‹ Tableau du vieux ParisChapitre 135 sur 138 · V. noire chap. vi · texte numérisé non relu

V. noire chap. vi

ET SAUTEURS

quelque temps réunies au théâtre des Patagoniens, le lieu d’asile des funambules, et dans la salle qui portait le nom de la dernière La fille de la Malaga se distingua aussi dans la partie. Lors d’une fête donnée à Versailles, en 1 8 1 4, devant les souverains alliés, elle exécuta une ascension sur la corde roide, à deux cents pieds au-dessus de la pièce d’eau des Suisses, en compagnie d’un acrobate de l’autre sexe. Cette représentation fut malheureuse. L’homme perdit l’équilibre et se tua. Quant à la fille de la Malaga, elle faillit partager le même sort, mais elle eut la présence d’esprit de se rattraper d’une main à la corde et d’y rester suspendue pendant plus de vingt minutes que dura le sauvetage *.

A peu près à la même époque, deux jeunes Italiennes, les sœurs Romanieni, sans atteindre à une renommée égale, attiraient aussi la foule au Cirque- Olympique par leurs exercices de sylphides, non pas sur une corde, mais sur un fil d’archal.

On pouvait croire que c’était le dernier mot de l’art : il n’en fut rien. Où s’arrêteront les acrobates de l’avenir? Nul ne l’ose prévoir, après les prouesses inouïes que tous les jours des saltimbanques inconnus exécutent sous les yeux des spectateurs du Cirque

1. Brazier , Chronique des petits théâtres, et le Boulevard du Temple, dans les Cent et un, t. IX. — Th. de Banville, les Petit» théâtres de Paris, Musée des Familles, t. XIII, p. 201.

2. Ch. Maurice, Hist. anerdotique du théâtre, t. I*', p. 192.

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