‹ Tableau du vieux ParisChapitre 110 sur 138 · Acte* des ApSlres, ch. xttiii · texte numérisé non relu

Acte* des ApSlres, ch. xttiii

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le récit du mémoire que nous avons suivi. Que plu* sieurs circonstances en soient douteuses, qu’il y ait lieu de rectifier diverses assertions et diverses dates, que l’auteur ait confondu ce qui devait être séparé, la chose est certaine. Nous laissons cette tâche à éclaircir à ceux qui s’en voudront occuper, et nous ne pensons pas qu’on puisse ravir à nos héros d’une manière absolue la gloire d’avoir été saltimbanques sur la place publique avant de devenir farceurs à l’Hotel de Bourgogne.

Du reste, les planches de l’Hôtel de Bourgogne ressemblaient de si près à celles de la place publique I En changeant de lieu, nos bouffons ne changeaient pas de métier. Le théâtre sur lequel allait se produire Corneille avait des parades à la porte avant la représentation. Gaultier-Garguille, Gros-Guillaume et Turlupin étaient assurément les principaux, sinon les seuls acteurs de ces parades. Quelques-uns ont même prétendu qu’ils n’avaient jamais joué ailleui-s qu’à la porte; c’est une erreur évidente. A défaut d’autres preuves, les vers placés au bas du portrait de Gros-Guillaume suffiraient peut-être à le démontrer :

Tel est, dans l’Hôtel de Bourgogne,

Gros-Guillaume, arccques sa trogne, etc.

Mais les autres documents ne manquent pas. L’auteur de la satire du Débauché, dans les Exercices de ce temps, les nomme tous trois parmi les plus importants

LÈS FAftCEURS DÈ LA RÜË. 337

personnages de l'Hôtel et il semble, d’après ses paroles, que Oros-Guillaùme (La Fleur) fût, du moins à cette époque, le chef du théâtre Nous savons même que, uon contents d’aborder la haute comédie, nos farceurs allaient jusqu’au genre tragique, du moins l’universel Gaultier-Garguille, qui se tirait des rois à merveille, en abritant sa laideur derrière un masque et les caprices de son organisation physique sous une ample et longue robe. Tous trois avaient leurs noms de guerre particuliers pour la tragédie et la haute comédie : ils s’appelaient alors Fléchelle, La Fleur et Belleville.

Mais, hélas! tant de prospérités, et de belles grâces, et de belle humeur, et de joyeuses grimaces devaient avoir un terme. Nos trois bouffons s’étaient attaqués à tout, sans que personne osât y trouver à redire, mais ils eurent un jour la fâcheuse inspiration de se heurter à la justice, qui ne prêta pas les mains à la badinerie. — La légende rapporte que Gros-Guillaume s’étant avisé de contrefaire sur la scène, en guise de représailles, le tic nerveux d’un magistrat qui venait de condamner à une forte amende son camarade Turlupin pour ses démêlés avec Briguelle, le personnage ainsi raillé prit feu, et au lieu de rire avec le public, fit décréter d’arrestation nos farceurs. Gaultier-Gar-

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