Le Gypse struâ, quelquefois accompagné de aelmario
2. Le Calcaire fétide, grisâtre , à texture fissile, à structure quelquefois sublamellaire.
Il est incertain pour moi que ce gypse et ce selmarin soient différens de ceux du terrain poecilien, qui est à si peu de distance de cette formation. On voit dans toutes les descriptions que ce gypse, même celui qui est désigné comme ancien, est toujours placé au-dessus du calcaire caractéristique de ce groupe. Il renferme, comme le précédent, des cristaux de quarz. Le calcaire fétide qui l'accompagne parott lui être intimement lié, et appartenir par conséquent, comme lui, au groupe précédent.
3. Lia DoLOMiE péNÉENNE, qui entre dans ce groupe, et qui est si bien caractérisée en Angleterre et en France, où elle remplace presque entièrement le calcaire , peut être représentée en Allemagne par le calcaire celluleuj: et la marne an' drée. On remarquera qu'en Angleterre , et en France à Figeac dans le Lot et à Cartigny dans le Calvados , où elle recouvre une roche sableuse qui paroit avoir la nature et la position des pséphites, cette dolomie se présente tantôt i|vec une texture asse^ compacte, et tantôt avec une texture terreuse et même pulvérulente.
La Marne cendrée {Asche) est une circonstance assez remarquable et particulière aux terrains du pays de Manafeld' et de Thuringe. On y a trouvé des fragmens de calcaire fé-
1 On a trourë dans celle dn pajs de Mansfeld :
Carbonate de chaux 53
Carbonate de magnésie a3
Fer 4
Silice et matière charbonneuse P lo.
La silice et le charbon avoient été indiqués; mais Lehman parott être le seul qui y ait reconnu de la magnésie : c'est, dit-il, une terre po' reuse, mêlée de matière calcaire et de talc»
TËaa* YzéM. ABYss. FiâN^Eirs* a53
tide et de lignite. Elle s'endurcît quelquefois et prend , en Allemagne, le nom de Rauchslein» Les géologues de ce pays y admettent la présence du bitume , ce qui lui est commun avec le calcaire ou dolomie des Allgaws, entre la Suisse et la Souabe, nommé par M. Uttinger, Hochgebirgs • KalksUin* Cette matière terreuse est elle-même une dolomie.
La dolomie, et le calcaire celluleux, qui n'en est peut-être qu'une variété impure, se montrent avec une couleur, un aspect et même une structure très- différente. La première est souvent schistoïde, radiée et globuleuse, ou botryoïde ; le second est souvent mêlé d'ocre , d'argile , etc. : l'une et l'autre sont souvent bréchiformes*
4. Le Calcaire péNésN proprement dit (le SfiBcHstein des mineurs allemands ). Il offre un grand nombre de caractères qui le distinguent minéralogiquement de la dolomie précé* dente, sans cependant l'en séparer nettement.
C'est une roche calcaire compacte, à texture dense et trèsfine; à cassure facile et conchoïde; de couleurs variant du gris de fumée au brun rougeâtre , toujours plus foncées que celles du calcaire jurassique, mais moins que celles du cal* Caire hémilysien; renfermant des cavités plus ou moins nombreuses et plus où moins étendues. Sa stratification est quelquefois claire et en couches minces (dans laHesse); quelquefois elle est obscure , et elle se présente alors en masses puissantes (dans les AUgaws, Uttinger) ; tantôt elle est à découvert à la surface du sol, y formant des collines assez élevées et à pentes roides; tantôt, enfermée sous d'autres coucheS| elle n'imprime au sol aucune forme particulière.
Ce calcaire contient peu de pétrifications ; mais celles qu'il renferme sont assez différentes des autres corps organisés fossiles, pour servir à le caractériser.
Les tableaux n.^ 1 5 et 16, composés principalement des élé- «aens fournis par M* deSchlotheim/donnent l'indication des
254 ZE&R» YziM. ABYSS. réN]&ENS«
débris organiques qui ap parti enDent au terrain pénëen. Ces corps^ en général trés-altérés et comme liés avec la roche ellemême y indiquent qu'ils ont été soumis k une violente presnon.
Ce calcaire renferme quelquefois des gîtes assez abonda» de minerais , qui y sont plutôt en amas qu'en filons ;. ce sont:
Du Fsa HYDAoxiDé en couches et du Fee cAasoNATi spa- THiqvEy du MANGANàsE TEB.NE, principalement dana le calcaire celluleux. (A Schmalkalde.)
De la Galène » en petites masses disséminées.
De la Calamine , en grands dépôts ou amas de forme irréguliére.
Quelques filons métallifères traversent ce terrain. Ce sont, à Bieber en Hess&, des filons de barytine à renflemens, contenant principalement du cobalt gris^ du hUmuth, du cuivre natif, du fer carbonate ^ etc.
5. Schiste bitumineux. C'est une roehe assez peu variée et qui ne renferme même d'autres roches subordonnées que de l'amp élite.
11 est noir ou d'un noir grisâtre, très -fissile; ses fissura de stratification sont souvent ondoyantes ; ce qui rend la surface de ce schiste comme gaufrée ; il est marneux ^ c'est-àdire qu'il renferme du calcaire et qu'il fait efi'enrescence; il a néanmoins une texture grenue, cristalline, un éclat soyeux , qui indique une dissolution préalable et la cristallisation confuse d'un de ses ingrédiens; il- est pénétré d'une multitude de petits grains de pyrite et de cuivre sulfuré, quelquefois visibles, mais quelquefois aussi tellement petits, qu'ils sont indiscernables: loo parties de ce schiste donnent 5 parties de cuivre foiblement argentifère.
Il forme un lit souvent très-mince, présentant de nombreux ressauts et de fréquens étranglemens.
Les minerais qu'il renferme, soit de cette manière, soit fin amas ou en petits lits plus distincts , sont; outre ceux que
7EaB. YXÉM. ABYSS. féNiEMS» ^55
je viens d'indiquer; des minerais de mercure (car je présume que le gîte de mercure d'Idria en Carniole, et peutêtre aussi ceux du Palatinat , appartiennent à ce terrain) ; des pyrites de fer qui, par leur présence dans une roche schisteuse et bitumineuse, et par leur facile décomposition, constituent un des ampélites alumineux ou mines d*alun.
Les corps organisés fossiles de ce schiste du terrain pénéen sont très-dififérens de ceux des calcaires du même terrain* Nous en donnons la liste.
. On remarquera la frappante ressemblance qu'il y a entre cette petite couche de Técorce du globe dans des contrées si éloignées Tune de l'autre , et ensuite la singulière circonstance zoologique qui a placé à cette époque géologique, dans ces contrées, des genres de poissons qui différent autant de tous ceux que Ton connoit , qu'ils se ressemblent entre eux* Plusieurs de ces poissons pourroient appartenir à des genres qui vivent ordinairement dans les eaux douces; mais d'autres sont plus généralement marins, et d'ailleurs les autres débris organiques , . tant mollusques que végétaux , concourent i faire présumer que ces terrains ont été formés dans le fond des eaux marines, et en ont enveloppé les habitans*
Les terrains pénéens calcaires et schisteux me paroissent si différens que je crois devoir en présenter les exemples séparément.
Exemples de terrains pénéens calcaires.
France. Mercujcr, prés d'Aubenas : calcaire gris foncé , analogue au calcaire pénéen , avec taches de galène; il est sur l'arkose ' ; le calcaire qui le suit , a beaucoup des caractères de
I Mémoire sur Tarkose (Ann. des se. nat., Juin, 1826 , tom. 8, pi. 25). Je doutois alors que ce calcaire fût supérieur à l'arkose. Je n'en doute plus maintenant ; mais je doute que les coquilles (ammonites et pecten), que je lui attribue, lui appartiennent rëellement. On voit, page i5, que je ne les ai pas recueillies dans le liea même.
fi56 «TftJlE* YZéM. ABYSS. .PÂNiSNé.
la dolomie. * — A Figeac , ce sont la dolomie , la calamine et sa position , qui lui donnent les caractères du terrain pénéen. ^— A Sauxais, dans la Vienne. Une dolomie jaunâtre, subcompacte , celluleuse , bréchiforme , avec de nombreuses taches de galène, et des coquilles turbinées, à peu près comme à Géra.
Allemagne. Sur les bords méridionaux du Harz, à Walkenried , Grund , etc. , avec le gypse , la dolomie bréchiforme ; dans la Thuringe, à Limstein, près Schmalkalden, où la dolomie est remplie d*une térébratule grosse comme une graine de chanvre, espèce dont je neconnois pas de description ; à Glttcksbrunn, Géra, dans la principauté de Reuss, où se sont présentés les productus acuUalusj pris pour des gryphées. Les coquilles turbinées , mais indéterminables j qui se voient dans la dolomie celluleuse de Géra , établissent sa ressemblance avec la dolomie de Sauxais.
A Bieber , près d*Hanau , et à Riegelsdorf en Hesse , il y a des filons cobaltifères. — A Freyburg, dolomie ocracée cellulaire. — ASangershausen, calcaire compacte, gris de fumée, avec taches de cuivre sulfuré , etc.
En Suisse, à Kheinfelden et Waldshut, au-dessus de l'arkose.
En SiLésiE , à Tarnowitz et à Nackel, où se présentent, dans Tordre ordinaire, le calcaire ou dolomie celluleuse (Rauchwacke) , avec fer hydroxidé et silex corné, et un calcaire pénéen , renfermant de la galène , de la calamine.
Le gîte de calamine, remarquable par sa puissance, et qu^on appelle delà vieille montagne, à Moresnet, prèsd'Aix-
1 Des essais analytiques y ont indiqué :
Carbonate de chaux. ....... 63
Carbonate de magnésie , 19
Silice 10
Fer et alumine-. 3.
TBRB. TZÛMi ABVSS. fÉSÛ^ffr• sS/
la-ChapelIe , me paroît appartenir au calcaire dû tërraih pénéen par tous ses caractères. Il ne présente aucune itratifîcatidrï , aucun corps organisé ; il renfermé du fbr hydroxidé, dû 2inc dxidé dan^ dîfTérens états, delà dolomié brunâtre, grenue, etc. ; et à peu de diètance, presque dans lé même àrtèn^ dissement gëôgnostîqué , c^est-à-dire à Chaudfontainè, près dé Lié^e » etc;, se présente encore cette même dolomie atrec la barytine condrétiônnée, ^tc. M. d'Omalius place ce gîte célèbre danj le calcaire carbonifère, et probablement ioiï opiiiibh est plus fondée que la iriiennè^
L'Angleterre présente de nombreiftc exemples de ce iètrain , dans lequel dominé , ainsi qu'on Ta dit , et d'une tiraiiièré très-frsipj)anté , la dolomie jaunâtre, grenue, compacte, cellulaire, botryoïde, schistoïde, renfermant, comme ddns le continent lÈtiropéen, de la calamine, dé fa blenfde^ de là, galène eh petità nodules : dans TYorksliife , dani le^ collines de Meudifl , lés càlcafres de Nottingham ef de Durham. Il renferme en outre des nodules de fer hématite ,' des veines de barytine , entre Férrybridge et York, à Bràmham , Mo'or, etc., et de Fàrragonite à Whitehaven.
Les couchés de Sunderland, de Nottingham, deDurhâïn, de Nôrthumberlatid , de Cumbérland , etc., présentent dés col-^ lines de ce terrain pénéen, presque toujours placé en stratî-* fication contrastante sur le terrain houiller , et compoiilé dé presque toutes les Vôches que M. Sedgwick regarde coiûme tfiialogues à celles des terrains pcééilièn et p&éeÀ', sauf le cûnchylien , qui paroft manquer.
S'il étoit bien étalilî, qùé leis ricliés Ûlods argentifères du Real dé CatorCe et de Xà^chi près Zimapan, au Mexique, et ceux de Chota et de Pasco , au Pérou, traversent un calcaire alpin ou pénéen , il faudroi't oublier édmpléteitient la ^îg'ni- £catit)n de ce dernier nom.'
aSd zEaa. yzém. abyss. pi&NiiNS.
Exemples de terrains pèneens schisteux.
A Muse, pris d*Igornay , à deux lieues nord d*Autun. Oa n'y connoit encore que le schiste bitumineux et le poUothrissum inœquilobum ; en sorte qu'on n'a que ce seul caractère pour le rapporter au schiste bitumineux des terrains pénéens.
Dans la Hesse , le pays de Mansfeld , le Voigtland , etc. , exemples classiques de ces terrains , ainsi qu'on Ta dit.
Au Huggel , etc. , dans la principauté d'Osnabruck.
On observe à Goldberg en Silésie , un calcaire semblable au pénéen , alternant avec du schiste bitumineux cuivreux. (Manès.)
Le terrain d'Idria , en Carniole , qui renferme les mines de mercure , paroit avoir la plus grande analogie avec le terrain pénéen. On remarque que le calcaire y est compacte , fin , d'un gris de fumée , à cassure conchoïde , et qu'il ne renferme aucune pétrification ; les dépôts métalliques y sont abondans et réunis en espèces de paquets. On y remarque , comme dans le calcaire pénéen , une grande rareté de pétrifications. On retrouve dans le schiste bitumineux et le mercure disséminé dans ce achiste , les analogues du caivre du schiste bitumineux de la Hesse ; on y retrouve juiqa*Aux lignites d'une espèce particulière , aux pyrites et aux coquilles qui ont quelque ressemblance avec le productus rugosut ou speluncarius. •
On a reconnu dans les schistes marneux des environs de Thickley, etc., dans le comté de Durham, des empreintes végétales et quelques espèces de poissons qui paraissent identiques avec ceux du schiste cuivreux d'Allemagne (Sedgwick). On présume aussi que les schistes de Banniskirk au sud de Thurso, en Ecosse, qui renferment des ichthyoiites, pourroient être également rapportés à ce groupe (Muecbison).
Ces exemples, pris en Europe, doivent nous suffire; mais il convient de faire observer qu'une roche assez semblable,
TBRR. YZéM. ABYSS. OBSfi&V. DIVEESBS. sSg
quant à sa nature , au schiste marneux- bitumineux , et absolument semblable , quant aux poissons qu'elle renferme , 8*est présentée dans l'Amérique septentrionale , à Westfîeld , dans le Connecticut.
C'est un fait des plus remarquables et des plus importans pour prouver Tinfluence des mêmes causes sur les phénomènes géologiques dans les lieux les plus éloignés.