Brèches osseuses
Ce sont des roches d'agrégations, composées, comme il vient d'être dit, d'un ciment calcaréo- sableux, ordinairement ocracé, qui-^ enveloppe des débris de différentes roches et des ossemens plutôt brisés qu'entiers de diverses espèces d'animaux vertébrés.
La pâte de la brèche est souvent assez dure, quelquefois très*friable; elle est tantôt plus marneuse que sablonneuse, tantôt plus calcaire ou sablonneuse que marneuse*
Les cavités qui étoient restées dans cette roche, et les cavités des os, sont souvent enduites ou remplies de calcaire concrétionné» Ce calcaire pénètre quelquefois la pâte de la
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roche , en cimente les parties et leur donne alors une assez grande solidité.
Outre les os on y trouve des coquilles, qui soot toujours terrestres, fluviatiles et lacustres.
Les espèces d'animaux dont elles enveloppent les ossemens, sont extrêmement nombreuses et appartiennent à des classes très -différentes les unes des autres. Nous donnons, d'après M. Cuvier, dans le tableau n."" 3 , Ténumération des débris organiques qu'on a observés dans ces brèches.
Ces singulières brèches présentent, relativement à leur position , deux circonstances remarquables : elles sont situées principalement et presque uniqueipent sur les rives des contlnens et des îles de la Méditerranée , se ressemblant d'ailleurs par leur nature , leur structure , leur couleur et leur gisement.
Elles remplissent toutes, en totalité ou en partie, des fentes plus ou moins larges, plus ou moins étendues, ouvertes dans le calcaire des bords de ce bassin. Ce calcaire compacte appartient ordinairement au terrain de sédiment moyen et presque toujours à la formation jurassique.
Quoique le tableau des corps organisés des brèches osseuses indique la plupart deslieux où on en a trouvé , il convient d'énumérer de nouveau ces lieux dans l'ordre géographique , afin de faire ressortir ce qu'ils présentent de remarquable en différence 'ou en ressemblance.
Gibraltar. Ce rocher, autant que je puisse le juger par sa forme, l'inclinaison et la disposition de ses couches, la description qu'on en a donnée et les échantillons qu'on en a rapportés, appartient au calcaire jurassique compacte fin* Il est creusé de cavernes remplies de stalactites, traversées de fentes à peu près perpendiculaires aux couches , remplies de la brèche osseuse, rougeàtre, plus ou moins fortement cimentée par une infiltration calcaire. Cette brèche est formée de fragmens de calcaire compacte et de calcaire grenu , presque
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saccaroïde , et de débris d'ossemens. On y trouve quelques coquilles terrestres et notamment Vhelix algira? La brèche et les ossemens montrent dans leurs cavités des concrétions de calcaire spathique.
Cette en Languedoc. Ce rocher est de calcaire compacte gris de fumée, qui ressemble beaucoup à celui que les Allemands nomment Zechstein^ et qui seroit, par conséquent, d'une formation plus ancienne que le calcaire jurassique. Il est traversé de veines de calcaire spathique et ouvert par des fissures à peu prés verticales , remplies de la brèche à ossemens d'un jaune d'ocre foncé : il renferme aussi des débris anguleux de calcaire lamellaire bleuâtre; mais on n'y a va aucun débris d'animal marin. Les assertions opposées paroissent être erronnées.
On a également reconnu des brèches osseuses a ciment rougeàtre, à Bittarques et Vendarques , dans le département de l'Hérault ; à Pezenaz, même département; à Anduze et à Saint-Hippolyte , département du Gard; à Aix, département des Bouches-du - Rhône ; à Viliefranche-Lauraguaisy dans la Haute- Garonne ; près de Perpignan, dans les Pyrénées orientales. Ces cinq dernières ont un ciment grisâtre; à Villefranche , dans le département de l'Aveyroa , elles renferment des débris de pachydermes. ■
A Antibes, le calcaire qui renferme les brèches appartient à la formation jurassique; mais il est grenu, presque saccaroïde , et ressemble beaucoup à la dolomie grenue. Il contient en effet la proportion de chaux et de magnésie qui constituent cette espèce \ Sa stratification paroft très-distincte, et ses couches, très-inclinées , semblent être tombées dans le bassin de la Méditerranée ; mais M* Élie de Beaumont les con-
1 Maecel se Seemes, Aon. des se. nat. , t. 9, pag. 200. a \oyez la description plus détaillée et la 6gure que j'ai donnée de cette brèche, Ann. des te nat., 1828, Août
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sidéré comme les fissures verticales propres à la dolomie. La (été des couches est ouverte par d'autres fissures , qui sont remplies de la brèche osseuse à ciment calcaréo - ferrugineux ; le tout paroit avoir une disposition simple et régulière, parce que rien, comme à Cette et comme à Gibraltar , n'est venu déranger cette disposition , resserrée d'ailleurs sur un très- petit espace en ce qui concerne la brèche osseuse , très-étendue, au contraire, si on ne considère que les fentes de ces montagnes et leur Remplissage par une roche d'agrégation calcaréo -sablonne use et ferrugineuse.
Je n'y ai vu aucune coquille, et je ne sache pas qu'on y en ait trouvé. '
La brèche de Nice offre une même disposition dans un calcaire semblable , et on voit encore la même chose dans celle de Villefranche. Ce sont, dans ces trois endroits assez voisins les uns des autres pour qu'on puisse les considérer comme des parties d'une même montagne , malgré le vallon du Var qui les sépare , des calcaires jurassiques (ou conchyliens, Élie DE Beaumont), tantôt compactes, £ns, d'une couleur jaunâtre, tantôt grenus et grisâtres. Un calcaire concrétionné à texture cristalline tapisse ou remplit plus ou moins complètement les cavités de ces brèches.
Il ne paroît pas qu'elles aient plus que la précédente admis des coquilles marines dans leur formation ; mais le dépôt de coquilles marines semblables à celles de la mer actuelle, qu'on trouve au-dessus de Nice , à une hauteur de vingt-cinq
1 L'analjse faite dans le laboratoire de l'i^cole royale des mines a donné les proportions suivantes :
Carbonate de chaux 0,480
Carbonate de magnësie 0)479
Carbonate de fer 0,028
Eau bjgrom<Striqve. 0,008