mai i8uf». sanctionné par le roi , interdit à dater du i Br janvier 1807 l'exportation d'esclaves des colonies angloiaeset leur introduction dans des colonies étrangères. Uu 10 juin. second acte prononça , comme principe, l'abolition totale de la traite des Noirs ; une circonstance qui rend suspects les motifs d'humanité par lesquels on provoqua cette déclaration, fut l'invitation adressée en même temps au roi de réclamer le concours de l'Amérique septentrionale et des puissances européennes pour IV bolition de ce trafic. Un bill du 6 février 1807, que le roi sanctionna le 17 mars suivant, statua qu'il cesseroit absolument, à dater du i er mai suivant , de manière cependant que les batimens partis pour la traite pour* roient importer des esclaves dans les Indes occidentales jusqu'au 1 er janvier 1808. Les colonies angloises en Amérique , surtout l'île de Jamaïque , n'éprouvèrent pas de pertes par cette mesure ; la culture de la terre y étant parvenue à un point qui ne supportoit plus daccroissement.
Etat De tous les pays qui se trouvoient sous l'influence
Je la Hollande. J e Napoléon, le plus malheureux sans contredit étoit la Hollande. Son commerce , unique ressource de sa population nombreuse, anéanti par le système continental; ses finances dérangées au point que malgré toutes les économies , le déficit annuel fut régulièrement de vingt millions de florins : ses habitans vexés tantôt par les soldats de Buonaparte, tantôt par ses douaniers*
el comme si la nature d'accord avec la politique avoit conjure sa perte, son sol dévasté et son industrie détruite par des inondations périodiques, par des incendies et d'autres calamités ; tel est le tableau que ce pays offre jusqu'au moment où Buonaparte fit disparoître l'ombre d'indépendance dont il avoit joui. Après diverses variations la république obtint une constitution semblable à celle qui régissoit la France depuis 1 5*04 , et à la tête du gouvernement fut placé, sous le titre de grand-pensionnaire, M* Schimmelpennink, revêtu avril iS 0 5. de pouvoirs comme le dernier stadhouder n'en avoit pas exercés , même après la révolution de 1 788. Nous avons vu comment ce pouvoir fut rendu héréditaire avec le titre royal en faveur de Louis Buonaparte , et comment la monarchie hollandoise disparut à la volonté de Napoléon.
A l'exception de quelques émeutes partielles qu'on Euude la Suisse, ne remarque pas dans un grand tableau comme celui que nous traçons , la Suisse fut tranquille sous le régime des gouvernemens que Buonaparte lui avoit don- 19 fe'v. i8o3. nés par l'acte de médiation. Le système continental et la prohibition dont la plupart des marchandises suisses Soient frappées en France, paralysèrent l'industrie et le commerce, et causèrent beaucoup d'émigrations qui pour la plupart se dirigèrent vers l'Amérique septentrionale. Un traité que le général Ney signa à Fri- 27 septembre, bourg, régla d'une manière plus avantageuse pour ce pays que du temps du Directoire, les rapports entre le protecteur et la confédération helvétique. Buonaparte se contenta d'une allianee défensive; mais les Suisses s'engagèrent à tirer des salines de France leur provision de sel dont ils avoient coutume jusqu?alors de recevoir une partie par la Bavière : cette provision se montoit à 200,000 quintaux par an , et le bénéfice <pe la France faisoit sur la fourniture suffisoit pour 1 entretien de plus de 20,000 hommes de troupes. Le même jour il fut signé une capitulation militaire par laquelle Buonaparte prit à son service 16,000 Suisses volontairement enrôlés. Chose étonnante ! dans cette
population guerrière qui cherchoit un refuge contre la misère dans les déserts de l'Amérique, on ne trouva
Eas de quoi remplir les cadres de 16,000 hommes, 'état incomplet des régimens suisses fut un sujet continuel de plaintes pour Buonaparte.
Etai de l' Julie. Le nombre des états d'Italie ne faisoit que diminuer, et à la fin de l'époque dont nous nous occupons, la presqu'île entièrement soumise à l'influence de Buonaparte, étoit partagée, de nom, entre la France, le royaume d'Italie et celui de Naples, sans parler delà petite république de Saint-Marin qui au milieu du bouleversement général comserva son indépendance. Royaume La république italienne qui depuis i8o5 portoitle a'italie. xltre de royaume d'Italie, gémissoit sous le poids des contributions qu'exigeoient l'entretien des troupes françoises et le paiement des listes civiles du roi et du vice-roi. Ce pays supportoit avec impatience la loi sur la conscription militaire qui étoit contraire aux goûts et aux habitudes de ses nabitans. Le royaume obtint , sans en être plus heureux , des agrandissemens, après la paix de Presbourg par la réunion des proa avril 1807. vinces ci-devant vénitiennes, et en 1807, par celle de quatre provinces de l'état ecclésiastique. Eugène Beauharnais , revêtu du titre de prince de Venise , fut proao décembre, clamé héritier du trône d'Italie à défaut de descendais mâles de Buonaparte.
Royaume Le royaume de Naples fut bouleversé au commendeKaples. cément de 1806. Ferdinand IV se retira en Sicile, et fut remplacé par Joseph Buonaparte , qui n'occupa ce trône f ragile que jusqu'en 1 808 : alors il le troqua contre un autre plus fragile encore. Mais avant de remettre le royaume de Naples à Joachim Murât , désigné pour loi 20 juin 1808. succéder, il voulut immortaliser son nom en donnant à ce pays une constitution que Napoléon garantit. Les tentatives du nouveau roi de conquérir la Sicile échouèrent.
Changemens L'Allemagne éprouva deux révolutions complètes dans ° ma^e par ^ es neu ^ aiineesa o n t nousdonnons le précis. La constitorecèsdela de pu- tion de l'Empire germanique fut changée sous divers rap* lation de i8o3.
pôti6 oà&rjnttels par le recès de la députation de Ralis- 26 k'v. i8o5. bonne. De tous les princes ecclésiastiques qui appartenoient au corps germanique, on n'en conserva que trois, l'électeur archichancelier remplaçant l'ancien électeur de Mayence; le grand-maître de Tordre teutonique et le grand-prieur de celui de Saint-Jean de Jérusalem : les terres des autres, ainsi que les biens de toutes les fondations ecclésiastiques , médiates ou immédiates , servirent soit à indemniser les princes héréditaires qui avoient perdu la totalité ou une partie de leurs Etats, sur la rive gauche du Rhin , soit à agraurdir ceux que la politique de Buonaparte ou celle de la Russie favorisoit. À la place des deux électeurs ecclésiastiques qui furent supprimés on en nomma quatre laïcs, dont un seul catholique, celui de Saltzbourg, qui étoit l'ancien grand -duc de Toscane, et trois protestans , ceux de Wurtemberg, Bade et Hesse- Cassel. La maison d'Orange obtint révêchéde Fulde et d'autres terres;leBrisgau et FOrtenau furent cédés au duc deModène , qui les laissa en mourant à son gendre l'archiduc Ferdinand. Le rapport entre les deux religions fut encore plus fortement altéré dans le collège des - princes où les protestans acquirent une telle supériorité,, que le chef de l'Empire refusa la ratification 4e cet article du recès. Le collège des villes libres fut r^r duit à six : Augsbourg, Lubeck, Nuremberg, Francfort, Brème et Hambourg; on couserva la noblesse immédiate , mais ceux de ses membres qui avoient droit à une indemnité en furent frustrés , parce qu'il ne restoit rien à leur distribuer. A la place des péages existant sur le Rhin, il fut établi un octroi de navigation . sur ce fleuve, dont les revenus durent être partagés • entre la France et l'Allemagne : uue partie de la dotation de l'archichancelier fut fondée sur ce revenu.
L'exécution du recès de la députation donna lieu à plusieurs conventions entre les Etats d'Empire, ainsi qu'à des prétentions incessamment renaissantes. Il s'éleva à cette occasion tant de difficultés, principalement par suite du refus de l'empereur de ratifier
le rccès sans modifications, que l'Empire futdissotf* avant que cette nouvelle loi fondamentale pût ôlre mise en pratique dans tous îes points.
Changement La paix de Presbourg créa deux nouveaux rois dans «Ude^ret le ^ de ^emagne : les électeurs de Bavière et de bourg. r Wurtemberg prirent cette dignité. Ces deux princes et l'électeur de Bade furent déclarés souverains, et obtinrent des agrandissemens aux dépens de l'Autriche, de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem et de la ville d'Augsbourg.Le roi de Bavière réunit cetteville libre à sesEtats. L'électeur deSaltzbourg troqua tout ce que le recès de la députation de l'Empire lui avoit donné, contre la
Erincipauté de Wurtzbourg qu'on enleva au roi de avière. Le titre électoral fut transféré sur ce pays. La grande-^maîtrise de Tordre teutonique fut sécularisée en faveur d'un prince de la maison d'Autriche. L'héritier du duc de Modène perdit le firisgau et l'Ortenau, qui échurent à l'électeur de Bade.
Dissolution L'anéantissement de l'empire germanique dont les a* l'Empire <5]<i m ens se trouvent dans ce traité, fut effectué par la germanique. con f^ J^ r ation rhénane , que les rois de Bavière et de Wurtemberg , l'archiebancelier, l'électeur de Bade, le duc de Clèves et Berg, le landgrave de Hesse-Darmstadt, les princes de Hohcnzollern , ceux de Salm, celui d'Isembourg, celui de Lichtenstein , celui d'Aremia juillet 1806. berg et le comte de la Leyen conclurent a vecBuonapartc, nommé protecteur de la ligue, ce qu'ils annoncèrent par des déclarations remises â la diète. L'acte par le- 6âoni. quel l'empereur François II abdiqua la couronne d'Allemagne compléta la dissolution du corps germanique. Les princes qui prirent part à la confédération usurpèrent la souveraineté à la place de la simple supériorité dont ils jouissoient auparavant sous l'autorité de l'Empire ; renversant les bornes que les constitutions et les lois , que des usages de la plus haute antiquité et des conventions synallagmatigues opposoient à leur pouvoir absolu , ils donnèrent un funeste exemple en foulant aux pieds les droits bien acquis de leurs peuples. Us poussèrent l'injustice plus loin encore : ils
S'arrogèrent la domination sur les princes , comtes et villes, leurs co-états et leurs égaux, qu'un sort mal-* heureux avoit placés dans leur voisinage, et qui n'avoient pas été avertis à temps pour se rendre à Paris > afin de contrarier l'intrigue qui fut l'Ame de cette opération, ou d'y prendre part. L'électeur archichancelier se qualifia dès- lors de prince- primat'; l'électeur de Bade , le duc de Berg et de Clèves , et le landgrave de Hesse-Darmstadt prirent le titre de grand -ducs auquel l'acte du 12 juillet attacha les prérogatives de la dignité royale; le chef de la maison de Nassau prit la qualité de duc , et le comte de la Leyen celle de prince. Une diète fédérale , divisée en deux collèges , devoit délibérer sur les intérêts généraux de l'union; mais elle ne s'assembla jamais. Des six villes libres que le recès de la députation avoit conservées , le roi de Bavière s'étoit fait adjuger Augsboilrg par la paix de Presbourg; il eut encore Nuremberg, par racte de confédération; Francfort échut au prince-primat, de manière qu'il ne resta plus que les trois villes anséatiques.
Plusieurs autres • princes entrèrent successivement Àccewioii» à la dans cette confédération : mais aucune de ces accès- c<> n /^ e ' r » tlon sions n'étoit volontaire ; toutes furent des conséquences de la guerre de Prusse, qui éclata en octobre 1806. Ces princes furent , dans l'ordre chronologique de leur accession : l'électeur de Wurtzbourg , ancien électeur de Saltzbourg, qui prit le titre grand-ducal qu'il avoit porté jusqu'en ioo5 , lè roi de Saxe, les ducs de Saxe « la maison d'Anhalt , celle de Schwartzbourg,le prince de Waldeck, ia maison de Lippe, celle de Reuss. le roi de Westphalie , par le titre de sa création , la maison de Mecklenbourg , enfin le duc d'Oldenbourg. Ainsi toute l'Allemagne entra successivement dans cette confédération , à l'exception des provinces que la Prusse y conserva, du Holstein, que le roi de Danemarck réunit à ses autres Etats , de la Poméranie suédoise ♦ de la grande-maîtrise de Tordre teutonique,
rhénane.
et des parties de l'Allemagne que Buonaparte se réserva après la paix de Tilsit.
Nous allons indiquer quelques autres changemens qui furent opérés, surtout après la paix de Schœnbrunn, dans la composition de la confédération. Agrandissement Le grand-duché de Berg fut considérablement agrandu 6 ,an J^ ,l,chë di. Non-seulement Joachim Murât, sous prétexte que e rg * le prince d'Orange-Fulde avoit porté les armes contre lui en servant, en 1806, dans l'armée prussienne, confisqua les possessions patrimoniales de la maison de Nassau-Orange, que l'acte du 12 juillet 1806 avoit ïlacées sous sa souveraineté; mais au commencement le l'année 1 808 , Buonaparte céda encore à son beaufrère une partie de la dépouille prussienne , savoir : les seigneuries d'Elton , d'Essen et Werden ; le comlc de Marck , la principauté de Munster et les comtés de Tecklenbourg, Lingen et Dortmund, contre lesquels i5 juillet 1808. Murât lui abandonna la forteresse de Wescl. Bientôt après il rendit tout le grand-duché de Berg à Buona-
Farte, qui, après en avoir fait cadeau à son neveu, enfant de Louis , le fit dès-lors administrer pour son propre compte. Le sénatus -consul te du i3 décembre 1810 écorna le grand-duché, qui obtint , à titre d'indemnité, une partie des possessions du prince d'Àremberg, un des membres souverains de la confédération rhénane.
Agrandissement Le royaume de Westphalie fut agrandi, en 18*0, fS'L^teTtslo: P"'fc» réunion des Etats du roi d'Angleterre en Allemagne, excepté le duché de LauenbôUrg , ainsi que nous l'avons rapporté; toutefois, il éprouva une perte par le sénatus-consulte du i5 décembre de la même année.
Erection p eu temps après avoir disposé du pays d'Ha-
du grand-duche A â / l
de Francfort. n «vre, mionaparte engea le grand-duene de ? rranc- 16 février 1810. fort, c'est-à-dire, qu'aux possessions du prince-prima! .
distraction faite de la principauté de Ratisbonnc, il ajouta le pays de Fulde et la plus grande partie du comté de Iianau , à condition qu'après la mort du prince-primat qui dès-lors prit le titre de grand-duc
de Francfort , ces pays passeraient à Eugène Beauharnais et à sa descendance mâle, à défaut de laquelle ils seroient réversibles à la couronne de France. Le grandduc céda à Napoléon la principauté de Ratisbonne et sa moitié de l'octroi de navigation du Rbin.
L'électeur de Bavière avoit perdu, par la paix de Lu- Agrandissement néville, la partie du Palatinat située sur la rive gauche ° c ,a ,iaMÙI °» * du Rhin , et le duché de Deux-Ponts; le recès de i8o5 le dépouilla du reste du Palatinat : mais cet acte le dédommagea largement en lui donnant les évêchés de Baaiberg, Wurtzbourg, Freisingen , Passau et Augsbourg, avec plusieurs abbayes et villes libres. Par la paix de Presbourg, Buonaparte lui enleva Wurtzbourg ; mais il lui donna une partie considérable de la dépouille autrichienne , et nommément le comté de Tyrol qui renferme plus de 700,000 habilans. Pour récompenser ce monarque du zèle qu'il avoit montré en 1609, Buonaparte le mit en possession des principautés deBayreulh et de Ratisbonne, du duché de Saltzbourg avec Berchtolsgaden , et de la partie de l'Autriche inférieure à laquelle l'empereur avoit renoncé par la paix de Schoanbrunn. En revanche le roi de Ba - • vière rétrocéda une partie du Tyrol ayant 5o.%ooo âmes ; elle fut réunie soit au royaume d'Italie , soit aux Provinces Illyriennes.
Par le moyen d'échanges et de concessions récipro- Autres changeques dirigées par Buonaparte, le roi de Wurtemberg ™ e ™ ^^f^ et les grand-ducs de Bade , de Hessc et de Wurtzbourg 4 tion C riiquauc! reçurent , après la paix de Presbourg et deSchœnbrunn , des agrandissemens considérables.
Le sénatus-consultedu 1 3 octobre 18 10 démembra la confédération du Rhin deplusieurs parties dugrand-duché de Berg et du royaume de Westphalie, les possessions des princes de Salm, le bailliage de Meppen appartenant au prince d'Arc mberg, et le duché a Oldenbourg 5 en tout, une population de 926,000 âmes.
Par la paix de Lunéville, la monarchie autrichienne ^ LA \ d<- l'empire avoit perdu en surface et en population , mais clic i] Al,u ,C,IC avoit gagné 6 millions de francs en revenus. Le gou-
reniement luttoît sans cesse contre le délabrement des finances et contre la trop grande masse du papiermonnoie : ni les économies , ni les emprunts ne pureot les rétablir. Après le changement de la république
4 août i8o4. jfrançoîse en empire, François II prit le titre d'empereur d'Autriche 1 L'embarras des finances fut augmenté encore par la guerre malheureuse dei8o5. La aGdec. i8o5. paix de Presbourg coûta à l'empereur les Etats ci-devant vénitiens, le Tyrol, toutes les possessions de sa maison en Souabe ; il n'acquit par ce traité que le duché de Saltzbourg avec Berchtolsgaden. Ses pertes se montoient à plus de 1,000 milles carrés, et à près de 5 millions de sujets. Outre Saltzbourg et Berchtolsgaden, le ci-devant grand-duc de Toscane perdit aussi Passau et Eichstett : il obtint la principauté de Wurtebourg. L'héritier de la maison d'Est fut dépouillé du Brisgau et de l'Ortenau ; la grande-maîtrise de l'ordre teutonique fut sécularisée pour un archiduc au choix de l'empereur.
Au commencement de Tannée 1807, l'Autriche fit des arméniens qui indiquent que, sans la précipitation avec laquelle la paix de Tiïsit fut conclue , elle auroit pu faire Une puissante diversion sur les derrières io octob. 1807. «Je- l'armée françoise. Ce ne fut que par la convention de Fontainebleau qu'elle obtint la restitution deBraunau , dont les François étoient restés en possession : elle Tacheta par de' nouvelles pertes territoriales du côté de l'Italie. Dès ce moment, Tarchiduc Charles, frère de l'empereur, travailla a réorganiser l'armée, à y introduire un autre ordre et une autre discipline, a former des milices et à rétablir les forteresses. H sut inspirer à la nation un enthousiasme dont elle n'avoit pas encore donné d'exemple; les riches particuliers tirent des sacrifices pécuniaires considérables.
ioact.i8o9. La paix de Schœnbrunn, qui termina la guerre de 1809 , fit descendre l'Autriche au rang de la troisième puissance du continent : la monarchie conserva uni?
4 Comme lel , il se. nomma f ta a.qoh { .
1789— iBi5. 559
surface de 947 1 milles carrés, et une population de !» 1 millions d'âmes; mais séparée delà mer par la perte de Trieste et de Fiume , elle vit son commerce anéanti* I^a masse du papier-monnoie , qui se trou voit dans les provinces cédées, reflua vers le centre de la monarchie, et fit tomber le cours de ces papiers à un cinquième de leur valeur nominative.
La Prusse gagna 4'J 6,000 sujets , et plus de quatre Eut millions de francs de revenus , par le recès de la dépu- '* Pm^t. tation de i8o5 , et les provitices quelle acquit , établirent, au moins jusqu'à un certain point, la contiguïté de ses possessions westphalieunes avec le centre de la monarchie 1 . Une convention avec l'électeur de Bavière, sur un échange de territoire, arrondit les principautés franconiennes. Le roi s'occupa dès-lors à guérir , par une sage administration , les plaies que la guerre et les arméniens a voient faites à sou pays. Eu vain employa-t-on tous les moyens de persuasion pour le faire entrer dans la troisième coalition; il n'y eut que la violation de son territoire , par les troupes françoises , qui put enfin ly décider. Nous avons pari»' de la convention de Potsdam , par laquelle il eu prit 3 nov - i8n5 l'engagement éventuel, et de la tentative qu'il fit pour rétablir la paix par la voie de la négociation; nous avons dit comment, sans le vouloir, il se trouva, par »5 décembre, la tournure que son ministre donna à la négociation dont il étoit chargé, l'allié de celui qu'il avoit voulu combattre. La Prusse obtint , par le traité de Vienne , la possession précaire de l'éleclorat d'Hanovre, contre lequel elle céda Anspach, Clèves et Neufchâteî; la surface de toute la monarchie s'élevoit alors à 0^6 milles carrés, habités par 10, 658, 000 âmes.
L'occupation du Hanovre attira a la Prusse une guerre avec l'Angleterre, et la perfidie de Buonaparte la força bientôt à la déclarer a la France. Buona-
1 La monarchie avoit, en i8o3, ttue surlace de daSt, mille* carrés , nyant <j,t 17,000 habitant;. Voyez Demi AN, Ilist. diplom. Ubersicht des Lœnder-und Vollsbestandcs der preuss. Monarchie , von bis 1817. Berlin 1817 , in-8°.
56o PÉRIODE IX.
parte avoit offert ce môme pays d'Hanovre au roi d'Angleterre , et contrarié la Prusse dans le projet de faire entrer la Saxe , la Hesse et les villes hanséaliques dans la confédération qu'elle vouloit opposer à celle du Rhin. Ainsi , la convention de Vienne devint la cause des malheurs de la Prusse. Frédéric-Guil- . a8 janv. 1807. laumc renonça au pays d'Hanovre, parla paix qu'il conclut avec George lll, à Memel; mais le traité de 9 juillet. Tilsit coûta à ce dernier la moitié de ses états 1 . Ce sacrifice ne suffit pas pour apaiser le ressentiment de Buonaparte ; abusant des termes équivoques de la convention de Kœnigsberg, il ne rendit au roi que ia partie de ses provinces située à l'est de laVistule: elles étoient dévastées par la guerre , et presque réduites en désert. Pour rentrer, après seize mois de paix, dans la possession des autres provinces , il fallut 3noT. 1808. encore s'engager au paiement de 120 millions de francs, laisser entre les mains de Buonaparte trois forteresses à titre de gage , et s'engager à ne pas mettre au-delà de 4o,ooo nommes sur pied.
Le plus grand dénuement régnoit en Prusse à l'époque ou Frédéric-Guillaume III rentra dans l'administration de son pays. Les armées avoient' dévoré la fortune des habita us ; la population avoit subi une forte diminution, et les maladies, compagnes de la misère, en moissonnoient continuellement des parties considérables. Le roi s'imposa les privations les plus pénibles pour satisfaire aux obligations contractées envers la France, et obtenir par là l'évacuation définitive de la monarchie, ainsi que pour secourir les provinces \jui avoient souffert plus que les autres , par le séjour de l'armée ennemie; pour relever l'agriculture et l'industrie de ses sujets , pour recréer le matériel de l'armée et préparer ainsi les moyens de remonter au rang que la monarebie prussienne avoit anciennement occupé.
Indépendamment des vexations que Buonaparte
» Savoir : 2667 mille» canes , 4.670,000 âmes.
cicrça coutre la Prusse, par la prolongation du séjour de son armée et par les contributions qu'il lui imposa * ce pays éprouva encore une spoliation dont l'histoire n'offre peut-être pas d'exemple. Par une convention 10 mai 1808. que le roi de Saxe , en sa qualité de duc de Varsovie , conclut avec Buonaparte, pendant qu'à Bayonne celuici ôetruisoit la monarchie espagnole , Buonaparte lui céda pour une somme de vingt millions de francs , non-seulement les créances du roi de Prusse sur ses sujets polonois ( Je roi les avoit abandonnées par la paix de Tilsit ) , mais aussi celles des établissemens publics de Prusse , tels que banque , société du commercé maritime, caisse des veuves, hôpitaux , fondations pieuses, universités et écoles, et ce qui peut paroître incroyable, celles des particuliers prussiens sur des sujets polonois. Ces créances étoient d'autant plus considérables , que depuis l'introduction du système hypothécaire dans la Prusse méridionale, les capitalistes des anciennes provinces avoient avancé de fortes sommes à des propriétaires polonois , pour l'amélioration de leurs patrimoines. Ces capitaux ainsi enlevés à ceux qui les avoient fournis , et transportés sur le roi de Saxe, étoient estimés d'abord à 43 j/2 millions de francs , et 4 millions d'intérêts arriérés ; mais les autorités du duché de Varsovie en découvrirent jusqu'à 66* millions. En vain Frédéric-Guillaume offrit-il de racheter cette prétendue propriété du roi de Saxe, en remboursant les 20 millions de francs que celui-ci avoit été obligé , disoit-on , d'en donner à Buonaparte. Le bouleversement de i8i4 a fait jus^tice de cette iniquité comme de tant d'autres.
Le nord de l'Europe fut troublé à cette époque par trois guerres : celle des Aiiglois contre le Danemarck , qui amena une rupture entre les cabinets de Saint- Pétersbourg et de Londres; celle de Russie contre la Suède, dans laquelle le Danemarck fut entraîné; et enfin la guerre entre la Porte et la Russie , où l'Angleterre joua un rôle. Expédition
L'expédition des Anglois contre l'île de Sélande, An^lois à
Copenhague ci»
est un événement que les contemporains ont juge* avee une grande sévérité , et qu'on ne sauroit entièrement justifier , parce qu'il est de la nature dé toute guerre de prévention, de détruire les preuves de sa nécessité. Si néanmoins , d'une part , on considère ce qu'après la paix de Tilsit , demandent l'intérêt de Buonaparte , ou , pour mieux dire , l'exécution du système qu'il avoit conçu ; si , d'une autre part , on examine la conduite que , peu de temps après , il s'est permise contre le Portugal et l'Espaguc , il est impossible de ne pas excuser l'Angleterre. La paix de Tilsit avoit exclu le commerce anglois de tous les ports méridionaux de la mer Baltique; c'étoit peu de chose tant que la Suède et surtout le Danemarck qui , par le Jutland , communique avec le continent , lui ouvraient leurs ports. Plusieurs indices annonçoientque l'intention de Buonaparte étoit de s'emparer du Danemarck aussitôt après la paix de Tilsit , et le ministère anglois a assuré être en possession des preuves de ce plan.
Le gouvernement britannique mit à l'expédition , par laquelle il résolut de prévenir ce plan , une activité et une célérité dont il n'avoit pas fait preuve jusqu'à présent , lorsqu'il s'agissoit de venir au secours de ses alliés ; et cette différence dans sa conduite n'a pas peu servi à faire juger défavorablement l'entreprise qu'il exécuta contre le Danemarck en 1807.
Une flotte angloise , portant une armée de débarquement à laquelle se réunit ensuite la légion banôvrienne de 7,000» hommes , qui étoit encore dans Me de Rugen , sortit des ports a Angleterre vers la fie de juillet et au commencement d'août. Elle se partagea en deux divisions, dont Tune sous le commodort Keats , se plaça au grand Bell que jusqu'alors on afoit cru intenable à des vaisseaux de guerre; elle coupa ainsi l'île de Sélande de la terre-ferme où se trouyoit l'armée danoise et le prince royal. La seconde division , sous les ordres de l'amiral Gambier , portant des troupes de débarquement que commandoitlord CaùV
1789 — i8i5. 565 cart, se rendit devant Copenhague. M. Jackson fut envoyé à Kiel , pour exiger du prince royal l'extradition de la flotte danoise dont Buona parte avoil, disoiton, l'intention de se saisir. Après une négociation infructueuse , Copenhague , que les troupes de lord Cathcart avoient cerné du côté de la terre-ferme , fut bombardé pendant trois jours ; une grande partie de 2 » 3,4 «ejit. la ville fut détruite. Enfin, le général Peymann, qui 1 comraandoit en chef les Danois, demanda un armistice pour traiter de la capitulation. .Sir Arthur Wellesley , le même qui, peu de temps après, s'illustra en Portugal, signa cette capitulation de la part des An- 7«rpiembte. glois. La citadelle fut remise aux Anglois ; on leur livra la flotte avec les objets de marine se trouvant dans l'arsenal, et les magasins, et ils stipulèrent un délai de six semaines pour faire partir le tout, après quoi ils promirent de rendre la citadelle et d'évacuer l'île de Sélande.
C'est ainsi que la manne danoise, composée de 18 vaisseaux de ligne, i5 frégates, 6 bricks et 25 chaloupes canonnières, tomba au pouvoir des Anglois. Pendant les six semaines convenues , la cour de Londres offrit au Danemarck, l'alternative entre le rétablissement de sa neutralité et une alliance intime avec l'Angleterre. Le prince régent ayant refusé l'une et l'autre, l'Angleterre lui déclara la guerre; mais elle ne se 4 novembre, permit pas de violer la capitulation de Copenhague: l'évacuation de cette ville et de la Sélande eut lieu à l'époque fixée.
Cet événement jeta le Danemarck dans le système Alliance A* françois ; son ministre conclut , à Fontainebleau , un oê"ob!c " traité d'alliance, dont le texte n'a pas été rendu public: mais à en juger par les événemens qui s'en suivirent , il y a été convenu que les îles danoises seroient occupées par des troupes françoises, destinées à agir contre la Suède. Ce fut au mois de mars 1808 , que 52, 000 François, Hollandois et Espagnols ( les derniers venus du royaume d'Etrurie ), tous sous les ordres du maréchal Bernadotle , arrivèrent en Sélande , en Fionie
et dans les autres îles; mais la défection des troupes espagnoles et la guerre d'Autriche empêchèrent l'enva^hissement projeté de la Suède, Les Ânglois se mirent en possession des colonies du Danemarck ; ils rui^ lièrent le commerce de ses sujets. Frédéric VI qui, après avoir été depuis 1784, à la tète du gouverneibo& ment comme régent, succéda à son père Christian Vil, exécuta strictement le système continental, surtout depuis le commencement de l'année 1810, où les deux comtes de Bernstorfi , fils d'André Pierre , se retirèrent du ministère. Il alla même jusqu'à faire arrêter les Anglois qui se trouvoient en Danemarck.
CU de^8o8 <nl L'expédition des Anglois contre Copenhague en- 6 nov. 18À7. 8 a g ea l'empereur Alexandre à leur déclarer la guerre.
Ce monarque entra absolument dans le système continental , et exigea du roi de Suède , qu'en exécution des conventions sur la neutralité armée du Nord, il ïût donné force au principe d'après lequel la Baltique est une mer fermée. Le roi de Suède objecta que les principes établis par les conventions de 1780 et 1800, avoient été abandonnés par celle du 17 juin 1801 ; que les circonstances étoient entièrement changées depuis que le Danemarck, sur la coopération duquel on a voit compté antérieurement , avoit perdu sa flotte, et depuis qu'indépendamment du Sund les Anglois s ? étoient ménagé une seconde entrée dans la Baltique , par le grand Belt. Ces observations ne le sauvèrent pas d'une
guerre ruineuse.
21 fémer 1808. Une armée russe entra en Finlande, la général Buxhoewden , qui la commandoit annonça aux habitans de cette province que l'empereur Alexandre avoit jugé nécessaire de l'occuper, afin d'avoir un gage qui lui assurât l'acceptation , par le roi de Suède , des propositions de paix que lui faisoit la France. Quoique les troupes suédoises, qui se trouvoienten petit nombre en Finlande , la défendissent vaillamment , elles durent céder àla supériorité des forces russes et se retirer jusqu'en Ostro-Bothnie. Sweaborg, le boulevard de la Finlande, Garni, réputé imprenable, fut rendu après un siège de peu
(le jours, par le vice-amiral Kronstedt. Déjà un manifeste d'Alexandre avoit déclaré le grand-duché de Fin- mai* ,808. lande incorporé à son empire.
Cqtte attaque imprévue excita le plus vif ressentiment de Gustave IV Adolphe. Ce prince s'oublia jusqu'à faire arrêter M. d'Alopeus , ministre de Russie à sa cour, Le Danemarck lui ayant aussi déclaré la guerre, une 29 février, armée suédoise de 20,000 hommes commandée par le général Armfeld , entreprit la conquête de la Norwége ; i3 avril, elle fut repoussée avec perte , et les Danois firent même des incursions en Suède.
Le fcld-maréchal comte Klingspor s'étant mis à la tête de l'armée suédoise qui se trouvoit à Uleabourg , reprit l'offensive dans le nord de la Finlande , pendant qu'une seconde armée sous les ordres du général Vegesack débarqua à Abo. La guerre se fit avec des succès 8 juin, variés , mais avec une égale bravoure des deux côtés ; à la fin de la campagne les Russes étoient de nouveau maîtres de la Finlande. Un corps de 10,000 Anglois commandé par ce même général Moore qui peu de mois après périt en Espagne, étoit arrivé à la rade de Golhembourg : mais comme le roi ne pouvoit pas sac- 17 mai. corder avec le général anglois sur l'emploi de ce secours , ni même sur le commandement , il ne permit pas aux troupes de débarquer. Il fit même arrêter Moore qui s'étoit rendu à Stockholm : mais ce général ayant trouvé moyen d'échapper, ramena ses troupes en Angleterre. 5 juillet.
L'amiral Chanikoff, à la tête d'une flotte russe de 24 vaisseaux de guerre , essaya d'abord de brûler dans la baie de la Vierge la flotte suédoise de l'amiral Nauckhoff; * 8 août, mais l'arrivée d'une flotte angloise commandée par Saumarez le força à se retirer dans le Port-Baltique , où Nauckhoff, renforcé par quelques vaisseaux anglois sous les ordres de l'amiral Hood, le bloqua pendant près de deux mois.
En Finlande il avoit été conclu un armistice sur le agsepumbic. pied de Vuti possidetis ; mais l'empereur Alexandre en refusa la ratification. Il en fut alors conclu un autre 19 novembre/
à Olkioki , par lequel l'armée suédoise s'engagea à éva* cuer la province d'Uleabourg et à se retirer derrière le Kemi.
Vers la fin de l'année le cabinet anglois lui-même conseilla au roi de Suède de faire la paix : il s'y refusa pertinemment, et demanda une augmentation de subsides poûr continuer la guerre avec vigueur. Les Anglois ne l'ayant pas accordé sans condition , Gustave IV Adolphe étoit sur le point deYompre ouvertement avec eux. Sa colère s'étant apaisée, il fut, bientôt après i« mars 1809. conclu à Stockholm une nouvelle convention , par laquelle la Grande-Bretagne s'engagea à payer d avance tous les trois mois 3oo,ooo liv. sterling.
Révolution Cependant il se préparait en Suède une révolution Suédoise. ^ a jloit changer la face des affaires. L'orgueil du roi et sa fermeté qui alloit jusqu'à l'entêtement , lui avoient fait beaucoup d'ennemis: le poids des impôts pesoit d'une manière extraordinaire sur le peuple, et Gustave- Adolphe les augmentoit arbitrairement sans suivre les formes constitutionnelles. La sévérité avec laquelle il punissoit les militaires, non seulement quand ils avoient commis des fautes, mais aussi quand la fortune leur nvoit été contraire, lui avoit aliéné l'esprit des soldats et surtout des gardes. Il se forma une conspiration à la tête de laquelle étoient le lieutenant-colonel Adlersparre et le colonel Skioldebrand : l'armée dite d'ouest ou de Nonvége et les troupes qui étoient dans les îles d'Aland y entrèrent. Adlersparre et l'armée d'ouest marchèrent sur Stockholm ; ils étoient arrivés à Oerebro , lorsque
le feld - maréchal Klinspor oui avoit éié disgracie, conseilla au roi de conjurer rorage en changeant de
i5m«r*. conduite. Sur son refus le général Adlercreutz l'arrêta au nom du peuple; le duc de Sudermannie, oncle du roi^ fut proclamé régent; Gustave- Adolphe fut transporté à Drottningholm, et de là à Gripsholra , où il si-
s4 mars, gria un acte d'abdication que depuis il a , en plusieurs occasions, déclaré volontaire. La révolution étoit terminée, sans effusion de sang. Le régent s'empressa de convoquer la diète à Stockholm. Elle ne se contenta
1789 — i8i5. 367 pas d'accepter l'abdication de Gustave-Adolphe telle qu'il l'avoit donnée, elle exclut sa descendance du trône de Suède. On offrit la couronne au régent , celuici déclara vouloir l'accepter , lorsqu'on auroit revu la constitution. Cette révision par laquelle le pouvoir royal fut limité sans le rendre dépendant ni l'avilir, ayant été adoptée par la diète, le auc de Sudermanie 5 juin 1809. fut proclamé roi sous le nom de Charles XIII , d'après la manière erronée de compter les rois de Suède qui a prévalu ». Comme le nouveau roi n'avoit pas d'enfans, on élut successeur au trône le prince Christian-Auguste de Holstein-Augustenbourg, qui commandant l'armée danoise en Norwége, s'étoit fait estimer par les enne- i4 juillet, mis même. On permit à Gustave IV Adolphe et à sa famille de quitter le royaume. Vers la fin de l'année il 5 décembre, fut publié une nouvelle loi fondamentale réglant l'ordre 18 décemb. e # de succession au trône.
On s'étoit flatté à Stockholm que le détrônement de d Ca ™„ j* Gustave- Adolphe donneroit promptement la paix à la en 1809. Suède : il n'en fut pas ainsi. Alexandre I refusa de traiter avec un gouvernement aussi peu stable qu'une régence, et les hostilités continuèrent. Le général Knorring qui, avec 25,ooo Russes, avoit passé le Golfe de Bothnie, sur la glace, s'empara des îles d'Aland; les 17 mars, troupes suédoises qui s'y trouvoient, se retirèrent , de la même manière , sur le continent de la Suède : Knorring accorda aux Suédois une cessation d'hostilités pour leur laisser le temps de faire des propositions de paix. Averti de cet arrangement, Barclay de Tolly qui avec un autre corps russe avoit traversé le golfe du côté de Wasa , et pris possession d'Umea, évacua la Westro-Bothnie pour s'en retourner en Finlande. Un troi-
1 Charles , fils de Suerker I, qui monta au trône de Suède en, 1161, fut le premier du nom de Charles; mais d'après une généalo- 5«> fabuleuse, imaginée par Jean Magnus, dernier archevêque catholique d'Upaal, on supposa qu'il étoit le septième de ce nom , n Charles, troisième fils de Gustave Wasa , qui auroit dû se nornner Charles III , prît le titre de Charles IX en montant au trône eu Hioo. Yoycz Tab. Généal. LXI, au tome III de cet ouvrage.
368 péiuoj>B ix. 1
sièmc corps russe, sous les ordres de Scnouwalofl' . pénétra dans la Westro-Bothnie par la roule de terre qui passe par Tornea , et força l'armée suédoise du nord que commandoit Gripenberg , à mettre bas les
25 mai» 1809. armes à Seïwis. Cette affaire sanglante eut lieu , parce que dans ces contrées situées sous le 66 e degré de latitude on ignoroît l'armistice accordé par Knorring. A l'expiration de l'armistice , les hostilités recommencèrent au mois de mai , et les Russes s'emparèrent de la partie de la Westro-Bothnie située au nord d'Umea. ïVix de La paix entre la Russie et la Suède fut signée à
Fricdrichslwmn. Friedrichschamn. La dernière adhéra au système coni7 6cptcm »rc. i men t a j 9 cn se r ^ servan t l'introduction du sel et des marchandises coloniales dont elle ne pouvoit se passer. Elle renonça à la Finlande avec toute l'Ostro-Bolbnie et à la partie de la Westro-Bothnie située à Test de la rivière Tornea. La perte de ces provinces, habitées par 900,000 âmes et renfermant le grenier de la Suède, étoit irréparable pour ce royaume auquel il ne resta plus que 2,344,ooo habitans.
Taix^ La paix de Friedrichshamn fut promptement suivie
*l d^Pait" 8 ^ e c *k Jon k ô P in S avec le Danemarck et de celle de 10 ddeembre. Paris avec 1* France. La première rétablit tout entre G janvier 1810. les deux états sur l'ancien pied; mais par la paixiie Paris la Suède renonça à l'introduction des denrées coloniales, et se réserva seulement la faculté d'importer du sel comme objet de première nécessité. Ce ne fut qu'à cette condition qu'elle put rentrer dans la possession de la Poméranie.
Election Le prince royal étant mort subitement , une diète de Bcrnad«me convoquée à Oerebro élut successeur au trône Jean- Snède. Baptiste-Jules Bernadotte , prince de Ponte-Corvo. LV 28 mai. lection fut unanime , mais de plus de 1 000 nobles ayaut 21 août 1810. j ro | t j e p aro î tre à la diète, il ne s'en étoit trouvé que
i4o. Btrnadotte accepta un choix si honorable : arriw 20 octobre, à Elseneur , il professa , comme avoient fait ses ancêtre: cn France, la confession d'Augsbourg, religion dominante en Suède; le roi l'ayant adopté pour fils, il lut 6 novembre, proclamé , à Stockholm , successeur éventuel au trôm
sous le nom de Charles-Jean. Douze jours après , la Suède déclara la guerre à la Grande-Bretagne.
Depuis son avènement au trône , l'empereur Alexan- Eut dre s'occupa sans relâche de l'amélioration de. toutes ** c ,a Ru8blC ' les branches de l'administration. Les règlemens prohi-r hitifs , qui avoient été publiés sous le dernier règne •» furent rapportés; par des concessions successives le paysan fut préparé à une liberté dont il n'auroit pas pu jouir encore. Le nombre des universités* et ce qui étoit plus essentiel pour la civilisation , celui des écoles, furent augmentés $ le sénat , les ministères , les gouverneurs reçurent de nouvelles organisations tendantes à faire disparaître toute autorité arbitraire , à accélérer la marche des adirés, à faire rendre une bonne et impartiale justice à toutes les classes de la société. Des canaux furent creusés , de nouvelles routes furent ouvertes à l'industrie , et le commerce fleurit, surtout du côté de la mer Noire. Le gouvernement échoua seulement dans ses tentatives de rétablir les» finances 5 quatre guerres que la Russie fit dans l'espace de sept ans qui nous occupe , s'y opposèrent.
Nous avons rapporté l'origine , les événemens et la fin de deux de ces guerres : celle de 1806 qui se termina par la paix de Tilsit , et valut à la Russie la pro^ vince de Bialystok , et celle de Suède qui réunit à cet Empire la province de Finlande; elle continua après Ja paix de Friedrichsham , contre l'Angleterre , mais sans fournir quelque événement assez important pour être rapporté dans ce Précis.
Les deux autres guerres sont celle dé Perte et la guerre avec la Porte.
Dès le commencement de son règne, l'empereur Guerre Alexandre avoit réuni à son empire la Géorgie, pro- cuire toUu«»ic vince dcchiïée jusqu'alors par des troubles continuels. 10 e f c :v r i e r , î!ini. Cette acquisition lui attira une guerre avec la Perse , qui ne fut terminée qu'en 18 1 3. Les principaux événemens de cette 'guerre sont la défaite des Perses à aojuiu i8o4. jEtschmiazin par le prince ZizianofF ; la conquête de la janvier ibo6. province de Chirvan par le même ; la prise de Derbtnt 3 juillet.