‹ Tableau des révolutions de l'EuropeChapitre 23 sur 25 · i8if · texte numérisé non relu

i8if

titre dé vicaire. Le général Bentinkqui commandoil les troupes étrangères, se servit de son influence pour faire introduire dans l'île la constitution angloise.. La 20 juillet 1812. reine qui s'étoit .mise à la tète d'un parti opposé, fut avril 181 5. obligée de quitter sa famille. Dès ce moment les An— giois restèrent les maîtres à Païennes mais après la première paix de Paris Ferdinand IV reprit les rênes du 1 juillet i8i4. gouvernement et avant de s'embarquer pour Naples il annulia la constitution de 181 2. 16 mai i8i5.

La place de Gorfou, la seule des îles ioniennes qui îles Ionienne*, ne se trouvât pas encore au pouvoir des Anglois , leur fut remise pr la convention de Parisda 'i5 avril i8i4. Le sort de ces îles fut décidé par un traité conclu dans la même ville entre l'Autriche , la Grande-Bretagne , la Prusse et la Russie. Elles furent réunies en un état D uovcnmi e. jibre et indépendant sous la dénomination d'Etats- Unis des îles ioniennes, placé sous la protection immédiate et exclusive de la Grande-Bretagne.

Par les événemens des années 18 1 5 et i8i4îamai- Royaume «On d'Autriche rentra dans la iiossession de tout ce I' on,,,n . r,1 °-

• I • -, T. 1- .1 • VelHlHMl.

qui lui avoit appartenu en Italie, soit avant la paix de Campo-Formio , soit en vertu des stipulations de cette paix. On y ajouta encore une lisière de la léga- 1 tion de Fer rare située au nord du Pô , les vallées de la Valtelinc, de Bormio et de Chiavcnne, et l'ancienne république de Raguse. L'empereur érigea toutes ces 7avri | l8| r, possessions en un corps d'état particulier sous le titre de royaume Lombardo-Vénitien.

Indépendamment du royaume Lombardo-Vénilien, Recousu uci ion P Autriche recouvra les provinces illyriennes dont il fut d * 1 [*.JJ^^ 1 ! ,ic également formé un royaume particulier. Par un traité a,a ' ,c ,unm ' signé à Vienne avec la Russie, elle rentra aussi dans la partie de la Galicie orientale qu'elle avoit cédée à 3^. Alexandre en 1809, et dans la propriété exclusive de Wieliczka qu'elle avoit partagée alors avec le duché de Varsovie. Par l'acte du congrès de Vienne elle acquit encore des districts considérables sur les deux rives du Rhin , iton pour les réunir à la monarchie , mais pour s'en servir à reflet de donner au roi de Bavière une inlï. 28

demnité pour les quartiers de l'Inn et du Hausruck ♦ le duché de Saltzbourg (sans Bcrchtolsgaden ) le Tyrol et le Vorarlberg cédés par les traités de Prcsbourg et de Schœnbrunn, provinces dont l'Autriche se réserva la restitution. L'arrangement avec la Bavière ne fut pas terminé dans la période dont nous nous occupons : il ne le fut que par le recès général de la commission territoriale de Francfort du 20 juillet 10*19. La monarchie autrichienne a, dans son état actuel, uue surface de 1 2,060 milles carrés, et une population de 29 millions tFhabitans.

Rfccmsiruciion II fut plus difficile de réorganiser la monarchie prus- <le la n» onarc i ,ic sienne. Nous avons parlé des négociations à la suite

prussienne. , „ n . . ,° . ,

desquelles elle acquit une moitié environ du royaume de Saxe , qu'elle appela duché de Saxeè L'acte du congrès de Vienne lui rendit , non seulement une partie de l'ancienne Prusse méridionale, laquelle porte aujourd'hui le titre de grand-duché de Posnanie , et toutes les autres possessions qu'elle avoit perdues par la convention de Vienne du 1 5 décembre 1 8o5 et la paix de Tiîsit (à l'exception du district de Bralystock, des principautés d'Anspach et Bayreuth en Franconie et des principautés d'Ostfrise et de Hildesheim) encore un territoire considérable sur la rive gauche du Rhin qui lut décoré du titre de grand-duché du Bas-Rhin, le grand-duché de Berg et le duché de Westphalie, la Poméranie suédoise, des portions des états de la maison de Nassau , et la souveraineté sur plusieurs principautés et comtés médiatisés. Les arrangemens définitifs pour tous les échanges de territoires qui devinrent nécessaires , ne furent terminés que par le recès de 1819* La monarchie prussienne a aujourdliui une surface de 5o28 milles carrés, et une population de près de 11 millions d'habitans.

Confédération Les princes souverains et Jes villes libres d'Allemagne

germanique. f urent r( î un j s par un ac t e signé à Vienne , sous la déo juin 101a. . . 1 r ,,, . 0 ' T

nomination de confédération germanique. Les membres de cette confédération sont : •

1* L'Autriche, et 2. 0 la Prusse, pour leurs possessions qui ont anciennement appartenu à l'Empire germanique.

3.°- 6.° Les rois de Bavière , de Saxe , d'Hanôvre , et de Wurtemberg; 7. 0 le roideDanemarckpour le duché de Holstein, y compris celui de Lauenbourg ; 8.° le roi des Pays-Bas pour le grand-duché de Luxembourg ; 9. 0 le grand-duc de Bade; io.° l'électeur de Hesse; 1 1 .° et 1 2. 0 les grands-ducs de Hesse et de Saxe ; i5. a - 1 9, 0 les ducs de Gotha , Meinungen , Hildebourghâusen, Cobourg, Brunswick, Mccklenbourg-Schevérin et Mecklenbourg-Strélitz ; 20. 0 le grand-duc de Holstein-Oldenbourg; 2i.°-24.° les ducs de Nassau, Anhall- Dessau, Bernbourg et Koethen; 25.°-54.° les princes de Schwarlzbourg-Sondershausen et Rudolstadt, Hohenzollern-Hechingen et Sigmaringen , Lichtenstein , Waldeck , Reuss des deux lignes, Lippe-Detmold , Schaumbourg-Lippe; 35.° le landgrave de Hesse-Hombourg qui ne fut admis qu'eu 1817; 36.°-39.° les villes libres de Francfort, Lubeck, Brème et Hambourg.

Tous les membres de la confédération jouissent de la pleine souveraineté. Tous prennent part aux délibérations de la diète qui s'occupe des intérêts généraux de l'Union. Les trente-neuf membres n'y ont cependant , dans la règle , que dix-sept suffrages , qui sont répartis de manière que onze états ont chacun une voix; six suffrages collectifs appartiennent aux vingt-huit autres. Néanmoins dans les questions fondamentales les trente-neuf membres ont en tout soixante-dix voix , de manière que chaque état en ait au moins une, et plusieurs deux , trois et quatre. Les membres ont le droit de conclure toute sorte d'alliances , pourvu qu'elles ne soient pas dirigées contre la sûreté de l'Union ou de ses membres. L'article i3 de l'acte dit qu'il y aura des assemblées d'Etats dans tous les pays de la confédération. Les princes et comtes qui avoient été médiatisés 1

1 C'esl-à-dire prives de la supériorité territoriale et assujettis à la souveraineté d'autres prince». Ce sont plutôt des sujets immédiat cirte médiats.

436 période ïx.

par l'acte de la confédération rhénane, obtiurent eertaines prérogatives honorifiques ; on eu accorda d'autres, mais plus restreintes, à la ci-devant noblesse immédiate 1 . L'égalité des droits civils et religieux fut assurée à tous les partis de la religion chrétienne. On garantit aux sujets des souverains allemands divers droits civils précieux, tel que celui d'émigrer, droit naturel que les coryphées de la liberté a voient contesté.

Divers Etats formant la confédération germanique éprouvèrent des chaogemens dans leurs possessions territoriales , et les négociations qui les amenèrent ne furent enpartie définitivement terminées que par le recès de Francfort de 1819. Nous allons indiquer ici sommairement les principaux de ces çhangemeus, à l'exception de ceux qui regardent la Prusse et l'Autriche. i.° Pour indemniser le roi de Bavière des restitutions qu'il fit a la cour de Vienne , on lui abandonna Wùrtzbourg , Aschaffenbourg , une grande partie du palatinat sur la rive gauche du Rhin, avec l'ancien duché de Deux-Ponts , Spire • Kirchheim-Poland , Landau et plusieurs districts situés sur le Mein , avec une rente perpétuelle de 100,000 florins payable par l'Autriche. Ce royaume a aujourd'hui une surface de i5o5miliescarrés,et3,5oo,ooohabitans. 2.* Le grandduc de liesse obtint, à la place du duché de Westphalie et de quelques autres cantons , un district considérable sur la rive gauche du Rhin dont Mayence et "Worms font partie. Le grand-duché a une surface de îi 1 4 milles carrés et 63o,ooo habitans. 5.° Le grand-duc à* Oldenbourg, le duc de Saxe-Cobourg et le landgrave de Hesse-Hombourg obtinrent des districts situés sur la rive gauche du Rhin entre le graud-duché du Bas-Rhin et les possessions de la Bavière. 4.° La maison de Nassau-Orange perdit son patrimoine sur la rive droite du Rhin, qui fut partagé entre la Prusse

1 C'est-à-dire imme'dialenicnt soumis à l'empereur et Tcinpiiej maiuteoant souiiumî aux nouveaux souvciains.

et le duc de Nassau. 5.° L'électeur de Hesse obtint le grand-o*uché de Fulde ; son électoral a 200 milles carrés et 54o,ooo habitaus. 6°. Le roi à'Hanâvre perdit Lauenbourg, et obtint Hildesheim et l'Ostfrise : ce royaume a nbo milles carre's et i,3oo,ooo habitans. ?.° Le grand-duc de Saxe-W cimar obtint divers districts situés à sa proximité; son pays a 66 milles carrés et j 93,000 habitans. 8.° Le roi de Danemarck obtint le duché de Lauenbourg, <j,° Les places de Mayence 9 Lunebourg et Landau forent déclarées forteresses de la confédération, ayant garnison mixte 1

Telle est la composition 'de la confédération germanique. Cette association avoït été formée, ainsi que nous l'avons dit, par l'acte du 8 juin i8i5 , acte imparfait et qui attendoit un complément. On sentit même en 1819 la nécessité de remplir les lacunes qu'il renfermoit : les ministres des états confédérés sassem r blèrent à Carlsbad, où l'on convint de divers articles qu'un décret de la diète du 20 septembre 1819 sanc<r tionna. Immédiatement après , les mêmes ministres se réunirent à Vienne, où ils dressèrent, le 1 5 mai 1820 un acte définitif sur l'organisation de la confédération» Un arrêt de la diète du 8 juin suivant le déclara loi fondamentale de l'Union-. Tous, ces événemens sont . postérieurs à l'époque dont nous donnons le précis.

Comme la Russie et l'Autriche ne s'accordoient pas République facilement sur la possession de la ville de Cracovje, que la première demandoit comme appartenance du cidevant duché de Varsovie, tandis que l'autre la récla-

1 Voîci la surface et la population de quelques autres états de la Couféde'ration. Royaume de Wurtemberg , 36o m. c. t 1,390,000 fiabitans. Grand-duchè de Bade , 272 m. c. , 1,000,000 hab. ; Duché de Nassau, io4 m. c., 296 000 hab;; Grand-duché d'Oldenbourg, :*3om. c. , 255,ooo liab. ; Duché de {irunswicl , 70 m. c., 210,000 liab.; Grand-duché de Mecllenbourg-Schwcrin , 2118 m. canes, 35o,ooo hab. ; Royaume de Saxe , 34o m. c. , 2,100,000 hab. ; Les

Xuatre ducs de Saxe, loi m. c. , 3 18,000 bab. ; La maison & Analt t 48 ni. c. , i25,ooo hab. j La maison de Schu/arizbourg, 3$ m. c. , ii4,ooo hab. ; La maison de Lippe, 34 m. c. , 95,000 hab. , 1m maison de Reuss , 28 ni. c, 76,000 hab.j Le prince de Waldech> 9iin.c., 45,ooo bab.

de Cracovic.

moit comme lui ayant été enlevée par la paix de Schœnbrunn , il fut convenu par le traité de Vienne du 5 mai 1 8 1 5 que cette ville avec un territoire qui lui fut asigné, formeroit une répubhcrae indépendante et neutre sous la protection de rAutnche , de ta Prusse et de la Russie. Les trois monarques lui donnèrent une charte constitutionnelle.

Rétablissement Outre la ville de Cracovie on démembra du duché de |a olpgne. <Jç y arsov î e un district de 8 à 900,000 habitansqui , sous le titre de grand -duché de Posnanie, fut conféré à la Prusse. Le reste fut réuni à l'empire de Russie comme un état particulier , sous le nom de royaume de Po- " logne , ayant son administration distincte et une constitution particulière. C'est un état de 2000 milles carrés, avec une population de 2 millions et demi d'âmes. Danemark. Nous avons vu par quel sort fatal le Danemarck se vit entraîné dans la guerre de Napoléon contre les allé janvier i8i4.1iés. Le traité de paix de Kiel lui coûta la Norwège, contre laquelle il obtint comme un foible dédommagement la Poméranie suédoise. Encore cette acquisition fut-elle illusoire. La Suède ayant été obligée de soumettre la Norwège par la force des armes , elle fit difficulté de se dessaisir de la Poméranie. Par des arran- 4 juin i8i5. gemens convenus à Vienne avec la Prusse, le roi de Danemarck accepta le duché de Lauenbourg à la place de la Poméranie, et celle-ci fut abandonnée à la Prusse. Ainsi la monarchie danoise perdit le tiers de ses sujets et se trouva réduite à une surface de 242o milles carrés, , avec 1,700,000 habitans.

orwcge. frorwégiens nui nourrissoient une haine natio-

nale contre les Suédois , refusèrent de se soumettre à leur sort ; ils se donnèrent un roi particulier dans la 17 mai 181 4. personne de leur gouverneur général, le prince Christian-Frédéric , héritier du trône de Danemarck , et publièrentlà Eidswolde une constitution représentative. Le roi et le prince royal de- Suède se mirent à la tête d'une armée , pour les réduire. Après quelques hostilités , le prince de Danemarck se démit de sa royauté 16 août . par une convention qui fut signée à Moss. Le slorlhing

6 août.

Suède.

ou l'assemblée nationale convoquée à Christiania, dé- 20 octobre 181$. créta la réunion de la Norwège comme royaume indépendant, à la couronne de Suède, sous un seul monarque et avec une constitution représentative. On adopta l'ordre de succession établi en Suède en 1810. La nouvelle constitution fut une répétition de celle d'Eidswolde, avec quelques modifications. Charles XIII fut proclamé roi de Norwège. Les rapports entre la 4 novembre. Suède et la Norwège forent fixés par un acte que la 3i juillet i8i5. diète de la Suède et celle dé la Norwège signèrent.

Ainsi la Suède dut aux efforts qu'elle fit en 18 14 pour la délivrance de l'Europe , une indemnité, sous le rapport de la population , de la perte de la Finlande. Elle céda , par le traité de Vienne du 7 juin 18 15, a la Prusse sa part de la Poméranie, et devint ainsi étrangère à 1 Allemagne, dont, depuis les temps de Gustave- Adolphe , elle avoit été membre. La monarchie suédoise a une surface de i5,85o milles carrés, ainsi 3, 8 00 de plus que la France, avec 3,35o,ooohabitans 1

La Russie joua un rôle si brillant dans Pépoque dont nous traçons le précis , que nous n'avons pu parler d'aucun événement d'un intérêt général auquel elle n'ait eu part. Elle étoit en guerre avec la Grande- Bretagne, la Porte et la Perse, lorsque Buonaparte ouvrit les hostilités contre elle.

En 1 8 1 1 , les Russes se tinrent sur la défensive contre les Turcs. Le prince Koutousoff, qui les commandoit , ayant été obligé d'envoyer en Pologne cinq divisions de son armée, fit démolir Silistria, et ne conserva sur la rive droite du Danube que la place de Routschouk , pour lui servir de tête de pont. L'indolent Youssouff- Pacha , qui n'étoit pas sorti de son camp retranché de Schioumla, fut remplacé par un général actif et entreprenant, Achmet-Aga, qui amena un renfort de 35,ooo hommes , composé en grande partie d'une ex-

Rufefcic.

Campagne de Turquie de 1811.

1 Le roi Charles XIII mourut le 5 février 1818 et eut pour sucect»eeur son tilt adoplif, qui prit le nom de Chai le* XIV.

44 0 FÉRIODJ& rx.

cellente cavalerie , et soutenue par une artillerie formidable servie par des officiers françois,

Achmet marcha contre Koutousoff ; il y eut une 4 juillet 181 1. première aflàire à deux lieues en a vaut de Routschouk t $,ooo Russes envoyés à la rencontre de Pavant-garde ottomane» commandée par Carsli- Ali-Pacha , furent re- . poussés jusque dans leurs retranchemens sur la hau- 6 juillet, \gut de Savi-Baïr, à une demi-lieue de la place. Deux jours «près , le grand-vizir attaqua ces retranchemens et en délogea les Russes , qui se jetèrent dans Routschouk. Ce fut surtout l'infanterie russe qui souffrit dans cette bataille , par la supériorité de la cavalerie turque qui i'auroit écrasée sans une manoeuvre hardie du comte de Laugcron qui sortit de Roustchouk à la tête de la garnison , et protégea les fuyards.

Le^grand-vizir s'avança le même jour jusque sous le 9 juillei. canon de la forteresse : il entreprit trois Ibis en un seul jour de s'en emparer de vive force, mais fut chaque fois repoussé. Pendant la nuit suivante les Russes quittèrent Routschouk et passèrent le Danube; mais les Turcs s'en étant aperçus , entrèrent dans la ville et les empêchèrent de sauver en entier leur artillerie et leurs munitions.

L'armée de Koutousoff, affoiblie par des maladies , ne put empêcher le grand-vizir de s'emparer des îles du Danube et d'y jeter des ponts au moyen desquels il fit de fréquentes incursions en Walachie. Un corps de 3 août. 1 5,ooo hommes, commandés par Ismaïi Bey, prit même poste sur la rive droite ; et enfin le grand-vizir, à la tête de toutes ses principales forces, se transporta sur la même rive. Mais bientôt la lace des affaires 8 sq>iembrc. changea : le général Ouwaroff ayant amené à Koutousoif un renfort de 5o,ooo hommes , celui-ci détaclu MarkofF avec un corps considérable. Ce général passa sur la rive droite du Danube , marcha eu toute hâte contre la réserve turque placée devant Routschouk , s'empara de son camp, et coupa ainsi la retraite au grand-vizir. Çelui-ci trouva moyen de pénétrer, à Routschouk dans une barque, abandonnant son ar-

1789 — i8*r.. Vu niée en Waiachie, sous les ordres de SeraskierTchaJaw Oglou, qui fut bloaué à Sloboçia par Koutousoff, et après avoir été réduit, par une suite de. combats, 4 26,000 hommes , obligé de capituler et de mettre bas 8 décembre, les armes.

Le grand-vizir demanda et obtint alors une auspen* Paix siou d'armes , qui rot signée à Guirgewo, On ouvrit de Bouc " areit * des négociations à Boucharest ; maislesTurcs révisèrent long-temps la moindre cession de territoire. Enfin la médiation de l'Angleterre qui employa tous les moyens wur fléchir l'opiniâtreté du divan f celle de la Suède , ji défiance que la Porte avoit conçue des desseins de Buonaparte, et la modération de l'empereur Alexandre, concilièrent les esprits , et la paix fut 6ignée. La Porte 28 mai 1812. céda à la Russie environ le tiers de la Moldavie, jusqu'au Pruth, les forteresses de Choczim et de Ben* der, et toute la Bessarabie, avec Ismaïl et Kilia. Une amnistie fut accordée aux Serviens.

Quoique l'Angleterre parût àBoucharestcommemé-Paix d'Oerébro. diatrice, néanmoins son traité de paix avec la Russie n'étoit pas effectivement signé; mais l'état de guerre avoit cessé depuis long-temps entre les deux puissances. Le traité fut enfin couçlu à Oerébro; ses stipu- 18 juillet, lations ne sont pas toutes connues. L'empereur Alexandre envoya en Angleterre sa flotte, forte de dix-huit vaisseaux de ligne et douze frégates. Elle lui fut renvoyée par la suite.

La paix avec la Perse fut signée sous la médiation Pa'^ «le Seïwa. de l'Angleterre, au camp russe, près delà rivière de 12 oc1, lSl3 ' Seïwa, et confirmée. Tannée suivante, à Teflis. La l58e P 1 - 1814 - Perse céda à la Russie le Daghestan, le Schirwan , Derbent , et en générai toute la côte occidentale de la mer Caspienne , renonça à ses prétentions sur la Géorgie , Imirete , Guriel et la Mingrelie , et reconnut le droit exclusif de la Russie d'avoir des vaisseaux de guerre sur la mer Caspienne.

Par le congrès de Vienne , l'empereur de Russie acquit le royaume de Pologne , ainsi que nous l'avons dit. Indépendamment lie cette acquisition , l'empire

442 PÉRIODE IX. 1^89 — l8l5.

de Russie s'étend sur une surface de 545,ooo milles carrés , dont 80,000 en Europe. La population , dans cette partie du inonde, est de 38 millions d'âmes 5 la population générale de 46 millions.

Turquie. Un concours de circonstances heureuses a sauvé l'empire ottoman de la ruine dont plus d'une fois il a été menacé, et que la dissolution de l'ordre social qui règne dans ses provinces a depuis long-temps préparée. S'il survit encore à tant de vices dont il est infecté, il ne doit peut-être sa conservation qu'à cette Sainte- Alliance qui , quelquefois , a été l'objet des frayeurs du divan , parce que des hommes qui sont tourmentés du besoin de bouleverser le monde l'ont persuadé que cette ligue toute chrétienne est tournée contre l'islamisme. C'est cette méfiance éternelle, compagne de l'ignorance comme de la faiblesse, qui, à une époque récente, a failli de la précipiter dans des démarches imprudentes. Si la sagesse de son voisin puissant a su, dans ces circonstances, combiner sa gloire avec le maintien de la tranquillité dont l'Europe a le plus grand besoin, la Porte, éclairée sur ses vrais intérêts par l'Autriche , la Grande-Bretagne et les autres alliés, sentira , il faut l'espérer, qu'elle ne peut prolonger son existence qu'en faisant succéder le règne de la justice et des principes d'humanité au despotisme et à la cruauté.

Page 1