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LES EAREEUnS DE LA RUE. 335
farceurs), comédiens de THétel d’ Argent, tandis qu’un arrêt de 1629 constate qu’ils font alors partie de l’Hôtel de Bourgogne. Ils étaient donc entrés à l’Hotel d’Argent avant d’entrer à l’Hôtel de Bourgogne, et, en outre, ils y étaient en 1622, c’està-dire deux ans avant l’arrivée définitive de Richelieu aux affaires, ce qui contredit doublement le mémoire. Suivant les frères Parfaict, dont la version n’est pas toujours appuyée sur des preuves sulfisantes, Gaultier-Garguille, qui n’aurait jamais été garçon boulanger, non plus que ses deux camarades, débuta en 1598 au théâtre du Marais, où il se fit connaître dans le tragique, le comique et les farces; il est probable qu'il quitta le Marais après la mort de l’acteur qui jouait le rôle de Périne, pour se joindre ; sur la scène de la rue Mauconseil, à Gros-Guillaume et à Turlupin. Mais ce ne serait alors qu’une rentrée, car, dès 1619, le recueil de V Espadon satirique nous le montre jouant sur ce dernier théâtre.
En voilà assez pour faire voir que , d’un côté comme de l’autre, les incertitudes et les obscurités surabondent. Nous n'avons pas ici à entrer dans la discussion des dales, et à tâcher de démêler l’ordre et la suite de toutes ces pérégrinations de scène en scène. Les trois bouffons ne nous appartiennent plus, dès qu’ils renoncent à la place publique. Il nous suffit que, malgré l’incrédulité des frères Parfaict, on ne puisse guère contester dans son essence
le froid ils sont moins capables de nuire; puis ils leur faisaient décharger leur venin sur une pièce de viande, incessamment exposée à leurs morsures ; ou ils empâtaient leurs dents, les leur cassaient et arrachaient, leur coupaient les vésicules contenant le venin, etc.
Ainsi s’y prenait Desiderio Descombes : « Et je voudrois, dit l’auteur du Discours, que l’on fît en son endroit ce qu’autrefois j’ai vu à l’endroit d’un autre pour découvrir l’imposture. Un apothicaire fut commandé par l’im des magistrats de porter à un charlatan une pièce de sublimé, parce qu’il se vantoit d’en manger, et à un autre qui se faisoit mordre par des serpents, lui fit porter une vipère ; mais cet imposteur se garda bien de toucher ni au sublimé ni à la vipère, témoignage évident que ce sublimé qu’ils mangent est sophistiqué, et que leurs vipères sont sans venin. »
Un peu plus loin, nous apprenons que plusieurs empiriques osaient se dire issus de la lignée de saint Paul, et qu’ils vendaient de la terre de Malte contre les morsures des animaux venimeux, — en souvenir de la vipère qui avait piqué l’apôtre dans cette lie, et qu’il avait secouée au feu sans en éprouver aucun mal ’. L’auteur se garde bien de nier que la terre de Malte « n’ait quelque souveraine vertu