‹ Tableau des révolutions de l'EuropeChapitre 22 sur 25 · II · texte numérisé non relu

II

d'Artois, nommé lieutenant- général du Roi, n'étoit pas encore arrivé. 11 invita aussi ce corps à préparer une constitution , c'est-à-dire à soumettre au Roi son avis sur les modifications à faire dans le gouvernement ; car la constitution françoise • dont la loi salique est la base , existe depuis des siècles ; elle est gravée dans le cœur des François , et si les circonstances exigeoient quelques modifccations dans les formes, elles ne nouvoient émaner que de la libre volonté du Roi. L empereur Alexandre fit cette invitation au Sénat , comme étant le seul corps de FEtat aWs existant ; mais ce monarque ignoroit que ce corps étoit la dernière autorité à laquelle l'opinion publique au voit voulu accorder une influence sur la fixation du sort de la France. La voix du peuple se prononça par des organes plus purs; par le conseif général du département de la Seine , et par le conseil municipal de Paris, i«r avril i8i4. qui demandèrent le retour de Louis XVUl, leur roi légitime. En prononçant, le lendemain, la destitution de Buonapartc , le Sénat usa d'un droit qui ne lui appartenoit pas : instrument et complice de Buonapartc, Ce corps devoit rentrer avec lui dans le néant.

Ce lut le septième jour de sa marebe que l'empereur des François reconnut son erreur; il se dirigea alors en bâte sur Fontainebleau. Après quelques tentatives inutiles soit pour se ressaisir du pouvoir , soit

10 avril. pour le transmettre à son fils , il signa son abdication.

11 avril. Le lendemain, l'Autricbe, la Prusse et la Russie arrê-

tèrent avec ses délégués, Ney , Macdonald et Caulaincourt , une convention par laquelle on lui assura la possession de File d'Elbe en toute souveraineté , et pour son épouse et son fils , les Etats de Parme. La Grande- Bretagne accéda à cet arrangement, auquel le roi de France resta étrangcr.Bientôt aprèsBuonapartes embara& avril. quaàSaint-Rapheau,pour se rendre au lieu de son exil.

Le cadre rétréci dans lequel nous devons nous renfermer nous oblige à passer sous silence les événemens militaires qui se sont passés en Hollande , eu

^7^9 — »8i5. 4o3 Belgique et du côté de Lyon; mais nous devons dire un mot de la guerre dans les Pyrénées et en Italie. • Devançant la résolution des souverains alliés, YVel- Campagne lington, auprès duquel le duc d'Angoulême s'éloit de * fyreueei. rendu, invita les François, par une proclamation du 27 janvier, à rétablir le trône de S. Louis. Un mois après il défit l'armée de Soult à Orlhez, et força ce 27 février 18 1*. général à se retirer à Tarbes. Pour satisfaire au vœu des habitans de Bordeaux, le maréchal Beresfort conduisit le duc d'Angoulême dans cette ville qui, la première de toutes les villes de France, proclama Louis 12 ma "' XVIII. Déjà les alliés étoient maîtres de Paris , et Buonaparte avoit abdiqué sa couronne , lorsque Wellington, qui ignoroit ces événemens, livra à Soult une dernière bataille à Toulouse: dans cette journée san- 10 avril, glatite et inutile, les François furent totalement défaits.

En Italie il se passa un événement bien exlraordi- Défection naire. Joachim Murât tourna le dos à son bienfaiteur deMurat « qui Tavoit tiré de la poussière pour ceindre son front d'un diadème. Dès le commencement de l'année 181 5, il avoit essayé de se faire reconnoître par la maison d'Autriche. Après la bataille de Leipzick, voulant com- 11 nov. i8j3. plaire aux Anglois , il abolit le système continental , et permit dans les ports de son royaume l'entrée de toute espèce de marchandises. Il négocia à la fois à Londres et à Vienne pour être admis dans la grande «lliauee ; en môme temps il mit sur pied une armée de 34,ooo hommes qui entra dans Rome et se dirigea sur a de'ccmbre. Ancône. L'Autriche conclut avec lui une alliance 11 jauvier i8i4.

Jui lui garantit la possession du royaume de Naples. fne indemnité fut réservée au roi de Sicile. Immédiatement après , Murât annonça son changement de polit ique, bloqua la citadelle d'Ancône . occupa Florence, 5i janvier, d'où se sauva sa belle-sœur la grande- duchesse , et poussa jusqu'à Modène,. Lord Bentinck , commandant les forces britanniques en Sicile , conclut alors un 5 femei, armistice avec Murât. kugène'Beauharnais qui avoit dû penser que l'armée napolitaine vehoit à son se-'

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cours, revenu de son erreur, se vit obligé à se retirer , sur le Mincio; mais il livra au feld-marécbaï Belle-

garde , qui commandoit les Autrichiens à la place de. 8 fêv. i8i4. Hiller , une bataille qui coûta à ceux- ci 8,5oo hommes en tués, blessés et prisonniers. Fouché qui setrouvoit à Lucques, comme commissaire-général de Buona- Fin parte , y conclut une convention avec les Napolitains, du royaume en verlu de laquelle la Toscane leur fut remise. Le d'Julie. vice -roi se voyant pressé d'un côté par les Autrichiens* et de l'autre par les Napolitains, et ayant reçu la nouvelle de Teutrée des alliés à Paris , négocia un armis- 16 avril. \\ ce qui f u t signé à Schiarino-Rizzino. Quelques jouis a3 avril. après ses amis firent une tentative pour le faire proclamer roi d'Italie par le peuple de Milan ; mais la haine des Italiens pour les François l'emporta sur rattachement qu'ils avoicut voué au vice-roi. Celui-ci prit sagement le parti de remettre , par une convention signée à Mantoue, toutes les places du royaume d'Italie aux troupes autrichiennes , et se retira avec sa famifle en Allemagne.

Restauration Le Sénat françois s'étoit hâté de confectionner et CS 6 avril. 00 * ^ e Publier une prétendue constitution dans laquelle deux choses choquèrent surtout l'opinion publique; le soin que prirent les auteurs de cette production d'assurer la durée de leur autorité avec les revenus qui y étoient attachés, et la violation du principe monarchique dont ils se rendirent coupables en s'arrogeant le droit de déférer la couronne de France à celui auquel elle appartenoit par sa naissance, et qui, bien loin d'y renoncer, avoit eu soin de mettre ses droits à couvert par des protestations formelles. Six jours

12 avril. après, le comte d'Artois, lieutenant-général du Roi, arriva à Paris., et conclut avec les alliés une conven-

25 avril. tion, prélude delà paix. Ils s'engagèrent à évacuer le territoire de l'ancienne France, et l'on fixa les termes dans lesquels les places que les troupes françoises tenoienl encore hors de son territoire durent être livrées. ', Le roi de Frauce avoit débarqué à Calais 9 et s'ap-

aaavril. proehoit lentement de sa capitale. Une déclaration

qu'il publia à Saint-Ouen, annulla l'œuvre du Sénat, amaiiSU. et promit h la nation une charte dont les principes cloient énoncés dans la déclaration même. Le lendemain , Louis XVIII fit son entrée solennelle à Paris. 5 mai.

Le premier soin du monarque fut de conclure la Paix de Parii. paix avec les alliés. On signa d'abord une convention 28 mai. militaire, réglant divers objets qui tenoient aux subsistances et à la marche des troupes , hôpitaux et magasins , etc. ; et ensuite des traités de paix avec les quatre 3o mai. grandes puissances auxquels les autres accédèrent ensuite. La France rentra dans ses limites du i w janvier 1792 , avec une augmentation de territoire du côté du nord , savoir : le canton de Saarbruck , un arrondissement autour de Landau, une rectification de limites du côté de la Suisse , qmhii laissa le comté de Montbéliard , et une partie de la Savoie , comprenant Chambéry et Annecy. Elle conserva aussi Avignon et le Comtat. Louis XVIII adhéra aux principes de Pallîance de Chaumont sur le système politique à établir en % Europe. L'Angleterre conserva Malte , mais rendit à la France ses colonies, à l'exception de Tabago, Sainte- Lucie et de l'île de France avec ses dépendances, nommément Rodrigue et les Séchelles.La cession de la partie deSaint-Domingue faite à la France, parla paixdeBâle, etcellede la Guadeloupe en faveur delà Suède 1 , furent annullées. La Guiane , enlevée par le Portugal , fut restituée. Les allies renoncèrent à toutes les sommes qu'ils avoient à prétendre sur la France , à raison de contrats , d'amendes ou de fournitures faites au gouvernement françois dans les différentes guerres depuis 1792, en se réservant les réclamations des particuliers. Les ventes des domaines nationaux , faites à des François dans des pays cédés à la France depuis 1792 , et rendus en 1 8i4 , furent confirmées.

Des articles secrets indiquent la manière dont les

* Pour pouvoir rendre la Guadeloupe , l'Angleterre la racheta de la Suède par une convention qui fut sigoe'c à Londre* le 5i août 181*.

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puissances alliées avoient disposé des territoires rondos parla France, et annullent les dotations et donations faites par Buonaparte dans ces territoires. Des articles particuliers ajoutes à l'instrument prussien annullent la paix de Tilsit et toutes ses conséquences.

^tiau elte ^ U mo * S ^ e J um * ^ em P er ^ ur Alexandre , le roi de "Londres. 8 Prusse et le prince de Melternich se rendirent à Lon- 29 juin *8i4. dres. Il y fut conclu une nouvelle quadruple alliance , par laquelle les quatre puissances alliées s'engagèrent a tenir sur pied chacune 75,000 hommes , jusqu'au rétablissement de Tordre en Europe ; les monarques convinrent aussi, pendant leur séjour à Londres , que la Belgique seroit réunie à la Hollande pour former avec elle un seul et même Etat.

Chatte ™j£»yc*« Immédiatement apfcês la conclusion de la paix , ^ j!uu X V U1 fit connoître la charte qu'il octroyoit à la

nation. Ce n'étoit pas une constitution dans le sens qu'on attachoit à ce mot depuis 1789, c'est-à-dire un , corps de lois ou de dispositions fixant, dans toute leur plénitude, la prérogative du roi et les pouvoirs des diverses autorités, ainsi que les droits des citoyens. C'est Une déclaration par laquelle le roi, se conformant aux idées qui depuis un siècle avoient pris faveur, modifia, sous certains rapports, la puissance royale, en promettant de ne 1 exercer, à l'avenir, que dans les formes établies. Ainsi l'autorité royale que Louis XVIII tenoit de ses aïeux , et qui se fonde sur l'antique ordre de succession, resta entière et sacrée dans toutes les branches qui n'ont pas éprouvé de modification. Cette charte n'a rien de commun avec ces diatribes métaphysiques que des sujets révoltés ont quelquefois fait souscrire à leurs souverains captifs ou intimidés, elle est une émanation du pouvoir royal, un acte spontané et libre ; lâ légitimité de son origine qui est constatée par la date même qu'elle porte 1 garantit son inviolabilité et sa durée.

1 Uan 11* de notre règne. Celle date prouve que la Cliarl' n'en pas une capitulation signée par un roi élu j mais qu'elle est un acte ]tarfaitemenl libre.

Congi è* de Vienue.

La paix (le Paris donna lieu à une foule de traités entre les différentes puissances de l'Europe; nous en indiquerons un petit nombre seulement , lorsque nous donnerons le précis de l'histoire de ces pays. Ici , nous nous bornerons aux affaires générales, et à celles qui concernent la France en particulier.

Un article du traité de Paris , du 3o mai, avoit statué que , dans l'espace de deux mois , les plénipotentiaires de toutes les puissances qui avoient pris part aux derniers événemens , la France inclusivement , se réuniroient en congrès général à Vienne , pour concourir aux arrangemens nécessaires pour compléter les dispositions du traité. La reconstruction de l'Allemagne en corps politique , celle de la Prusse et de l'Autriche sur un pied analogue à la puissance dont elle? avoient joui en 1806 et i8o5, le sort de la Pologne, rétablissement d'un état indépendant interposé entre la France et l'Allemagne, la neutralité de la Suisse, l'orgauisation de l'Italie toute bouleversée par B^uonapartc, le règlement des indemnités auxquelles plusieurs Etats qui avoient pris part à la guerre croyoieni pouvoir prétendre , et l'arrangement des échanges de territoire, auxquels elles pouvoient donner lien, tels furent les objets dont les plénipotentiaires durent nécessairement s'occuper. L'Angleterre en ajouta un qui paroissoit étranger à ce congrès; savoir la question de 1 abolition de la traite des nègres; et enfin l'événement le plus inattendu vint forcer les monarques à reprendre les armes et à conquérir une seconde fois la France.

Par diverses causes l'ouverture du congrès n'eut lieu que dans les derniers mois de Tannée. Nous dirons sur du Con S r « 5 ' la forme du congrès, que quoiqu'il se composât de plénipotentiaires de tous les alliés, grands et petits, on ne tint jamais de séance générale. On distingua les affaires européennes de celles d'Allemagne. Les premières furent traitées en deux sortes de réunions, les unes composées des plénipotentiaires des cinq grandes puissances, savoir : l'Autriche, la France, la Grande- ÏUctague, la Prusse cl la Russie; les autres de ceux de

Formé

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huit puissances , en adjoignant aux cinq premières l'Espagne, le Portugal et la Suède. Les questions allemandes furent discutées d'abord par l'Autriche, la Prusse, la Bavière, le Hanovre et le Wurtemberg; plus tard, on appela à ces délibérations tous les souverains d'Allemagne. Quelques affaires étoient préparées e*. débattues par des commissions spéciales. Paruge L'objet qui éprouva la plus grande difficulté et qui

de la Saie. même sur le point de mettre la désunion entre les cabinets , la reconstruction de la monarchie prussienne, se divisa en deux parties qu'on nonima à Vienue la question polonoise et la question saxonne. La Prusse étoit rentrée dans tout ce qu'elle avoit possédé en 1 8o5, excepté les principautés de Franconie qui étoient entre les mains de la Bavière , le district de Bialystock qui étoit réuni à la Russie, et le grand-duché de Posnanie qu'Alexandre avoit déclaré vouloir comprendre dans le royaume de Pologne , qu'il se proposoit de recréer, en abandonnant toutefois à la Prusse une lisière de territoire suffisante pour établir la communication entre la Silésie et la Prusse occidentale. Frédéric Guillaume avoit de plus promis de céder au Hanovre un territoire de 3 à 4oo,ooo âmes. Il réclamoit une indemnité pour ces pertes 5 le royaume de Saïe seul pouvoit la lui offrir , et la Grande-Bretagne , la Russie et l'Autriche a voient consenti à une acquisition que la conduite du roi de Saxe, qui en 1807 avoit partagé la dépouille de la Prusse, et qui, en j 8 15, avoit fait cause commune avec Buonaparte, paroissoit

8 nov. i8i4. justifier. Ainsi l'empereur Alexandre mit la Prusse en possession de la Saxe que ses troupes avoient occupée jusqu'alors. Cependant la manière dont l'opinion publique étoit prononcée en Angleterre contre le projet de la Prusse, et les insinuations du ministre de France à Vienne engagèrent l'Autriche et le cabinet de Londres à en contrarier l'exécution « tant en s'intéressant à la conservation de la Saxe qu'en contestant les calculs produits par la Prusse , et en supposant à ce que le duché de Varsovie tombât sans par*

12 février.

1789 — jl8i5. 4oq

tage entre les mains de la Russie. L'empereur Alexandre qui étoit parfaitement d'accord avec la Prusse la soutint de tous ses efforts. Averti cependant que l'Autriche, la France et la Grande-Bretagne venoient de signer une alliance ou un concert qui paroissoit se 6 janvier i8i5. rapporter au sort de la Saxe , et voulant écarter ce sujet de mésintelligence , il offrit d'augmenter le lot de la Prusse du côté de la Pologne, et conseilla à cette

Ïmissancc de se contenter de la moitié de la Saxe qu'on ui offroit, et d'accepter les provinces trans-rhénanes qu'on. lui destinoit également, et où elle avoit voulu assigner un établissement au roi de Saxe. Les cinq puissances étant tombées d'accord sur ces points, on invita Frédéric- Auguste à venir à la proximité de Vienne. Depuis la bataille deLeipzick ce prince se trouvoit dans une espèce de captivité à Friedrichsfeld, près Berlin. Il accepta l'invitation de se rendre sur les lieux , mais il refusa de consentir aux cessions qu'on lui demandoit. Sa persévérance engagea les cinq grandes puissances â passer outre : elles statuèrent qu'en attendant que le roi se décidât la Prusse resteroit en possession de toute la Saxe. Frédérie-Auguste se soumit à la force des circonstances , et ratifia un traité qui fut signé à Vienne. La partie de son royaume cédée à la Prusse fut nommée le duché de Saxe.

L'organisation de l'Allemagne en une confédération composée d'états souverains fut , après la reconstruction de la Prusse, l'objet qui causa le plus d'embarras; mais comme la France et la Russie n'y prirent pas de part directe, et que, pour cette raison, elle n'appartient pas à la classe des affaires générales, nous la passons ici sous silence ; nous ferons de même à l'égard de toutes les négociations concernant les intérêts de la Suisse et de l'Italie dont nous parlerons mieux ailleurs.

La Grande-Bretagne mit sur le tapis la question de Dccîmaiion du la traite des nègres, dont , au nom de l'humanité et de ® ,cvr , 1 "' î?- 5,

1 i« • 11 • t. | î*. • i / sur 1 abolition

la religion , elle exigea I abolition par un décret euro- de la traite, péen. Le Danemarck avoit défendu ce trafic long-

12 mars.

18 mai.

temps avant l'Angleterre; l'Autriche, la Prusse, h Russie, ainsi que la Suède n'avoient aucun motif de le favoriser, 11 n'en fut pas de môme du Portugal , de l'Espagne et de la France, qui se référèrent , avec raison t à l'exemple de l'Angleterre môme , pour refuser tout changement subit qui seroit pernicieux à l'état de leurs colonies, et ruineroit la fortune de leurs sujets. Ces puissances promettoient bien de se réunir aux Anglois pour faire cesser la traite ; mais elles vouloient qu'on abandonnât à chacune d*elles le soin de fixer le terme où elle pourroit le faire sans trop de désavantage. Cette question fut traitée à Vienne dans des conférences entre les huit puissances. Lord Castlereagh demanda , au nom de la cour de Londres , que toutes les puissances proclamassent leur adhésion au principe général de l'abolition de la traite, et leur vœu de réaliser cette mesure dans le plus bref délai possible ; cette proposition f ut unanimement adoptée : mais cellequ'il fit ensuite d'examiner la possibilitéd'uneabolition immédiate, ouau m oins d'un rapprochement du terme que chaque puissauce pouvoit avoir fixé £our l'abolition définitive , et une troisième , par laquelle il vouloit obtenir une abolition immédiate partielle de ce trafic, éprouvèrent la pins grande résistance de la part des trois Etats ayant des colonies. Comme les quatre autres n'a voient aucun droit de se môler dans la législation intérieure de ces 8 février i8i5. Etats , la déclaration que le congrès publia , proclama le principe reconnu par tous, en abandonnant la fixation de l'époque où la traite devoit cesser généralement à des négociations entre les puissances.

Gouvernement On jouissoit en France d'une tranquillité apparente, de« cent joui a. lorsque Buonaparte quitta llle d'Elbe, aborda avec i«r mars. un millier d'aventuriers sur les côtes de France, appela a lui ses anciens camarades , et , trompant le peuple des départemens en feignant d'être soutenu par PAu- 20 mars, triche, marcha sur Paris, où il fit sou entrée, après que le roi et sa famille se furent retirés à Lille. Arrivé 23 mars, dans cette ville, le Roi signa une ordonnance qui licencioit l'armée ; mais déjà la plus grande partie de*

,789 — i8if). 4n

troupes avoit juré fidélité à l'usurpateur. Louis XVII I ne se voyant pas eu sûreté à Lille* se retira à Gand. 5o marsi8i5. Buonaparte publia une nouvelle constitution sous le 22 avril* titre à acte additionnel aux constitutions de l'Empire. Un des articles qu'elle renferme prononce le bannissement perpétuel des Bourbons. Pour natter les partisans de la souveraineté du peuple, cet acte fut soumis à son acceptation, et Buonaparte convoqua des députés extraordinaires en assemblée du Champ de Mai ; il convoqua aussi une ebambre de représentai ou corps législatif. Le Champ de Mai fut tenu , et deux jours après , une ebambre des Pairs , de la création de Buonaparte, et la ebambre des représentons de la nation ouvrirent leur session.

Aussitôt qu'on reçut à Vienne la nouvelle du débar- Alliance <î<quement de Buonaparte en France, les nuit puissances y '~^ publièrent une déclaration portant qu'en rom pant ainsi x 3 marg . la convention qui l'avoit établi dans l'île d'Elbe , Buonaparte avoit détruit le seul titre légal auquel son existence se trouvoît attachée , et s'étoit ainsi placé hors des relations civiles et sociales. Les monarques refusèrent de recevoir les lettres par lesquelles il leur au— noncoit qu'il étoit remonté sur le trône. Reconnoissant que le moment étoit venu d'exécuter les engagement contractés à Chaumonl , les quatre puissances qui avoient participé à ce traité, en renouvelèrent les engagemens par de nouveaux traités d'alliance ; elles pro- a5 mars, mirent de réunir toutes leurs fortes pour maintenir le truite de Paris du 5o mai , et de mettre ebacune sur pied une armée de 180,000 hommes. Par une convention additionnelle , la Grande-Bretagne se chargea de 3o avri! * payer aux trois autres, des subsides sur le pied de 5 millions de liv. sterl par an. Tous les princes de la confédération germanique, le Portugal, la Sardaigne, les Pays-Bas, la Suisse et le Danemarck accédèrent successivement à celte alliance, et la Grande-Bretagne accorda à tous des subsides proportionnés aux forces qu'ils mettaient en campagne. De toutes les puissances ayant des plénipotentiaires à Vienne, l'Espagne et la

Suède seules n'entrèrent -pas dans l'alliance. Le rot d'Espagne refusa son accession , comme étant contraire à sa dignité; il n'auroit pas refusé d'être partie principale et il coopéra comme telle à la guerre. Quant à la Suède, elle étoit trop occupée de la conquête delà Norwége pour pouvoir prendre part à la délivrance de la France.

Guerre II y eut encore un monarque qui resta étranger à de Naples. y^w^^ de Vienne ; c'étoit Joachim Murât. Le roi de France avoit refusé de le reconnoître comme roi de Naples , et lord Castlereagh avoit déclaré à Vienne que la Grande-Bretagne n'avoit aucun engagement avec Murât puisque celui-ci n'avoit pas rempli le sien , et . - qu'ainsi il dépendoit du congrès de décider du sort du

royaume de IVaples. Ces déclarations engagèrent Murât à armer ; néanmoins il dissimula çon intention , jusqu'à ce qu'il apprît que Buonaparte étoit arrivé à Lyon 5 ce fut alors qu'il jeta le masque. 11 marcha, à la tête de son 3o mars i8i5. armée vers le Pô et publia une proclamation par laquelle il appela tous les peuples d'Italie à la liberté. L'armée autrichienne, dans la presqu'île, se mit aussitôt 2 mai. en mouvement contre lui. Battu à Tolentino par le général Bianchi, il se retira d'abord à Naples, d'où après un court séjour, il se sauva en France. Le gouvernement de Ferdinand IV fut rétabli.

Declaraiion Cependant le public européen qui ne connoissoit

du ^"iiiai* P 3S ° e SG lra ^°' t ^ anS ^ eS caDmets i pOUVOit douter

de la persévérance des monarques à donner suite à l'acte du i3 mars qui avoit été adopté dans un moment où l'on espéroit que la France n'auroit pas besoin de secours étrangers. Les partisans de Buonaparte et les révolutionnaires de tous les pays se donnèrent beaucoup de peine pour répandre et entretenir de pareils doutes. Les monarques jugèrent nécessaire de déposer l'expression de leurs principes dans un acte solennel. On lui donna la forme d'un procès-verbal signé par les plénipotentiaires des huit puissances. La publication de cette pièce étoit équivalente à une déclaration de guerre contre Buonaparte. Elle ouvrit, les yeux à ces

hommes crédules auxquels l'usurpateur avoit fait croire jusqu'alors cjue l'Autriche et la Russie étaient d'accord avec lui.

Toutes les négociations dont le congrès de Vienne Act« du eongrèâ étoit chargé, se trouvant terminées par la signature de Je V |emt€ * l'acte de la confédération germanique , qui eut lieu le 8 juin, les plénipotentiaires des huit puissances signèrent le lendemain Y Acte du Congrès , qui est un résumé et un extrait de tout ce qui avoit été successivement réglé, soit par des traités particuliers, soit par des déclarations et des procès-verbaux (ou protocoles, comme on disoit quelquefois à Vienne) relativement à la Pologne, aux arrangemens territoriaux en Allemagne, à la confédération germanique, au royaume des Pays-Bas, à la Suisse, à l'Italie, au Portugal, à la navigation des rivières, au rang des agens diplomatiques , à la forme des accessions et ratifications de l'acte môme. C'est ainsi que la plus auguste réunion qui ait eu lieu jusqu'alors, termina ses travaux ».

Une masse de 1, 365, 000 hommes se préparoit à en- Campagne vahir la France. Mais la lutte contre Buonaparte fut décidée par environ 200,000 , et il n'entra pas 600,000 étrangers sur le sol de la France. Les alliés a voient formé quatre armées :

i.° Celle des Pays-Bas, commandée par Wellington, ayant sous ses ordres 7 1 ,000 Anglois , lîanovriens, Brunswickois,' troupes des Pays-Bas et de Nassau.

2. 0 L'armée du Bas- Rhin , composée de i4o,oOO Prussiens sous les ordres de Bliicher.

3.° Vannée du Haut-Rhin * commandée par Schwarzenberg , et composée de i5o,ooo Autrichiens et 1 24,ooo hommes de troupes allemandes:

* Comme l'acte du congrès de Vienne renvoya divers arrangemens territoriaux à des négociations particulières , et qu'il en résulta une foule de conventions, l' Autriche, la Grande-Bretagne , la Prusse ei la Russie établirent à Francfort une, commission chargée de compenser, dans une transaction commune, les résultais de ces différentes négociations. La commission termina son travail te 20 juillet 1819, par un Recês général qni forma le complément de l'acte du 9 juin i8i5.

4l4 PÉRIODE IX-

4.° L'armée russe, dite du Moyen-Rhin , forte de 1 68,000 hommes sous les ordres dé Barclay de Tolly, devoit se placer entre les deux précédentes armées : elle ne ptit arriver à temps sur le théâtre de la guerre, et les deux premières armées seules décidèrent la campagne.

Les forces de Buonaparte se montaient , outre 147,000 hommes de gardes nationales qu'il employa comme garnisons, à 21 3, 000 hommes* il les avoit divisées en huit armées : celle du Nord qu'il commanda lui-même, étoit de 108,000 hommes.

Buonaparte ouvrît la campagne le i5 juin, en faisant passer la Samhre au second corps qui attaqua le général prussien Zieten» Cédant à des forces- supérieures, ce général se retira vers Fleuras. Le lcndei6juioi8i5. main le duc de Brunswisk qui à la tête de 12,000 hommes, étoit parti de Bruxelles pour soutenir les Prussiens fut tué à Quatrehras, mais le maréchal Pîej qui commandoit les François , éprouva une perte considérable. Le même jour le maréchal Bîùcher fut battu à Ligny, et se retira dans le plus grand ordre à Brie. Dès ce moment Buonaparte se tourna contre Wellington. 18 >iu. Il lui livra bataille à Waterloo ou Mont Saint-Jean. Lr combat dura avec un succès varié depuis midi jusqu'à quatre heures, lorsque le corps prussien du général Bulow qui ♦ conduit par Bliicher en personne , s'étoit approché du champ de bataille , tomba à l'improviste sur 1 aile droite des François , tandis crue Buonaparte croyoit toute l'armée prussienne aux prises avec Grouchy qu'il avoit détaché contr'ellc avec 4o,ooo hommes. En voyant paroître les Prussiens . Buonaparte s'imagina d'abord que c'étoit le général Grouchy qui après avoir battu les Prussiens venoit soutenir son aile droite. Le fait est que le général Thielmans ayant été attaque par Grouchy du côté de Wavre , Blûchcr lui avoit fait dire de se défendre de son mieux, et ne s'étoit ps laissé détourner de l'exécution de son plan de tomber sur l'aile droite de Buonaparte. Lorsque enfin Buonaparte s'aperçut de son erreur, cette découverte lui fit

perdre la tote; son armée, saisie de terreur , se débanda. Lui-même n'échappa qu'avec peine à la captivité. Les Allemands ont donné à cette bataille le nom de Belle-Alliance , d'après une maison où Blûcher et Wellington se rencontrèrent après l'afFaire. De 120,000 François , il fut pris et tué dans les journées des 16 et 18 juin, 60,000 hommes : 64,000 Anglois et 5o,ooo Prussiens avoient pris part à la bataille : les Anglois perdirent 1 4,ooo hommes le 1 8 , les Prussiens 53,ooo dans les deux journées du 16 et 18.

Buonaparte se sauva à Paris ; mais la chambre des Seconde représentans composée de partisans de la révolution ah hcaiiomie

; 1709 et de républicains , qui n avoient voulu se servir de Buonaparte que comme d'un instrument pour faire adopter d'autres plans , résolut de profiter du mépris dans lequel il étoit tombé pour se débarrasser de sa personne. On exigea qu'il donnât sa démission; et 21 juin 181 S. il abdiqua en faveur de son fils. Les chambres nommèrent une commission de gouvernement , à la tête de laquelle on plaça Fouché. Celle-ci députa â Heidelberg où étoit le quartier-général des monarques , des commissaires chargés de traiter avec eux sur la base de I indépendance nationale et de l'inviolabilité du sol de la France; mais comme dans ces propositions il n étoit pas question de la restauration du roi , les alliés refusèrent de traiter , qu ? au préalable on ne leur eût livré * Buonaparte.

Celui-ci avoit demandé à Wellington et à Bliicher Buonaparte des passeports pour quitter la France. Ces deux géné-*^ 1 " 16 "^ :iC * raux les ayant refusés, la commission du gouvernement le fit conduire à Rochefort, où il devoit s'embarquer sur une frégate pour aller en Amérique. Mais le capitaine de.vaisseau anglois Maitland, qui croisoit devant le port, l'empêcha de sortir à moins qu'il ne se rendît aux Anglois, cas pour lequel il lui garantissoit la vie. Le danger devenant de jour en jour plus pressant , Buonaparte se vit obligé de se soumettre à cette condition. Le Belléroplion sur lequel il monta, arriva le 2 4 juillet dans la baie de Torbay ; mais le gouverne-

4l6 PÉRIODE IX.

ment anglois ne permit pas au général Buonaparte de mettre pied à terre. Par une convention signée entre les alliés, le 2 août à Paris y l'Angleterre se chargea de le garder dans l'Ile de Sainte-Hélène. U y fut transporté et y resta jusqu'à sa mort , qui arriva le 5 mai 182 1 .

Prise «le Paris. Après la bataille du 18 juin, Wellington et Blûcher marchèrent directement sur Paris : l'armée de Schwarzenberg s'y dirigea également , par la route de Nancy. Davoust avoit réuni les fuyards; et comme Grouchy avoit eu l'adresse et le bonheur de sauver son corps , on avoit pu former une nouvelle armée de 60,000 hommes qui faisait mine de Vouloir défendre Paris. 11 fut livré plusieurs combats à Sèvres et Issy, après lesquels le maréchal Davoust annonça aux deux lèld-maréchaux que Paris etoit prêt à se rendre. 11 fut conclu

3 juillet i8i5. une capitulation à Saint-Cloud. L'armée françoise se retira derrière la Loire.

Seconde Les alliés occupèrent Paris le 7 juillet; le lendemain

restauration. Louis XVIII y entra. Deux jours après les monarques alliés y arrivèrent également. Une ordonnance du 24 juillet déclara indignes de la patrie vingt-neuf individus nommés en 18 14, qui ayant siégé dans la chambre de Buonaparte , avoient juré le bannissement des Bourbons ; dix-neuf personnes accusées d'avoir trahi le roi avant le*23 mars, furent remises aux tribunaux; trentehuit autres individus eurent ordre de quitter Paris. Ces derniers étoient la plupart des régicides relaps, c'est-à-dire qui après avoir obtenu grâce en i8i4 avoient en 101 5 signé le bannissement des Bourbons: car le roi ne faussa pas la parole donnée aux simples régicides de les abandonner à leur conscience. Quel-

3 ues mois plus tard (le 12 janvier 1816), l'ordonnance u 24 juillet fut changée en loi , avec cette modification

Sue les régicides relaps furent exilés du sol de la France, les individus traduits devant les tribunaux , deux seulement furent exécutés , le maréchal Ney , et le colonel Labédoyère : un troisième fut sauvé par le courage de son épouse. La clémence du roi couvrit tous les autres crimes.

1789 — i8i5* 417 L'armée de la Loire se soumit au roi , mais la guerre Traités de Paris continua encore quelque temps sur les frontières de la du 2onov ' 181 * France, parce qu'il entroit dans le plan des alliés d'occuper toutes les forteresses , et que la plupart des cominandans refusèrent de les y recevoir. Les alliés s'étoient convaincus que pour assurer la tranquillité de la France, il falloit prendre des mesures plus vigoureuses qu'en 18 14. Ce ne fut qu'au mois de septembre que leur plan se trouva assez mûri pour qu'ils pussent ouvrir les négociations avec la France. Elles éprouvèrent bien des difficultés , et le traité entre la France et les alliés ne put être signé que le 20 novembre.

Par ce traité la France fît quelques cessions de territoire aux Pays-Bas , à la Prusse , à l'Autriche pour être rétrocédées à la Bavière , à la Suisse et au roi de Sardaigne. Elle perdit par cet arrangement Philippe ville , Marienbourg , Saarbruck , Saar-Louis , Landau , Rheinzabern , Bergzabern , un district du pays de Gex, la partie de la Savoie qu'elle avoit conservée par le traité de 18 14 et la suzeraineté sur Monaco. Il fut convenu :

i°. Que les fortifications d'Huningueseroient rasées;

2°. Que la France paieroit aux alliés une indemnité pécuniaire de 700 millions de francs.

3°. Que i5o,ooo hommes »de troupes alliées occuperoient, au plus pendant cinq ans 1 , les places de Condé , Valenciennes , Bouchain , Çambray , Le Quesnoy, Maubeuge , Landrccies , Avesne , Rocroy,Givet, Charlemont , Mézières, Sedan, Montmédy, Thionville , Lqngwy , Bitsch et la tète de pont de Fort-Louis , et seroient soldés et entretenus par la France.

Par un article additionnel , on s'engagea réciprocpiement de se concerter pour obtenir l'abolition entière et définitive de la traite des Nègres.

» Des le i<?> avril 1817 , un cinquième de l'armée d'occupation fut retiré; le reste quitta la France, le 3o novembre 1818, en vertu de ce qui fut convenu au congrès d'Aix-la-Chapelle , le 9 octobre de cette année.

4i3 p^nioDK îx.

Outre le traité principal il fui signé , le même jonr, quatre conventions, savoir:

i°. Convention relative au paiement de l'indemnité pécuniaire à fournir par la France aùx alliés ;

2°. Convention relative à l'occupation d'une ligne militaire en France par une armée alliée;

3°. Convention relative à la liquidation des récla- * mations des sujets du roi de la Grande-Bretagne envers le gouvernement françois ;

4°. Convention relative aux réclamations provenant du fait de la non-exécution des art. 19 et suivans du traité du 3o mai i8i4, relatifs aux réclamations formées à charge du gouvernement françois par des sujets des puissances alliées, à l'exception cfe l'Aigleterre. Quadruple jJe même jour, l'Autriche, la Grande-Bretagne, la novcnXe 18x6. P russe et la Russie conclurent une alliance intime ayant un double objet , savoir : i\ le maintien des traités et des conventions qui venoient d'Atre signés , et 3°. l'exclusion perpétuelle de Napoléon Buona parte et de sa famille du pouvoir suprême en France , le maintien de ht tranquillité dans ce pays et la répression des principes révolutionnaires sous telle forme qu'ils pourraient encore déchirer la France, et menacer ainsi le repos des autres Etats ] . Les alliés s'engagèrent à fournir pour ce double objet les contingens déterminés par l'alliance de Chaumont. Ils convinrent aussi de se réunir de nouveau en personne 2 dans le courant de l'année 1818.

■ Il est nécessaire d'avoir sous les yeux les termes mêmes de l'articlè qui se rapporte à cette matière. <c Et comme les mêmes principes révolutionnaires qui ont soutenu la dernière usurpation criminelle pourroient encore , sous d'autres formes 7 déchirer la France et menacer ainsi la sûreté des autres états , les hautes parties contractantes recoûDoissant solennellement le devoir 4H redoubler leurs soins pour veiller , dans des circonstances pareilles , à la tranquillité et aux intérêts de leurs peuples , s'engagent, dans le cas qu'un aussi malheureux événement vieudroit à éclater de nouveau, à concerter entre elles, et avec S. M. T. C. > les mesures qu'elles jugerout nécessaires pour la sûreté de leurs étals respectifs , et pour Ta tranquillité générale de l'Europe. »

2 La réunion des moqarques eut lieu en novembre 1818, à Aixla-Chapelle.

1789 — i3i5. 419 Avant celte alliance qui, en assurant le maintien de Sainte -Alliance, la dynastie des Bourbons sur le trône de France, est line des bases du nouveau système politique de l'Europe, l'empereur d'Autriche , celui de Russie et le roi de Prusse en personnes avoient signé à Paris , le 28 septembre, un acle qui est connu sous le nom de saintealliance, et qui forme la seconde base du même système. Les monarques y déclarent leur détermination inébranlable de né prendre pour règle de leur conduite que les préceptes de la religion; ils promettent de demeurer unis par les liens d'une fraternité indissoluble, de se prêter, en toute occasion et en tout lieu, assistance et secours; de ne se considérer que comme membres d'une même nation chrétienne, et comme délégués* par la Providence pour gouverner trois branches d'une même famille; enfin, de recevoir dans la même alliance toutes les puissances qui voudroient avouer les principes sacrés qui avoient dicté cet acte.

Toutes les puissances chrétiennes de l'Europe accédèrent aux traités et conventions du 20 novembre 181 5 , excepté la Suède qui n'a voit pas pris part à la guerre ; toutes entrèrent dans la sainte-alliance , à l'exceptiouduroi de la Grande-Bretagne, qui, tout en sanctionnant les principes énoncés par cet acte, ne put pas le signer, parce qu*, d'après l'usage constitutionnel de l'Angleterre , le monarque ne signe rien sans le con- * tre-seing d'un ministre responsable.

C'est ici aue nous nous arrêterons pour indiquer brièvement les événemens les plus importans arrivés depuis 1811 dans les autres Etats européens, et les changemens que le congrès de Vienne a opérés dans quelques-uns d'entre eux.

Le Portugal paroissoit destiné à n'être plus à l'avenir qu'une dépendance du Brésil sous le rapport de la politique, comme il en étoit une de l'Angleterre sous le rapport de l'agriculture, de l'industrie et du commerce. Cette dernière puissance mettoit une si grande importance à l'abolition de la traite des nègres , que, par un traité signé pendant les conférences de Vienne , elle %% janvier i8i5.

Eut

du Portugal.

acheta du Portugal une coopération effective à celle mesure , et renonçant à tous les avantages qu'elle s'éloit réservés par le traité de Rio-Janéiro du 19 février 1810, qui fut déclaré annullé. Encore le Portugal ne défendit-il provisoirement à ses sujets le commerce d'esclaves que dans la partie de l'Afrique située au nord de Péquateur 1 .

Constitution des En Espagne , les Cortès extraordinaires réunies à coi tès d'Espagne Cadix, après avoir publié un décret portant qu'il n'y

de 1812. 1 T? * * 1* • *i

janv. 1811. auroi t P as de traite avec la rranec, tant que le roi ne jouiroit pas de sa pleine liberté , et qu'il ne seroit regardé comme libre que lorsqu'il auroit prêté serment à la constitution , achevèrent l'ouvrage auquel elles . prétendoient être appelées. Leur constitution, fondée sur le principe de la souveraineté du peuple , confiant le pouvoir législatif à une assemblée populaire et l'exécution des lois à un fonctionnaire sans autorité et sans considération , quoique décoré du titre de roi , fut publiée le 18 mars 1812. En dépit de l'histoire, cette œuvre du fanatisme révolutionnaire s'annonça comme la véritable constitution ancienne de l'Espagne, Les Cortès extraordinaires terminèrent, leur session le 20 septembre 1 8 1 3 ; les nouvelles ou ordinaires, convoquées dans la forme constitutionnelle à raison d'un député par 70,000 habitans, sans distinction d'état ni de fortune, se transportèrent , %crs la 6n de l'année, à Madrid.

T'êtes à* Ce furent les Cortès extraordinaires qui conclurent, eVde b2c. * ^ e 20 j u *^ ct 181 3, un traité d'amitié et d'alliance avec l'empereur de Russie, à Weliki-Louki, où étoit alors son quartier-général. Alexandre y reconnut les Cortès

» Le Portugal consentit , par un traite' poste'rieur ( du a3 juillet 1817 ) à restreindre encore davantage la traite , et accorda aux croiseurs britanniques le droit de visiter les balimens marchands portugais pour s'assurer qu'ils ue fout pas un commerce illicite d'esclaves. Par un traite' signé à Paris ( 28 août 1817 ) les limites de la Guyane fuient réglées d'une manière avantageuse à la France. Ces traités sorteut de notre cadre. La reine Marie de Portugal étant morte , le ao mars 1816, le prince tégent prit le titre royal sous le nom de Jean VI.

et leur constitution. Cette reconnoissanec ctoit fort simple : Alexandre ne pouvoit traiter qu'avec le gouvernement qu'il trouvoit établi. Ce gouvernement agissoit au nom de Ferdinand VII , et l'on devoit regarder ses actions comme légitimes, tant que ce prince ne les avoit pas désavouées. L'empereur de Russie n'avoit ni la volonté ni le droit de sanctionner par sa reconnoissance un ordre de choses qui n'auroit pas l'approbation du roi jouissant de sa liberté. C'est dans ce même sens que le roi de Prusse s'allia au gouvernement espagnol par un traité qui fut signé à Baie. *o janvier t8i4.

Après son retour de la campagne de 181 5 y Buona- Traité parte, regardant l'Espagne, comme perdue et voulant * e ^ a ^ a »çay. raire une diversion à ses ennemis, résolut de remettre Ferdinand VII en liberté; mais de profiter de cet acte d'une justice tardive pour se faire un ami de ce prince. Il lui représenta l'Espagne comme livrée au jacobinisme qui travailloit à renverser le trône pour y créer une république , et il accusa l'Angleterre d'avoir favorisé ce projet. Ferdinand VII demanda qu'on laissât approcher de sa personne une députation de la Régence qui pût l'instruire de l'état des choses. Buona parte qui exécutoit vivement ce qu'il avoit une fois résolu, trouva ce moyen trop lent; il chargea M. de Laforêt, qu'il avoit envoyé à Valançay, de conclure avec son captif un traité , par lequel celui-ci fut re- * 8 dcc. i8i5. connu roi a Espagne , et promit , de son côté , de faire évacuer toute la monarchie par les Anglois.

Ferdinand VII envoya son ministre, le duc de San- Reiour de Carlos, à Madrid, avec la mission apparente de coin- ^^MadiidT 11 muniquer ce traité à la Régence, mais en réalité pour prendre connoissance de l'état des affaires. La Régence refusa de reconnoître le traité de Valançay, parce que le roi n'étoit pas libre. Instruit de cette difficulté, Buonaparte remit Ferdinand VII en liberté. Ce prince se 7marsi8i4» mit en route pour ses Etats ; mais il fit lentement le voyage, pour s'instruire par lui-même de l'esprit qui regnoit parmi les Espagnols. Il ne lui fut pas difficile de se convaincre que le peuple attaché à sa religion

eï à la famille du ses princes , étoit fort indifférent pour la constitution des Cortès 7 et que cette assemblée ne jouissoil d'aucune considération. Soixante membres des Cortè$ avoient môme prolesté contre un acte qui dégradant la majesté royale , préparoit rétablissement 4 mai 181 i. de la démocratie. Arrivé à Valence, Ferdinand Vil cassa la constitution de 1812* et se mit en marche pour Madrid, où il entra le 17 mai. Partout le peuple exprima son affection pour un prince dont on attendoit le retour de la justice et de Tordre. Un jour on saura pourquoi cet espoir n'a- pas été rempli 1 . Grandeur c e f u t J a Grande-Bretagne qui joua le rôle le plus ♦le i Angleterre, ^jj^jj^ dans l'époque dont nous donnons le précis historique. La persévérance avec laquelle elle avoit poursuivi son système^ de politique depuis la, rupture de la paix d'Amiens, fut couronnée du succès le plus complet,' et le plan conçu par Pitt, mais de l'exécution duquel ce grand ministre avoit désespéré, Revint la pierre angulaire de la politique future de l'Europe. La Grande-Bretagne fut l'a me de l'alliance qui, en i8i5* entreprit la délivrance de l'Europe ; elle fît les efforts les plus extraordinaires en armemens et eu subsiJes pour soutenir ceux des peuples du continent.

Régence du Une maladie mentale dont George III avoit été af- Tniuce de Galles, fecté vers la lin de Tannée 18 10, obligea le Parlement d'établir une régence. Cette charge appartenoit de 'droit à l'héritier présomptif de la couronne; mais comme le ministère craignoit que ce prince ne chau-

1 Tous le» événemens postérieurs à l'année i8i5, devant nous rester étrangers, nous 1 ne parlerons pas de ceux qui ont troublé l'Espagne ; mais nous consignerons ici deux traités conclus par le gouvernement de ce pays, et qui sont le complément d'engagé mens, contractés en i8i5. i°. Traité de Paris du 10 juin 1817 avec lés cinq grandes puissances , par lequel la réversion de l'Etat de Parme fut convenu de la manière donÇ nous aurons occasion de le dire. — 2 Ô . Traité de Madrid du a3 septembre 1817 avec l'Angleterre , par lequel le roi d'Espagne abolit entièrement* la traite, a dater du 3d niai 1820, et accorde aux croisières angloiscs le droit de visiter les bâlimeus suspectés de faire ce trafic. La cour de Londres paj* 4oo,ooo liv. slerl. pour servir d'indemnité aux Espagnols lésés. j«f l'abolition de la traite*

geat , sous quelques rapports , de système de gouvernement , il lit passer au Parlement un acte qui restrei- 3i déc 181a. gnoit pendant une année l'autorité du régent. Le prince de Galles se soumit à ces modifications : il 10 jaavieribri. exerça la régence , d'abord avec un pouvoir borné , mais, depuis 1812, avec toute l'autorité royale, et dans des principes très-conséquens jusqu'à la mort de «on père 1 en 1820.

Il trouva l'Etat en guerre avec la Russie et a vecafc Traites de pi* Suède; mais c'étoit une guerre pour la forme et sans d'Oerebro. hostilités effectives. Lord Castlereagh , qui depuis 1812 se troûvoit à la tète des affaires étrangères , accueillit avec empressement les premières démarches que les deux puissances firent pour un rapprochement. La paix fut signée à Oerebro, d'abord avec la Suède,* et, 12 .juillet 1812. peu- de jours après, avec la Russie. La première re- 18- juillet, non ça , dans des ternies indirects , aux principes de la neutralité armée du Nord. Nous reviendrons sur les stipulations du traité sigué par la Russie.

Un autre ennemi se présenta alors. Depuis i8û3 , il r Guerre existoit une mésintelligence entre la Graude-Bretague d?A " ,en 4 uc » et les Etats-Unis d'Amérique, dont le commerce lucratif avec la France étoit gêné par les principes mis en avant en Angleterre sur la liberté de la navigation. Les Américains, de leur côté, publièrent plusieurs actes contre le commerce des Anglois, tels que celui du lîi avril 1806, qui défendoit l'introduction des marchandises angloiscs. Dans la crainte que le système continental n'entraînât «la république dans une guerre soit avec la France, soit avec l'Angleterre, le congrès publia une loi connue sous le nom d'acte d'embargo 26 avril 1808* ou de no n-in ter course , qui interdit aux Américains toute navigation pour un port étranger, et aux étrangers celle d'un port de l'Union à l'autre. L'année suivante, on alla plus loin : un acte du congrès défendit, i rr 1809, à dater du 20 mai 1809 , tout commerce des Améri-

» Elle arriva le 2<j janvier 1 820. rnince de Galles prit alors le Miim «le George IV.

4j4 période ix.

caîns avec la Grande-Bretagne , la France et les pays qui en dépendent. Des négociations qui s'ouvrirent avec l'Angleterre , au lieu de rapprocher les esprits , les i«r mars 1810. aigrirent davantage. Un nouvel acte du congrès défendit à tout vaisseau françois et anglois l'entrée dans les ports de l'Union. Deux mois après, le congrès pu- 1* mai. blia encore un acte qui, levant l'embargo ordonné le 26 avril 1808, laissa subsister et renforça même l'acte djfri" mars , ot déclara que , si la France ou la Grande- Bretagne modifient avant le 3 mars 1811 ses décrets sur le commerce des neutres , et que l'une de ces deux

Îmissances ayant donné l'exemple de la modification , 'autre ne Pi mi toit pas dans l'espace de trois mois, l'ancien acte de non-intercourse seroit remis'en vigueur contre celte puissance.

Bientôt il s'éleva d'autres sujets de plainte de la part des Américains : ils contestèrent aux Anglois le droit de s'emparer des matelots nés dans les lies Britanniques, partout où ils les trouvoient; droits qu'ils exercent en vertu de la loi fondamentale qui ne laisse pas «V un individu né sujet du roi la faculté de se dépouiller de cette qualité ou de se dénaturaliser en se fixant dans un autre pays. Déjà il avoit été commis plusieurs actes de fait , lorsque le président de l'Union j8 juin 1812. déclara la guerre à l'Angleterre. Cette déclaration eut lieu au moment même où le principal motif de la guerre cessa d'exister : car la Grande - Bretagne , suivant l'exemple que Buonaparte lui avoit donné, révoqua, 23juiu. à la même époque, les ordres du cabinet dont les Américains se plaignoient.

Paix de Gaud. Cette guerre intempestivement entreprise par le gouvernement américain , lui fit peu d'honneur. Les bâtimens américains firent du mal au commerce anglois, et les Américains se battirent avec bravoure tant par terre, dans le Canada , que par mer ; mais comme ils n'avoient pas de flotte, ils ue purent pas même couvrir leurs côtes ni prémunir leur capitale contre un coup de main. Le vice-amiral Cocbrane et le général 2iaoùti8i4. R° ss entrèrent dans le Potowmac , et détruisirent

Washington, siège du Congrès et du gouvernement. Depuis le commencement de i8i3, l'empereur Alexandre interposa sa médiation pour mettre fin à une guerre qui faisoit diversion aux efforts de l'Angleterre pour la délivrance du continent. La paix qui fut signée à Gand, a4 déc. 1814. rétablit l'amitié entre les deux parties, sans rien décider sur les deux principaux griefs qui avoient mis les armes à la main des Anglois. Ainsi une paix sans résultat pour les Américains termina une guerre qui a voit été sans objet.

Le système financier de la Grande-Bretagne éprouva Etat des une altération essentielle par l'adoption d'un plan pré- jf^"""*"^® senté par M. Vansittard , chancelier de PEciiquicr. 2 3 Si3« Le fonds d'amortissement ayant remboursé la partie de la dette publique antérieure à l'année 1786, et montant à 2,38 millions de livres sterlings, on modifia la loi d'après laquelle ce fonds devoit s'accroître sans cesse , jusqu'au parfait remboursement de la dette fondée ou consolidée. Les dépenses de l'état se montoient en i8i3 , à 77,337,475 livres sterling, dont 8, 65 1,3 3 5 tombèrent sur l'Irlande. L'intérêt de la dette étoit de 36,607,128 livres sterling, dont à la vérité i3,i82,5 10 entrèrent dans le fonds d'amortissement La Grande-Bretagne paya, en 18 13, aux états du continent, n,4oo,ooo livres sterling à titre de subsides, 24,107 bâtimens et io5,ooo matelots étoient occupés par le commerce; en îtti 4 ces nombres ' augmentèrent d'un septième. A cette dernière époque, la marine étoit de 1 o44 vaisseaux de guerre , 100,000 matelots et 02,600 soldats 5 les forces de terre se montèrent à 302,490 hommes y compris 65,ooo milices.

Le privilège de la compagnie angloise des Indes Acic sur le cnmorientales expiroit en i8i4\ et l'opinion publique pa- mercctîc, * lud€5, roissoit contraire à son renouvellement. Cette 4 question qui étoit du plus haut intérêt pour l'industrie de

^ Au 5janv. 1820, la dette consolidée se monloit à 1,257,775,674 liv. slerl. ( environ 3o milliards de franc*) dont les intérêts absorboient 49,5^2,152 liv. sterl. ou près de 1200 millions de fraucs.

4u6 pkkuiuç ix.

la nation , occupa beaucoup le Parlement en r8r5 r 21 août i8i3. Enfin il fut passé un acte que la sanction du roi cha-nge?

en loi, et d'après lequel le commerce des Grandes Indes , à l'exception de la Chine, fut déclaré libre; cependant avec «quelques restrictions et sous des formes déterminées.Xe même acte renferme des dispositions sur le paiement de la dette de la compagnie dés Indes, moutant à 3o millions de livres sterling. Cette compagnie conserva ses possessions et plusieurs prérogatives importantes.

Nouvelle Un autre acte du Parlement, qui excita une vive K'Kisiatioa sensation en Angleterre, parce gu'il réeloit un objet

sur le commerce Y . t p 1 i» • i

des çruiub. sur It <f»el 1 intci$t <jes propriétaires et de I agriculture étoit en opposition avec celui des classes inférieures de la société, qui vivent du travail de leurs mains, ainsi qu'avec celui du commerce, doit être consigné ici, parce qu'il ne fut pas sans influence sur le bien-être du continent. D'après une loi de i8o4, l'importation du froment étoit permise lorsque le quarter ( près de 22 boisseaux ) coutoit en Angleterre 63 scbellings ( environ 79 francs ) ; l'exportation de la même denrée étoit non-seulement permise aussi long-temps que le quarter ne coutoit pas au-delà de 48 scbellings (60 francs ), mais même favorisé, par une prime tle 6shellings pr quarter. Le premier changement qu'éprouva cette lé-

i3 mai i8i4. gislation eut lieu en i8i4; un acte du Parlement permit sans aucune restriction, mais aussi sans prime, l'exportation du froment et de la farine. Le second changement fut ordonné par un acte du Parlement

aomarei8i5. quuue émeute de la populace de Londres tenta encore de prévenir. L'importation du froment fut interdite aussi long-temps que le quarter ne coûteroit pas 80 shellings ( 100 francs ), de manière cependant que les Américains pourroient importer aussitôt que le prix nîonteroit à 67 shellings ( 84 francs. )

indépendance Après a voir été réunie pendant deux ans à la France, la «ol «ndc. j a jj 0 ji arj( j e et j es au i res puissances qui avoient anciennement formé la république des Provinces-Unies , reprirent leur indépendance nationale. Lorsqu'après Ll

17B9 — i8iS* 4^7 bataille de Leipzick , les corps de Bulow el de W>n-

dov. i8i3.

rent uu gouvernement provisoire et invitèrent l'héri* tier du dernier stadhouder * à venir se mettre à la tête du gouvernement. Les troupes françoises ne se sentant

Ï>as assez fortes pour défendre le pays à la (bis contre es alliés et contre les habitans , l'évacuèrent paisiblement. Le prince d'Orange , arrivé à Amsterdam , fut *•* <léc. i8i3. proclamé prince-souverain des Pays-Bas, et il accepta cette dignité à condition que son pouvoir seroit limité par une constitution. Il en fit rédiger le projet qui fut adopté et juré dans une assemblée de représentans. 3o mars i8i4.

Pendant le séjour des monarques en Angleterre il Royaume fut convenu que, pour opposer à la France une bar- de * Pay * Bab * rière du côté du Nord, la Hollande et la Belgique i uin « seroient réunies sous un même gouvernement a . Un traité conclu également à Londres , rendit aux Hollan- »5 août, dois leurs anciennes colonies, à l'exception du cap de Bonne Espérance , d'Essequebo, Brebice et Demerari. Le prince-souverain confirma, par ce traité, un décret du i5 juin, par lequel il avoit défendu la traite des noirs. Par les dispositions du traité de Vienne, Févêcbé de Liège et le duebé de Luxembourg furent cédés au prince, à condition que le dernier fît partie de la confédération germanique, et le prince fut décoré du titre île roi des Pays-Bas. Le nouveau royaume obtint , par 23 mars i8i5. la seconde paix de Paris, un léger accroissemen t de territoire, et une somme de 60 millions de francs pour la construction d'une ligne de forteresses* La surface de ce royaume avec le Luxembourg est de 11 64 milles carrés , habités par 5,46o,ooo âmes ; il a epçore j ,726,000 sujets dans ses colonies 3.

* Guillaume V étoit mort le g avril 1806.

9 Celle réunion entrnit également dans le plau de Pitt de i8o5. 3 I iule pend a m me ni des Huiles îles 19 niai tl 11 octobre i&i5, qui Itiipottcut di\erstB charges au royaume des T^vb-Bas, ul<us dévoua

Nouvelle Comme il a voit été impossible de compléter le

deYa 1 SuiÎT nom ^ re ^ e t r ° u P es <I u c la Suisse devoit fournir à Buoe a uisse. naDarle «J'après la convention du 27 septembre i8o3,

28 marc 1812, une nouvelle capitulation conclue en 1012 , la réduisit

à 12,000 hommes. Lorsque vers la fin de i8i3, les allies approchoient du Rhin , la Suisse se flatta vainement qu'on lui accorderoit la neutralité. Les troupes alliées traversèrent le territoire de la fédération pour a4 de'c. 181 3. entrer en France. L'opinion publique se manifesta alors , en annullant l'acte de médiation qui lioit la Suisse à la France ; mais cette même opinion ne s'exprima pas d'une manière unanime sur le régime futur du pays. Dés treize anciens cantons huit conclu-

29 décembre, rent une confédération sur le principe qu'il n'y auroit

pas de sujets en Suisse , et les nouveaux cantons y adhérèrent, Berne, Fribourg et Unterwalde refusèrent d'y prendre part. Les Grisons rétablirent leur ancienne forme de gouvernement. L'intervention des puissances étrangères étouffa la guerre civile dont ce pays alloit être le théâtre , et après beaucoup de diffi- 8 sept. i8i4. cultés il fut signé, à Zurich, une nouvelle confédération des dix-neuf cantons. 11 restoit cependant beau- 20 mars 181 5. coup d'objets litigieux â terminer : le congrès de Vienne s'en occupa, et les huit puissances déclarèrent:

i.° Que la neutralité perpétuelle de la Suisse seroit reconnue par toutes les puissances;

2. 0 Que le Valois , le territoire de Genève agrandi d'une partie de la Savoie, cédée par le roi de Sardaigne, et la principauté de Neufchâtel, dans la possession de laquelle le roi de Prusse étoit rentré , feroient partie de la confédération comme vingtième y vingtunième et vingt-deuxième cantons;

5.° Que l'évêché de Baie seroit partagé entre les cantons de Berne et de Baie, sauf un petit district qu on adjugea à Neufchâtel 5

faire mention ici du Irailé du 4 mai 1818, conclu avec la Grande- Bretagne , par lequel la traite des n«?£rcs est de nouveau interdite aux sujets du roi des Pays-Bas et le droit de visite accordé aux croisicic» angloises.

1789 — i8i5, ^29 4.° Que les cantons de Berne et de Bâle paîeroient une pension â î'évêque de Bâle , et le canton de Saint-Gall à son ancien prince ;

5*° Que les nouveaux cantons ( c'est-à-dire ceux qiitfilc voient leur existence à la révolution ) paieroient aux anciens envers lesquels ils avoient été dans des rapports de sujétion, une indemnité pécuniaire déterminée 5

6.° Que les cantons de Berne et de Switz conserveroient les capitaux qu'ils avoient anciennement placés dans les fonds anglois ; mais que les intérêts de ces capitaux échus jusqu'au 3 i décembre i8i4 , seroient employés à rembourser la dette que la confédération helvétique avoit contractée depuis la révolution.

La confédération suisse ayant accédé à cette décla- 27 mai i8i5. ration, les puissances alliées en renouvellèrent, confirmèrent et sanctionnèrent le contenu par une seconde f& déclaration signée à Paris. 20 uovembre.

Par suite d'une convention conclue à Turin, avec Restauration du le prince Borghèse, gouverneur général des provinces roi de Sai daigne, françoises au-delà des Alpes , le feld-maréchal Belle- 2ianvicr l8 ^* garde avoit pris possession du Piémont au nom du roi de Sardaigne. Bientôt après , Victor Emanuel vint prendre les rênes du gouvernement. Par la première paix de Paris il recouvra Nice et environ les deux tiers de la Savoie ; un article secret de ce* traité lui assura la possession de l'état de Gênes. Elle lui fut 2omaii8i5. confirmée parle traité qu'il signa à Vienne avec les cinq puissances ; il eut aussi les fiefs impériaux que Buonaparte avoit réunis au territoire de Gênes; mais il céda au canton de Genève quelques districts de la Savoie. La seconde paix lui rendit la partie de cette province qui, en i8i4, avoit été laissée à la France. La monarchie sarde forma ainsi une surface de i5oo milles carrés, Habitée par 3,700,000 âmes,

La convention de Fontainebleau , du 10 avril 181 4, Etats de Parme, avoit disposé des duchés de Parme, de Plaisance et *le Guastalla en faveur de l'archiduchesse Marie-Louise

et de son fils Napoléon. Celte disposition fut vivement attaquée àYienne parles cours dé la maison dëBourbon, dans l'intérêt de l'héritier légitime de ces états , le jeune roi d'Etrnrie. Néanmoins lfe congrès de Vienne adjugea les états de Parme à l'archiduchesse , sans faire mention de son fils , et la question dé la réversibilité fut ajournée. Elle ne fut décidée qUè postérieurement a l'époque dont nous donnons le précis , savoir : par le trailé de Paris du lô juin 1817, entre l'Autriche et l'Espagne, sotis la médiation dés trois aulres grandes puissances; après la mott de l'archiduchesse les états de Parme passeront à la reine douairière d'Etrurie et à son fils. Ces états ont 102 milles carrés de surface, et 3 80,000 babitahs.

Fiais L'archiduc François, héritier d'Hercule III, der-

d^Modène. n j^ r ^ uc j e Modène de la maison d'Esté, et souche d'une nouvelle maison de ce nom , rentra , au comw * mencement de l'année 1 8i4 , dans le duebé de Modène et ses appartenances, et l'archiduchesse Béatrix , sa mère , fille d'Hercule , dans celui de Massa et la principauté de Carrare. Le congrès de Yienne leur confirma ces possessions , et y ajouta les fiefs impériaux situés dans le Lunigianà , en leur assurant un agrandissement pour l'époque où le duché de Lucques sera réuni à la Toscane ; le tout forme une surface de 96 milles carrés avec 388,boô habitans.

Eiatde Lucques. D'après l'article 1 o 1 de l'acte du congrès de Vienne, combiné avec lé traité de Paris du 10 juin 1817, Lucques fut "donné a titre de duché , non au jeune roi d'Etrurie, héritier légitime des états de Parme, mais à sa mère , la reine Marie-Louise et ses descendans en ligne masculine. En outre , l'empereur et le grand-duc de Toscane furent chargés de lui payer une rente supplémentaire de 5 00.000 francs jusqu'à la mort de Parchiduchesse Marie-Louise, duchesse de Parme. A celte . époque , la duchesse de Lucques, oii ses héritiers , auront les états de Parme , et le duché de Lucques sera dévolu au grand-duc dé Toscarié , à charge de céder au duc de Modène plusieurs districts contigus à ses

1739— 1 8 1 5. 45t vtals. Le*duché de LucqUes est le pnys le plus peuplé de l'Europe; il a 1 5 '7,600 habitons sur 19 i/i milles carrés.

Le grand-duché de* Toscane , que les troupes de Agrandissement Murât avoient occupé au commencement dé l'année Je la Toscane. 1 &i4 , fut remis , le i cr mai , à soU Souverain légitime , l'archiduc Ferdinand III, qui abandonna alors sa principauté de Wurtzbourg au roi de Bavière. Ce prince obtint , par l'acte du congrès de VienUe , l'état des Présides, la partie de l'île d'Elbe qui, avant 1810, avoit été sous ta suzeraineté et souveraineté de la principauté de Piombino , et les fiefs impériaux enclavés dans ses états qui , ainsi ferment 595 milles carrés, avec une population de 1 ,178,000 âmes. La propriété de Piombino fut restituée à la famille Buon-Compagni que Buonaparte en avoit dépouillée. Le grand-duc aura un jour le duché de Lucques, mais alors il cédera i\ son frère l'empereur, ses terres en Bohème qui sont très - considérables. Elles sont destinées au duc de Reichstadt , fils de l'archiduchesse Marie-Louise.

Buonaparte n'ayant pu vaincre la persévérance de Restauration Pie VII, lui avoit donné la liberté, aU commence- du ^"l*' ment de l'année 181 4. Le souverain pontife rentra dans ses états aux acclamations générales du peuple, et

!r remit tout sur le pied où les choses avoient été avant 'usurpation françoise; aucun individu ne fut recherché pour sa conduite politique. L'ordre des Jésuites supprimé en 1772 , mais jugé nécessairé pour opposer une digue aux doctrines révolutionnaires, fut rétabli par une bulle. Le congrès de Vienne rendit au souverain pontife les Marches et Légations, à l*exception de la foible partie de territoire qui est située au nord du Po < qui servit à l'arrondissement du royaume Lombardo-Vénitien ; on y à jouta aussi la condition que les ventes des biens nationaux , faites dans ces provinces , ser oient maintenues ». La pape rentra aussi dans la pos-

1 Cette condition fut ajoutée en faveur d'Eugène Beauharnais, aujourd'hui duc de Lenchlenberg , qui possède dans les Marches une

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session de Bénévent et de Pontecorvo. Pour sauver les principes, Pie VII protesta contre l'acte du congrès qui ne lui avoit pas rendu Avignon, le Comtat , ni restitué l'Eglise d'Allemagne dans ses anciens domaines. L'état de l'Eglise a aujourd'hui une surface de 5oo milles caiTés , et 2 millions d'habitans.

Restauration La conduite extravagante de Joachim Murât avança des Bourbons la restauration de la maison de Bourbon sur le trône de de Naples. ^ a p} es< ËU e f u t effectuée par l'expédition que la cour deVienne fit en 181 5 contre Murât, en conséquence de l'alliance offensive et défensive que cette cour avoit 29 avril 181 5, conclue à Vienne avec Ferdinand IV. Ce prince fit son entrée à Naples le j.7 juin. Peu de jours auparavant il 12 juiu. fut conclu entre les deux cours de Vienne et de Naples un nouveau traité d'alliance qui n'a pas été publié. On en connoît depuis 1820 un article par lequel le roi des Deux-Siciles s'interdit la faculté de donner à son

{peuple une de ces constitutions démocratiques dont es principes pourroient troubler les états d'Italie. Quelque temps après, Joachim Murât, à la tete d'une poignée d'aventuriers , crut pouvoir imiter ce qui

9 octobre, avoit réussi à son beau-frère : il débarqua à Pizzo en

Calabrc où il croyoit être accueilli par ses partisans; mais les paysans s'attroupèrent contre lui , il fut arrêté , traduit devant une commission militaire et ni-

10 octobre, sillé. Le royaume des Deux-Siciles a une surface de

1,780,000 milles et 6,600,000 habitans.

Etat de la Sicile. Depuis que Ferdinand IV s'étoit retiré en Sicile, cette île se trouvoit sous la protection des Anglois qui y avoient une armée de i5,ooo hommes, et une flotte considérable* L'arrogance dont on accusoit ces alliés fit naître diverses brouillcries , surtout avec la reine Caroline d'Autriche; comme on ne parvint pas à s'accorder, le roi prétextant l'état de sa santé , transmit par 16 janr.iSn. un décret royal, toute son autorité à son fils aîné, à

dotation rapportant 85o,ooo fr. Ce prince conclut, en 1816 , avec la cour de Rome , un arrangement, par lequel il reconnut tenir ces terres de l'Eglise, à titre d'ainpliythcoac.

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