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2ü6 UPÉHATEUR8 ET CHARLATANS.
A la même époque aussi florissait Pradier, dont le remède contre la goutte eut la vogue éphémère que nous avons vu obtenir de nos jours au traitement anticancéreux du Docteur noir. Pradier n’avait jamais étudié en médecine : il avouait avec candeur n’être qu’un ignorant, mais il se prétendait choisi par la Providence pour guérir tous les goutteux du monde. Vers la ün de 1816, il adressa à la Chambre des députés un mémoire pour réclamer contre le refus de l’administration de lui accorder un certain nombre de malades, sur lesquels il voulait expérimenter son remède*. Il s’engageait à sauver les quatre cinquièmes des patients qu’on lui confierait ; mais la Chambre des députés ne se montra pas plus pitoyable à sa requête que l’administration.
Pour être complet, ce chapitre devrait finir par l’historique d’une certaine classe d’opérateurs plus modestes, généralement domiciliés sur le Pont-Neuf ou sur la place des Victoires, qui consacraient leurs talents médicaux à la guérison de la gent animale et en particulier de la gent canine, ainsi que l’attestait une enseigne représentant invariablement un caniche dont le sang coulait dans un vase. Comment, par exemple , oublier Lyonnois , qui finit par acheter mi château et la terre de Vernon en Bourgogne avec ses bénéfices, et ses nièces et élèves, les