Le gros Thomas ne fut pas le seul des industriels de la
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le roi lui avait donné une pension, et c’est par un accès de reconnaissance bien légitime de la part de l’opérateur que l’avocat Barbier explique, dans son Journal^ le nouveau trait de munificence que nous allons raconter. Le grand Thomas, du haut de son char de triomphe, avertit les badauds assemblés devant lui que le lundi suivant, 19 septembre, il donnerait sur le Pont-Neuf un grand repas à tout le peuple. Il se mit en mesure d’accomplir sa promesse : déjà il avait terminé tous ses préparatifs, acheté un bœuf, des moutons, des oies, et fait imprimer l’annonce et le menu de son repas, avec permission, quand le conseil de police réfléchit et prit peur. Le dimanche soir, défense lui fut signifiée de passer outre. Le lundi, toute la canaille s’assembla : le Pont-Neuf, la place Dauphine et les quais débordaient. Ne voyant rien venir, elle ne tarda point à passer des murmures à la colère, et peu après, tous ces gens, rassemblés d’abord pour dîner à la table du grand Thomas, allaient tumultueusement briser les vitres de sa maison. Il fallut envoyer la garde pour le protéger Voilà la popularité !
rue à manifester ainsi son allégresse en cette mémorable occurrence : Mercier nous apprend dans son Tableau de Parie, (ch. CDXLv) qu'un décrotteur du Pont-Neuf imita son exemple, en nettoyant les chaussures de tous ses clients pour l’amour du nouveau-né.