‹ Tableau encyclopédique et méthodique des trois règnes de la natureChapitre 100 sur 246 · L.. E.. P.. R. ix · texte numérisé non relu

L.. E.. P.. R. ix

* Le Blongios a tête marron. 67. A. Exi- Jis. A. Capite Uvi et corpore supra rufo-badiis • subtùs albo ; colli lateribus rufis ; remigibus caudâque nigns ; rostro virescente; pedibus viridibus.

Tête lisse et dessus du corps d’un bai-roux ; dessous blanc; côtés du cou roux; rémiges et queue noires; bec verdâtre; pieds verts.

On rencontre cette espèce dans les grandes îles Antilles, de même que dans les États-Unis, où elle passe l’été. Elle a l’iris couleur de paille ; le dessus de la tête , d’un roux-marton; les côtés du cou, roux; deux rangées de plumes blan* ches et à bords ferrugineux , sur le devant de cette partie, dont les plumes longues, minces et d’un brun-noirâtre retombent sur la poitrine; cette teinte forme des croissans sur les côtés du cou et s’étend jusqu’au dos, qui est pareil au sommet de la tête, et dont les plumes ont leurs bords d’un jaune pâle; les ailes sont noires ; les moyennes couvertures ferrugineuses, avec des lignes noirâtres; quelques pennes primaires et les secondaires ont des taches marron vers leur bout ; le ventre et les parties postérieures sont blancs. Le mâle et la femelle se ressemblent, et les jeunes en diffèrent principalement en ce qu’ils ont la tête brune. Wilson , American Ornith. pl. 65. fig. 4. Latham , Index , n. 19. xc édit du nouv. Dict. d’ Rist. nat. tom. 14./7. 433. L'Amérique.

B. Mandibule supérieure un peu inclinée en en bas ; cou plus court et plus épais.

Le Bihoreau proprement dit. 70. A. Nycticorax. A. Cristâ occipitis tripenni albâ , hori - •{ontali ; dorso nigro ; abdomine Jlavescente ; rostro nigro j basi flavicante ; pedibus Jlavicante-viridibus.

Huppe de l’occiput composée de trois plumes blanches horizontales ; dos noir; abdomen jaunâtre ; bec noir , jaunâtre à la base ; pieds d’un jaunâtr c-vert. ( Pl. 49. fig. 3.)

On appelle cet oiseau Corbeau de nuit , d’après le croassement effrayant qu’il fait entendre pendant la nuit. Ce cri semble exprimer les syllabes

îabes ka3 ka3 ka 3 et ses sons ressemblent au bruit du vomissement des hommes; c’est en. le jetant quelque temps après le coucher du soleil, qu’il annonce sa sortie du lieu où il se tient caché pendant le jour. Il s’éloigne de la France; à l’automne et y revient au printemps ; on le trouve non-seulement dans le nord et le midi de l’Europe , mais encore dans l’Amérique septentrionale, depuis la baie d’Hudson jusqu’à la Louisiane, dans diverses contrées de l'Asie, en Chinç, sur les bords de la mer Caspienne et en Syrie. Cettë espèce niche dans les rochers ou sur les aunes près des marais, se perche indifféremment sur les roches et les arbres aquatiques. Son nid, selon Sepp , est fait sans art, de bûchettes sèches , et sa ponte composée de trois ou quatre œufs d’un blanc pâle. Elle se^ nourrit de grillons, de limaces , d’autres insectes , de grenouilles et de petits poissons , cherchant les uns sur . la terre et les autres dans l’eau.

A 'l’âge de. trois ans, ce Bihoreau a le tour des yeux vert ; le dessus de la tête d’un noirverdâtre , qui s’étend un peu sur le haut du cou et s’y termine en pointe ; du bas de l’occiput partent trois plumes d’un beau blanc , très-étroites et longues d’environ six pouces; le dessus et les côtés du cou sont cendrés; le haut du dos est d’un noir- verdâtre ; le bas de cette partie, le croupion, les ailes et la queue sont d’un cendré pâle; le front et le reste du corps, blancs; l’iris est rouge. Le mâle et la femelle se ressemblent.

Le mâle, pendant ses deux premières années, porte un vêtement tellement différent de celui que nous venons de décrire, que Buffon , Latham et Gmelm l’ont présenté comme la femelle, et que Brisson en a fait une espèce particulière sous le nom A' Héron gris. Ces oiseaux, il est vrai , se propagent avant d’être revêtus de leur plumage parfait, ce qui a pu donner lieu à ces méprises : en effet , nous avons vu au mois de mai des Bihoreaux mâles , sous la livrée de cette prétendue femelle, et des femelles sous celle, qu’on n’avoit réservée qu’aux mâles seuls. L’un et l’autre sont privés alors des crois longues plumes de l’occiput , et ont le dessus de la tête d’un brun plus ou moins sombre ; le dessus du corps mélangé de gris ; le cou plus pâle et tacheté de brun ; une raie blanchârre , mélangée de brun, part des narines et entoure l’œil ; les joues sont blanches et brunes; le reste du corps, d’un gris qui blanchit sur le ventre et sur les parties postérieures ; les couvertures ec les

pennes des ailes , brunes et terminées de blanc; le bec est d’un brun-noirâtre.

Le jeune , dans son premier âge , a été présenté comme une espèce particulière sous les noms de Pouacre et d ’Ardea. maculata. Il a le dessus de la tête et la nuque d’un vert-brun, avec une tache jaunâtre sur le milieu de chaque plume; le-dos, moucheté de jaune sur un fond brun , de même que les grandes couvertures des ailes , dont le bord extérieur esc d’uu vert rerm bruni ; la gorge, d’un blanc pur sur le milieu et rayée en longueur de noirârre et de brun sur les côtés; le dessous du corps, couvert de plumes moitié brunes ec moitié blanches; l’iris brun; le bec de cette couleur et noir seulement à sa pointe. Brisson y Ornith. tom. 5. p. 495. n. 45. Buffon y Hist. nat. des Oiseaux , tom. 7. p. 43 5. pl. enl. «. 75 8 et 7 59. L’Europe y L’Amérique et l’ Asie.

* Le Bihoreau brun tacheté. 71. A. Maculata. A. Capite y collo y corpore subtàs 3 dorsoy scapulariis fusco alboque maculatis ; gulâ albidây fusco marginatâ ; ventre albo ; remigibus ext'us rufo violaceis y inths fusco violaceis 3 apice albis ; rostro supra nigro 3 subtàs viridi ; pedibus carules cente-viridibus .

Nous soupçonnons que cet oiseau du Paraguay , que M. de Azara a décrit sous le nom de Gar^a parda chorreada 3 n’est pas encore parvenu à son plumage parfait. Les plumes du devant de la gorge sont blanchâtres et bordées de brun ; la têce , le cou en entier, le dessous du corps, les jambes, les couvertures inférieures des ailes , les plumes scapulaires et le dos sont couverts de taches brunes ec blanches ; le ventre esc de la dernière couleur ; les petites couvertures supérieures des ailes ont une longue tache triangulaire et blanchâtre ; une tache de la même forme et blanche, mais plus grande, occupe en partie les grandes couvertures ; les pennes on-r leur côté supérieur d’un roux -violer, l’inférieur d’un violet-brun er leur extrémité blanche ; il en est de même des pennes de la queue, donc les deux extérieures de chaque cô:é ont seules ‘du b'anc à leur bouc; l’iris est d’un orangé vif ; le bec, gros à sa base , plus épais que large, ecfoiblemeut courbé depuis la moicié de sa longueur.

Sohnïni rapproche de cè Bihoreau Y Ardea jamaïcensïs de Lacham , lequel nous paioît avoir de plus grands rapports avec le Bihoreau de

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ORNITHOLOGIE

Cayenne et de la Louisiane, dans leurs premières années , qu’avec je précédent. Cet oiseau a un pied neuf pouces de longueur totale ; le bec long de trois pouces neuf lignes, noirâtre, mais blanchâtre sur les bords de sa partie supérieure et un peu courbé à sa pointe ; les lorumsj verdâtres ; la tête un peu huppée , d’un brun sombre sur le sommet, et chaque plume rayée de ferrugineux sur leur milieu ; le cou pareil , mais d’une nuance plus pâle ; la gorge, blanche ; le haut du dos plus foncé que le dessus du cou; le reste de cette parcie et les scapulaires, d’un brun-jaunâtre, et les dernières, terminées de blanc; les couvertures des ailes , semblables au dos , avec une tache triangulaire et alongée le long de la tige; leurs pennes ,- d’un brun-noir; les primaires , l’aile bâtarde , terminées de blanc; la poitrine et le ventre , de cette couleur et rayée d’un blanc-pâle ; les couvertures inférieures de la queue , d’un gris-blanc, et les pieds bruiis. De A^ara 3 Apuntamientos para la Hist. natur . de los Paxaros del Paraguay 3 etc. tom. 3. p. 1 68. ». 355. 2e édit, du nouv, Diction. d’Hist. nat. tom. 1 4. />. 434. L’Amérique méridionale.

* Le Bihoreau d’Esclavonie. 72. A. Obs-

cura. A. Occipite cristato pennâ solitariâ ; corpore castaneo > supra Vires cente-aureo , subtus castaneôj albû ferrugineoque longitudinalicer lituratoj remigibus apice macula albâ ; rosiro recurvo } vircscente nigro ; pedibus brevibus } vires centibus.

Huppe de l’occiput composée d’une seule plume ; corps d’une couleur marron , changeant en vert-doré en dessus ; d’un rouge-brun en dessous et rayé longitudinalement de blanc et de ferrugineux ; taehe blanche à l’extrémité des rémiges ; bec recourbé, d’un noir- verdâtre ; pieds courts, verdâtres.

On a pris la description de cet oiseau dans un voyage fait dans le comté de Poséga en Hongrie. ( Iter P oseganum , p. 24 .fig. 2.) I! a le bec un peu courbé ; une seule plume longue sur la tète, dont le devant et le sommet sont, ainsi que la nuque, d un marron terne; cette couleur jette des reflets d’un vert-doré sur le dos et les couvertures supérieures des ailes; le dessus du cou est d’un marron-ferrugineux ; le devant, la poitrine, le ventre, et la queue sont d’un marron pur, racheté longitudinalement de blanc et de ferrugineux ; les pennes, de couleur marron et terminées de blanc. Latham, Index, n. *6.

2e" édiç. du nouv., Dict. d’Hist. natur. tom. 14; p. 435. V Esclavonie.

* Le Bihoreau de la Nouvelle - Hollande. 7$. A. Australadu. A.Superciliis albis ; genis, guU collique lateribus griseis ; vertice nigro ; occipite cristato ; cor p ore subtus albo 3 supra, cïnereo ; rosiro nigro ; pedibus vires centibus.

Sourcils blancs; joues, côtés de la gorge et du cou, gris; vertex n oir; occiput huppé; dessous du corps blanc , dessus cendré ; bec noir ; pieds verdâtres.

On conserve au Muséum d’histoire naturelle plusieurs Bihoreaux de la Nouvelle-Hollande, que nous ne pouvons déterminer comme espèces distinctes ou comme variétés d’âge ou de sexe, puisque nous n’avons devant les yeux que .des oiseaux empaillés. En conséquence, nous allons nous borner à en donner la description, afin de servir de guide au naturaliste qui pourra les observer dans leur pays natal.

L’un a dans son plumage de grands rapports avec notre Bihoreau ; cependant, ilest.unpeu plus petit ; un trait blanc est au-dessus des yeux ; les joues, les côtés de la gorge et du cou sont d’un gris foncé chez des individus, clair chez d’autres; la tête est noire en dessus; l’occipuc porte trois plumes longues , étroites et blanches j le devant du cou et les parties postérieures spnt de cette couleur, et les supérieures', d’un joli gris. Un autre, que nous prenons pour un jeune de la même espèce , a le bec noir en dessus et jaunâtre en dessous ; les pieds , rougeâtres ; le dessus du cou et du corps, brun, avec des taches blanches isolées; le devant du cou, la poitrine et le dessous du corps , blancs, avec destaches longitudinales noires sur la première partie et brunes sur les autres. Le plumage d’un jeune, moins âgé quelle précédent , est totalement tacheté de blanc et de brun. Les autres individus diffèrent des précédens par une taille et une grosseur moindres ; leur plumage est brun en dessus , avec des taches blanches longitudinales sur la tête , sur le cou , et arrondies sur les couvertures supérieures des ailes ; les parties inférieures sont blanches et parsemées de taches brunes et oblongues. 2e édit, du nouv. Dict, d’Hist ; nat. tom. 14. p. 436. L’ Australasie.

* Le Bihoreau a six brins. 74. A.Sexsetacea. A. Cinerea ; capite nigro ; vertice albo j cris ta in-

ORNITHOLOGIE

<f quali sexpenni 3 alba 3 altéra parte nigrâ ; rostro nigro ; pedibus altis 3Jlavic antibus.

Cendré ; tête noire ; vertex blanc ; huppe composée de six plumes inégales, blanches et noires ; bec noir; pieds hauts, jaunâtres.

On rencontre cette espèce non-seulement à Cayenne, mais encore dans les grandes îles Antilles et dans diverses parties des Etats-Unis.

L’oiseau parfait a l’iris et les lorums jaunes; la tête, noire et blanche sur le sommet; un trait de la dernière couleur passe sous l’œil et s’étend jusqu’à l’occiput ; les six plumes de la huppe sont étroites et étagées; les plus longues se trouvent au centre et ont environ trois pouces ; les autres vont én décroissant; les unes sont entièrement blanches ; les autres, noires ou mipartie de ces deux couleurs ; le noir de la tête descend en pointe sur le dessus du cou et couvre aussi les pennes des ailes et de la queue ; le reste du plumage est d’un cendré-bleuâtre, très-foncé sur le dos, les scapulaires et les couvertures supérieures de l’aile, dont les plumes ont sur leur milieu, près de leur tige , une strie noirâtre. Le mâle et la femelle se ressemblent. Nous soupçonnons que le P ouacre de Cayenne [Ardea Gardent et Y Ardea jamaicensis de Latham sont des jeunes de cette espèce. Buffcn 3 Hist. nat. tom. 7. p. 439. pl. enl. n. 899 [Bihoreau de Cayenne). Latham 3 Index 3 n. 17 [Ardea cayanensis). L’Amérique.

* Le Bihokeau tayaza-guira. 75. A.

Taya^a- guira. A. Occipite cristato ; co'lo in meiio glahro ; vertice occipiteque nigricante-c&ruleijS j- jronte3 superciliis 3 capitis lateribus corpore- •que subtus albis ; dorso superiori 3 scapulariis nigris viridi satura tèque vïôlaceo mutantibus ; caudâ dilutè CAruleâ; rostro nigro ; pedibus fiavoviridibus.

Occiput huppé; milieu du cou nu; front, sourcils, côtés de la tête et dessous du corps, blancs; vertex 3 occiput, d’un bleu- noirâtre ; haut du dos, scapulaires, d’un noir changeant en vert et en bleu foncé; queue d’un bleu clair; bec noir ; pieds jaunes.

Le nom conservé à cet oiseau est celui que lui ont imposé les naturels du Paraguay , et veut dirê Oiseau-cochon. Ils l’appellent ainsi , parce que son cri a quelque ressemblance au grognement de cet animal. Il est très-farouche et se laisse difficilement approcher ; car il fuit dès qu’il aperçoit un homme* fût-cç même à un

mille de distance. On le voit toujours en petites troupes dans les lagunes et dans les terrains inondés.

Il a sur la tête trois plumes longues de quatre pouces, très-étroites, foib'.es et flottantes; le dessous du cou , nu et recouvert par les plumes des côtés; la tête, grande ; le cou , gros; je bec, presque droit, plus épais que large, très-gros ec long de trois pouces huit lignes ; le front et les sourcils, blancs; le dessus et le derrière delà tête, d’un bleu presque noir; l’aigrette , les côtés de la tête, la gorge, le cou, la poitrine et le ventre, blancs; le haut du dos ec. les scapulaires, noirs, avec des reflets verts et d’un violet foncé ; le reste du dos, la queue et le dessus des ailes, d’un bleuâtre fort clair; la parcie nue de la jambe, d’un blanc lavé de jaune; le tour de l’œil, d’un jaune-verdâtre, et l’iris , d’un rougecarmin.

Sonnini, traduction française des Oiseaux de M. de Azara , rapproche de ce Blongios celui de laNoqvelle-Calédonie , lequel a les lorums verts ; l’iris, jaune; trois longues plumes blanches sur l’occiput; le dessus de la tête, noir ; une bandelette blanche au-dessus de l’œil; le plumage, d’un ferrugineux qui incline au brun, et plus pâle sur le cou; la poitrine, le ventre et les parties postérieures , blanches ; les pieds , jaunes ; les ongles, noirâtres, et vingt pouces de longueur totale. De A^ara 3 Apuntamientos para la Hist. nat. de los Paxaros del Paraguay y Rio de la P lata 3 tom. 3 . p. 1 7 1. n. 3 5 7. 2 e édit * dunouv. Dict. d’Hist. natur. tom. 14. p. 437, V Amérique méridionale..

Le Butor proprement dit. 76. A. Stellarïs. A. Capite Uviusculo ; supra testaceâ maculis transversis ; subtus pallidior 3 maculis oblongis fuscis ; rostro pedibusque virescentibus.

Tête presque lisse ; d’une couleur de terre cuite, avec des taches transversales en dessus, plus pâle en dessous, avec des taches oblongues et brunes; bec et pieds verdâtres. (P/. 49.^. 4.)

Les roseaux des marais d’une grande étendue et des étangs environnés de bois , sont les endroits où se plaît ce Butor; c’est là qu’il mène une vie solitaire et paisible , en restant des jours entiers dans le même heu. Pour en changer , il ne prend son vol que le soir, et s’élève en décrivant une ligne spirale, à une relie hauteur qu’on le p^rd de vue ; dans ce moment , il fait entendre un çti retentissant et grave , qui semble Ddddddd 2

ORNITHOLOGIE

exprimer cob } côb; mais ce cri désagréable ne l’est pas autant que la voix effrayante qui lui a fait. donner le nom qu’il porte, d’après des sons ren flans qui approchent des mugissémens du taureau. Il répète au printemps le cri de hirhôud cinq ou six fois de suice , surtout le matin et le soir, avec une telle force , qu’on l’entend d’une demi-lieue. Il paroi r que le mâle, qui est celui qui mugit , ne le fait qu’autant qu’il est en amour; car ce mugissement ne s’entend que depuis le mois de février jusqu’à la moisson. On prétend que pour jeter ce cri , auquel les femelles accourent de loin , il plonge le bec dans la vase. Ce Butor demeure des heures entières . immobile, les pieds dans l’eau , et guette les petits poissons, les grenouilles et autres- reptiles aquatiques, dont il fait sa nourriture. On le rencontre pendant l’automne dans'les bois , pour faire la chasse aux rats et aux mulots, qu’il saisit adroitement et avale tout entiers.

Il fait son nid, au mois d’avril, presque sur l’eau, au milieu des roseaux, et le construit principalement de joncs. La ponte est de quatre ou cinq œufs , d’un gris-blanc verdâtre. Les jeunes naisssent presque nus et ne quittent leur berceau que plus de vingt jours après leur naissance. Leur plujmage alors ne diffère pas de celui des vieux; mais leur bec et leurs pieds sont plus blancs. Les Busards , qui dévastent les nids de tous les oiseaux de marais, touchent rarement à ceux du Butor j le père et la mère y veillent sans cesse et le défendent contre ces oiseaux de rapine.

Les Butors ont un courage et un sang froid pour se défendre , qui se rencontre rarement chez les autres oiseaux. Ils n’attaquent jamais, mais attaqués, ils ne fuient point et se battent sans se donner béai c jup de mouvement. Ils ne craignent point l’oiseau de proie ;.ils l’attendent debout , lui opposent le bout de leur bec, et en le blessant , le forcent de s’éloigner. Le chasseur même, si ce.t oiseau n’est que blessé , ne doit l’approcher qu’avec précaution ; car , au lieu de fuir, il l’attend, lui lance dans les jambes des coups si . viol eus , qu’il perce même les bottines et pénètre jusque dans les chairs; de plus, ainsique le Héron 3 s’il lui reste assez de force, il s’élance au visage, et l’œil est toujours le but qu’il vise.

Le sommet de la tête est noir ; les plumes du cou et de la poitrine sonc longues, lâches et flottantes ; le plumage est généralement varié de raies, de mouchetures et de zigzags sur un fond brun-fauve, et d’une nuance plus claire en des-

sous du corps. La femelle est moins grosse que le mâle et porte des couleurs plus ternes; les plumes du cou et de la poitrine sont aussi moins longues que chez le mâle. Basson , Ornithol. tom. $.p. 444. n. 14. Bujfon 3 Hist. natur. des Oiseaux , tom. 7. p. 41 1. pi-, enl. n. 7 8 9, L’Europe.

* * Le Butor brun rayé. 77, fl. Danubialis.

A. Fusco j nigro et rufescente lineata • capite l&vi ; loris nudis 3 fl avis gutture et pectore al bidis; rostro fusco , subtus fiavicante ; pedibus griseis.

Rayé de brun, de noir.ehde-roussâtre ; tête lisse ; lorums nus , jaunes; gorge et poitrine blanchâtres; bec brun, roussâtrë en dessous; pieds gris.

M. Meyer regarde cet oiseau comme un jeune Blongios. Il a le dessus du corps et le ventre noirs, avec des lignes brunes et d’un roux pâle, jetées irrégulièrement; le dessous dii cou et la poitrine, blanchâtres.. Brisson 3 Ornith. tom. 5. p. 454. n. 27. Buffon 3 Hist. natur. des Oiseaux 3 tom. 7. p. 424. L’Europe.

* * Le grand Butor. 78. A. Botaurus. A.

Capite lœviusculo nigro ; corpore supra cinereo fusco 3 subtàs rufo ; loris orbitisque nudis 3flavis ; gutture albo 3 nigro et rufescente striaco ; rostro Jlavicante j pedibus fus cis.

Tête un peu lisse et noire ; dessus du corps d’un brun-gris , dessous roux ; lorums et orbites nus et jaunes; gorge blanche , rayée de noir et de roussâtrë; bec jaunâtre ; pieds bruns. [PI. 49. fig' 5-)

Nous n’avons jamais vu cet oiseau dans aucune collection , et nous le décrivons d’après Brisson, qui en fait une espèce particulière ; mais M. Temminck le présente pour un vieux de l’espèce du Héron pourpré " huppé. En effet , il porte une huppe qu’en ne voit sur aucun Butor 3 et presque toujours sur la tête des Hérons. Il a le bec long de huit pouces ; le sommet de lai tête , noir , avec quelques plumes fort longues en forme d’une belle huppe;, le dessus du cou et du corps, et les couvertures supérieures de la queue , d’un cendre-brun; les côtés du cou, roux, avec une large bande longitudinale noirâtre ; la gorge et le devant du cou , blancs , - variés de taches noires et d’un blanc-rousssâtre ; les parties inférieures et les scapulaires, rousses ;

ORNITHOLOGIE

les ailes et la queue, d’un cendré-brun; les lorurtis et l’iris, jaunes.' Brisson, Omïth. tom. 5. p. 45 5 . n. 28. Bujfon , Hist. natur. des Oiseaux 3 tom, y. p. 422. V Europe.

* * Le Butor jaune. 79. A. Flava. A. Capite l&vi et cervicejlavescentibus , nigro strïaùs ; corpore supra fus co }Jlavicante strïato ; subtus albo 3 fusco undulato ; gulâ albâ ; remigibus'rectricibusque nigro et viridi mixtes , apice albis ; rostro fusco 3 basi vires cerne ; pedibus obscure gris eis.

Tête iisse et nuque , jaunâtres et rayées de noir ; dessus du corps brun et rayé de jaunâtre; dessous blanc, ondé de brun; gorge blanche; rémiges et rectrices mélangées de noir et de vert, blahches â leur pointe; bec brun, verdâtre à la base ; pieds d’un gris obscur.

Ce Butor du Brésil porte sur la tête et une partie du. cou, de longues plumes d’un jaune pâle ondé de noir; celles du bas du cou, de la poitrine et du ventre , sont d’un blanc ondé de brun et frangées de jaune à l’entour; le dos et les couvertures des ailes, d’un brun lavé de jaune ; les pennes des ailes et de la queue , noires, cendrées et traversées par des lignes^ blanches. Brïsson , Ornith. tom. 5. p. 460. n. 3 o ( Butor du Brésil ). Bujfon 3 Hist. nat. des Oiseaux 3 tomé 7. p. 429. V Amérique méridionale.

* Le Butor mokoho, 80. A. Mohoho.A. Capite supra nigro , lateribus rubescente ,• mento albo ; collo supra fusco , subtus albo , fusco-rubescente guttato ; corpore supra 3 caudâ tectricibusque alarum ferrugineis 3 nigro transversim striatis ; abdomine albido ; rostro supra nigro , later aliter subtiisquejlavo ; pedibus luteis.

Tête noire en dessus , rougeâtre sur les côtés; menton blanc ; dessus du cou brun , dessous blanc et moucheté de brun-rougeâtre; dessus du corps,

- queue et couvertures supérieures des ailes, ferrugineux èt rayés de noir en travers; abdomen blanchâtre; bec noir en dessus, jaune sur les côtés et en dessous; pieds de cette couleur.

Mokoho est le nom que les naturels de la baie d’Hudson ont imposé à ce Butor 3 qui y reste

- l’été et d’où il part à l’automne, pour passer l’hiver dans le sud des Etats-Unis. Il construit

-son nid dans les marais, avec des plantes aquatiques, et la femelle y dépose quatre œufs d’un cendré verdâtre, dent les petits sortent couverts d’un duvet noir. La tête est noire sur le sommet

et rougeâtre sur les côtés; les lorums et les yeux sont jaunes; le haut de la gorge est blanc; le cou , brun en dessus, blanc en devant et moucheté de brun rougeâtre ; chaque plume est terminée de noir ; le dos, le croupion, la queue et les couvertures supérieures des ailes sont d’une couleur de rouille et rayés transversalement de noir; leurs six premières pennes, de cette couleur; les autres, rougeâtres â leur extrémité; les secondaires , pareilles au dos; le ventre et les parties postérieures, blanchâtres, et marqués longitudinalement de brun et de noir sur les jambes et les couvertures inférieures de la queue. La femelle ressemble au mâle. Bris son 3 OrnithoL tom. 5 . p. 449. n. 2 ; ( Butor de la baie d’ Hudson). Bujfon 3 Hist. nat. des Oiseaux , tom. y. p. 430. Latham 3 Index , n. 18 (Ardea ste'llaris , var. ]. ie edit. du liouv. Dict. d’Hist. natur. tom. 14. p. 440. V Amérique septentrionale,.

* Le petit Butor de Cayenne. 8 i.A. Undu-

lata. A. Rufo-grisca 3 striis atro-fuscis plurimis undulatis et angulatis ; capitis lavis pileo nigro ; rostro fusco ; pedibus j/avis.

D’un roux-gris et rayé de brun-noir ; la plupart en ondes angulaires ; tête lisse et noire en dessus ; bec brun ; pieds jaunes.

Le cou de cet oiseau est tellement couvert de plumes , qu’il paroît presqu’aussi gros, que lecorps ; la peau nue des côtés de la tête est bleue .; le iond du plumage, d’un gris-roux, tacheté de brun -noir, avec des petites lignes transversalestrès pressées , ondulées et endorme de zigzags ; le dessus de la tête est noir. Bujfon 3>Hist. natur. des Oiseaux 3 tom. 7. p. 430. pl.. enlum, n. 7 65. L’ Amérique méridionale.

■* * Le- Butor rouillé. Si.. A. Ferrugïnea. A. Capite suberistato ; corpore nigricante , pennarum apice ferrugineo ; subtus ferrugineoj candie ante , fusco et cinsreo vario ; rostro supra fusco 3 subtus incarnato-viridi ; pedibus viridibus.

Tête un peu huppée ;. corps noirâtre ; les plumes ferrugineuses à leur pointe, dessous d^un blanchâtre-fetrugineux , varié de brun et de cèiï** dré ; bec brun en dessus, d’un vert-incarnat en dessous ; pieds verts. '

S. G. Gmelin|a rencontré ce Butor sur les rivages du Don , où il se tient dans les roseaux , pour y faire la chasse aux oiseaux aquatiques étaux poissons. Il a les lorums verts ; Tins couleur

de safran ; les plumes de la tête , du cou et du dos, longues, noires et terminées de ferrugineux ; le menton , d’un jaune clair -, les couvertures supérieures des ailes, d’un brun-noirâtre; quelques-unes ferrugineuses à leur extrémité 3 les autres , variées de roux et de blanc 3 les pennes , noires; le croupion, la poitrine et le ventre, variés de ferrugineux , de blanchâtre , de cendré et de brun ; les cuisses mélangées de roux , de cendré et de blanc. S. G. Gçmclin , Nov. Comm. Petrop. 1 5 . p. 45 6. pi. 1 6. ze édit, du nouveau Diction. d’Hist. natur. tom. \\.pag. 44 1. Le Tandis.

*** Genre.

COURLIRI, Aramus. Ardea, Linn. Lath.

Corpus elongatum , fuscum , albo maculatum.

Caput lave.

Rostrum capite longius y crassum ad oculos us quefissumy lateratim compressum , versus apicem curvatum ; mandibula superior subsulcata; inferior recta , subtus subangulosa.

N ares line ares , in rima sita.

Lingua b revis , angusta , acuta.

Lorum nudum .

Ç ollum longum.

AU remige 1*. brevi , 3*. omnibus longior.

Femora e?ctra abdomen posita ; tibia semi-plu~ mosa.

Pedes tetradactyli ; digid très anteriores , longi , tenues, ad imum sejuncti; postiçus unus , hurni pluribus articulis insistens.

Un guis intermedius margine interno dilatOy i/zfegro ,

Cauda brevïs.

Arami habitant in paludosis , aquaticis locis America meridicnalis ; insectis vermibusque aquaticis viciitant ; in paludibus nidificant. Pulli retèns r\ati e nido dïsçedunt.

Corps alongé , brun , tacheté de blanc.

Tête lisse.

Bec plus long que la tête, épais, fendu jusqu’aux yeux, comprimé par les cptés, courbé vers Je bout j mandibule supérieure un peu sillonnée 3 l’inférieure droite, un peu anguleuse en dessus.

Narines linéaires, situées dans une rainure,

Langue courte, étroite, pointue,

Lorum nu,

Cou long.

Première rémige courte ; 3Ç* la plus longue de toutes.

Cuisses posées hors de l’abdomen ; jambes â demi emplumées.

Pieds tétradactyles ; trois doigts devant, alongés, grêles, totalement séparés ; un derrière, portant à terre sur plusieurs articulations.

Ongle intermédiaire entier ec dilaté sur son côté interne.

Queue courte.

Les Courliris habitent dans les lieux marécageux et aquatiques de l’Amérique méridionale ; vivent de vers et d’insectes aquatiques, et nichent dans les marais. Les petits quittent le nid dès leur naissance.

* *Le COURLTRI CAR AU. i. A. Carau. A. Ver tice , humeris , tectricibus alarum superioribus corporeque subths ni grïc ante- fus dis ; ventre albo ma culato ; pendis capitis lateribus , gula , coili fuscis , marginïbus albis ; dorso , uropygio , remigibus rectricibusque purpureo fuscis ; rostrojlavo , basi apice aigrie ante • pedibus obscure plumbeis.

V zrtex 3 épaules, tectrices supérieures des ailes et dessous du corps d’un brun-noirâtre ; ventre tacheté de blanc ; plumes des côtés de la tête, de la gorge et du cou , brunes et bordées de blanc ; dos, croupion^ rémiges et rectrices d’un brunpourpré ; bec jaune , noirâtre à sa base et à sa pointe 3 pieds d’une couleur de plomb obscure.

Le nom qu’on a conservé à cet oiseau du Paraguay, est celui sous lequel M. de Azara l’a décrit ; c’est l’expression de sa voix qui est claire, perçante, non-seulement pendant le jour, mais encore pendant la nuit, pour peu que quelque bruit le frappe 3 cette voix est si forte , qu’on l’entend d’une demi-lieue. Il remue vivement la queue , lorsqu’il est effrayé 3 sa démarché esc aisée et légère, son instinct est tranquille et non inquiet. Il vit solitaire , seul ou par couple, se perche au haut des arbres, et fréquente de préférence les terrains argileux 3 il n’entre pas dans l’eau, et ne mange ni serpens ni poissons. On assure qu’il cache soigneusement son nid dans les eaux stagnantes, que sa ponte est de deux oeufs, et que les petits suivent leur mère aussitôt après leur naissance.

Le dessus de la tête , les épaules , les couvertures supérieures des ailes , le dessous et les, côtés du corps sont d’un brunmoiiâtre , avec des mouchetures blanches sur le ventre et à l’intérieur des plumas de la jambe 3 les côtés de la tête , la gorge , le haut et le derrière du cou , portent des plumes brunes dans leur milieu et blanches sur leurs bords 3 Iç dos , le croupion ? les pennes de$

ailes et de la queue sont d’un brun-pourpré, et le bas du cou, en devant, est brun. De A-para 3 Apuntamientos para la Hist. nat. de los Paxaros del Paraguay 3 etc. tom. $.p. 202. n. 3 66. ie édit, du nouv. Dict. d’FList. nat. tom. 8 . p. 300. L’Amérique méridionale.

% Le Courliri courlan. 2. A. Scolopaceus. A. F us eus p gutture et pectore albo striatis; mento albo ; caudâ remigibusque &neo-nïtentïbus ; rostro rubescentej apice c&rulescente.

Brun 3 gorge et poitrine rayées de blanc 3 menton de cette couleur 3 queue et rémiges d’une couleur d’airain brillante 5 bec rougeâtre, et bleuâtre à sa pointe. ( PL 5 5 .fig. 2.)

Le plumage de ce Courliri est généralement d’un brun qui devient rougeâtre et cuivreux sur les grandes pennes des ailes et sur la queue 3 il y a un trait blanc sur chaque plume du cou; le . menton est de cette couleur. On le trouve à Cayenne , où il porte le nom de Courliri. Bujfon, Hist. natur. des Oiseaux y tom. 7 . p. 442. pi. enl. n. 848. V Amérique méridionale.

* * * Genre.

CIGOGNE, Ciconia. Ardea , Linn. Lath.

Corpus oblongum y cinereo y albo , nigro varium.

Cap ut Uve.

Rostrum longissimum , crassum , rectum , integrum y paulo fissum 3 later aliter compressum 3 acutum; mandibula superior oblitero-sulcata.

N ares longitudinales , lineares , basi rostri sits.,

Lingua membranosa y brevissima , plana y triangularis.

Collum longum.

AU remigibus 3*. , 4a. longissimis.

Femora extra abdomen- posita ; tibia, semi-plumos&.

Pedes tetradactyli; digiti très antenoresy membranà basi connexi ; unus posticus , pluribus articulis humi insistens.

Cauda brevis.

Cicon'iA habitant in paludibus EuropAy Afric&y A sia y America ; amphibiis , serpentibus victitant ; ■in altissimis arboribus nidum struunt j ova 2-4 pariant. Pulli in nido victati surit y illo cedentes tantum ad volandum apti . I

Corps alongé, varié de gris, de brun et de noir.

Tête lisse.

Bec très-long, épais, droit, entier, un peu fendu, comprimé latéralement, pointu 3 mandibule supérieure à sillons oblitérés.

Narines longitudinales, linéaires , situées à la base du bec.

Langue membraneuse , très-courte , plane , triangulaire.

Cou long.

Troisième et quatrième rémiges les plus longues de toutes.

Cuisses posées hors de l’abdomen 3 jambes à demi emplumées.

Pieds tétradactyles 3 trois doigts devant, unis à leur base par une membrane 3 un derrière , portant à terre sur plusieurs articulations.

Queue courte.

Les Cigognes se tiennent dans les marais de l’Europe, de l’Afrique, de l’Asie et de l’Amérique ; vivent d’amphibies , de serpens 3 nichent sur les arbres les plus hauts. Leur ponte est de 2 à 4 œufs. Les petits sont nourris dans le nid, et ne le quittent qu’en état de voler.

La Cigogne blanche, i. C. Alba. C. Alba; orbitis remigibusque nigris ; rostro pedibusque san guineis.

Blanche 3 orbites et rémiges noires-3 bec et pieds couleur de sang. ( Pl . 49. n. 1.)

Le naturel de cette Cigogne n’est ni défiant ni sauvage 3 elle s’apprivoise facilement , vit dans nos jardins et semble avoir l’idée de la propreté, car elle choisit les endroits écartés pour rendre ses excrémens. Quoique sa contenance soit morne, même triste, elle se livre quelquefois à une certaine gaîté. On en a vu se mêler aux jeux des enfans, se prêter à leur badinage, et dans ses amusemens, donner des preuves d’qne espèce d’intelligence. La piété filiale et paternelle sont les qualités morales que l’on attribue â cet oiseau ; des faits viennent à l’appui de cette assertion, puisqu’on a vu des individus donner dés' marques d’attachement pour les hôtes qui les avoient reçus, et que l’on assure les avoir entendus claquetér en passant devant la porte , comme pour avertir de leur retour, et faire, en partant, un semblable cri d’adieu. On connoît leur cpnstance à revenir tous les ans aux mêmes lieux , les signes de joie , les caresses que se font le mâle et la femelle, arrivés sur leur nid , après un long voyage. Iis ont une grande affection.

i3ô ORNITH

pour leurs petits., les nourrissent long-temps, et ne les quittent pas qu’ils né leur voient assez de force pour se défendre et se pourvoir d’eux-mêmes. Quand ils commencent à voleter hors du nid et à s’essayer dans les airs , ils les portent sur leurs ailes-, les défendent dans le danger, er on en- a vu, ne pouvant les sauver, préférer périr avec eux , plutôt que de les abandonner.

Les Cigognes s’élèvent fort haut et font de très-longs voyages, même dans les saisons orageuses ; elles portent, en volant-, la tête roide en avant et les pieds étendus eu arrière, comme pour leur servir de gouvernail. Elles paroissenr en Alsace dès la fin de février, et en Suisse au mois de mars. Elles arrivent en Allemagne dans les premiers jours de triai ; chaque couple revienc constamment aux mêmes lieux, se livre aussitôt aux tendres émotions de l’amour, et s’occupe aux travaux qu’exige le berceau de leurs petits. Si le nid est détruit , il le reconstruit de nouveau avec des brins de bois, des joncs et d’autres herbes de marais, qu’il entasse en grande quantité. Il le pose ordinairement sur les combles élevés , sur les créneaux des tours, et quelquefois â la cime des plus grands arbres qui sont au borcides eaux, ou à la pointe d’un rocher escarpé. En France, on plaçoic autrefois des roues au haut des toits, pour les engager à y nicher ; cer usage subsiste encore en quelques lieux ; en Hollande, l’on dispose pour cela des caisses au faîte des édifices. La ponte est de quatre œufs", et souvent pas plus de deux , d’un blanc sale jaunâtre, un peu moins gros , mais plus alongés que ceux de foie.

La saison du départ est vers la fin d’août ; mais avant de passer d’un pays dans un autre, toutes les Cigognes qui habireuc un certain-arrondissemenr, s’assemblent dans une plaine quelque temps auparavant , et cela une fois par jour ; lorsque l’assemblée esc compièce, on donne l’avis du départ , dont le signal , dans nos contrées , est le vent du nord. Elles s’élèvent alors toutes ensemble , et en peu de temps se perdent au haut des airs. L’Egypte et la Barbarie paroissenr être les lieuxoù elles se retirent ; car à l’automne et en hiver, les plaines de ces contrées en sont couvertes. À leur retour, elles s’avancent assez dans les contrées du Nord, puisqu’on les rencontre en Suède, en Russie et en Sibérie.

Un blanc éclatant règne sur le corps ; les plumes scapulaires et les grandes couvertures des ailes sont d’un brun-noirâtre et d’un noie changeant en violet ; les trente pennes des ailes , jioîïâires y les plumes du bas du cou longues , pen- '

OLO GIE.

danres er pointues ; la peau qui entoure les yeux est d’un noir-rougeâtre. Chez les jeunes, le bec est de certe couleur , et le noir des ailes tire au brun. Basson , Ornithol. tom. 5 . p. 365. Buffon , Hist. nat. des Oiseaux , tom. 7 . p. 2.5 3. pi. enl. n. 866. L'Europe.

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