‹ Tableau encyclopédique et méthodique des trois règnes de la natureChapitre 117 sur 246 · DIXIÈME CLASSE · texte numérisé non relu

DIXIÈME CLASSE

OlSEAüX qui ont trois doigts par- devant et un par-derrière ; totalement séparés y ou les extérieurs réunis à leur base par une membrane ; le bas de la jambe garni de plumes.

XCVIT. Genre.

Vautour, Vultur y Linn. Lath.

Corpus oblongum 3 fusco , nigro 3 rufo , cinereo 3 albo varium.

Caput rotundatum 3 ommino aut paràm glabrum.

Rostrum basi rectum et membranâ glabrâ tectum , robustum , elongatum , crassum aut subgracile , lateraliter compressum 3 supra convexum ; mandibula superior apice emarginata.

Nares lunata aut rotundata 3 transversales autlongitudinales.

Lingua canaliculata 3 marginibus Uvibus aut aculeatis 3 apice emarginata.

Collum mediocre3 omnino aut partlm nudum.

Jngluvies prominu/a.

AU longs, j remigibus 3*., 4*. omnium longissimis.

Femora extra abdomen positx -, tibia omnino plumosa.

P edes tetradactyli ; digiti très anteriores 3 posticus unus ; exteriores basi membranâ connexi ; hallux quemadmodum anteriores imo tarsi positus 3 sedilem cingens , humi incumbens.

Ungues subretractiles 3 curvati 3 basi crassi 3 lateraliter compressa 3 subobtusi.

Cauda rectricibus 11 aut 14.

Vultures habitant in Europâ 3 Africa , Asiâ ; in rupibus altissimis nidifiçant ; ova 4 pariunt ; è cadaveribus victitant. Pulli recèns nati videntes , cibum ipsi capiemes3 in nido victati3 ex illo cedentes tantum ad volandum apti.

Corps oblong, varié de brun, de noir, de roux , de cendré et de blanc.

Têre arrondie, nue en toutou en partie.

Bec droit et couvert d’une membrane glabre à sa base, robuste, alongé, épais ou un peu grêle, comprimé latéralement , convexe en dessus ; mandibule supérieure crochue à sa pointe ; l’inférieure plus courte et obtuse.

Narines lunulées ou arrondies , transversales ou longitudinales.

Langue canaliculée, à bords lisses ou aiguillonnés , échancrée à sa pointe.

Cou médiocre , en tout ou en partie nu.

Jabot saillant.

Ailes longues 5 les troisième et quatrième rémiges les plus longues de toutes.

Pieds tétradactyles ; trois doigts devant , un derrière ; les extérieurs réunis à leur base par une membrane ; pouce articulé au bas du tarse sur le même plan que les antérieurs , cerclant le juchoir et portant à terre sur toute sa longueur.

Ongles peu rétractiles, courbés, épais à leur racine, comprimés par les côtés, presqu’émoussés.-

Queue à 1 1 ou 14 rectrices.

Les Vautours habitent en Europe, en Afrique et en Asie, et nichent dans les rochers les plus élevés ; leur ponte est de quatre œufs ; ils vivent de cadavres. Les petits voient dès leur naissance, prennent eux-mêmes la nourriture, sont nourris dans le nid, qu’ils ne quittent qu’en état de voler.

* *Le Vautour a aigrettes, i. V. Cristatusl . V. Cristatus 3 rutilo-nigricans ; pectore magis ad rufum inclinante ; pedibus flavis ; rosiro nigro.

Huppe d’un noirâtre- roux ; poitrine inclinant davantage au roux 3 pieds jaunes; bec noir.

On a trouvé cet oiseau en Alsace, an mois de janvier 1513, et l’année suivante on en trouva d’autres , dans un nid qui éroit construit sur Un chêne fort élevé, à quelque distance de la ville de Mâcon. C’est à Gesner que l’on doit la connoissance de ces faits ; cependant il parole très-douteux que ce soit un véritable Vautour; car ses habitudes , son genre de vie , sa manière de chasser et son goût pour les animaux vivans , indiqueroient plutôt un Aigle 3 dont il a le courage; il poursuit les oiseaux

iiôâ

ORNITHOLOGIE

de {pute espèce , et en fait sa proie ; il chasse aussi les lièvres , les lapins , les petits renards , les petits faons, et se nourrit aussi de poisson; non- seulement il poursuit sa proie au vol en s’élançant du sommet d’un atbre ou d’un rocher élevé, mais encore à la course; car il marche bien et fait des pas de quinze pouces d’érendue.- Il mange aussi la chair et les entrailles des cadavres. Sa férocité est telle qu’on ne peut l’apprivoiser, et quoique d’une extrême voracité , il peut supporter la faim pendant quatorze jours.

Cet oiseau a de vilains yeux ; le corps grand et fort; les ailes^ larges; là queue longue et droite ; le plumage d’un roux- noirâtre et près de six pieds de vol ; il redresse les plumes de sa tête, qui lui font alors comme deux cornes , qu’on n’aperçoit plus quand il vole. Brisson 3 Orn'uh. tom. i. pag. 460. n. 6 ( Vautour à aigrettes). Bujfon 3 Hist. nat. des Oiseaux 3 tom. 1. P • M9-

* *Le Vautour armé. 1. V. Armatus. V. Capite albo ; singulis alis calcdratis.

Tête blanche ; chaque aile armée d’un épeperon.

G’est d’après Brown, voyageur anglais, que l’on a décrit cet oiseau, renommé par sa force étonnante et sa longévité dans le pays de Dar- Four en Egypte, où l'on en voit par milliers; on le trouve aussi en Nubie, où l’espèce est ttès-nombreuse. Ce voyageurl’appelle Vautour à tête blanche , et c’est à quoi se borne tout ce qu’il nous dit de son plumage ; mais ce Vautour porte un ca'ractère étranger à tous les autres ; son aile est armée d’une excroissance cornée ressemblant à l’éperon d’un vieux .coq ; Cet éperon très- pointu et très- fort le rend redoutable à qui ose l’attaquer. Un fluide qui a l’odeur du musc suinte de quelques parties de son corps, et vraisemblablement des narines.

Si cet oiseau 11’a voit pas les ailes armées , on pourroit croire que c’est de Vautour perenoptère , dans son plumage parfait, vu que celuici est nombreux en Egypte , et que celui de cet article qui ne l’y est pas moins , a échappé jusqu’à ce jour à tous' les naturalistes qui ont observé les oiseaux de cette partie de l’Afrique. Brown 3 Voyage en Nubie ( V autour à tête blanche). Sonnmi3 édition de Bujjon3 tom. 38. p. 1 ; 9. La Nubie.

* Le Vautour du Bengale. 3. V. Bengalen sis. V. Fuscusj capite colloque anterius denudatis, dilutè castaneis ; rostro plumbeo 3 apice nigro ; pedibus atro-fuscis.

Brun ; tête et devant du cou nus , et d’une couleur marron claire; bec plombé, noir à sa pointe; pieds d’un brun-noir. [Pi. 197. fig- 1.)

Latham a présenté cet oiseau , dans son Synopsis 3 comme une espèce particulière , mais dans le premier supplément de cet ouvrage ec dans son Index 3 comme la femelle du Vautour de Norwège ( Vultur perenopterus) 3 qui néanmoins en diffère totalement par son bec , sa tête et son cou ; c’est encore, selon cet auteur , le Vautour changoun 3 ce qui paroît vraisemblable, si c’est comme une variété d’âge.

Ce Vautour a l’œil d’un brun foncé ; la tête et le cou dénués de plumes ec seulement couverts d’un duvet brun ; l’occiput, la gorge , le devant du cou , totalement nus, d’un brun clair, avec quelques rides ; le bas du cou , entouré d’une fraise composée de plumes courtes ; le dessus du corps, d’un brun-noir , plus pâle sur les ailes ; leurs pennes noires ; les plumes du dessous du corps, d’une teinte moins foncée, avec leur tige blanche ou fauve ; les plumes des jambes, brunes, et les ongles noirs. Latham 3 general Synopsis 3 tom. 1. part. i.p. 19. n. 16. pi. 1 . Idem 3 Index 3 n. 4 ( Vultur leucocephalus , var.). Gmelïn 3 Syst. nat. édit. 3. n. 1 ( Vultur Bengalensis ). ie édit, du nouv. Diction, d’Hist . natur. tom. 35. p. 247. V Afrique.

* * Le Vautour bora-morang. 4. V Audax.

V. Corpore fusco ; orbitis pallidis ; pedibus lanatis 3 nigro maculatis ; rostro pallidè Jlayo 3 apice nigro.

Corps brun ; orbites pâles ; pieds laineux , tachetés de noir ; bec jaune er noir à sa pointe.

Le nom sous lequel on a décrit cet oiseau , est celui qu’il porte à la Nouvelle- Hollande ; il est probablement d’une très-grande force, puisqu’il peur tuer les plus grands animaux , et qu’il ose même attaquer les hommes. Mais est-ce bien un vautour ? c’est ce que nous avons peine à croire ., et il faut le voir en nature pour le bien déterminer ; cependant nous croyons que c’est un Aigle 3 et peut- être le même que X Aigle h. queue étagée qui se trouve dans la même contrée.

Il a les côtés de la tête dénués de plumes jusqu’au-delà des yeux ec d’une couleur paie ; les

pennes

pennes des ailes et de la queue, d’un brun obscur, et le corps d’un brun presque noir. Latharn 3 Index , Suppl. 2 e édit . du nouv. Dict. d’Hist. nat, tom. 35 . p. 147. V Australasie.

* Le Vautour changoun. 5. F. Changoun.

F. Pallidè niger ,• capite colloque supra sordide albis ; cerâ nigrâ ; pedibus pallidè griseis.

. D’un noit pâle j tête et dessus du cou, d’un blanc sale ; cire noire ; pieds , d’un gris pâle.

Nous avons dit à l’article du Vautour du Bengale y qu’il nous paroissoit appartenir à l’espèce du Changoun ; en effet l’un et l’autre se trouvent au Bengale. Sa taille est à peu près celle d’une Poule d’Inde ; la base de son bec est entourée d’une peau noire; ses ailes pliées ne s’étendent pas au-delà du bout de la queue ; des plumes d’un blanc sale, mais luisant , garnissent entièrement la tête et le dessus du cou; plus bas on remarque un duvet cotonneux d’un blanc pur, qui surmonte un collier de plumes de la même couleur; celles du jabot , assez proéminentes, sont soyeuses et d’un brun-noir : les poils sont beaucoup plus rares sur le devant du cou qu’en dessus; les flancs marqués d’une large tache blanche ; le reste du corps est d’un noir livide , qui paroît à peine interrompu par le liséré rouxbrun qui borde les pennes moyennes des ailes. Lev aillant , Hist. natur. des Oiseaux d’ Afrique , pl. 2. ae édit, du nouv. Dict. d’Hist. nat. tom. 35 . p. 248. Les Indes.

*Le Vautour chincou. Cet oiseau, que M. Levaillant a vu vivant dans une ménagerie de Hollande, et qu’il a -fait figurer dans son Histoire des Oiseaux d’ Afrique , pl. n3 est regardé comme une variété d’âge de l’espèce du Fau* tour noir , décrit ci-après.

* * Le Vautour de Gingi. 6. F. Ginginianus.

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